scholarly journals La question du chômage et le caractère distinctif de l’électorat québécois au scrutin fédéral de 1993

2008 ◽  
pp. 51-120
Author(s):  
François-Pierre Gingras ◽  
Benoît Gauthier ◽  
Frank Graves
Keyword(s):  

Résumé Cet article s’efforce de tracer des liens entre l’enjeu dominant de la campagne électorale fédérale de 1993 et l’appui aux formations politiques, en cherchant à vérifier l’hypothèse que les choix particuliers de chaque région du Canada reflètent des attitudes différentes à l’égard de cet enjeu. Ayant décrit comment l’importance du chômage comme enjeu électoral varie selon les régions du pays, on montre que l’attribution d’une priorité à cet enjeu plutôt qu’à un autre est liée aux choix partisans, dont certains seulement sont constants à travers le Canada. On montre qu’une étiquette regroupant le « reste du Canada » est trompeuse parce qu’elle masque de nombreuses particularités régionales. Ceci amène naturellement les auteurs à aborder la question du caractère soi-disant encore plus distinctif du Québec. L’article conclut que des conditions économiques objectives, comme le taux de chômage et le fait d’être chômeur, ou une attitude non politique, comme l’insécurité d’emploi, sont moins pertinentes eu égard aux choix partisans que l’association établie par l’électeur entre cette question économique et la position d’un parti politique, association qui manifeste sans doute l’habileté des partis soit à façonner l’opinion publique, soit à s’identifier au courant d’opinion dominant dans certains milieux à propos des questions économiques.

Author(s):  
Jagques-Yvan Morin
Keyword(s):  

Voilà Près D’un Siècle qu‘est apparu dans les Etats fédéraux le problème de l’attribution du pouvoir de conclure des traités. Considéré par maints publicistes comme l’un des attributs essentiels de la souveraineté de l’Etat, le jus tractatuum doit-il ressortir uniquement aux organes centraux de la fédération ou peut-il appartenir également aux Etats-membres? Après avoir éludé cette question pendant trente ans, le Canada doit désormais, à son tour, tenter d’y apporter une réponse.A l'époque où furent établies les premières fédérations modernes, les Etats-Unis et la Suisse, les traités portaient sur des objets qui intéressaient principalement les gouvernements centraux, tels que les alliances, le commerce et le tarif; en outre, les traités multilatéraux étaient peu fréquents et les “traités-lois” rarissimes. Néanmoins, la Constitution américaine de 1787, après avoir prescrit que les traités relevaient des organes fédéraux et interdit aux Etats de l'Union de “conclure aucun traité, alliance ou confédération,” ne leur défendit point de conclure des “accords ou pactes” avec les Puissances étrangères, à condition qu’ils aient obtenu l’autorisation du Congrès. De même, les cantons suisses conservèrent exceptionnellement, dans la Constitution de 1848, le droit de conclure des “traités” avec les Etats étrangers sur des objets concernant l’économie publique ainsi que les rapports de voisinage et de police, pourvu que ces accords ne contiennent rien de contraire à la Confédération. Nous aurons l’occasion d’étudier la portée de ces textes de loi par la suite; il suffit, pour l’instant, de noter que les constituants de ces premiers Etats fédéraux reconnurent la possibilité pour les Etats-membres d’établir des rapports conventionnels avec l’étranger dans certains domaines, toutes précautions étant prises, par ailleurs, pour que les accords ainsi conclus soient compatibles avec l’existence des liens fédératifs.


2005 ◽  
Vol 33 (2) ◽  
pp. 345-384
Author(s):  
Marie-Ange Moreau ◽  
Gilles Trudeau

Le présent article s'intéresse à la façon dont se développe la réglementation sociale à l'intérieur d'un espace commercial international intégré. La Communauté économique européenne (CEE) offre un modèle interventionniste, les traités internationaux à sa base prévoyant certaines mesures d'harmonisation et d'uniformisation de la réglementation sociale en vigueur dans les différents États membres. Ces objectifs d'harmonisation sociale ont été pris en charge par des instances communautaires dont les décisions sont contraignantes à l'endroit des États nationaux. Au contraire, l'Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis ne contient aucune mesure de réglementation sociale. Cette question relève toujours de la souveraineté de chacun des deux pays participant et aucune instance communautaire n'est compétente en la matière. Le degré relativement faible d'intégration poursuivi par l'Accord comme la similarité de la réglementation sociale en vigueur au Canada et aux États-Unis peut justifier ce silence de l'Accord de libre-échange en matière sociale. Cependant, dans la mesure où cet accord sera étendu à d'autres pays, comme le Mexique, l'exemple de la CEE deviendra plus pertinent.


