scholarly journals L’expérience des femmes dans les directions sportives au Québec : une « émancipation sous tutelle »

2009 ◽  
Vol 22 (1) ◽  
pp. 123-145 ◽  
Author(s):  
Anastasie Amboulé Abath

RésuméCet article porte sur les aspects particuliers de l’expérience au travail de femmes investies dans des postes de direction et de décision dans les milieux du sport de haut niveau au Québec. L’auteure examine, à partir de leur discours, si ces dirigeantes reçoivent un traitement équitable. Elle cherche aussi à saisir, le cas échéant, les stratégies qu’elles utilisent pour compenser les effets qu’entraînent des conditions de travail sexistes. Le discours de ces femmes est centré sur le fait qu’il existe des différences marquées en faveur des hommes dans ces milieux du sport. Pour elles, les directions sportives constituent des espaces culturels de domination masculine où les femmes doivent s’assimiler à la majorité, se conformer pour être entendues, ou pour être en mesure de faire leur travail, et s’adapter aux caractéristiques du groupe masculin. Les dirigeantes rencontrées par l’auteure désapprouvent et contestent cette situation. Elles sont obligées de recourir à diverses stratégies de résistance pour se faire valoir et se maintenir dans ces milieux sportifs. Dans ce contexte de partage inégal de responsabilités et de pouvoir, l’auteure formule l’hypothèse suivante : la place des femmes au sein de ces instances demeure sous la tutelle des dirigeants masculins.

2013 ◽  
Vol 317 (317) ◽  
pp. 51 ◽  
Author(s):  
Aurélien Masson ◽  
Jean-Marc Julien ◽  
Luc Boedt

L'importance de l'hévéa (caoutchouc), Hevea brasiliensis, en tant que culture de rente ne cesse d'augmenter justifiant de s'intéresser à de nouvelles techniques de clonage plus efficaces que le greffage (écussonnage) traditionnellement utilisé pour la production industrielle de matériel de plantation de qualité supérieure. Les bonnes performances sur le terrain (croissance rapide, haut rendement) des hévéas produits par embryogenèse somatique n'ont été constatées jusqu'à présent qu'à l'échelle expérimentale. La propagation de masse in vitro par embryogenèse somatique ou microbouturage de clones d'hévéas sur leurs propres racines reste pénalisée par un manque de réactivité de la plupart des génotypes sélectionnés et par des coûts de production prohibitifs. Face à cette situation, la propagation par bouturage de clones matures sélectionnés issus de micropropagation in vitro a été tentée par la SoGB en Côte d'Ivoire comme une alternative possible à l'utilisation exclusive des techniques in vitro. Les deux clones matures industriels, A (70 ans) et B (53 ans), ont d'abord été rajeunis in vitro par embryogenèse somatique puis micropropagés en plus grand nombre par microbouturage. Après acclimatation, les microboutures enracinées in vitro ont été rempotées dans des pots individuels pour être gérées de manière intensive comme pieds-mères destinés au bouturage. Après 3 semaines en conditions horticoles adéquates, les taux d'enracinement obtenus pour les boutures des clones A et B ont été respectivement de 74,6 % (1203/1613) et 76,5 % (198/259). Les racines adventices néoformées étaient généralement vigoureuses. A l'issue d'une phase d'acclimatation réussie, les boutures se sont développées de façon conforme pour atteindre 4 mois plus tard une hauteur de 25-30 cm suffisante pour être plantées au champ. En sus d'une plus grande vigueur et conformité sur le terrain, les clones issus de bouturage peuvent être produits plus rapidement, sur des surfaces plus réduites à moindre coût et dans des conditions de travail plus faciles par rapport aux plantes issus d'écussonnage. Des analyses en cours devraient permettre d'établir les avantages comparatifs des boutures par rapport aux plants écussonnés en ce qui concerne d'autres caractères à fort impact économique tels que le rendement de latex.


