Perspectives et place des pères dans les services de protection de l’enfance et de la jeunesse

2009 ◽  
Vol 15 (1) ◽  
pp. 38-59 ◽  
Author(s):  
Linda Davies ◽  
Meghan Mulcahy ◽  
Kate Mechan ◽  
Jean-Martin Deslauriers

Résumé Parmi les nouveaux courants de recherche et les pratiques émergentes en travail social auprès des familles, se retrouve la question de la place des pères dans les familles et dans les interventions. Par ailleurs, cette reconceptualisation de la paternité, tant sur le plan théorique que pratique, s’accompagne de tensions entre différentes idéologies. Notamment, selon que l’on adhère à une définition plutôt conservatrice, féministe ou liée aux droits des pères, ces derniers sont appelés à jouer des rôles forts différents auprès des mères et des enfants. La façon dont les travailleurs sociaux se situent face à ces tendances induira différentes façons d’accompagner les familles et les pères. Il s’avère donc pertinent d’étudier les courants de pensée présents dans ce champ de façon, à savoir la place qu’ils réservent aux besoins des pères. Ultimement, cette réflexion pourrait susciter le développement de nouvelles approches d’intervention en travail social auprès des pères. Cette question est abordée dans cet article sous l’angle des services de protection de l’enfance et de la jeunesse.

2005 ◽  
Vol 36 (2-3) ◽  
pp. 342-349
Author(s):  
Linda Davies

Même encadrée par une politique qui en détermine règles et procédures, la pratique sociale en protection de l'enfance, en Angleterre, laisse aux praticiens une certaine autonomie et un pouvoir discrétionnaire. Dans un tel contexte, cependant, les intervenants ont besoin de protection et de support. L'auteure propose d'élargir la perspective de l'enfance maltraitée aux aspects structurels de la violence. Elle invoque de plus la nécessité de démocratiser la pratique et de mobiliser d'autres travailleurs de l'État pour provoquer des changements significatifs.


2011 ◽  
Vol 57 (1) ◽  
pp. 31-48 ◽  
Author(s):  
Simon Lapierre ◽  
Isabelle Côté

À la lumière de développements récents dans le champ de la protection de l’enfance, il s’avère important d’examiner comment les différents acteurs dans le système de protection conceptualisent les situations de violence conjugale. Le présent article aborde précisément cette question, s’appuyant sur les résultats d’une étude de cas réalisée dans un centre jeunesse du Québec. La méthodologie qualitative combinait une analyse documentaire des politiques et des entrevues individuelles réalisées auprès de différents acteurs dans le système de protection de l’enfance, soit des intervenants sociaux, des cadres intermédiaires, des cadres supérieurs et un réviseur. Dans l’ensemble, les résultats de cette étude révèlent que tous les participants reconnaissent que les intervenants en protection de la jeunesse sont confrontés à des situations de violence conjugale dans le cadre de leur travail et que de telles situations peuvent nécessiter l’intervention des services de protection de la jeunesse, du moins dans certaines circonstances. Selon les données recueillies, ces circonstances relèvent principalement des conséquences pour les enfants et des capacités parentales de leur mère. Par ailleurs, les résultats présentés ci-dessous semblent indiquer que les différents acteurs dans le système de protection de la jeunesse ne mettent pas l’accent sur la violence des hommes et sur la victimisation des femmes, mais bien sur l’exposition à la violence conjugale et sur ses conséquences pour les enfants. Ils sont préoccupés par la situation des femmes dans la mesure où cela met en cause leur capacité à assurer la sécurité et le développement de leurs enfants. Les femmes victimes de violence sont donc perçues comme une partie du problème, voire même comme la source du problème.


2013 ◽  
Vol 24 (2) ◽  
pp. 185-203
Author(s):  
Pierrine Robin

Comment intervenir pour favoriser l’agir ensemble en protection de l’enfance en France ? C’est à cette question que s’intéresse cet article d’un point de vue théorique et pratique. Nous montrons que si la participation des « premiers concernés » est un principe érigé comme finalité de l’action sociale, les interventions sociales collectives avec les jeunes sortant de la protection de l’enfance restent balbutiantes. Ceci est lié à la difficulté de définir qui sont les « premiers concernés » en protection de l’enfance et de concevoir leur citoyenneté pratique. Mais comment dans ces conditions favoriser des actions communautaires ascendantes, tenant compte de la perspective subjective des jeunes, sans les stigmatiser ?


Author(s):  
Outi Kalla ◽  
Jarl Wahlström ◽  
Jukka Aaltonen ◽  
Juha Holma ◽  
Pentti Tuimala ◽  
...  