2010 ◽  
Vol 35 (1) ◽  
Author(s):  
James McDonald

Abstract: What determines a nation's sovereignty over a particular territory? This question is now the subject of a heated debate on the international political scene, with global warming having rendered previously unreachable Arctic resources accessible to the five countries that have territorial claims in the far North: Canada, the United States, Russia, Denmark, and Norway. By building on the concepts of human and material agency, I demonstrate how both human and material agents represent the collective of Canada and thus give the Canadian government a material presence in the Arctic. This presence is key to actors such as the Canadian prime minister who are making the case for Canadian sovereignty in the Arctic region. This article therefore shows that the agency of participants in deliberation over socioscientific issues is largely influenced by the action of both other humans and material entities.Résumé : Qu'est-ce qui détermine la souveraineté d'une nation sur un territoire particulier? Cette question fait présentement l'objet d'un débat sur la scène politique internationale, alors que le réchauffement de la planète rend accessibles des ressources arctiques jadis inatteignables pour les cinq pays qui ont des revendications territoriales dans le Grand Nord : le Canada, les États-Unis, la Russie, le Danemark et la Norvège. En m'inspirant des concepts de l'agence humaine et matérielle, je démontre que des agents humains et matériels représentent le collectif du Canada et donnent ainsi au gouvernement canadien une présence matérielle dans l'Arctique. Cette présence est essentielle pour des acteurs, comme le premier ministre canadien, qui revendiquent la souveraineté du Canada dans l'Arctique. Ainsi, cet article vise à montrer que la capacité d'agir des participants dans la délibération sur des questions sociotechniques est grandement influencée par l'action d'autres humains et entités matérielles.


2005 ◽  
Vol 4 (3) ◽  
pp. 291-312 ◽  
Author(s):  
Guy Rocher

« Le sentiment de malaise qui, depuis quelque temps déjà, s'est manifesté en divers quartiers et sous diverses formes, s'est affirmé de nouveau dernièrement sur la question de l'instruction publique. On n'est pas satisfait de la position qu'occupent les Franco-canadiens dans le monde agricole, industriel et commercial, et l'on s'en prend de cet état de choses à nos écoles et au clergé qui les contrôle. » Ces paroles, nous aurions pu les lire récemment dans un de nos journaux du Québec. Elles sont pourtant de Léon Gérin et servaient d'introduction à une série d'articles sur l'éducation dans le quotidien montréalais La Minerve du 31 octobre 1892. Mais elles peuvent encore être placées en exergue au début de cette communication. Elles nous montrent en effet qu'à la fin du xix" siècle, le Canada français connaissait comme aujourd'hui une mise en question de sa position dans la Confédération. On s'inquiétait de la situation inférieure qu'occupaient les Canadiens français dans la vie économique canadienne. On cherchait à en analyser les causes et à en mesurer les conséquences. Comme aujourd'hui, le système d'enseignement était à cette occasion l'objet de critiques sévères : il apparaissait comme l'une des causes de la situation présente ; mais on y voyait aussi un espoir à la condition qu'il subisse une profonde réforme de structure. On ne s'étonnera donc pas de voir Léon Gérin consacrer une partie de son œuvre aux problèmes de l'éducation. S'inspirant du cadre d'analyse de l'École de la Science sociale, particulièrement de de Tourville et Demolins, il a bien compris que l'éducation de la jeunesse posait des problèmes qui se situaient dans la ligne des monographies de familles qu'il avait entreprises. C'est ainsi qu'il fut conduit, d'une part à publier des études sociologiques et historiques sur l'enseignement dans la revue La Science sociale et dans le Bulletin des recherches historiques, d'autre part à exposer ses vues personnelles de façon plus simple et plus accessible dans les journaux du temps. On m'a demandé, pour faire suite à l'exposé d'ensemble de monsieur Falardeau, de présenter les recherches et la pensée de Léon Gérin sur cette question plus particulière de l'éducation. Moins connue que ses monographies, l'étude de Léon Gérin sur l'éducation n'en constitue pas moins, à mon sens, une des parties les plus importantes de son œuvre. C'est d'ailleurs sur cette question que Léon Gérin a proposé avec le plus de fermeté les réformes qu'il jugeait nécessaires. Car, en cette matière, il s'est affirmé réformateur tout autant que sociologue. Aussi, pour rendre compte de la pensée de Léon Gérin telle qu'elle nous est apparue, nous analyserons, dans une première partie, l'interprétation sociologique qu'il a voulu donner de la situation de l'enseignement dans la province de Québec ; nous résumerons, dans une seconde partie, les réformes qu'il a proposées à la suite de ces études.


