La mise en scène de l’amour : la photographie de mariage dans la deuxième moitié du XXe siècle

Author(s):  
Martine Tremblay

Résumé La photographie est utilisée ici comme matériau permettant une approche des rapports symboliques qui se construisent au moment du mariage. Rituel au coeur du rituel, la séance de photographie raconte une histoire idéalisée du couple et de leurs relations familiales. Derrière cette mise en scène, nous décelons les conceptions communes et les valeurs qui structurent les rapports sociaux. Le choix du mariage ritualisé à la fin du XXe siècle montre que, même s’ils se sont libérés de l’autorité parentale, les jeunes ont intériorisé les normes qui structurent la conjugalité et la filiation.

2009 ◽  
Vol 36 (2) ◽  
pp. 63-79 ◽  
Author(s):  
Marie-Françoise Legendre

Résumé Ce texte aborde la question du lien social sous l’angle de ses fondements épistémologiques. Sa contribution est donc essentiellement théorique. Nous nous interrogeons plus particulièrement sur la manière dont l’école peut contribuer, à travers l’instruction, à la constitution et à l’entretien de rapports sociaux solidaires à la fois au sein de l’école et à l’extérieur de celle-ci. La réponse à cette question nous paraît indissociable du choix paradigmatique qu’effectue l’école sur le plan épistémologique. Ce choix n’est pas neutre puisqu’il contribue à instaurer un certain type de rapport aux savoirs et à l’apprentissage. Après avoir clarifié le sens que nous donnons ici à la notion de « paradigme », nous précisons ce qu’est un paradigme socioconstructiviste, puisqu’il y est fait largement référence dans le cadre des réformes éducatives actuelles, et quelles sont les implications d’un tel choix. Ce paradigme conduit à envisager de manière particulière les rapports entre le cognitif, le social et le culturel et, partant, la contribution potentielle des savoirs scolaires à l’institution de liens sociaux. Dans cette perspective, les savoirs apparaissent à la fois comme des sources d’affranchissement personnel, des modes de participation à la culture et des formes d’engagement dans des rapports sociaux. Leur mise en scène par l’enseignant s’avère alors extrêmement importante et suppose de sa part un engagement épistémologique, ne serait-ce qu’implicite.


2019 ◽  
Vol 58 (2) ◽  
pp. 143-150
Author(s):  
Pascale Molinier

La psychodynamique du travail a étendu les conditions sociales de la sublimation au travail ordinaire et à la dynamique de la reconnaissance. Selon Christophe Dejours, la reconnaissance porte sur le faire mais elle se capitalise dans le registre de l’être. Or ce que les femmes font est généralement confondu avec ce qu’elles sont. D’où un déficit chronique de reconnaissance de leurs contributions, bien sûr aggravé par les rapports sociaux de domination (voir l’effet Mathilda dans les sciences). Ce constat sera ici principalement argumenté à partir des analyses psychodynamiques du travail féminisé (les activités de care) qui se caractérisent par leur discrétion. De la sous-estimation du travail féminin, il résulte de nombreuses conséquences, tant sur le plan théorique que clinique : la sublimation dépend-elle nécessairement de la reconnaissance ? – on déplacera cette question autour de l’expressivité et de la voix.


2020 ◽  
Vol 9 (1) ◽  
pp. 26-45
Author(s):  
Sarah J. Adams

Despite their peripheral position in the Atlantic slave trade, authors of the late eighteenth-century German states composed a number of dramas that addressed imperialism and slavery. As Sigrid G. Köhler has argued (2018), these authors aimed to exert political leverage by grounding their plays in the international abolitionist debate. This article explores how a body of intellectual texts resonated in August von Kotzebue's bourgeois melodrama Die Negersklaven (1796). In a sentimental preface, he mentions diverse philosophical, historical and political sources that contributed to the dramatic plot and guaranteed his veracity. Looking specifically at the famous Histoire des deux Indes (1770) by Denis Diderot and Guillaume-Thomas F. Raynal, I will examine the ways in which Kotzebue adapted highbrow abolitionist discourses to the stage in order to convery an anti-slavery ideology to the white European middle classes. Kotzebue seems to ground abolitionism in the bourgeois realm by moulding political texts into specific generic templates such as an elaborate mise-en-scène, the separation and reunion of lost lovers, a fraternal conflict, and the representation of suffering victims and a compassionate white hero.


2019 ◽  
Vol 58 (2) ◽  
pp. 170-182
Author(s):  
Karen F. Quandt

Baudelaire refers in his first essay on Théophile Gautier (1859) to the ‘fraîcheurs enchanteresses’ and ‘profondeurs fuyantes’ yielded by the medium of watercolour, which invites a reading of his unearthing of a romantic Gautier as a prescription for the ‘watercolouring’ of his own lyric. If Paris's environment was tinted black as a spiking population and industrial zeal made their marks on the metropolis, Baudelaire's washing over of the urban landscape allowed vivid colours to bleed through the ‘fange’. In his early urban poems from Albertus (1832), Gautier's overall tint of an ethereal atmosphere as well as absorption of chaos and din into a lulling, muted harmony establish the balmy ‘mise en scène’ that Baudelaire produces at the outset of the ‘Tableaux parisiens’ (Les Fleurs du mal, 1861). With a reading of Baudelaire's ‘Tableaux parisiens’ as at once a response and departure from Gautier, or a meeting point where nostalgia ironically informs an avant-garde poetics, I show in this paper how Baudelaire's luminescent and fluid traces of color in his urban poems, no matter how washed or pale, vividly resist the inky plumes of the Second Empire.


1982 ◽  
Vol 37 (2) ◽  
pp. 246-254 ◽  
Author(s):  
Janusz Tazbir

M'étant interrogé, il y a quelques années, sur l'accueil réservé aux œuvres de Thomas More et sur leur diffusion en Pologne, j'ai tenté de définir les raisons pour lesquelles les utopies classiques n'avaient pas trouvé de résonance parmi les citoyens de la République nobiliaire. Elles sont multiples. Ainsi, presque toutes les représentations de la société idéale, depuis la Politique de Platon, les visions de More ou de Campanella, jusqu'aux utopies du siècle des Lumières, préconisent une ingérence très poussée dans la vie privée des citoyens, un contrôle continu exercé sur eux par des censeurs spécialement institués à cette fin, la soumission à des normes très rigoureuses de discipline sociale — en un mot, un fonctionnement de l'État qui est en contradiction flagrante avec les institutions de la Pologne des xvie-xviie siècles. Comme le remarque à juste titre Claude Backvis, l'utopie naît dans des conditions où elle ne peut en aucune mesure être réalisée. Elle réclame tout parce qu'elle n'est en mesure de rien obtenir ; son maximalisme vient de ce qu'on pense impossible de modifier, de quelque façon que ce soit, les rapports sociaux et politiques existants. C'est la raison pour laquelle la noblesse polonaise qui, à l'époque de la Renaissance, avait largement les moyens de transformer l'État, ne recherchait pas de compensation dans la création imaginaire d'un monde idéal, utopique. Plus tard, le conservatisme de l'État polonais, son hostilité déclarée à tout changement, s'opposèrent efficacement tant à la création de variantes polonaises qu'à la réception des versions étrangères de l'utopie.


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