scholarly journals Formation-emploi des diplômés en relations industrielles. Une étude de cas : Université de Montréal

2005 ◽  
Vol 34 (4) ◽  
pp. 740-767
Author(s):  
Gilles Guérin

Dans une perspective d'ajustement des programmes de formation aux exigences professionnelles du marché du travail en relations industrielles, cet article analyse les résultats d'une enquête faite par questionnaire en mai 1978 auprès de la population des diplômés en relations industrielles de l'Université de Montréal.

2005 ◽  
Vol 60 (2) ◽  
pp. 443-474 ◽  
Author(s):  
Luciano Allegra

RésuméLes sociétés d’Ancien Régime ont été traditionnellement réprésentées comme des sociétés immobiles, caractérisées par un rigide compartimentage en ordres, corps, corporations ; les comportements des individus y étaient dominés par le poids des rôles et des hiérarchies sociales et productives. Cette image repose sur le double postulat d’une mobilité sociale contenue et d’une mobilité professionnelle quasiment inexistante : on donne pour assuré le fait que les métiers se seraient mécaniquement transmis de père en fils. Le but de cet article est de mettre à l’épreuve ce postulat à partir d’une étude de cas : la ville de Turin entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle.À travers l’analyse croisée des sources, nous avons essayé d’appliquer au cas turinois les méthodes quantitatives de mesure de la mobilité professionnelle adoptées par les sciences sociales. Par rapport à celles-ci, toutefois, nous avons changé d’unité de mesure. Au lieu de comparer les professions à l’intérieur du couple père-fils, nous avons choisi de focaliser l’attention sur le noyau domestique. Cette perspective permet de mettre au jour au moins trois aspects du problème qui, jusqu’à présent, ont été largement négligés. En repérant l’éventail des choix professionnels pour tous les membres de chaque famille, nous avons individualisé des stratégies d’entrée des fils sur le marché du travail. En croisant les données concernant les professions et l’origine géographique des époux, il devient possible de proposer un modèle multi-factoriel d’explication de la mobilité. En prenant en considération la profession des femmes, enfin, on introduit une variable décisive, et jusqu’ici négligée, des processus de mobilité intergénérationnelle. Le stéréotype d’une société fermée et monolithique se révèle ainsi dépourvu de fondement. L’Ancien Régime nous apparaît plutôt comme une société mobile et ouverte, dans laquelle les individus semblent jouir d’une grande liberté d’accès au marché du travail, et les mécanismes de mobilité ascendante paraissent largement dépendants de la position professionnelle des femmes.


2002 ◽  
Vol 15 (1) ◽  
pp. 57-76
Author(s):  
Carlo CARBONI

Résumé Le principal argument théorique développé dans cet article concerne l'influence de l'État sur la reproduction des classes sociales. Cette analyse de la reproduction cherche à montrer comment les politiques de l'État ont complexifié la structure de classes dans l'Italie des années 70, choisie ici comme étude de cas. Sont abordés: les changements survenus dans les formes d'organisation du capital; la nouvelle complexité de la segmentation du marché du travail ; les nouvelles différenciations sociales au sein de chacune des classes sociales ; l'émergence de rôles de citoyens ou l'exclusion de ces rôles ; la reproduction des classes sociales en ce qui a trait à la formation des intérêts socio-politiques; le problème de l'État et du système politique quant au contrôle social et à la représentation politique des intérêts d'un tissu social fragmenté.