2005 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 203-228 ◽  
Author(s):  
Fernand Larouche

Certaines études ont démontré que, dans leurs relations avec les immigrants, ils se laissent orienter par des attitudes négatives envers ceux-ci. Ces attitudes qui témoignent de nombreux aspects de notre histoire et de notre situation sociale ont déjà été rassemblées dans cette formulation : « À cause des immigrés qui reçoivent toutes les laveurs du gouvernement et des employeurs, les Canadiens français se voient relégués aux postes les plus humbles. C'est une injustice flagrante à l'égard de ceux qui ont fondé, colonisé et développé le pays. On leur conteste le droit de commander dans leur propre pays. On veut noyer la race canadienne-française par l'immigration. Ce sont les Anglais qui veulent surtout la détruire, et c'est pour cela qu'ils donnent toujours la préférence aux immigrés. Sans l'immigration, les Canadiens français pourraient bientôt devenir majoritaires par le simple fait de leur accroissement naturel. »: Cette constellation d'attitudes serait partagée par 77% des Canadiens français. La position dominante (44.65%) chez le groupe Canadien anglais est beaucoup plus positive; elle a été formulée comme suit: « Pour accéder au rang de grande puissance, le Canada devra accroître sa population. Par ailleurs, il faut choisir des candidats assimilables par l'élément anglo-saxon du pays, ou, du moins, qui ne bouleversent pas la présente situation ethnique. » Ces recherches démontrent également que le premier déterminant de ces attitudes est le facteur ethnique. « Chaque groupe ethnique aborde le problème de l'immigration d'abord en fonction de sa survivance. » C'est également la position qu'adopte le professeur Garigue. Bernard Mailhot, pour sa part, voit dans cette prédominance du facteur ethnique, une manifestation de ce sentiment de minorité, commun à chaque groupe ethnique, et qui engendre la création de barrières défensives étouffant l'émergence possible de zones d'échanges entre ces groupes. L'ensemble de ces recherches constitue certainement un apport considérable en ce qui a trait au problème des relations ethniques au Canada français. Elles suggèrent que les attitudes envers les immigrants sont largement déterminées par les relations déjà existantes entre Canadiens français et Canadiens anglais. Toutefois, en abordant cette question par le biais du concept d'« attitude », elles en arrivent à une définition de la situation qui met en évidence une certaine polarisation des sentiments réciproques des groupes en présence. Pour notre part, nous croyons que le processus d'interaction construit par les acteurs sociaux au niveau du vécu recèle des éléments beaucoup plus complexes et nuancés que nous le laissent entendre les résultats des recherches précédentes; les significations qu'ils donnent à leurs relations s'ajustent, se modifient et sont constamment réinterprétées tout au long des interactions. C'est cet aspect de la situation que nous voudrions faire ressortir dans cette étude.


2016 ◽  
Vol 37 (3) ◽  
pp. 5-37 ◽  
Author(s):  
France Picard ◽  
Annie Pilote ◽  
Michel Turcotte ◽  
Gaële Goastellec ◽  
Noémie Olympio

Cette recherche traite des dispositifs d’orientation scolaire et professionnelle (DOSP) voués au soutien et à l’accompagnement de jeunes inégalement dotés dans leur parcours d’orientation au moment de la transition vers l’enseignement supérieur. Des innovations méthodologiques étaient requises afin d’étudier cette question dans la perspective théorique de justice sociale d’Amartya Sen (1992), dont l’élaboration et la vérification des qualités scientifiques d’outils de récolte de données dans une étude comparative internationale. Cette étude multicas se fonde sur cinq pays : le Burkina Faso, le Canada, la France, la Turquie et la Suisse. Dans chacun des cas, des données qualitatives ont été récoltées sur le système éducatif, sur l’organisation des services et sur les prestations de services d’orientation. Vingt-six entretiens semi-structurés ont été menés auprès de responsables de service, de conseillères et conseillers d’orientation-psychologues ainsi que de jeunes en transition vers l’enseignement supérieur. La validité interne ou crédibilité des outils a été assurée tout au long de l’élaboration et des révisions du protocole de recherche, empruntant les procédés propres à l’étude de cas. La vérification de la validité de construit et de la validité externe ou transférabilité, effectuée à partir des données de la préenquête, a mis en lumière la valeur heuristique des outils. Au final, le cadre comparatif des DOSP, présenté en annexe, compte parmi les toutes premières formes d’opérationnalisation du cadre théorique de Sen au champ de l’orientation.


Author(s):  
Martin St-Amant

En 1990, l'action juridique du canada en matière de commerce international se sera principalement manifestée au GATT, comme le démontre les conflits relativement nombreux dans lesquels le Canada fut impliqué ainsi que l'activité qu'il aura dépolyé cette année là. L'action juridique du Canada se sera en outre révélée en cette année, par l'entremise d'actes unilatéraux et d'accords commerciaux conclus avec d'autres États. La mise en oeuvre de l'Accord de libre-échange Canada-États-Unis constitue un dernier aspect qui aura préoccupé, par la force des choses, le Canada en cette année 1990.


