scholarly journals Violence conjugale pendant la grossesse : recension des écrits

2006 ◽  
Vol 25 (1) ◽  
pp. 288-312 ◽  
Author(s):  
Louise Séguin ◽  
Michel Pimont ◽  
Maryse Rinfret-Raynor ◽  
Solange Cantin

Résumé La violence conjugale est un problème complexe dont l'ampleur et les conséquences sont de mieux en mieux documentées. Parmi les multiples facettes du phénomène, son occurrence pendant la grossesse suscite des inquiétudes particulières. Cet article fait le point sur les écrits scientifiques portant sur cette question. Après avoir traité de la prévalence de la violence conjugale pendant la grossesse, il rend compte des principales études qui ont analysé les facteurs associés à cette violence et de celles qui se sont intéressées à ses conséquences pour la mère et pour le bébé. L'article conclut que les informations actuelles, quoique partielles, sont suffisantes pour justifier le dépistage le plus hâtif possible de la présence de violence conjugale afin de venir en aide aux futures mères de façon appropriée.

2006 ◽  
Vol 18 (1) ◽  
pp. 79-99 ◽  
Author(s):  
Vanessa Watremez

Travailler sur la violence dans les relations lesbiennes, c’est aussi s’interroger sur la violence des femmes dans ses enjeux sociaux et politiques. En effet, cette dernière est un phénomène qui suscite de plus en plus de débats, où différents discours, perspectives et théories analysent la réalité de façon diamétralement opposée (des analyses féministes aux plus antiféministes). Il apparaît important alors de discuter et de mesurer les enjeux de cette question tant sur le plan des politiques sociales, du service social et de la réalité sociale qu’en ce qui concerne la vision des rapports sociaux de sexe, car, à l’issue de ce débat, les analyses qui feront le poids auront des incidences, notamment sur les orientations et réorientations des politiques sociales en matière de violence conjugale. Ce texte propose ainsi de jeter un regard sur ces enjeux et les perspectives qui se dessinent et d’élaborer un cadre d’analyse du féminisme matérialiste et du lesbianisme politique pour rendre compte de la violence des lesbiennes dans un cadre domestique.


2007 ◽  
Vol 21 (2) ◽  
pp. 93-116 ◽  
Author(s):  
Kathleen Laughrea ◽  
Claude Bélanger ◽  
John Wright

Résumé Pourquoi certaines relations de couple, initialement harmonieuses, basculent-elles dans des rapports de violence et d'abus ? Quelle est l'ampleur de ce type d'abus ? Plusieurs études se sont penché sur ce phénomène pour tenter d'en circonscrire l'incidence et d'en saisir la dynamique. Ces recherches semblent faire ressortir un phénomène social d'une ampleur non négligeable. Ainsi, selon une étude réalisée par MacLeod et Cadieux en 1980, une femme sur dix serait battue sur une base régulière. Selon Statistique Canada, en 1993, 25 % des femmes canadiennes mentionnent avoir été victimes de violence de la part d'un conjoint depuis l'âge de 16 ans. Parmi ce groupe, 15 % de ces femmes vivent toujours avec leur conjoint. De plus, en dépit des programmes d'aide aux victimes de violence conjugale, le nombre de cas de violence déclarés ne semble pas avoir diminué. Ces résultats alarmants ont amené plusieurs chercheurs à se pencher sur cette dynamique. Dans les dix dernières années, certains progrès ont ainsi été réalisés dans la compréhension du phénomène de la violence faite aux femmes. Des programmes d'intervention, l'implication des gouvernements, la judiciarisation de certaines formes d'abus, la sensibilisation accrue de la population face à la violence conjugale ainsi que la dénonciation des cas de violence ont marqué ces progrès. En dépit de cette conscience sociale accrue vis-à-vis ce phénomène, la recherche se bute parfois à des obstacles. En dépit de modélisations complexes des concepts et des facteurs de prédiction du phénomène, les résultats se montrent parfois décevants. Existe-t-il donc un consensus social pour définir cette problématique et la dynamique qui y est associée ? Nous tenterons de répondre à cette question en révisant les diverses approches théoriques utilisées pour définir la violence conjugale. Nous tenterons ensuite de faire une analyse critique de ces théories en examinant les diverses recherches empiriques qui ont été menées dans ce domaine.


