L’écriture de la torture comme art romanesque
Résumé Le roman de Sergio Kokis Le maître de jeu propose une double réflexion sur l’éthique et l’écriture romanesque, et pose une question essentielle : comment écrire un récit de torture ? Au-delà de l’histoire et de ses personnages, cette étude du roman s’attardera au registre du corps du torturé, à interroger la façon dont on passe du témoignage (le récit) à l’écriture (le roman) et à voir comment la pensée éthique transforme la narration. Tenter de cerner ces éléments implique un désir de comprendre les enjeux éthiques et les problèmes romanesques qui sous-tendent cette histoire de torture. Cette réflexion se prolonge par une interrogation sur le bien et le mal, notions présentées à travers la pensée Nietzsche ou les romans de Dostoïevski lors des échanges — souvent ludiques ou ironiques — entre le narrateur et un visiteur qui prétend être Dieu.