scholarly journals Sémiotique et photographie: 1961-2006

2010 ◽  
Vol 28 (1-2) ◽  
pp. 15-27
Author(s):  
Jan Baetens

Le présent article offre un aperçu des rencontres et interactions entre les champs de la photographie et de la sémiotique depuis 1961 (date de publication de l’article fondateur de Roland Barthes “Le Message photographique”). Il analyse successivement trois aspects de cette problématique: a) la grande diversité des analyses sémiotiques du fait photographique; b) les apports mutuels des deux domaines, puisque la sémiotique a changé notre manière de voir la photographie et vice versa; c) les problèmes et les opportunités qui se profilent lorsqu’on cherche à articuler théoriquement les deux domaines.

2016 ◽  
Vol 1 (9) ◽  
pp. 5-18
Author(s):  
Adeline Geneviève Caute

« Quand on est une femme et qu'on est sainement égoiste, on est féministe » (Bretécher) Incontournable de la bande dessinée française des années 1970 à nos jours, Claire Bretécher a signé plus de trente-cinq albums. Dans ses publications, l’auteure s’est beaucoup intéressée au féminin, c’est-à-dire à l’être femme, ainsi qu’à la féminité, c’est-à-dire à la manière dont la culture enseigne aux filles à devenir et à être des femmes. C’est, entre autres, à ce titre que Roland Barthes la qualifie de « meilleur sociologue français (sic) » en 1976. Observatrice de son époque, par l’étude de la langue et de l’évolution des mœurs, Bretécher fait œuvre de témoin critique de ses contemporains depuis ses débuts au sein de l’équipe du journal Pilote en 1969. Si, à ses débuts, et notamment avec la série Cellulite, Bretécher créait des héroïnes plus tranchées, aux intérêts parfois conventionnels, chez qui s’exprimait un désir de féminité aussi intense que grotesque, depuis la fin des années 1990 et surtout depuis les années 2000, ses personnages féminins sont de plus en plus forts, actifs et variés, qu’ils s’agissent d’adolescentes ou d’arrière-grands-mères, de femmes blanches ou de personnages de couleur, de femmes de ménage ou de femmes d’affaires. C’est ce qu’elle donne à voir tout particulièrement dans les derniers tomes de la série Agrippine. Dans le présent article, j’étudie les divers visages du féminin dans l’œuvre absolument originale et unique de Claire Bretécher dans ses œuvres récentes, en m’intéressant à la représentation de la diversité, à l’aune de la théorie féministe. 


2010 ◽  
Vol 46 (3) ◽  
pp. 145-157
Author(s):  
Sophie Létourneau

Dans la tradition humorale, l’enfant est porté vers la mélancolie parce qu’influençable. Comme il croît, il se meut, il s’émeut. La mélancolie de l’enfant se nomme néoténie : elle est causée par la « prématuration spécifique de la naissance chez l’homme », comme le rappelle Jacques Lacan. Mélancolique en raison du jeu de sa forme, l’enfant est ouvert au temps : il est la figure instable de ce qu’on devine être plus tard le même et autrement. On ne s’intéressera donc pas à l’enfant en tant qu’il serait l’objet d’une nostalgie du temps passé, mais plutôt à l’enfant comme à la Mélancolie même, son emblème, sa figure et son mouvement. On appellera « enfant » quelque chose comme le manque à être. Ce sera aussi, l’enfant, une figure en formation, le mouvement vers l’accomplissement. Ce pourrait être la figura d’Auerbach, la promesse d’une incarnation — image, photographie ou roman. Ce sera, ici, l’enfant présenté dans les photographies et les récits du Roland Barthes par Roland Barthes. Reléguée aux limbes de l’oeuvre, cette figure semble avoir échappé au regard critique. Bien qu’il soit mineur, l’enfant a pourtant portée théorique. On voudra, dans le présent article, se pencher sur l’enfant et sa mélancolie, sur le désir d’être formé, sur l’exigence de la copie et sur la photographie.


