scholarly journals La création de la base de données du recensement canadien de 1852

2006 ◽  
Vol 34 (2) ◽  
pp. 297-313 ◽  
Author(s):  
Lisa Dillon

Un échantillon du recensement effectué en 1852 dans le Canada-Est et le Canada-Ouest, sous forme de fichier lisible par machine, s’ajoutera bientôt à la séquence de bases de données en cours de construction à partir des recensements canadiens des 19e et 20e siècles. La base contiendra 259 000 personnes, soit 20 pour cent de la population recensée en 1852. Similaire aux recensements ultérieurs par la forme et le contenu, celui-ci présente cependant des difficultés particulières au chapitre de la représentation de toutes les parties du territoire et du repérage des chefs de ménage. Des étapes clés du déroulement du projet sont décrites ici : organisation de la saisie des données, résolution du problème de la perte de données sur les zones urbaines, repérage des chefs de ménage au moyen de l’information sur le type d’immeuble. Une première analyse des fréquences du recensement de 1852 et leur comparaison avec celles du recensement de 1871 laisse croire que l’échantillon construit est représentatif de la population rurale du Canada en 1852.

Author(s):  
André S. Champagne ◽  
Steven R. McFaull ◽  
Wendy Thompson ◽  
Felix Bang

Introduction En octobre 2018, le Canada a légalisé la consommation de cannabis à des fins non médicales pour les adultes. Notre étude visait à présenter le profil le plus récent possible des blessures et des intoxications liées au cannabis recensées dans la base de données de la plateforme électronique du Système canadien hospitalier d’information et de recherche en prévention des traumatismes (eSCHIRPT) et à fournir une synthèse descriptive des caractéristiques des blessures concernant les cas liés au cannabis consignés sur une période de neuf ans. Méthodologie Nous avons effectué une recherche dans la base de données de l’eSCHIRPT des cas liés au cannabis déclarés entre avril 2011 et août 2019. La population de l’étude est constituée des patients âgés de 0 à 79 ans ayant visité l’un des 19 services d’urgence au Canada participant au programme de l’eSCHIRPT. Nous avons produit des estimations descriptives en examinant l’intentionnalité, la cause externe, le type et la gravité des cas liés au cannabis afin de mieux comprendre les facteurs contextuels de ces cas. Nous avons également mené des analyses des tendances au fil du temps à l’aide du logiciel Joinpoint afin de saisir les évolutions dans les cas liés au cannabis, tant chez les enfants et les jeunes que chez les adultes. Résultats Entre le 1er avril 2011 et le 9 août 2019, 2 823 cas liés au cannabis ont été enregistrés dans l’eSCHIRPT, soit 252,3 cas pour 100 000 cas de l’eSCHIRPT. La majorité (63,1 %; 1780 cas) concernait la consommation de cannabis combinée à une ou plusieurs autres substances; dans 885 cas (31,3 %), seul le cannabis était présent et 158 cas (5,6 %) étaient associés à des produits comestibles contenant du cannabis. Chez les enfants comme chez les adultes, l’intoxication était la principale cause externe de blessure. La grande majorité des cas était de nature involontaire, avec une augmentation récente dans les tendances du nombre de cas, chez les enfants et les jeunes comme chez les adultes. Sur l’ensemble, 15,1 % des cas correspondaient à des blessures graves ayant nécessité une admission à l’hôpital. Conclusion Les cas liés au cannabis répertoriés dans la base de données de l’eSCHIRPT sont relativement rares, ce qui peut indiquer que les troubles mentaux et comportementaux découlant de l’exposition au cannabis ne sont généralement pas consignés dans ce système de surveillance et dans les sites participants au Canada. Avec les récentes modifications apportées à la réglementation canadienne en matière de cannabis, il sera impératif de surveiller en permanence les effets du cannabis sur la santé pour faire avancer les données probantes et protéger la santé des Canadiens.