Identifier avec précision les troubles schizophréniques a toujours été un problème complexe et controversé. Les caractéristiques psychologiques de la schizophrénie ont donné lieu à un volume considérable de travaux et de débats. Ces dernières années sont apparus un nombre croissant d'articles portant sur les différences et similitudes des manifestations de la psychose selon les cultures, partant de l'idée que les caractéristiques de personnalité nationales pourraient contribuer aux tableaux psychopathologiques. Le but premier de cette étude est de mieux comprendre les troubles psychotiques par l'investigation de la structure de personnalité et du fonctionnement de patients faisant un premier épisode psychotique. Le second objectif est de décrire les différences et similitudes observées dans les réponses au Rorschach de patients finlandais et espagnols afin de mettre en évidence des caractéristiques nationales et de contribuer ainsi à la recherche Rorschach interculturelle. Ont été inclus 41 protocoles de patients finlandais hospitalisés de manière consécutive pour premier épisode psychotique, et 32 en Espagne. Le travail a porté sur un certain nombre d'indicateurs de difficultés d'ajustement tirés du résumé formel du Rorschach en Système intégré ( Weiner & Exner, 1991 ). Tous les patients avaient été diagnostiqués comme schizophrènes ou souffrant d'autres troubles fonctionnels psychotiques non affectifs selon le DSM-IV. Les Rorschach ont été administrés en Système intégré aussitôt que possible après leur admission mais après la phase aiguë. La comparaison des groupes finlandais et espagnol, loin de montrer des différences significatives, étaient similaires sur beaucoup de points. Ces résultats confirment des données déjà bien établies sur les structures et mécanismes des patients psychotiques, mais ils en interrogent d'autres. Les patients obtiennent plus de styles ambiéquaux et moins d'introversifs que prévu. Beaucoup d'entre eux manquent de compétences sociales, d'intérêt pour les relations interpersonnelles et semblent avoir une vie sociale insatisfaisante. On observe des signes de difficultés dans le contrôle émotionnel et de modulation des affects, des traits dépressifs, une détresse émotionnelle, et peu de capacités de coping. Les résultats soulignent la notion que les problèmes affectifs et les traits dépressifs devraient être considérés comme un élément important dans un premier épisode psychotique, et ils confirment la présence de déficits cognitifs survenants tôt dans l'histoire d'un trouble psychotique. On a rencontré moins de dysfonctionnements idéationnels que prévu. Les deux groupes de patients se différenciaient sur certaines variables Rorschach, en particulier celles qui concernent la perception de soi. Les patients finlandais sont plus souvent centrés sur eux-mêmes de faç on excessive, plus préoccupés d'eux-mêmes et plus enclins M l'introspection. La majorité des patients espagnols manifestent un sentiment de valeur de soi négatif. Ils disposent de moins de ressources et ont plus souvent des déficits en capacité de coping. En admettant que ces résultats sont dus à des différences dans les caractéristiques de personnalité des patients psychotiques en Finlande et en Espagne, plutôt que des différences nationales dans la manifestation au Rorschach de structures de personnalité en fait identiques, alors ces données pourraient bien nous permettre de repérer des différences interculturelles de personnalité. Toutefois, l'impact des facteurs culturels est difficile M évaluer, surtout s'agissant d'une psychopathologie aussi sévère que la psychose, et la seule faç on d'avancer dans la compréhension de cette question serait de recueillir plus de données Rorschach interculturelles sur des patients psychotiques.


2007 ◽  
Vol 46 (1) ◽  
pp. 11-17 ◽  
Author(s):  
Nicole Guédeney

2019 ◽  
Vol 58 (2) ◽  
pp. 143-150
Author(s):  
Pascale Molinier

La psychodynamique du travail a étendu les conditions sociales de la sublimation au travail ordinaire et à la dynamique de la reconnaissance. Selon Christophe Dejours, la reconnaissance porte sur le faire mais elle se capitalise dans le registre de l’être. Or ce que les femmes font est généralement confondu avec ce qu’elles sont. D’où un déficit chronique de reconnaissance de leurs contributions, bien sûr aggravé par les rapports sociaux de domination (voir l’effet Mathilda dans les sciences). Ce constat sera ici principalement argumenté à partir des analyses psychodynamiques du travail féminisé (les activités de care) qui se caractérisent par leur discrétion. De la sous-estimation du travail féminin, il résulte de nombreuses conséquences, tant sur le plan théorique que clinique : la sublimation dépend-elle nécessairement de la reconnaissance ? – on déplacera cette question autour de l’expressivité et de la voix.


1946 ◽  
Vol 1 (1) ◽  
pp. 70-76
Author(s):  
Claude Maldor
Keyword(s):  

La grandeur de l'homme et son bonheur sont-ils inconciliables ? Cette question résume en quelques mots le conflit de deux civilisations. C'est la seule qui aille véritablement au fond des choses. On peut dire qu'au delà des incidents quotidiens de la politique et même de la guerre, le conflit entre deux conceptions de l'homme est le drame prodigieux qui divise la Jerre. La revendication fondamentale de tous les malheureux, de tous les déshérités, de tous les prolétaires, c'est le bonheur pour l'homme, pour tous les hommes. Dépourvus de tout, ce bonheur se présente à eux sous la forme plus ou moins vague d'une terre promise, où les besoins essentiels seront enfin satisfaits.


1976 ◽  
Vol 31 (6) ◽  
pp. 1176-1194 ◽  
Author(s):  
Zsigmond Pál Pach

Dans un article récent, le professeur Ashtor présente un exposé utile sur les « dernières recherches relatives au commerce du Levant » et débat de certains points vivement controversés sur le sujet. Mais nous constatons avec regret qu'il a négligé une question chaudement discutée et qui a fait l'objet d'une controverse pendant près de deux siècles. C'est à cette question que le présent article est consacré.Depuis le début du XIXe siècle, et pendant sa plus grande partie, une thèse a presque fait l'unanimité des historiens de toutes nations : au Moyen Age, les produits du Levant auraient été transportés vers l'Europe centrale et même occidentale en passant par la Hongrie et la Transylvanie.


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