scholarly journals Les acteurs du mouvement de soutien face à l’immigration illégale en France et en Grande-Bretagne

2010 ◽  
Vol 41 (2) ◽  
pp. 215-244
Author(s):  
Manlio Cinalli ◽  
Foued Nasri

Résumé Cet article se concentre sur les questions de l’asile en Grande-Bretagne et des « sans-papiers » en France pris comme des objets d’étude comparables dans le cadre de la controverse plus large sur l’immigration « illégale ». Notre analyse porte sur un large nombre d’acteurs qui interviennent en soutien des demandeurs d’asile et des « sans-papiers », dans le cadre de champs multi-organisationnels qui s’étendent sur plusieurs niveaux. Plus particulièrement, nous abordons les dynamiques complexes situées à l’intersection de l’espace public et des politiques publiques, au sein et au-delà des frontières de l’État-nation. Nous examinons ainsi une gamme de facteurs qui constituent le noyau des discussions courantes de l’approche des processus politiques, nous inscrivant ainsi dans le débat relatif aux filiations et aux limites de l’approche de Charles Tilly, telle que présentée dans From Mobilization to Revolution (1978).

2016 ◽  
Vol 34 (1-2) ◽  
Author(s):  
Nathalie GAL

L’évolution des pratiques touristiques et de loisirs est l’occasion de se pencher sur la place du sauvage, réel ou imaginaire, dans nos vi(ll)es : de son invention à sa disparition, jusqu’à sa récente réhabilitation dans l’imaginaire populaire ou du point de vue institutionnel. Cette réhabilitation passe par l’appropriation spontanée de lieux auparavant en marge, qui hébergent la nature sauvage au sein des espaces urbains. Ce faisant, ils incarnent une certaine idée de la nature, libre et sans entrave… et génèrent par conséquent des pratiques fondées sur ces valeurs. Parmi ces lieux, les interstices urbains, le plus souvent soustraits aux regards et délaissés des politiques publiques, sont un terrain d’expression privilégié. Nous examinons dans cet article cet attrait contemporain pour le sauvage, corrélé à de nouvelles formes de promenades à l’intérieur même ou en périphérie des interstices urbains, à l’instar de l’urbex(l’exploration urbaine). Nous nous appuyons sur l’évolution du champ sémantique qui suit le déplacement du sauvage de l’extérieur, où il est « né », vers l’intérieur des espaces habités, pour le retrouver jusque sur les espaces du quotidien. Les pratiques et les lieux qui émergent de cette réflexion nous interrogentin finesur les dimensions sociales et touristiques de ces nouveaux territoires.


2019 ◽  
Author(s):  
David Houle

Dans le contexte canadien, les gouvernements provinciaux jouent un rôle important dans l’élaboration des politiques de lutte aux changements climatiques, notamment par leurs efforts de mise en œuvre de mécanismes de tarification du carbone. Cet ensemble diversifié d’instruments de politiques publiques vise à imposer un prix sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) avec l’objectif d’inciter les consommateurs et les entreprises à tenir compte de l’impact de leurs décisions sur le climat. L’intérêt des gouvernements provinciaux en matière de protection du climat n’est pas nouveau. Les premiers plans d’action provinciaux dans ce domaine datent de 1995. À l’époque, après avoir considéré l’adoption d’une taxe carbone dans les années 1990s (Macdonald et coll., 2011), le gouvernement fédéral libéral avait annoncé un ensemble d’actions en changements climatiques afin de mettre en œuvre le Protocole de Kyoto, ratifié par le Premier Ministre Jean Chrétien en décembre 2002 (Harrison, 2007). Durant cette période, les actions fédérales en matière de protection du climat culminèrent par la publication, le 16 juillet 2005, de l’Avis d’intention pour réglementer les émissions des gaz à effet de serre qui sont produites par les grands émetteurs finaux, une réglementation visant les grandes entreprises et qui incluait plusieurs mécanismes de tarification du carbone .L’élection d’un gouvernement fédéral conservateur en 2006 changea la donne de manière fondamentale. Pour plusieurs observateurs et dirigeants provinciaux, il semblait maintenant peu probable que le gouvernement fédéral s’engage sur la voie de la tarification du carbone. L’approche privilégiée par le nouveau gouvernement fédéral était celle d’une réglementation sectorielle, basée sur des normes réglementaires traditionnelles (une approche parfois d’écrite comme ‘command-and-control’) consistant essentiellement à fixer des cibles d’émission que les industries devaient respecter sans que des mécanismes de flexibilité (par exemple, des permis échangeables) soit disponibles. Bien que des négociations aient été entamées avec de nombreux secteurs industriels (Munroe, 2016), seulement deux secteurs ont été réglementés, celui des transports et des centrales au charbon (Commissaire à l’environnement, 2012). C’est dans ce contexte que les provinces, de plus en plus au fait des impacts des changements climatiques sur leur territoire et des opportunités économiques créées par la croissance des industries vertes, devinrent plus actives en matière de changements climatiques. Elles craignaient moins, comme cela était le cas sous les précédents gouvernements fédéraux de Jean Chrétien et Paul Martin, un possible dédoublement de leurs efforts avec ceux du fédéral (Houle et coll., 2014, Houle, 2015). Certains gouvernements provinciaux incluant le Québec, l’Ontario, la Colombie-Britannique, le Manitoba, et l’Alberta adoptèrent des approches innovatrices en matière de changements climatiques. Simultanément, ces provinces firent preuve d’une préférence en faveur de la tarification du carbone, qui constitua un élément central de leur politique climatique, via l’adoption de taxes sur le carbone ainsi que de systèmes d’échange de droits d’émission (Houle, 2015). De manière inattendue, l’adoption de ces instruments peut être observée autant dans les provinces où une majorité de la population supporte la tarification du carbone que dans celles où seulement une minorité d’électeurs s’expriment en sa faveur. Doit-on en conclure que les décideurs publics ne tiennent pas compte de l’opinion publique sur la question de la tarification du carbone? Ce chapitre va explorer cette question tout d’abord en définissant la tarification du carbone et montrant le momentum à l’échelle international en faveur de son adoption. Par la suite, pour comprendre le lien entre l’opinion publique et l’émergence de la tarification du carbone dans le contexte canadien nous examinons tout d’abord l’évolution de l’opinion publique à ce sujet et, en particulière, les différences interprovinciales. La dernière section de ce chapitre propose des études de cas, en commençant par celui de la Colombie-Britannique où la taxe carbone instaurée dans cette province fit l’objet d’une intense controverse, surtout pendant les élections provinciales de 2009. Nous comparons ensuite cette campagne électorale avec d’autres élections provinciales de cette période, notamment celles de l’Ontario de 2011 et du Québec en 2012. Ces comparaisons nous permettent de constater, lorsqu’elles sont associées aux observations des données d’opinion publique, que le manque de support initial pour la tarification du carbone n’a, règle générale, empêcher les gouvernements provinciaux de s’engager dans cette voie.