2019 ◽  
Vol 29 (2) ◽  
pp. 75-86
Author(s):  
C. DUCROT ◽  
M. GAUTRET ◽  
T. PINEAU ◽  
A. JESTIN

Une base de données bibliométrique établie à partir du Web of Science Core collection® a recensé les articles scientifiques publiés entre 2006 et 2013 dans le domaine des maladies infectieuses et zoonotiques des animaux d’élevage, incluant poissons et abeilles ; seules les revues internationales et les articles rédigés en anglais ont été considérés. La production scientifique française de ce domaine, de 400 publications par an environ, représente 4,3 % de la production scientifique mondiale. L'auteur principal de ces articles est d'équipe françcaise dans 60 % des cas, et le nombre de publications augmente de 3 % par an, à comparer à 5 % au niveau mondial. Quarante-quatre pourcents des articles portent sur les ruminants, 20 % sur les volailles, 11 % les poissons, 10 % le porc, 5 % le lapin, 4 % le cheval, 1 % les abeilles, le reste concernant différentes espèces. Le nombre d'articles est en diminution pour le lapin et le cheval, en augmentation pour les volailles, les poissons, le porc et les abeilles ; 44 % des articles portent sur des virus, 31 % sur des bactéries, 22 % sur des parasites, 5 % sur les prions. Cette distribution et les familles d'agents pathogènes étudiés sont très semblables à ce qui est produit au niveau mondial, aves des nuances. Une collaboration internationale est présente dans 62 % des cas et cette proportion augmente progresssivement. Les principaux pays partenaires sont les pays européens limitrophes de la France, aisnsi ques les États-unis et dans une moindre mesure le Canada la Chine et l'afrique du sud..


Author(s):  
Anita Au ◽  
Martine T.E. Puts ◽  
John D. Fletcher ◽  
Nadia Sourial ◽  
Howard Bergman

RÉSUMÉLa fragilité met les individus à un risque accru de mauvaise santé. Les personnes âgées consomment une quantité disproportionnée des ressources du service des urgence [SU]. Afin d’étudier la relation entre les marqueurs de fragilité et l’effet sur l’utilisation des services des urgence par les personnes âgées vivant dans les communautés, nous avons mené une analyse secondaire d’un essai prospectif randomisé contrôlé de 22 mois à Montreal, au Canada, en utilisant la base de données du Système de services intégrés pour personnes âgées en perte d’autonomie (SIPA). Nous avons evalué un échantillon de 565 individus, avec cinq marqueurs de fragilité : l’activité physique, la force, la cognition, l’énérgie et la mobilité. Une régression logistique univariée et multivariée a été réalisée afin d’évaluer la relation potentielle entre les marqueurs de fragilité et les visites aux urgences. Les résultats ont révelé que 70 pour cent des participants avaient au moins trois marqueurs de fragilité. Cependant, aucune relation n’a été trouvée entre les marqueurs de fragilité et les visites aux urgences. Ces résultats suggèrent, donc, que parmi les personnes âgées fonctionellement sévèrement handicapés au sein des communautés, la présence de marqueurs de fragilité ne semble pas prévoir les visites aux urgences.


2006 ◽  
Vol 17 (1) ◽  
pp. 196-220 ◽  
Author(s):  
Hector M. MacKenzie

Résumé Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, la dépendance économique du Canada vis-à-vis du commerce international augmenta considérablement. En 1944, en effet, les exportations canadiennes comptaient pour 31 pour cent du revenu national. La bonne part de ces exportations, toutefois, était dirigée vers le Royaume-Uni et était surtout constituée des contributions canadiennes à ce qu'il était convenu d'appeler, à l'époque, l'effort de guerre. Conséquemment, tout au long des années de guerre, le marché britannique exerça une influence certaine, voire souvent décisive, sur les politiques économiques extérieures du Canada. On comprend, dès lors, que le Canada ait surveillé de près les politiques commerciales de Whitehall, préoccupé qu'il était des problèmes que poserait le financement des échanges commerciaux entre les pays pendant la période de transition entre la guerre et la paix et de la nécessité qu'il y avait de s'assurer un marché stable et prospère dans le futur. L'auteur étudie ici une des ententes qui résulta de ces préoccupations, soit celle d'un prêt consenti par le Canada au Royaume-Uni, en 1946, en vue de sa reconstruction. En replaçant toute la question dans le contexte des intérêts économiques et politiques du gouvernement canadien de l'époque, l'auteur examine l'arrière-plan de la démarche et retrace minutieusement les diverses négociations qui aboutirent à l'entente finale.