2016 ◽  
Vol 71 (2) ◽  
pp. 323-349 ◽  
Author(s):  
Amadou Ba ◽  
David Alis

La grande distribution fait l’objet d’innovations technologiques fortes. Le développement des caisses libre-service (CLS) vise à réduire les dépenses de personnel et faciliter la gestion des effectifs en caisse, tout en répondant aux attentes de nombreux consommateurs autonomes et pressés. Nous analysons les réactions des clients et des salariés à l’automatisation des caisses dans un hypermarché à l’aide du modèle « Défection, Prise de parole, Loyauté, Négligence » connu sous l’acronyme anglo-saxon EVLN (Exit, Voice, Loyalty, Neglect) initié par les travaux fondateurs de Hirschmann, en utilisant également le modèle d’acceptation de la technologie développé par Venkatesh et Davis. Nous nous appuyons sur une étude de cas unique portant sur l’un des hypermarchés français les plus avancés en matière d’automatisation des caisses. La méthodologie qualitative repose sur une observation participante d’une durée de trois ans, sur 29 entretiens semi-directifs avec les salariés et sur une analyse du contenu de 184 réclamations émises par la clientèle. La recherche permet de mettre en évidence les manifestations concrètes de la prise de parole, de la défection et de la négligence. Les réticences vis-à-vis de l’automatisation exprimées à la fois par la clientèle et le personnel sont ainsi expliquées à l’aide du modèle d’acceptation de la technologie. L’intérêt de comparer les perceptions de salariés et de clients est mis en évidence. Les sources d’insatisfaction vis-à-vis de l’automatisation ne sont pas identiques, ce qui nécessite des analyses croisées des convergences et divergences de perceptions. L’analyse des mécanismes de co-production du service et du transfert de rôle de l’organisation vers les clients dans la distribution apparait ainsi riche, avec de nouvelles formes d’intensification du travail des caissiers. Dans ce contexte de changement technologique, l’importance des mécanismes d’écoute des salariés et des clients est soulignée. La recherche contribue ainsi au renouveau des études sur l’importance de la prise de parole en relations industrielles dans une économie de plus en plus tertiaire, caractérisée par une forte évolution technologique.


2018 ◽  
Vol 22 (1) ◽  
pp. 58-72
Author(s):  
Valérie Mérindol ◽  
David W. Versailles

Cet article analyse les capacités hautement créatives comme un ensemble de ressources et compétences permettant d’accéder à une variété de connaissances distantes, de les articuler et de préserver leur redondance pour aboutir à des idées nouvelles et originales. Basé sur une étude de cas exploratoire sur les laboratoires d’innovation ouverte de trois grandes entreprises françaises, cet article se propose d’étudier la nature de ces capacités et le design organisationnel mis en place dans un contexte d’innovation ouverte. Les résultats permettent d’analyser le caractère distribué de ces ressources dans un espace inter-organisationnel et le nouvel équilibre entre contrôle / liberté pour les exploiter.


2018 ◽  
Vol 73 (2) ◽  
pp. 343-368
Author(s):  
Yves Hallée ◽  
Gabrielle Plamondon

Cet article s’intéresse aux organisations de la société civile (OSC) spécialisées dans le soutien aux démarches de (ré)insertion socioprofessionnelle des personnes en situation d’itinérance (PSI) et aux nouveaux acteurs dans le système de relations industrielles québécois. À partir d’une étude de cas réalisée dans l’Arrondissement Ville-Marie de Montréal, nous avons utilisé les dimensions développées par Bellemare (2000) pour rendre opérationnel le concept d’acteur, les travaux de Heery et al. (2012) sur les OSC britanniques, ainsi que les résultats issus de nos recherches dans cet arrondissement, pour déterminer si les OSC impliquées dans la (ré)insertion socioprofessionnelle des PSI peuvent être considérées comme de nouveaux acteurs en relations industrielles (RI). Selon les dimensions de l’analyse, il apparaît que nous pouvons considérer les OSC qui sont engagées dans des expériences de (ré)insertion socioprofessionnelle des PSI comme de nouveaux acteurs en RI. En effet, en termes d’implication aux divers niveaux d’analyse des RI, elles interviennent de façon ponctuelle sur les lieux de travail, mais de façon beaucoup plus continue sur les plans organisationnel et institutionnel. Au niveau organisationnel, mentionnons que les OSC sont en lien avec des entreprises par le biais d’un réseau entretenu avec une OSC qui agit à titre d’intermédiaire afin de permettre le déploiement des programmes d’employabilité. Il s’agit d’un mode de fonctionnement en réseau où nous retrouvons de nombreux échanges interorganisationnels permettant d’assurer un continuum de services dans le but de soutenir les individus dans leur trajectoire de retour au travail et de faciliter les transitions des PSI en entreprises. En ce qui a trait au degré de continuité de l’implication des OSC dans le système de RI, nos résultats diffèrent de ceux de Heery et al. (2012). Nous avons, en effet, constaté une implication soutenue dans les programmes d’employabilité et de pré-employabilité, alors que ces auteurs parlent plutôt d’implication sporadique ou discontinue. Nos résultats montrent, également, des changements au niveau des règles liées aux conditions de travail et dans l’organisation de l’entreprise par la mutualisation de certaines pratiques de GRH, que nous assimilons à une influence des OSC sur le niveau organisationnel. De plus, ces dernières contribuent indirectement à influencer l’environnement social des entreprises grâce à l’action concertée entre OSC et entreprises dans le but d’apporter une solution au problème de concentration de l’itinérance dans le territoire du centre-ville montréalais.