2019 ◽  
Vol 19 (1) ◽  
pp. 11-33
Author(s):  
Khalid Lyamlahy

Dans L'enfant de marbre, roman publié en 2007 et reprenant des motifs de ses écrits antérieurs, l'écrivain marocain Mohamed Leftah (1946-2008) explore le thème du deuil à travers le récit d'un narrateur qui cherche à reconstituer l'histoire de son enfant mort-né qu'il avait jadis abandonné. Partant d'une lecture attentive du texte, le présent article analyse la représentation du deuil périnatal en s'appuyant sur des références théoriques et d'autres expériences littéraires du deuil (Roland Barthes, Philippe Forest, Camille Laurens). La première partie de l'article éclaire l'ambivalence du deuil périnatal en révélant les aspects de la quête identitaire qui le sous-tend dans le roman de Leftah. La deuxième partie s'intéresse aux difficultés qui entravent cette quête ainsi qu'aux variations spatiotemporelles mises en oeuvre par l'auteur dans une tentative de résister au topos obsessif de la perte. Enfin, la troisième partie interroge la capacité de l'écriture, qu'elle soit mise en abyme ou portée par le pouvoir de la fiction, à élever une sépulture vivante qui répond à la fois à la perte de l'enfant et au désir d'écriture de soi.


Author(s):  
Daniele Carluccio

« La Doxa est un mauvais objet parce que c’est une répétition morte,qui ne vient du corps de personne – sinon peut-être, précisément, de celui desMorts », dit Roland Barthes dans un fragment de son autobiographie. La reformulationsuggère qu’il y a bien un « corps », sous la Doxa. Le présent article estconsacré à cette hantise barthésienne de la chose doxique, telle qu’elle se manifestedans les Mythologies, à propos des mythes, ces « cadavres parlants ». Lecommentaire prend pour objet particulier le texte sur le catch, lu à la lumière del’essai sur Michelet et du thème, cher à l’historien, de la résurrection. Il s’attacheà montrer que le mythe christique, comme le rapprochement avec la tragédie,transfi gure le mythe prosaïque du catch, dans la vision et dans l’écriture de Barthes.


2003 ◽  
Vol 34 (4) ◽  
pp. 219-226 ◽  
Author(s):  
Bart Duriez ◽  
Claudia Appel ◽  
Dirk Hutsebaut

Abstract: Recently, Duriez, Fontaine and Hutsebaut (2000) and Fontaine, Duriez, Luyten and Hutsebaut (2003) constructed the Post-Critical Belief Scale in order to measure the two religiosity dimensions along which Wulff (1991 , 1997 ) summarized the various possible approaches to religion: Exclusion vs. Inclusion of Transcendence and Literal vs. Symbolic. In the present article, the German version of this scale is presented. Results obtained in a heterogeneous German sample (N = 216) suggest that the internal structure of the German version fits the internal structure of the original Dutch version. Moreover, the observed relation between the Literal vs. Symbolic dimension and racism, which was in line with previous studies ( Duriez, in press ), supports the external validity of the German version.


Author(s):  
Odile Husain

Le présent article tente d’effectuer un rapprochement entre un article européen de Rossel et Merceron et un livre américain de Reid Meloy, tous deux consacrés à l’analyse des organisations psychopathiques. Si tous les auteurs s’entendent sur l’économie narcissique du psychopathe, le choix de la population d’étude diffère quelque peu, en raison de l’approche structurale des premiers et de l’approche symptomatique du second. Tandis que l’étude suisse ne retient que des psychopathes du registre des états-limites, l’étude américaine inclut également des psychopathes de niveau psychotique. Par contre, la mésentente règne au niveau des outils d’analyse du discours psychopathique: analyse statistique et échelles validées chez Meloy; approche qualitative chez Rossel et Merceron. Aux premiers, l’on reprochera un certain réductionisme et appauvrissement du discours, prix à payer pour le respect de la standardisation et de la cotation. Aux seconds, l’on reprochera l’absence de toute quantification qui pose problème lorsque l’on aborde la question de la validité des données. Néanmoins, Européens et Américains s’entendent sur la notion d’un fonctionnement psychopathique. La relation d’objet est marquée par la pulsion agressive et ses dérivatifs, par la recherche de pouvoir et de contrôle. La lutte contre la dépendance est déduite chez Meloy de l’absence de réponse de texture et chez Rossel et Merceron de l’absence de contenus de dépendance. La qualité narcissique des représentations d’objet est mise en évidence, chez Meloy, par le biais de l’investissement du paraître, chez Rossel et Merceron par l’importance du processus d’externalisation. La dévalorisation des objets est aussi décrite. Ni les uns ni les autres ne font réellement référence à l’angoisse car cette angoisse qualifiable d’anaclitique s’exprime justement sous des manifestations tout à fait opposées. Le vide intérieur est déduit, chez Meloy, à partir de l’ennui que vit le psychopathe et, chez Rossel et Merceron, à partir de la survalorisation de la référence au réel. Une grande convergence existe entre les deux écrits au sujet des mécanismes de défense. Tous les auteurs s’accordent sur la prépondérance du clivage et du déni, un déni par le mot et l’acte chez Meloy, un déni hypomaniaque chez Rossel et Merceron. De part et d’autre de l’Atlantique, on s’accorde également pour attribuer une place importante à l’identification projective et à l’identification à l’agresseur. Par ailleurs, Rossel et Merceron démontrent comment à travers les caractéristiques de l’énonciation et les nuances de la verbalisation du psychopathe, il est possible d’inférer son non-investissement de la mentalisation et du savoir au profit d’un surinvestissement de l’agir. La complémentarité, voire la similarité, des commentaires dans les deux ouvrages devrait réconforter certains cliniciens, désarmés devant le fossé qui semble parfois régner entre la littérature des deux continents et confirmer, qu’indépendamment du type de méthodologie et de validation choisi, l’observation clinique du psychologue expérimenté demeure la pierre angulaire de toute recherche en psychopathologie.