2011 ◽  
Vol 1 (3) ◽  
pp. 93-116
Author(s):  
Patrick Point

The preservation of wetland ecosystem services has become a real issue for public policies. This article considers the question from the point of view of the provisioning and maintenance of a public good. It examines the production conditions and welfare savings involved when the value of ecosystem services is taken into account. The analysis shows that doing so can enable losers to be compensated and a net social surplus to be obtained. The study applies this approach to the estuarine wetland of Gironde, France, by studying the Associations Syndicales de Propriétaires (ASPs), the production units of ecosystem services. The article first describes the emergence of this type of organization, and then it uses a sample of them (20 out of 53), to analyze their investments and maintenance costs. It shows the likely presence of economies of scale and the very interesting results of ASPs in terms of low costs.Spanish La conservación de servicios ecosistémicos derivados de las zonas húmedas (humedales), se ha convertido en un tema relevante para las políticas públicas. Este artículo considera esta cuestión desde el punto de vista del abastecimiento y del mantenimiento de un bien colectivo. El autor examina las condiciones de la producción y las ganancias en bienestar implicadas cuando el valor de los servicios ecosistémicos se toma en cuenta. En el texto se muestra que la consideración de estos valores permite compensar las pérdidas y asegurar una ganancia neta. El autor aplica este enfoque a los humedales del estuario de la Gironde, Francia, a traves del estudio de las unidades de producción de servicios ecosistémicos también conocidas como Asociaciones Sindicales de Propietarios (ASP). Este trabajo describe en primer lugar la emergencia de este tipo de organización, y después selecciona una muestra de ellos (20 de 53 ASP), para analizar sus costos de inversiones y mantenimiento. El artículo muestra la probable presencia de economías de escala y el interesante desempeño de las ASP en función de bajos costos.French La préservation des services écosystémiques délivrés par les zones humides mobilise les politiques publiques. Nous considérons la question sous l'angle de la fourniture et de la maintenance d'un bien collectif. Nous examinons les conditions de la production et les gains en bien-être associés à la prise en compte de la valeur de ces services d'origine écosystémique. On montre notamment que cette prise en considération conduit à des situations qui permettent de compenser les perdants et d'assurer un gain net. Dans le cas des marais estuariens de la Gironde, nous nous attachons à l'étude des unités de production de ces services que sont les Associations syndicales de propriétaires (ASP). Nous rendons compte de l'émergence de cette forme d'organisation et analysons à partir d'un échantillon de 20 ASP - sur les 53 recensées dans la zone d'étude - les coûts de maintenance et d'investissement. Nous montrons la probable présence d'économies d'échelle et les intéressantes performances en termes de coût des ASP.


