scholarly journals Les urgences psychiatriques dans un contexte de sectorisation

2007 ◽  
Vol 18 (1) ◽  
pp. 227-250 ◽  
Author(s):  
François Béland ◽  
Anne Lemay ◽  
Ginette Lavoie

RÉSUMÉ La psychiatrie de secteur est une réalité du système de soins psychiatriques dans la région de Montréal depuis une quinzaine d'années. Dans un milieu urbain dense, où les limites territoriales des secteurs sont étrangères au lieux d'habitation, la sectorisation peut poser de graves problèmes d'accès. Par ailleurs, dans la mesure où la distribution des services de santé mentale sur un territoire suit les principaux axes de la circulation urbaine, la sectorisation peut être la consécration d'un état de fait, son succès étant alors garanti par la force des choses. L'accès aux services d'urgence psychiatrique dans un territoire sectorisé de l'île Jésus est examiné à l'aide des données des archives des hôpitaux Sacré-Coeur et Cité de la Santé. Les données démontrent que les patients ayant une affection psychiatrique se présentent au service d'urgence de l'hôpital de leur secteur. Les habitudes d'utilisation de ces patients des services d'urgence ne sont pas différentes de celles des utilisateurs de tous les types de soins, psychiatriques ou non, pour quelques raisons que ce soit. Cependant, il y a un effet de halo du lieu d'utilisation des services psychiatriques sectorisés sur les services psychiatriques non sectorisés. L'effet de la sectorisation sur l'utilisation des services et leur accès est donc complexe.

2008 ◽  
Vol 5 (1) ◽  
pp. 47-61 ◽  
Author(s):  
Paul Morin

Résumé L'immense majorité des personnes psychiatrisées vivent dorénavant en dehors des murs en milieu urbain. Cette modification majeure dans la dispensation des services de santé mentale s'est faite sans que l'on associe dimension sociospatiale et lieux d'hébergement. Des instruments de contrôle territorial comme le zonage ont donc été utilisés afin de tenir les personnes psychiatrisées à l'écart de certains quartiers. Mais en fait, faut-il vraiment développer autant de foyers de groupes ? De récentes recherches démontrent que si l'on prend la peine de questionner les personnes concernées, celles-ci ont des idées précises et réalistes sur ce qu'elles désirent.


2006 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
pp. 133-148 ◽  
Author(s):  
Luciano Bozzini

Résumé Cet article a deux objectifs. 1) Contribuer à mieux faire connaître la tant discutée réforme psychiatrique italienne. 2) Proposer, pour réflexion, débat et action, un certain nombre d'implications que cette réforme soulève par rapport à la discussion actuelle sur la réorganisation des services de santé mentale au Québec. Sur le premier point, le message central des faits est le suivant: il y a moyen de faire une autre psychiatrie si société et intervenants veulent se donner un tel projet. Sur le deuxième point, les principales conditions de succès d'une psychiatrie globale et désinstitutionnalisee apparaissent être les suivantes: des ressources suffisantes; une base aux mains libres (décentralisation poussée de la décision et de l'organisation) mais responsable de l'intégration des services sur un territoire; un patient travail sur la culture et le tissu social local; l'omniprésence (temps/espace) du service sur le territoire; une réponse globale (et désinstitutionnalisee) aux besoins des patients; un travail d'équipe démocratique. Pas de miracles en Italie cependant: dans la société «refroidie» des années 80, la place est à l'expérimentation.


2006 ◽  
Vol 6 (2) ◽  
pp. 79-88
Author(s):  
Andrée Melanson-Ouellet

Cette étude analyse la connaissance et la perception des services psychiatriques, de la santé mentale et des malades mentaux parmi un échantillon de 990 personnes sélectionnées à travers la province du Québec. Les résultats indiquent que la population est encore mal informée des divers aspects des services de santé mentale, et que cela montre une intolérance considérable envers les anciens patients mentaux, particulièrement dans les situations où il y a un plus grand degré de contact social.


2013 ◽  
Vol 20 (3) ◽  
pp. 66-75 ◽  
Author(s):  
Jean-François Pelletier ◽  
Anthony Gifuny ◽  
Luc Nicole ◽  
Gabrielle Labrie Racine ◽  
Julie Bordeleau ◽  
...  

2013 ◽  
Vol 37 (2) ◽  
pp. 239-255 ◽  
Author(s):  
Alain Lesage ◽  
Danielle St-Laurent ◽  
Mathieu Gagné ◽  
Gilles Légaré

Le suicide et sa prévention sont considérés comme des enjeux de santé publique. Cette perspective jouxte une compréhension multifactorielle des phénomènes de santé dans nos sociétés, et la mobilisation autour des déterminants pour lesquels des actions peuvent être posées. La santé publique a connu des succès face aux maladies infectieuses puis face à des maladies chroniques comme l’hypertension. Le phénomène est ensuite appréhendé en chiffres, à l’aide de données québécoises, canadiennes et internationales. Les politiques populationnelles de prévention du suicide sont généralement multimodales, elles impliquent souvent des stratégies pour l’amélioration des services de santé mentale. Le succès de ces stratégies repose sur leur application constante et la surveillance de cette application.