2011 ◽  
Vol 57 (1) ◽  
pp. 31-48 ◽  
Author(s):  
Simon Lapierre ◽  
Isabelle Côté

À la lumière de développements récents dans le champ de la protection de l’enfance, il s’avère important d’examiner comment les différents acteurs dans le système de protection conceptualisent les situations de violence conjugale. Le présent article aborde précisément cette question, s’appuyant sur les résultats d’une étude de cas réalisée dans un centre jeunesse du Québec. La méthodologie qualitative combinait une analyse documentaire des politiques et des entrevues individuelles réalisées auprès de différents acteurs dans le système de protection de l’enfance, soit des intervenants sociaux, des cadres intermédiaires, des cadres supérieurs et un réviseur. Dans l’ensemble, les résultats de cette étude révèlent que tous les participants reconnaissent que les intervenants en protection de la jeunesse sont confrontés à des situations de violence conjugale dans le cadre de leur travail et que de telles situations peuvent nécessiter l’intervention des services de protection de la jeunesse, du moins dans certaines circonstances. Selon les données recueillies, ces circonstances relèvent principalement des conséquences pour les enfants et des capacités parentales de leur mère. Par ailleurs, les résultats présentés ci-dessous semblent indiquer que les différents acteurs dans le système de protection de la jeunesse ne mettent pas l’accent sur la violence des hommes et sur la victimisation des femmes, mais bien sur l’exposition à la violence conjugale et sur ses conséquences pour les enfants. Ils sont préoccupés par la situation des femmes dans la mesure où cela met en cause leur capacité à assurer la sécurité et le développement de leurs enfants. Les femmes victimes de violence sont donc perçues comme une partie du problème, voire même comme la source du problème.


Author(s):  
Outi Kalla ◽  
Jarl Wahlström ◽  
Jukka Aaltonen ◽  
Juha Holma ◽  
Pentti Tuimala ◽  
...  

Identifier avec précision les troubles schizophréniques a toujours été un problème complexe et controversé. Les caractéristiques psychologiques de la schizophrénie ont donné lieu à un volume considérable de travaux et de débats. Ces dernières années sont apparus un nombre croissant d'articles portant sur les différences et similitudes des manifestations de la psychose selon les cultures, partant de l'idée que les caractéristiques de personnalité nationales pourraient contribuer aux tableaux psychopathologiques. Le but premier de cette étude est de mieux comprendre les troubles psychotiques par l'investigation de la structure de personnalité et du fonctionnement de patients faisant un premier épisode psychotique. Le second objectif est de décrire les différences et similitudes observées dans les réponses au Rorschach de patients finlandais et espagnols afin de mettre en évidence des caractéristiques nationales et de contribuer ainsi à la recherche Rorschach interculturelle. Ont été inclus 41 protocoles de patients finlandais hospitalisés de manière consécutive pour premier épisode psychotique, et 32 en Espagne. Le travail a porté sur un certain nombre d'indicateurs de difficultés d'ajustement tirés du résumé formel du Rorschach en Système intégré ( Weiner & Exner, 1991 ). Tous les patients avaient été diagnostiqués comme schizophrènes ou souffrant d'autres troubles fonctionnels psychotiques non affectifs selon le DSM-IV. Les Rorschach ont été administrés en Système intégré aussitôt que possible après leur admission mais après la phase aiguë. La comparaison des groupes finlandais et espagnol, loin de montrer des différences significatives, étaient similaires sur beaucoup de points. Ces résultats confirment des données déjà bien établies sur les structures et mécanismes des patients psychotiques, mais ils en interrogent d'autres. Les patients obtiennent plus de styles ambiéquaux et moins d'introversifs que prévu. Beaucoup d'entre eux manquent de compétences sociales, d'intérêt pour les relations interpersonnelles et semblent avoir une vie sociale insatisfaisante. On observe des signes de difficultés dans le contrôle émotionnel et de modulation des affects, des traits dépressifs, une détresse émotionnelle, et peu de capacités de coping. Les résultats soulignent la notion que les problèmes affectifs et les traits dépressifs devraient être considérés comme un élément important dans un premier épisode psychotique, et ils confirment la présence de déficits cognitifs survenants tôt dans l'histoire d'un trouble psychotique. On a rencontré moins de dysfonctionnements idéationnels que prévu. Les deux groupes de patients se différenciaient sur certaines variables Rorschach, en particulier celles qui concernent la perception de soi. Les patients finlandais sont plus souvent centrés sur eux-mêmes de faç on excessive, plus préoccupés d'eux-mêmes et plus enclins M l'introspection. La majorité des patients espagnols manifestent un sentiment de valeur de soi négatif. Ils disposent de moins de ressources et ont plus souvent des déficits en capacité de coping. En admettant que ces résultats sont dus à des différences dans les caractéristiques de personnalité des patients psychotiques en Finlande et en Espagne, plutôt que des différences nationales dans la manifestation au Rorschach de structures de personnalité en fait identiques, alors ces données pourraient bien nous permettre de repérer des différences interculturelles de personnalité. Toutefois, l'impact des facteurs culturels est difficile M évaluer, surtout s'agissant d'une psychopathologie aussi sévère que la psychose, et la seule faç on d'avancer dans la compréhension de cette question serait de recueillir plus de données Rorschach interculturelles sur des patients psychotiques.