Author(s):  
Ruth Hall ◽  
Peter Coyte

RÉSUMÉÉchantillonnage des ménages de l'Ontario de la section de la santé de l'Enquête nationale sur la santé de la population de 1994–1995 a été relié à la base de données du Ontario Home Care Administrative System et l'on a exploré la relation entre les réponses des personnes interrogées et l'utilisation des soins à domicile dans les années qui ont suivi l'enquête dans le but d'évaluer les variables prédictives des soins à domicile. La prévalence de l'utilisation des soins à domicile chez les sujets de l'enquète s'élevait à 4,3 pour cent. Les facteur indépendants associés à une augmentation probable des soins à domicile étaient un age de 75 et plus, une contrainte des activités quotidiennes (AVQ) et des activités instrumentales de la vie quotidienne (AIVQ), une détérioration de la santé et l'utilisation antérieure de soins à domicile. Il faudra approfondir les travaux pour mieux comprendre les facteurs associés à l'utilisation des soins à domicile si l'on souhaite mieux définir le but et les objectifs des soins à domicile et contribuer à l'élaboration de modèles de financement de ces soins.


Author(s):  
René BAUMONT ◽  
Agnès GIRARD

Depuis 30 ans, la revue INRA Productions Animales publie principalement des articles de synthèse sur tous les sujets concernant les productions animales à destination d’un large public d’utilisateurs des résultats de la recherche. À partir de la base de données « Web of Science ™ » (WOS) et dans le périmètre limité à la catégorie « Agriculture, dairy and animal sciences » dans laquelle la revue est indexée depuis 1997, cet article propose une analyse du positionnement de la revue dans la littérature scientifique internationale, européenne et de l’INRA. Dans une production scientifique multipliée par deux entre 1997 et 2017 dans cette WOS catégorie (9000 articles en 2017), le nombre d’articles publiés chaque année par l’INRA (environ 250) et par la revue (entre 30 et 35) est stable. La France est le 7ème pays contributeur derrière les USA, l’Inde, la Chine, le Brésil, l’Allemagne et le Canada. L’analyse lexicale de l’ensemble des références du WOS montre une grande stabilité des termes les plus fréquemment utilisés qui restent dominés par les problématiques de production. En revanche, l’analyse de l’évolution des publications montre clairement l’émergence et la montée en puissance des recherches menées sur les systèmes d’élevage, le bien-être animal et la sélection génomique, à la fois en Europe et à l’INRA. Au final, les recherches conduites par l’INRA dans le domaine des productions animales, et en particulier celles diffusées par la revue INRA Productions Animales, sont au diapason des recherches conduites à l’échelle européenne.


2011 ◽  
pp. 217-237
Author(s):  
Bernard Andrès

Est-il possible de retracer une rumeur ayant circulé au Québec dans les années 1770-1790 ? C’est ce que se propose de faire cette étude au sujet de bruits selon lesquels la France aurait voulu reconquérir le Canada. Parmi les sources exploitées : la correspondance d’une religieuse (Marie-Catherine Juchereau-Duchesnay), le témoignage de deux notaires (Jean-Baptiste Badeaux et Simon Sanguinet), une brochure de propagande (attribuée à François Baby) et une lettre forgée par George Washington et le marquis de Lafayette. En contextualisant la production et la diffusion de ces rumeurs dans la province, on tente ici de comprendre l’état d’esprit de la population rurale au moment de la guerre d’Indépendance américaine et dans les années qui suivirent. Cette étude de l’imaginaire de la reconquête se veut une contribution aux travaux sur la rumeur et à l’histoire des mentalités canadiennes par le biais des traces de l’oralité trouvées dans l’archive.