2018 ◽  
Vol 73 (2) ◽  
pp. 252-273
Author(s):  
Bernard Dugué ◽  
Johann Petit

Le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) s’avère, en France, une pièce maitresse des dispositifs de prévention des risques et d’amélioration des conditions de travail dans les entreprises. Bien que son rôle soit de plus en plus reconnu, il a souvent des difficultés à fonctionner et à trouver sa place dans le paysage des relations professionnelles. Cette situation est liée, d’une part, à la nature même du comité — à la fois institution de représentation du personnel et instance chargée de la prévention des risques de manière coordonnée avec les services de l’entreprise — et, d’autre part, aux caractéristiques de son champ d’intervention. La conduite des actions et leur efficience sont directement en lien avec la capacité du CHSCT à mettre en discussion des conceptions différentes, et parfois opposées, en matière de conditions de travail, de santé, de risques professionnels et d’exercice du mandat représentatif. Les représentations qu’ont les différents acteurs de ces questions contribuent à la définition des choix stratégiques et des actions à entreprendre. Notre travail de recherche s’est appuyé sur deux types de données. D’abord celles recueillies, au moyen d’entretiens et d’observations participantes, auprès de 27 CHSCT dans des entreprises de tailles et de secteurs d’activité très variés. Ensuite, des données collectées au moyen d’une grille de questionnement auprès de plus de 100 CHSCT lors de sessions de formation ou d’interventions dans des entreprises sur une période de cinq ans, et de la consultation de procès-verbaux de réunion ou de documents d’information remis aux membres de l’instance. L’objectif de cet article est de montrer que si les tensions qui traversent l’activité du CHSCT sont, en grande partie, inhérentes aux caractéristiques de cette instance et si elles sont fréquemment à l’origine de conflits, elles sont aussi une source de débats féconds qui constituent un espace de créativité pour le développement de l’action collective. Au-delà des CHSCT en France, nous sommes convaincus que les conclusions de cette recherche concernent toute instance chargée de la prévention et de l’amélioration des conditions de travail dans les entreprises à travers le monde.


2019 ◽  
Vol 19 (2) ◽  
pp. 76-79
Author(s):  
Ginette Gauthier ◽  
Monique Parent ◽  
Lise Lachance ◽  
Denis Plante

Les auteurs font une analyse de la situation actuelle du bibliotechnicien sur le marché du travail au Québec. En première partie, ils tracent l’historique des premières promotions en tenant compte des facteurs conflictuels, sans oublier les conditions salariales. La seconde partie se veut, avant tout, une description des plus objective des tâches actuelles remplies par les bibliotechniciens et des conditions de travail inhérentes à cette situation.


2002 ◽  
Vol 18 (2) ◽  
pp. 47-60
Author(s):  
Hélène DAVID ◽  
Michel BIGAOUETTE

Résumé À partir de l'analyse de plus de 2 000 prises de retraite chez les "cols bleus" et les "cols blancs" d'une grande municipalité, au cours de la décennie 1973-1983, il s'avère que les cols bleus perçoivent une rente inférieure, jouissent de leur vie à la retraite moins longtemps et meurent plus jeunes que les cols blancs. Le cheminement causal dégagé pour expliquer cette situation fait s'entrecroiser les effets complexes et conjugués de la réglementation du régime de retraite privé en vigueur, des conditions de travail ainsi que des itinéraires professionnels différentiels.