2007 ◽  
Vol 27 (1) ◽  
pp. 83-101
Author(s):  
Shery Mead ◽  
David Hilton

Résumé Les interventions psychiatriques en situation de crise sont au centre du conflit entre traitement non volontaire et systèmes de rétablissement et de bien-être dans les services de santé mentale. Bien que la crise puisse signifier tout autre chose pour les personnes qui la vivent, la population en général a appris à y répondre avec une crainte alimentée par les médias. Un contrôle social accru, appelé par erreur « traitement », s'en est suivi. Cela n'aide en rien la personne et, en fait, contribue à confondre davantage celle qui tente de donner un sens à son expérience. Cet article propose un changement fondamental dans la compréhension et le travail en situation de crise psychiatrique. Au lieu d'objectiver et de nommer l'expérience de la crise en relation avec le construit du trouble, l'objectif est de développer une façon de penser plus relationnelle et contextuelle relativement à la réaction ou à la réponse à la crise. En ce sens, les auteurs explorent les concepts de réciprocité, de planification proactive, d'élaboration d'un pouvoir négocié et d'une définition commune, des risques et de la sécurité, de «»ré-écriture ou de re-construction » (re-storying). Finalement, ils présentent une discussion sur l'élaboration de stratégies de recherche appuyant les nouvelles façons de penser au sujet de la crise. Les auteurs, qui ont vécu des expériences personnelles de crises et d'hospitalisation, ont été impliqués dans l'élaboration de programmes de soutien entre pairs depuis 1990. Dave Hilton a été l'un des premiers directeurs à rendre des fonds accessibles pour l'implantation de programmes de soutien entre pairs à la grandeur de l'État. Shery Mead est ex-directrice de trois agences de soutien entre pairs, dont une ressource alternative gérée par les personnes utilisatrices. Elle est consultante pour les programmes de soutien-conseil entre pairs et pour les programmes traditionnels en santé mentale aux États-Unis.


Frontières ◽  
2018 ◽  
Vol 29 (1) ◽  
Author(s):  
Jean-François Cauchie ◽  
Patrice Corriveau ◽  
Bryan Hamel
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Selon l’OMS, 90 % des suicides sont liés à des problèmes de santé mentale. Or associer le suicide à une altération de l’esprit ne va pas de soi. Au Québec, il est par exemple historiquement aisé de montrer qu’un tel couplage dépasse largement des considérations d’ordre psychiatrique. Sans prendre position davantage dans ce débat, notre analyse de lettres d’adieu part néanmoins du principe que dès lors qu’il y a mise en mots du geste suicidaire, il y a, à travers ce récit, interpellation d’un futur dans lequel l’auteur entend rester acteur de sa vie comme de ce qui la suit. La majorité des lettres de notre corpus rend d’ailleurs explicitement compte des raisons de la mort à venir. Pourtant, dans 91 % des dossiers, le coroner conclut au geste d’un fou. Y compris quand le suicidé précise ne pas l’être.


2012 ◽  
Vol 37 (1) ◽  
pp. 31-46 ◽  
Author(s):  
Simon Dubreucq ◽  
Florence Chanut ◽  
Didier Jutras-Aswad

La prévalence des patients qui présentent une problématique psychiatrique et de toxicomanie (dits troubles concomitants) est élevée. Montréal, comme d’autres grands centres urbains, est un lieu d’accueil pour un nombre élevé d’entre eux. Malgré la disponibilité des ressources pour traiter chacune de ces affections, il y avait jusqu’à récemment un manque de programmes qui offraient des modalités de traitement intégré. Au cours des dernières années, le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) a mis en oeuvre un tel programme pour répondre aux besoins multiples d’une population vulnérable à maints égards, en plus d’être marginalisée. Dans cet article, les auteurs présentent la problématique du « double diagnostic » et son ampleur, les modèles d’intervention existants et les obstacles à l’obtention des soins pour les personnes qui souffrent de troubles concomitants. Les auteurs décrivent les étapes qui ont mené à l’instauration d’une Unité de psychiatrie des toxicomanies au CHUM, et les défis liés à la création d’un modèle d’intervention multidisciplinaire intégré en milieu urbain.


2015 ◽  
Vol 40 (1) ◽  
pp. 19-33 ◽  
Author(s):  
Jean-François Pelletier ◽  
Larry Davidson

Le partenariat patient en santé mentale et psychiatrie est considéré de nos jours comme une innovation et comme une composante essentielle à des soins de santé mentale personnalisés. Un retour sur le paradigme humaniste inscrit au coeur des travaux précurseurs de Philippe Pinel et Jean-Baptiste Pussin permet cependant de constater que le « traitement moral » qu’ils préconisaient, il y a déjà 200 ans, reposait en bonne partie sur cette mise à profit de l’expérience vécue, particulièrement en contexte de soutien entre pairs. Le mouvement contemporain centré sur le plein exercice de la citoyenneté pour tous et celui plus ancien du traitement moral ont en commun qu’ils insistent tous les deux pour que les personnes atteintes de maladies mentales soient traitées avec dignité et respect. Toutefois, alors que le traitement moral se prodiguait à l’intérieur de l’enceinte asilaire, l’objectif des soins axés sur le plein exercice de la citoyenneté est pour sa part celui d’une vie et d’un soutien dans la communauté et pour tout le monde. Nous suggérons tout de même que Pussin et Pinel ont formulé des idées probablement si avant-gardistes que nous commençons tout juste à les comprendre et à vouloir les appliquer à nos pratiques postasilaires.


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