Author(s):  
Frédéric Docquier ◽  
Abdeslam Marfouk

Contexte. Au cours des derniers mois, de plus en plus de personnes (politiciens, journalistes et syndicalistes par exemple) se sont émus des politiques d’immigration sélectives mises en place dans plusieurs pays industrialisés. En France, ce type de politique est notamment préconisé par Nicolas Sarkozy (politique d’immigration choisie). L’indignation suscitée par ces politiques tient au fait que l'exode des cerveaux est souvent perçu comme un facteur d'accroissement des inégalités entre pays riches et pauvres. Il convient toutefois de souligner que, dans certains cas, ces politiques sont simplement un moyen de faire face à l’exode de cerveaux, souvent très qualifiés, dans les pays industrialisés eux-mêmes. Ce problème se rencontre de manière sévère au Canada, au Royaume Uni et dans plusieurs pays de l'Union européenne. En règle générale, l'exode des cerveaux pose problème sur le plan économique car il engendre une réduction du niveau de capital humain moyen des travailleurs dans les pays sources. Le capital humain (mesuré souvent par la proportion de diplômés au sein de la population active ou par le nombre moyen d’années d’étude des travailleurs) étant considéré comme un facteur majeur d’innovation et/ou d’adoption technologique, l'émigration des talents constitue un frein potentiel à la croissance et à la compétitivité. Dans le numéro 43 de Regards économiques, nous mesurons l’ampleur du problème au niveau européen en dressant un bilan synthétique de la position de l’UE15 (Union européenne à 15 membres) dans ses échanges mondiaux de main-d’œuvre qualifiée. Nous discutons ensuite les enjeux de politique économique. Mesurer les pertes européennes. Malgré l’importance croissante qu’on lui reconnaît, peu d’études ont jusqu’à présent permis de cerner avec précision l’ampleur du phénomène de la fuite des cerveaux. S’appuyant sur une nouvelle base de données construite en partenariat avec la Banque Mondiale (Docquier et Marfouk, 2006), nous montrons qu’au total, la perte nette de l’UE15 s’élevait à 150.100 diplômes supérieurs en 2000, soit 0,1 % de la population de UE15 âgée 25 et plus. Ce bilan contraste avec l’important gain net observé dans les grandes nations d’immigration (5,4 % pour les Etats-Unis, 10,7 % pour le Canada et 11,3 % pour l'Australie). Dans ce processus, quelques pays européens sortent gagnants, tels la Suède, le Luxembourg, la France ou la Belgique. Les principaux perdants nets sont l'Irlande, la Grèce, le Portugal, le Royaume Uni et l’Italie. Ces chiffres appellent deux commentaires : Qualitativement, ce bilan européen faiblement déficitaire peut être considéré comme minimaliste. L’UE15 compense ses pertes vis-à-vis des autres nations industrialisées par des entrées en provenance de pays moins avancés (notamment les pays africains). Or, les études empiriques internationales récentes montrent que cette substitution n’est pas neutre : en moyenne (et sauf professions particulières), le niveau de compétence associé aux diplômes acquis dans les pays moins avancés est inférieur à celui des natifs. Enfin, si l’on restreint l’analyse au niveau des qualifications très élevées, génératrices d’innovation et de croissance (ex : les diplômés en sciences et technologies), le déficit européen devient béant. A long terme, cette émigration hautement qualifiée met en péril les performances européennes en matière de recherche et développement et risque de menacer la position européenne sur l’échiquier économique mondial. Quelle politique économique ? De manière générale, deux grands axes de politique économique sont envisageables pour atténuer ce déficit. Le premier consiste à sélectionner davantage les immigrants. Certains pays tels que l'Allemagne et l'Italie (politiques de green cards) et, plus récemment, la France (politique d'immigration choisie) s'engagent progressivement sur cette voie. Ceci revient à "faire payer" le déficit structurel européen par des nations plus pauvres, déjà victimes d’un lourd déficit de qualification. De plus, cette politique n’offre aucune garantie de réussite tant il est difficile d’infléchir les choix naturels de destination des migrants qualifiés, sensibles aux facteurs institutionnels, aux primes de qualification, à la langue et à la présence de réseaux de compatriotes installés. Le second axe consiste à définir une politique de recherche plus ambitieuse (notamment dans le secteur de la recherche fondamentale), offrant un environnement incitatif, des salaires et des perspectives de carrière intéressantes aux chercheurs. C’est d’ailleurs l’axe qu’a défendu Jack Lang dans une récente interview sur France Télévision. Loin de vouloir minimiser l'apport de travailleurs qualifiés sur les économies d'accueil, cette deuxième voie peut s'avérer plus efficace (absence de coût d'assimilation des migrants, information parfaite sur la valeur des diplômes, meilleure allocation des ressources humaines de la nation). Très vraisemblablement, elle s'avère plus équitable et plus en accord avec la politique générale de coopération et de développement : en minimisant les ponctions de capital humain sur les pays plus pauvres, elle évite un accroissement des inégalités entre nations.