2014 ◽  
Vol 40 (1) ◽  
pp. 9-43 ◽  
Author(s):  
Christian Brunelle

Pendant longtemps, l’action syndicale s’est déployée dans la clandestinité, en marge du droit. Aussi loin que l’on puisse remonter dans l’histoire des relations de travail, le droit criminel et le droit des rapports privés réprouvaient les moyens de pression exercés collectivement par les salariés. Cette situation contribuera dans une large mesure à nourrir la croyance, encore répandue dans certains milieux syndicaux, selon laquelle les tribunaux judiciaires ont un préjugé défavorable aux syndicats. C’est essentiellement par la mobilisation et l’action politiques que les syndicats finiront par obtenir du législateur, au milieu du XXe siècle, la reconnaissance du droit de négocier collectivement les conditions de travail et du droit d’exercer des moyens de pression à cette fin. Même si ce régime législatif a généralement bien servi les intérêts des salariés, le législateur est parfois intervenu afin de limiter la capacité des syndicats de négocier collectivement les conditions de travail ou d’exercer des moyens de pression contre l’employeur. Au lendemain de l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés, certains syndicats ont bien tenté de limiter de telles pratiques législatives au nom de leur liberté constitutionnelle d’association, mais sans succès. Certains ont vu là un autre signe d’insensibilité judiciaire à la réalité syndicale. Toutefois, la Cour suprême du Canada reconnaît désormais que la liberté d’association comprend à tout le moins un droit procédural à la négociation collective. Et si la Charte canadienne offrait ainsi aux syndicats un moyen de pression nouveau genre ?


Author(s):  
Nick Dyer-Witheford ◽  
Greig S. De Peuter

Abstract: The blog postings of “EA Spouse,” partner of an exhausted video game programmer, have catalyzed discussion of epidemic overwork in the digital play industry. This paper analyzes the crisis of labour in this glamorous new medium. After a brief overview of the industry and its production process, we discuss its labour conditions under four headings. “Enjoyment” examines the real pleasures game workers find at their jobs. “Exclusion” discusses the gendering of game work. “Exploitation” investigates the corporate processes that drive toward a work culture of extreme hours and the consequences game workers suffer. “Exodus” looks at current attempts by workers to escape this predicament — attempts including legal action, educational efforts, entrepreneurial flight, and union organizing. Résumé : Le blogue de « EA Spouse », conjointe d’un programmeur de jeux vidéo épuisé professionnellement, a inspiré bon nombre de discussions sur le surmenage qui sévit dans l’industrie du jeu vidéo. Cet article analyse la crise de la main-d’œuvre dans ce nouveau secteur glamour. Suivant un bref exposé général de l’industrie et de son mode de production, nous discutons en quatre étapes les conditions de travail qui y règnent. « Plaisir » porte sur les vrais plaisirs qu’éprouvent les travailleurs dans ce secteur. « Exclusion » porte sur la proportion trop faible de femmes qui y œuvrent. « Exploitation » explore la culture organisationnelle qui contraint les programmeurs à travailler pendant de très longues heures et les conséquences du surmenage sur ceux-ci. « Exode » observe comment les travailleurs tentent actuellement d’échapper à cette situation. Ces tentatives comprennent l’action judiciaire, l’éducation des travailleurs, l’exode des entrepreneurs et l’organisation de syndicats.


Author(s):  
Martine Poulin ◽  
Daniel Prud’homme

Les pays industrialisés sont entrés dans une récession économique qui se répercutera nécessairement par d’importantes pertes d’emploi. Les travailleurs licenciés ne retrouveront pas tous le niveau de salaire et les conditions de travail qu’ils avaient avant la mise à pied, et vivront même par la suite plusieurs épisodes de chômage. Les travailleurs âgés, ceux qui sont en emploi dans la même entreprise depuis plusieurs années et ceux plus faiblement scolarisés sont plus susceptibles de connaître cette situation. Cet article s’intéresse aux protections sociales des travailleurs dans le cas des licenciements collectifs au Québec. Nous présentons les obligations légales des employeurs en la matière, nous nous interrogeons sur le pouvoir des acteurs sociaux devant un tel événement et présentons les programmes publics existants pour les travailleurs licenciés. La conclusion suggère des pistes de recherche pour une meilleure connaissance de la sécurisation des travailleurs dans le cas des licenciements collectifs.