2019 ◽  
Vol 58 (2) ◽  
pp. 143-150
Author(s):  
Pascale Molinier

La psychodynamique du travail a étendu les conditions sociales de la sublimation au travail ordinaire et à la dynamique de la reconnaissance. Selon Christophe Dejours, la reconnaissance porte sur le faire mais elle se capitalise dans le registre de l’être. Or ce que les femmes font est généralement confondu avec ce qu’elles sont. D’où un déficit chronique de reconnaissance de leurs contributions, bien sûr aggravé par les rapports sociaux de domination (voir l’effet Mathilda dans les sciences). Ce constat sera ici principalement argumenté à partir des analyses psychodynamiques du travail féminisé (les activités de care) qui se caractérisent par leur discrétion. De la sous-estimation du travail féminin, il résulte de nombreuses conséquences, tant sur le plan théorique que clinique : la sublimation dépend-elle nécessairement de la reconnaissance ? – on déplacera cette question autour de l’expressivité et de la voix.


1946 ◽  
Vol 1 (1) ◽  
pp. 70-76
Author(s):  
Claude Maldor
Keyword(s):  

La grandeur de l'homme et son bonheur sont-ils inconciliables ? Cette question résume en quelques mots le conflit de deux civilisations. C'est la seule qui aille véritablement au fond des choses. On peut dire qu'au delà des incidents quotidiens de la politique et même de la guerre, le conflit entre deux conceptions de l'homme est le drame prodigieux qui divise la Jerre. La revendication fondamentale de tous les malheureux, de tous les déshérités, de tous les prolétaires, c'est le bonheur pour l'homme, pour tous les hommes. Dépourvus de tout, ce bonheur se présente à eux sous la forme plus ou moins vague d'une terre promise, où les besoins essentiels seront enfin satisfaits.


1976 ◽  
Vol 31 (6) ◽  
pp. 1176-1194 ◽  
Author(s):  
Zsigmond Pál Pach

Dans un article récent, le professeur Ashtor présente un exposé utile sur les « dernières recherches relatives au commerce du Levant » et débat de certains points vivement controversés sur le sujet. Mais nous constatons avec regret qu'il a négligé une question chaudement discutée et qui a fait l'objet d'une controverse pendant près de deux siècles. C'est à cette question que le présent article est consacré.Depuis le début du XIXe siècle, et pendant sa plus grande partie, une thèse a presque fait l'unanimité des historiens de toutes nations : au Moyen Age, les produits du Levant auraient été transportés vers l'Europe centrale et même occidentale en passant par la Hongrie et la Transylvanie.


1982 ◽  
Vol 37 (3) ◽  
pp. 454-464 ◽  
Author(s):  
Dominique Briquel
Keyword(s):  

Étudiant en 1964 diverses survivances de la tripartition fonctionnelle indœuropéenne en Grèce, A. Yoshida avait remarqué que les trois cadeaux que, selon Strabon suivant ici Ephore, la coutume Cretoise prescrit à l'amant d'offrir au jeune homme qu'il a enlevé — bœuf, tenue de guerre, coupe — représentaient une série trifonctionnelle. Dans les trois pages qu'il consacrait à cette question, le savant japonais ne s'est pas interrogé sur la raison d'un tel usage. Or c'est un point qui, selon nous, mérite d'être approfondi : il n'est assurément pas indifférent que dans une pratique dont H. Jeanmaire a remarquablement montré l'importance qu'elle avait dans le système d'initiation crétois, le jeune éromène, désormais agrégé à la société des kleinoi, se trouve en possession de trois objets ordonnés fonctionnellement. Nous connaissons un individu à qui, très normalement, dans le contexte indo-européen, sont attribués de tels objets, dans la légende ou dans le rite : c'est le roi. Assurément le jeune Crétois n'est-il pas un roi, même en puissance.


1996 ◽  
Vol 51 (4) ◽  
pp. 711-732
Author(s):  
Catherine Darbo-Peschanski
Keyword(s):  

Quand on s'interroge sur la politique en Grèce ancienne, on associe régulièrement cette question à deux autres, objets de débats toujours ouverts : celle de la naissance de la cité, bien que la cité ne soit pas la seule forme d'organisation politique du monde grec et, inextricablement, celle d'une définition générale de la politique ou du politique.Peut-on dire que la cité naît au 8esiècle avant notre ère, quand s'affirme un mouvement d'implantation centralisé et planifié que vient confirmer l'érection d'édifices communs, religieux ou militaires? Ou bien ces données archéologiques et d'autres qui les accompagnent (augmentation et changement de nature du matériel funéraire, diffusion de l'écriture alphabétique et de l'art figuré, implantations de colonies) demandent-elles des interprétations nuancées et n'ont-elles rien de vraiment probant? Par ailleurs, à supposer que la cité naisse à cette époque et non pas plus tôt ou plus tard, sa véritable naissance n'est-elle pas marquée par une certaine manière de vivre en commun que ne révéleront jamais directement les traces matérielles interprétées par les archéologues?Dès lors, il convient de savoir ce qu'on entend par politique.


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