Author(s):  
Murray Haight ◽  
Larry Chambers ◽  
Joyce Caygill

RÉSUMÉAu cours d'une période de sept ans, allant de 1980 à 1987, une étude a été menée sur le taux de survie des patients placés dans des établissements de soins prolongés de la région d'Hamilton-Wentworth. L'état de tous les patients a été évalué avant que ces derniers ne soient placés par le Service de co-ordination du placement. De plus, leurs dossiers informatisés ont servi à constituer la base de données de l'étude. Au cours des sept années, 25 pour cent des patients sont morts dans des maisons de santé, des maisons pour personnes âgées et des maisons d'hébergement; tandis que 50 pour cent des patients sont morts après avoir été placés dans des centres pour malades chroniques. Environ 10 per cent des décès ont eut lieu au cours de la première année qui a suivi le placement dans des maisons d'hébergement, des maisons pour personnes âgées et des maisons de santé; tandis que 25 pour cent des patients sont morts au cours de la même année dans des centres pour malades chroniques. Le sexe semble jouer un rôle important dans la survivance de l'ensemble des patients. Par contre, l'âge au moment du placement, l'état matrimonial, l'ambulation, les conditions de vie, l'endroit où ils vivaient comparativement à celui où ils se trouvent et le fait que l'endroit où ils devaient être placés et celui où ils sont ne font qu'un, semblent avoir moins d'impact sur le taux de survivance. Il semble y avoir un lien entre le niveau de mémoire des patients au moment où ils furent placés et leur survivance dans des maisons de santé. En effet, les hommes « sans mémoire » et les femmes « sans mémoire » ou affichant un état de « confusion marquée » ont survécu plus longtemps que ceux ayant une mémoire dite « normale «.


2019 ◽  
Author(s):  
Oceana ◽  
Sayara Thurston ◽  
Lesley Wilmot
Keyword(s):  

Dans la dernière décennie, plusieurs études ont fait la lumière sur la fraude et l’étiquetage trompeur des produits de la mer à travers le monde. En 2016, Oceana a examiné plus de 200 études provenant de 55 pays; parmi plus de 25 000 échantillons de produits de la mer, un échantillon sur cinq était malidentifié. Des tests d’ADN effectués par Oceana entre 2017 et 2019 ont révélé une incidence inquiétante d’identification trompeuse : parmi 470 échantillons de produits de la mer provenant de détaillants et de restaurants dans six villes canadiennes, 47 pour cent étaient mal identifiés. Nos plus récents tests, effectués à Montréal en juillet 2019, ont démontré un taux stupéfiant d’identification trompeuse, à 61 pour cent. L’enquête nationale réalisée par Oceana Canada sur la fraude et l’étiquetage trompeur, la plus vaste en son genre jamais réalisée au Canada, a révélé des poissons d’élevage vendus sous appellation sauvage ; des espèces bon marché vendues sous l’identité d’espèces dispendieuses ; des espèces bannies dans plusieurs pays en raison de risques pour la santé humaine; et exposé les nombreuses problématiques englobant les normes de traçabilité et d’étiquetage des produits de la mer au Canada. L’étiquetage trompeur est possible à grande échelle par la complexité grandissante et le manque de transparence de la chaîne mondiale d’approvisionnement. Une fois qu’un poisson est capturé, il peut faire le tour du monde pour être transformé, traversant plusieurs frontières avant dese retrouver dans notre assiette. Les normes canadiennes d’étiquetage ne simplifient pas la situation. Bien qu’elle ait été mise à jour en 2019, notre réglementation en matière d’étiquetage demeure désuète et inutilement fastidieuse. En outre, les dispositions réglementaires en matière de traçabilité des produits de la mer sont fragmentées, et aucune agence n’est globalement responsable de leur application. Le gouvernement fédéral doit combattre ce problème généralisé. Des solutions existent : l’implantation d’une traçabilité complète, du navire à l’assiette, et d’un étiquetage exhaustif à travers la chaîne d’approvisionnement canadienne. Pour ce faire, les informations-clés de l’espèce doivent accompagner tous lesproduits de la mer, de la capture jusqu’au point de vente. Un suivi exhaustif réduira l’incidence de fraude et d’identification trompeuse, en plus de nous aider à comprendre où celles-ci surviennent et rehausser la confiance en notre système d’approvisionnement alimentaire. Ceci permettrait à l’industrie des produits de la mer d’avoir un meilleur accès au marché mondial, car plusieurs pays ont déjà des exigences strictes en matière de traçabilité. La traçabilité du bateau à l’assiette estefficace. Depuis que l’Union européenne a implanté la traçabilité de la capture jusqu’à la consommation, l’incidence de fraude a fortement diminué.12 Les États-Unis ont eux aussi implanté la traçabilité du bateau à la frontière pour les espèces à risque. Le Canada doit en faire plus. Des preuves grandissantes démontrent que la fraude des fruits de mer est un problème urgent et répandu à travers le pays, et qu’une intervention du gouvernement fédéral est nécessaire. Les Canadiens ont le droit de savoir que tous les produits de la mer vendus au Canada sont sécuritaires, identifiés honnêtement et capturés légalement.


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