2020 ◽  
Vol 59 (1) ◽  
pp. 18-23
Author(s):  
Danièle Roche-Rabreau

L’auteur décrit la réflexion du groupe pluridisciplinaire sur l’alliance thérapeutique entre équipes soignantes et familles lors d’une première hospitalisation pour un épisode psychotique. Cette alliance thérapeutique émerge et se développe dans le cadre du « système thérapeutique » constitué par la rencontre de deux groupes : le groupe famille et le groupe « équipe thérapeutique » regroupés autour de cette situation singulière et chargée émotionnellement d’une décompensation psychotique et de l’hospitalisation d’un(e) jeune. Dans cette optique, il s’agit donc de passer de la logique individuelle propre à la médecine pour passer à une logique groupale, d’une lecture purement médicale à une lecture plu- riaxiale. Alors, savoir médical et savoir profane de la famille peuvent s’énoncer et s’articuler au lieu de s’opposer. Enfin dans ce processus, la temporalité, les étapes et l’interactivité permet de gérer la part d’incertitude diagnostic et pronostic qui caractérise ces situations. Ce travail d’alliance permet d’éviter les ruptures de soins et optimise les capacités thérapeutiques des équipes et préserve l’avenir.


1975 ◽  
Vol 30 (1) ◽  
pp. 161-176 ◽  
Author(s):  
Alain Morel

ResuméAu sein du village picard quelques gros exploitants, propriétaires terriens ou fermiers et de nombreux prolétaires qui n'ont que leur force de travail, ne s'affrontent pas. Partant d'un rapport de production, les relations patronouvriers ne se situent pas sur le plan des rapports de classe. Imbriquées à celui-ci, des relations de dépendance, du type patron-client, leur donnent d'autres dimensions — rapport personnel, paternalisme, prestige... — sur lesquelles se modulent les stratégies des deux parties. Celle du patron a pour fin, outre son désir de demeurer un personnage important, le maintien du statu quo, à savoir, éviter que les ouvriers ne remettent violemment en question le système qui les défavorise. Or il ne peut conserver le pouvoir absolu qu'il exerce, dans la sphère économique, sur ceux qu'il emploie (conditions de travail, salaires, promotions...) que s'il l'étend à d'autres sphères de la vie sociale.


1997 ◽  
Vol 52 (4) ◽  
pp. 799-820 ◽  
Author(s):  
Fanny Cosandey
Keyword(s):  

La reine de France existe-t-elle ? Pour saugrenue que paraisse la question, la réponse n'en est pas moins incertaine lorsqu'on se penche sur l'historiographie de ces deux derniers siècles. Les historiens du ou de la politique n'accordent à la reine qu'un regard distrait, la reléguant à une existence domestique à laquelle les nombreuses biographies sur les reines de France n'hésitent pas à la réduire.Le traitement appliqué jusqu'ici à la loi salique n'est pas étranger à cette situation. Si, depuis Paul Viollet, d'excellents travaux ont montré le processus d'élaboration de cette « loi » et les modalités de l'exclusion des femmes du trône en fonction des impératifs politiques provoqués par la guerre de Cent Ans, aucune analyse n'a envisagé la signification de ce texte à l'égard des femmes. Ainsi, les études récentes, très précises, de Colette Beaune et de Jacques Krynen ont porté sur la construction juridique de la loi salique à partir de la réflexion politique des 14e et 15e siècles, afin de montrer la part qu'eut cette loi dans la formation d'un État monarchique qui puise ses formes modernes dans les deux derniers siècles du Moyen Age. En ce sens, c'est la genèse de ce texte plus que son contenu qui fait l'objet de l'analyse et, dans la perspective d'un renforcement du pouvoir royal, la focalisation qui s'exerce alors sur la personne du roi conduit spontanément à la mise à l'écart de celle qui n'a pas droit au trône. Le fait, dominant toute l'historiographie de la loi salique, qu'aucune réflexion sur la nature de l'exclusion des femmes n'ait été envisagée, laisse la voie ouverte aux interprétations les plus restrictives concernant la place de ces dernières dans la politique.


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document