scholarly journals Gravité de la toxicomanie d’adolescents en traitement : liens avec l’auto-révélation de transitions familiales et de placements

2008 ◽  
Vol 6 (2) ◽  
pp. 47-82
Author(s):  
Stéphane Tremblay ◽  
Joël Tremblay ◽  
Marie Simard
Keyword(s):  

Résumé La toxicomanie d’adolescents constitue un problème social important tant pour ses impacts directs que pour son influence sur d’autres problématiques. Plusieurs études ont montré que différentes variables influencent l’apparition de la toxicomanie chez les adolescents, mais peu d’entre elles permettent de comprendre les variables associées à la gravité de cet abus de substances psychoactives. Le but de l’étude est d’estimer jusqu’à quel point la gravité de la toxicomanie d’adolescents admis en traitement spécialisé peut être liée au fait d’avoir vécu une ou des transitions familiales (séparation parentale, décès parental, recomposition familiale) ou des placements, et à leur durée, selon des données auto-rapportées rétrospectivement lors de l’admission en traitement. Les résultats ne permettent pas d’observer de liens entre les transitions familiales et la gravité de la toxicomanie. Toutefois, la présence de placement est associée à la gravité de consommation des substances psychoactives (SPA) des jeunes de l’échantillon. Plus le nombre et la durée des placements sont importants, plus la gravité de la toxicomanie est élevée. L’association est particulièrement importante en ce qui concerne la gravité de consommation des drogues illicites autres que le cannabis. Des variables bien connues telles que l’âge et le sexe des participants sont aussi associées à la gravité d’usage des substances psychoactives.

2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S21-S22
Author(s):  
P. Cailliez

Les médecins sont souvent confrontés à des situations d’absence d’efficacité ou d’efficacité jugée insuffisante d’un traitement antidépresseur de première intention. On estime ainsi qu’entre un et deux tiers des épisodes dépressifs majeurs ne répondront pas à un premier antidépresseur prescrit. Mais avant de parler d’inefficacité d’un traitement, il est important d’évaluer certains aspects susceptibles d’entraver l’efficacité de ce dernier. Un examen clinique complet ainsi que certains examens complémentaires (TSH par exemple) seront dans un premier temps nécessaires afin de d’éliminer une pathologie organique responsable d’une symptomatologie dépressive, qui pourra régresser une fois cette pathologie traitée. Une cause iatrogène médicamenteuse devra aussi être éliminée, ainsi qu’une cause toxique (abus de substances). L’entretien clinique nous permettra ensuite de confirmer le diagnostic d’épisode dépressif majeur et de son évolution sous traitement, ainsi que d’éliminer des diagnostics psychiatriques différentiels (un trouble bipolaire par exemple) ou certaines comorbidités psychiatriques, tels qu’un trouble de la personnalité. Après s’être assuré que la posologie prescrite et la durée de traitement antidépresseur sont adéquates, l’un des critères fondamentaux à évaluer est l’observance du traitement prescrit. Il est de plus indispensable d’évaluer le contexte de vie et les facteurs de stress parfois responsables d’une chronicisation de la symptomatologie dépressive. Il est donc nécessaire de prendre le temps d’évaluer globalement la situation pour s’assurer que le traitement antidépresseur mis en place est réellement inefficace, avant de passer à une autre stratégie thérapeutique.


2007 ◽  
Vol 26 (2) ◽  
pp. 22-46 ◽  
Author(s):  
Kim T. Mueser ◽  
Douglas L. Noordsy ◽  
Robert E. Drake ◽  
Lindy Fox

Résumé Les approches traditionnelles de soins pour patients souffrant de problèmes de comorbidité qui étaient fondées sur des traitements séquentiels ou en parallèle ont échoué dans les cas de santé mentale et d'abus de substance, ce qui a conduit au développement de programmes de traitements intégrés. Dans cet article, les auteurs définissent les traitements intégrés destinés aux patients ayant ce double diagnostic et identifient les composantes clés des programmes intégrés efficaces, y compris la pratique outreach, l'approche holistique, le partage de la prise de décision, la réduction des méfaits, l'engagement à long terme et le traitement par étapes (basé sur l'approche motivationnelle). Le concept d'étapes de traitement est décrit afin d'illustrer les différents stades de motivation vécus par les personnes à mesure qu'elles se rétablissent de leur dépendance aux substances : l'engagement, la persuasion, le traitement actif et la prévention des rechutes. Les étapes de traitement servent à guider les cliniciens dans l'identification d'objectifs de traitement appropriés à l'état de motivation des patients, et à choisir des interventions fondées sur ces objectifs. En reconnaissant le stade de traitement de chaque personne, les cliniciens peuvent optimiser les résultats en choisissant des interventions qui sont appropriées à l'état de motivation de la personne ou à l'étape de traitement et ainsi minimiser les abandons. Ces programmes intégrés diffèrent dans les services spécifiques qu'ils dispensent. Toutefois, ils partagent des éléments communs dans leur philosophie et leurs valeurs. Des recherches documentent les effets bénéfiques de ces programmes qui s'avèrent de bon augure pour le pronostic à long terme des personnes présentant une comorbidité.


