Les efforts de recouvrement suite à la tempête de verglas : état de stress psychologique chez des travailleur-es après la crise
Résumé La tempête de verglas qu'a connu le Québec en 1998 a exigé d'immenses efforts de la part des travailleur-es qui ont été mobilisé-es par la crise. Afin d'évaluer le niveau de stress vécu par ces travailleur-es quelques mois après le début de la crise, d'identifier les pires stresseurs associés au verglas qu'ils ont rencontrés, et de documenter le processus du stress en fonction des paramètres du travail et de l'évaluation subjective des stresseurs, une étude a été entreprise auprès de 870 travailleur-es d'Hydro-Québec réparti-es selon le type d'emploi, la région et le niveau d'affectation à la crise du verglas. Les cinq principaux résultats sont les suivants. Il y a un niveau élevé de stress chez ces travailleur-es, relié au niveau et au type d'implication dans les efforts de recouvrement mais pas aux rangs organisationnels. Les femmes apparaissent particulièrement stressé-es, significativement plus que les hommes. L'incertitude et la surcharge constituent les pires stresseurs que les travailleurs-es rapportent être associés au verglas. Le processus de stress semble principalement modulé par les évaluations d'impact et d'incertitude. Le contact avec les sinistré-es, le travail sur le terrain, l'expérience d'un sinistre personnel constituent des paramètres clés. La discussion s'articule autour des modèles de stress et de la psychologie organisationnelle dans le contexte d'un travail de crise lors d'un sinistre naturel.