Author(s):  
Christine Hudon

À partir d’un exemple, celui du collège de Sainte-Anne de La Pocatière, cet article analyse les projets éducatifs développés par l’institution collégiale au 19e siècle afin de mettre en lumière les innovations qui s’y sont déployées. Dans un premier temps, nous nous arrêtons sur les objectifs poursuivis initialement par les promoteurs et sur les premières années d’existence de ce collège fondé en 1829. Cette étude de cas permet de montrer que l’institution, loin d’être arrimée à une tradition fixe et immuable, est marquée par le contexte sociopolitique et économique de son temps et qu’elle incorpore dans son enseignement les réflexions pédagogiques de son époque à propos de la méthode, de l’ordonnancement des matières et des finalités que l’on souhaite assigner à l’éducation.


2014 ◽  
Vol 41 (1) ◽  
pp. 47-92
Author(s):  
Benoît Frate ◽  
Monique Ménard-Kilrane ◽  
Lucie Lamarche

Cet article analyse près de 200 Observations finales adoptées par le Comité du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies (PIDESC) pour la période allant de la 8e à la 40e session de ses travaux. Il vise à établir la contribution de l’Organisation internationale du travail (OIT) à ces Observations finales. Seule la partie de ces Observations concernant les droits fondamentaux du travail garantis par les articles 6 à 10 du PIDESC a été considérée. L’analyse conclut que les contributions spécialisées de VOIT aux travaux du PIDESC sont déterminantes et constituent un exemple de meilleures pratiques en matière de collaboration interinstitutionnelle. L’impact de ces contributions démontre notamment la prise en compte évolutive du sort des travailleurs de la marge par le Comité du PIDESC et par les instances de contrôle du suivi des conventions de l’OIT. L’étude illustre aussi le fait que de telles convergences ne portent pas atteinte à la mission respective des institutions qui, au contraire, dégagent leur marge de maoeuvre propre devant des situations systémiques d’abus des droits des travailleurs. Les conclusions de cette étude confirment la nécessité de préserver l’intégralité des différents mécanismes de contrôle international des droits des travailleurs.


Phronesis ◽  
2012 ◽  
Vol 1 (4) ◽  
pp. 21-36
Author(s):  
Jean-François Marcel ◽  
Audrey Garcia

Cet article analyse un dispositif de formation initiale des enseignants : le stage de pratique accompagnée. En s’appuyant sur un cadre en deux volets (les théories de l’apprentissage social et une typologie des savoirs professionnels), une étude de cas met au jour les apprentissages professionnels de sept enseignants stagiaires de l’enseignement agricole public français. La démarche d’analyse montre que ce dispositif est propice à la mise en oeuvre d’un apprentissage professionnel spécifique. Elle propose ensuite une modélisation systémique du stage de pratique accompagnée qui l’envisage tour à tour comme un système social, un système d’activités et un système d’apprentissage professionnel.


2018 ◽  
Vol 73 (3) ◽  
pp. 517-540
Author(s):  
Carole Yerochewski

RésuméComment analyser la montée de ces nouveaux mouvements de travailleurs que représentent les mobilisations des travailleurs informels et précaires, où les femmes tiennent une place importante, y compris en termes deleadership ? Les approches traditionnelles en sociologie et en relations industrielles évoquent une montée des identités sociales par rapport aux identités professionnelles, comme s’il s’agissait de la montée d’intérêts spécifiques. À partir d’une redéfinition ontologique du travail qu’ouvre l’approche féministe matérialiste, cet article propose une autre lecture des objets de conflictualité amenés par les mobilisations de travailleuses et de travailleurs informels.Il s’appuie, pour ce faire, sur une étude de cas effectuée dans l’économie solidaire brésilienne et sur le concept d’identité collective de Melucci. Il explore la façon dont ces nouveaux mouvements de travailleurs définissent les processus d’exploitations et de dominations à combattre et la façon dont ils mettent en pratique leurs visions du changement social.L’article met ainsi en lumière la portée émancipatrice des transformations de leur rapport au travail et souligne, à l’opposé, les réductionnismes qui animent les stratégies syndicales, en particulier quand elles prétendent défendre les droits des travailleurs en développant des coopératives compétitives. Cette approche, qui reconnaît le caractère situé des connaissances, permet de mieux saisir la portée des mobilisations dans l’économie solidaire et le pourquoi des tensions entre syndicats et travailleurs précaires et informels lors des luttes menées par ces derniers.


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