2011 ◽  
pp. 4-15
Author(s):  
A. Belyanin ◽  
I. Egorov

The paper is devoted to Maurice Allais, the Nobel prize winner and one of the most original and deep-thinking economist whose centenary is celebrated this year. The authors describe his contributions to economics, and his place in contemporary science - economics and physics, as well as his personality and philosophy. Scientific works by Allais, albeit translated into Russian, still remain little known. The present article aims to fill this gap and to pay tribute to this outstanding intellectual and academic, who deceased last year, aged 99.


Author(s):  
Somboon Watana, Ph.D.

Thai Buddhist meditation practice tradition has its long history since the Sukhothai Kingdom about 18th B.E., until the present day at 26th B.E. in the Kingdom of Thailand. In history there were many well-known Buddhist meditation master teachers, i.e., SomdejPhraBhudhajaraya (To Bhramarangsi), Phraajarn Mun Puritatto, Luang Phor Sodh Chantasalo, PhramahaChodok Yanasitthi, and Buddhadasabhikkhu, etc. Buddhist meditation practice is generally regarded by Thai Buddhists to be a higher state of doing a good deed than doing a good deed by offering things to Buddhist monks even to the Buddha. Thai Buddhists believe that practicing Buddhist meditation can help them to have mindfulness, peacefulness in their own lives and to finally obtain Nibbana that is the ultimate goal of Buddhism. The present article aims to briefly review history, and movement of Thai Buddhist Meditation Practice Tradition and to take a case study of students’ Buddhist meditation practice research at the university level as an example of the movement of Buddhist meditation practice tradition in Thailand in the present.


Author(s):  
Hilary Radner ◽  
Alistair Fox

In this section of the interview, Bellour describes how he began to engage in film analysis in the 1960s, beginning with a sequence from Alfred Hitchcock’s The Birds, with the aim of establishing the way it worked as a “text.” He proceeds to describe his personal encounters with major figures like Roland Barthes, Claude Lévi-Strauss, Michel Foucault, and his friendship with Christian Metz, suggesting how his interchanges with them helped to shape his own thinking, and how it diverged from theirs.


2015 ◽  
Vol 17 (2) ◽  
pp. 24-46 ◽  
Author(s):  
M.O. Klar

The thesis of a single pillar or axis around which the longer Medinan suras are structured has been highly influential in the field of sura unity, and scholarship on the structure and coherence of Sūrat al-Baqara has tended to work towards charting the progress of a dominant theme throughout the textual blocks that make up the sura. In order to achieve this, scholars have divided the sura into discrete blocks; many have posited a chain of lexical and thematic links from one block to the next; some have concentrated solely on the hinges and borders between these suggested textual blocks. The present article argues that such methods, while often in themselves illuminating, are by their very nature reductive. As such they can result in the oversight of important elements of the sura. From a starting point of the Adam pericope provided in Q. 2:30–9, this study will focus on the recurrence of a number of its lexical items throughout Sūrat al-Baqara. By methodically tracing the passage of repeated, loosely Fall-related, vocabulary, it will attempt to widen the contextual lens through which the sura's textual blocks are viewed, and establish a broader perspective on its coherence. Via a discussion of the themes of ‘gardens’, ‘parable’, ‘prostration’, ‘covenant’, ‘wrongdoing’ and finally ‘blindness’, this article will posit ‘garments’, not as a structural pillar, but as a pivot around which many of the repeated lexical items of the sura rotate.


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