Author(s):  
Outi Kalla ◽  
Jarl Wahlström ◽  
Jukka Aaltonen ◽  
Juha Holma ◽  
Pentti Tuimala ◽  
...  

Identifier avec précision les troubles schizophréniques a toujours été un problème complexe et controversé. Les caractéristiques psychologiques de la schizophrénie ont donné lieu à un volume considérable de travaux et de débats. Ces dernières années sont apparus un nombre croissant d'articles portant sur les différences et similitudes des manifestations de la psychose selon les cultures, partant de l'idée que les caractéristiques de personnalité nationales pourraient contribuer aux tableaux psychopathologiques. Le but premier de cette étude est de mieux comprendre les troubles psychotiques par l'investigation de la structure de personnalité et du fonctionnement de patients faisant un premier épisode psychotique. Le second objectif est de décrire les différences et similitudes observées dans les réponses au Rorschach de patients finlandais et espagnols afin de mettre en évidence des caractéristiques nationales et de contribuer ainsi à la recherche Rorschach interculturelle. Ont été inclus 41 protocoles de patients finlandais hospitalisés de manière consécutive pour premier épisode psychotique, et 32 en Espagne. Le travail a porté sur un certain nombre d'indicateurs de difficultés d'ajustement tirés du résumé formel du Rorschach en Système intégré ( Weiner & Exner, 1991 ). Tous les patients avaient été diagnostiqués comme schizophrènes ou souffrant d'autres troubles fonctionnels psychotiques non affectifs selon le DSM-IV. Les Rorschach ont été administrés en Système intégré aussitôt que possible après leur admission mais après la phase aiguë. La comparaison des groupes finlandais et espagnol, loin de montrer des différences significatives, étaient similaires sur beaucoup de points. Ces résultats confirment des données déjà bien établies sur les structures et mécanismes des patients psychotiques, mais ils en interrogent d'autres. Les patients obtiennent plus de styles ambiéquaux et moins d'introversifs que prévu. Beaucoup d'entre eux manquent de compétences sociales, d'intérêt pour les relations interpersonnelles et semblent avoir une vie sociale insatisfaisante. On observe des signes de difficultés dans le contrôle émotionnel et de modulation des affects, des traits dépressifs, une détresse émotionnelle, et peu de capacités de coping. Les résultats soulignent la notion que les problèmes affectifs et les traits dépressifs devraient être considérés comme un élément important dans un premier épisode psychotique, et ils confirment la présence de déficits cognitifs survenants tôt dans l'histoire d'un trouble psychotique. On a rencontré moins de dysfonctionnements idéationnels que prévu. Les deux groupes de patients se différenciaient sur certaines variables Rorschach, en particulier celles qui concernent la perception de soi. Les patients finlandais sont plus souvent centrés sur eux-mêmes de faç on excessive, plus préoccupés d'eux-mêmes et plus enclins M l'introspection. La majorité des patients espagnols manifestent un sentiment de valeur de soi négatif. Ils disposent de moins de ressources et ont plus souvent des déficits en capacité de coping. En admettant que ces résultats sont dus à des différences dans les caractéristiques de personnalité des patients psychotiques en Finlande et en Espagne, plutôt que des différences nationales dans la manifestation au Rorschach de structures de personnalité en fait identiques, alors ces données pourraient bien nous permettre de repérer des différences interculturelles de personnalité. Toutefois, l'impact des facteurs culturels est difficile M évaluer, surtout s'agissant d'une psychopathologie aussi sévère que la psychose, et la seule faç on d'avancer dans la compréhension de cette question serait de recueillir plus de données Rorschach interculturelles sur des patients psychotiques.


2019 ◽  
Vol 58 (2) ◽  
pp. 143-150
Author(s):  
Pascale Molinier

La psychodynamique du travail a étendu les conditions sociales de la sublimation au travail ordinaire et à la dynamique de la reconnaissance. Selon Christophe Dejours, la reconnaissance porte sur le faire mais elle se capitalise dans le registre de l’être. Or ce que les femmes font est généralement confondu avec ce qu’elles sont. D’où un déficit chronique de reconnaissance de leurs contributions, bien sûr aggravé par les rapports sociaux de domination (voir l’effet Mathilda dans les sciences). Ce constat sera ici principalement argumenté à partir des analyses psychodynamiques du travail féminisé (les activités de care) qui se caractérisent par leur discrétion. De la sous-estimation du travail féminin, il résulte de nombreuses conséquences, tant sur le plan théorique que clinique : la sublimation dépend-elle nécessairement de la reconnaissance ? – on déplacera cette question autour de l’expressivité et de la voix.


2009 ◽  
Vol 30 (1_2) ◽  
pp. xiii-xxi
Author(s):  
Ric Knowles
Keyword(s):  

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