1994 ◽  
Vol 76 (808) ◽  
pp. 428-436
Author(s):  
Cleopas Sila Msuya

Dans les années 70 encore, les épidémiologistes pensaient que les maladies contagieuses céderaient bientôt leur place, en tant que premier facteur de morbidité dans le monde, aux maladies non contagieuses, qui comprennent des maladies dégénératives telles que le diabète, les troubles circulatoires et les cancers, ainsi qu'aux accidents. La majorité des pays — à l'exception des pays en développement — connaissaient déjà ce que l'on appelle la «transition épidémiologique». Après que l'humanité fut passée de l'époque terrible des famines et des maladies pestilentielles (de l'apparition de l'homme jusqu'à la moitié du deuxième millénaire) à l'ère des épidémies (qui a culminé dans la première moitié du XXe siècle avec la pandémie de la grippe), le premier rôle passait, dans les années 70, à des maladies dues pour une bonne part à l'évolution des styles de vie: manque d'exercice, régimes alimentaires à haute teneur en graisses, tabagisme et autres abus de substances diverses.


L Encéphale ◽  
2006 ◽  
Vol 32 (3) ◽  
pp. 25-29 ◽  
Author(s):  
H.-J. Aubin

2006 ◽  
Vol 31 (1) ◽  
pp. 169-187 ◽  
Author(s):  
Cynthia Mathieu ◽  
Claude Bélanger ◽  
Hélène Brisebois

Il est reconnu que le taux d’attrition très élevé chez les hommes qui suivent un traitement pour violence conjugale constitue un problème sérieux. La présente recherche tente de vérifier s’il existe un lien entre les variables individuelles (âge, revenu, abus de substances, avoir été témoin ou victime de violence à l’enfance) et celles liées au couple (ajustement dyadique, colère, attributions, style d’attachement, comportements violents) et l’abandon thérapeutique chez ces hommes. Quatre-vingt hommes inscrits à une thérapie de groupe pour hommes violents ont été recrutés. Des analyses corrélationnelles ont été effectuées. Seul l’âge du participant est ressorti comme étant corrélé au taux d’attrition. Plus les participants étaient jeunes, plus ils avaient tendance à abandonner la thérapie avant la fin du programme. Les implications de ces résultats sont discutées.


2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S29-S30 ◽  
Author(s):  
S. Berthoz

Le concept d’alimentation émotionnelle (emotional eating) peut se définir comme le fait de moduler la consommation alimentaire en réponse à un ressenti émotionnel plutôt qu’à celui de la faim ou de la satiété . Il postule l’existence d’une association étroite entre la régulation homéostasique de la prise alimentaire et de l’humeur, que l’affectivité ferait partie des traits psychologiques qui augmentent ou diminuent la consommation alimentaire et le contrôle du poids. Les mécanismes mis en cause sont les mêmes que ceux incriminés dans les abus de substances ou certaines addictions comportementales : la nourriture serait utilisée pour « s’automédiquer » d’un ressenti déplaisant. Actuellement, un recours à la prise alimentaire pour se réconforter d’un éprouvé négatif est de plus en plus mis en cause dans la surconsommation (overeating) et l’obésité , ainsi que dans les différents sous-types de troubles du comportement alimentaire . Si ces études suggèrent bien qu’adopter un comportement alimentaire « de réconfort » peut avoir des effets délétères pour la santé, on ne sait pas encore dans quelles mesures certaines ou toutes les émotions sont associées à des modifications importantes de la prise alimentaire, quel(s) rôle(s) de médiation peuvent avoir différentes stratégies de régulation émotionnelle ou comportementale. Pourtant, le recours à l’alimentation émotionnelle, au même titre que l’abus de substances, serait en augmentation ces 20 dernières années , et des associations entre un comportement alimentaire « de réconfort » avec des indicateurs de mal être ou de mauvaise santé mentale (ex. stress, burn-out, dépression), en plus de problèmes de poids, commencent à être rapportées. Mieux identifier si toutes ou certaines émotions favorisent l’émergence de l’alimentation émotionnelle, et quelles sont les personnes les plus vulnérables, permettrait de développer des stratégies thérapeutiques plus ciblées et donc potentiellement plus efficaces.


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 563-563
Author(s):  
B. Tefahi ◽  
A.-H. Bedoui ◽  
N. Grid
Keyword(s):  

La schizophrénie est une psychose dissociative chronique résultant d’un lien entre une prédisposition vulnérable d’ordre psychobiologique et des facteurs de stress socio-environnementaux. Plusieurs études au cours de ces dernières années (Eronen et al., 1996, Arsenault et al., 2000, Erb et al., 2001) ont indiqué l’existence d’un lien significatif entre schizophrénie et violence. Violence et schizophrénie est sous-tendue par des facteurs bio psychosociologiques hétérogènes (abus de substances psycho-actives, niveau socio-économique défavorable, bas niveau d’éducation, le jeune âge et le sexe masculin) qui influent l’agressivité comportementale chez les patients psychotiques. Notre intervention s’articule autour d’un portrait non exhaustif des connaissances actuelles neurophysiologiques et neurobiologiques qui expliquent ce lien afin de permettre une prévention des comportements violents chez les schizophrènes.


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