2006 ◽  
Vol 18 (1) ◽  
pp. 104-116 ◽  
Author(s):  
Priscilla Gareau ◽  
Laurent Lepage

Alternatives aux politiques publiques sectorielles et réglementaires de la protection de l’environnement, les expériences de gestion intégrée se sont rapidement multipliées depuis les années 1990. Ces lieux de concertation regroupent des acteurs diversifiés à qui l’on prête la capacité de définir un intérêt général. Cet article analyse les facteurs qui influencent la mise en oeuvre de la gestion intégrée et le fonctionnement des lieux de concertation sur le Saint-Laurent, soit les comités ZIP. À travers deux études de cas, menées à l’enseigne de la sociologie des organisations, nous examinons plus particulièrement les obstacles à une action collective pour protéger l’environnement.


2016 ◽  
Vol 9 (2) ◽  
pp. 49-72 ◽  
Author(s):  
Florence Chappert ◽  
Karen Messing ◽  
Éric Peltier ◽  
Jessica Riel

L’ergonomie est la discipline qui a pour objet de transformer les milieux de travail afin d’améliorer la santé. L’ergonome entreprend ses travaux à la suite d’une demande du milieu. Bien que la division des emplois, des postes et des tâches de travail selon le genre puisse poser des problèmes pour la santé et le bien-être des femmes et des hommes, rares sont les demandes en ergonomie qui portent sur le genre. En France, à partir de 2009, l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT) a décidé d’adopter une approche de genre dans ses interventions. Nous présentons ici une description d’une intervention centrée sur un poste pénible occupé majoritairement par des femmes. Les résultats de cette intervention ont contribué à alimenter les activités de l’ANACT ainsi que les décisions de politiques publiques. Nous appuyant sur le bilan de cette intervention, nous examinons l’opportunité de transformer le travail des femmes et des hommes à partir d’une approche de genre employée sur le terrain. Nous constatons qu’il est difficile d’entrer et de demeurer dans les milieux de travail en parlant explicitement d’égalité, de justice et de rapports de pouvoir. Mais parler uniquement de pénibilité et de santé ne permet pas toujours d’aborder les problèmes d’organisation du travail selon le genre qui affectent différemment la santé des travailleuses et des travailleurs.


2017 ◽  
Vol 7 (2) ◽  
pp. 34-69 ◽  
Author(s):  
Lauri Siitonen

This is a comparative study of development policy behavior, testing the Europeanization hypothesis and the idea of sub-regional identification. It examines development policies of three Benelux countries and four Nordic countries. The comparison was partly quantitative, drawing from OECD data, and partly qualitative, based on policy analysis of similarities and differences in development policies of the countries under examination. The examination provides some evidence in support of the Europeanization hypothesis as far as the EU goals towards growth in member states’ aid volume and commitment to policy coherence for development were concerned. The alternative explanation was found to be stronger in helping understand performance in multilateral aid and allocation of bilateral aid. Common to the countries under examination is that they approximate a corporatist type of political economy, which helps in understanding identification and norm diffusion within sub-regional schemes. Neither explanation proposed here succeeded in explaining commitment to donor coordination.Spanish abstract: Este estudio comparativo del comportamiento de la política pública de desarrollo prueba la hipótesis de Europeización y la idea de identifi cación subregional. Las políticas públicas de desarrollo de tres países de Benelux y cuatro países Nórdicos fueron examinadas. La comparación fue cuantitativa y cualitativa, basada en análisis de similitud de política pública y diferencias en las políticas de desarrollo. El examen provee evidencia que apoya la hipótesis de Europeización tan lejos como las metas de crecimiento de la UE en volumen de ayuda y compromiso de coherencia de política de desarrollo de los estados miembros eran considerados. Se encontró sólida en ayudar entender el desempeño de la cooperación multilateral y la asignación de cooperación bilateral. Los países bajo estudio aproximan un tipo corporativista de economía política, que ayuda entender la identifi cación y difusión de normas dentro de esquemas subregionales. Ninguna explicación propuestas explica el compromiso con la coordinación del donante.French abstract: Cett e étude comparative évalue l’hypothèse de l’européanisation et l’idée de l’identification sous-régionale. Elle examine les politiques de développement des pays membres de deux schémas européens sous-régionaux : les trois pays du Benelux et les quatre pays nordiques. La comparaison est en partie quantitative à partir des données de l’OCDE et en partie qualitative, car elle se fonde sur une analyse de politiques publiques des similarités et des différences dans les politiques de développement des pays étudiés. L’analyse apporte des éléments en faveur de l’hypothèse de l’européanisation dans la mesure où les objectifs de l’EU en matière d’augmentation du volume de l’aide et de l’engagement en faveur de la cohérence des politiques publiques pour le développement (CPD) sont concernés. Cependant, l’explication alternative est avérée car elle permet de comprendre la performance de l’aide multilatérale et l’allocation de l’aide bilatérale. Un point commun entre les pays étudiés est qu’ils s’approchent d’un modèle corporatiste d’économie politique qui aide à comprendre l’identification et la diffusion normative à l’intérieur de cadres sous-régionaux. Cependant, aucune des explications proposées ne réussit à expliquer l’engagement en matière de coordination des donateurs.


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