scholarly journals Alcool en milieu autochtone et marqueurs identitaires meurtriers

2005 ◽  
Vol 4 (1) ◽  
pp. 85-128 ◽  
Author(s):  
Bernard Roy

Résumé La consommation d’alcool chez les Autochtones constitue un sujet de préoccupation depuis les tous premiers contacts avec les Européens. Au XXe siècle, le discours médical a pris la relève des approches morales et légales qui dominèrent les siècles précédents. Aujourd’hui, médecins et professionnels de la santé occupent une place de premier plan dans les mesures de contrôle de l’alcoolisme et autres toxicomanies en milieu autochtone. Les propos du présent article sont de deux ordres. Dans un premier temps, l’auteur s’investit dans une série de critiques qu’il porte sur le modèle explicatif médical de l’alcoolisme chez les Autochtones. Modèle persistant à considérer la dépendance à l’alcool comme essentiellement une maladie relevant du corps biologique. Une maladie exigeant un accroissement constant des ressources médicales et pharmaceutiques. Cette critique offre à l’auteur une plateforme lui permettant, dans un deuxième temps, d’investir un argumentaire qui vise à démontrer que l’alcoolisme observé en milieu autochtone est profondément inscrit dans un contexte historique et politique. L’alcoolisme serait révélateur de l’inscription dans le corps biologique, social et politique de l’autochtone d’importantes disparités sociales ainsi que de l’exclusion. L’auteur propose que les comportements alcooliques observés en milieu autochtone sont révélateurs d’une trame identitaire complexe qui, en certains lieux, ouvre sur des espaces pouvant être qualifiés de « meurtriers ». L’acte de boire est, dans cet article, présenté comme une incontournable constituante de l’acte alimentaire. Un acte social total alimentant des discours multiples, mais surtout le « corps social et politique » de l’Autochtone dans cette quotidienneté qu’il vit.

2006 ◽  
Vol 5 (1) ◽  
pp. 54-62 ◽  
Author(s):  
Henri Lavigueur

Le présent article présente une approche innovatrice dans le traitement de la schizophrénie, soit des rencontres didactiques en groupe pour les parents de schizophrènes. L'article explicite la structure de ces rencontres et les avantages qu'on y trouve en vue d'aider les autres professionnels de la santé mentale à utiliser éventuellement des interventions similaires.


2016 ◽  
Vol 40 (3) ◽  
pp. 37-53
Author(s):  
Michel Dorais

Des travaux pionniers développés au cours des dernières décennies permettent de concevoir les notions de sexe, de genre et d’orientation sexuelle de façon à dépasser le traditionnel modèle binaire. De manière générale, les professionnels de la santé et des services sociaux tardent toutefois à prendre acte de ce changement de paradigme qui fait une large place à la diversité humaine, et beaucoup moins à la marginalisation ou à la pathologisation des différences. Dans le présent article, seront notamment présentés les travaux d’Alfred Kinsey, de Sandra Bem et d’Anne Fausto-Sterling, portant respectivement sur l’orientation sexuelle, le genre et le sexe. Il sera proposé d’inclure leurs contributions (et celles de leurs successeurs) dans un modèle tenant compte à la fois de la diversité et de la fluidité susceptibles d’être présentes dans les identités et les expressions de soi relatives au sexe, au genre et à l’orientation sexuelle.


2016 ◽  
Vol 40 (4) ◽  
pp. 79-99 ◽  
Author(s):  
Jean Grenier ◽  
Marie-Hélène Chomienne ◽  
Isabelle Gaboury

Le présent article se veut un plaidoyer pour augmenter l’accessibilité des services psychologiques au niveau des soins de santé primaires en se penchant plus particulièrement sur la pertinence d’inclure des psychologues dans les équipes de santé familiale (ÉSF) en soins primaires en Ontario. Les auteurs présentent leur plaidoyer à partir de deux niveaux d’informations : 1) les résultats scientifiques d’un projet de démonstration financé par les Fonds pour l’adaptation des soins de santé primaires (FASSP) dans lequel des psychologues ont été intégrés à des cliniques de médecine familiale ; et 2) les commentaires, expériences et observations générales des auteurs au cours des dix dernières années en ce qui concerne l’inclusion de psychologues en soins primaires en Ontario. Le projet de démonstration ainsi que l’expérience clinique soutenue des auteurs en santé mentale en soins primaires sont à divers égards, cohérents avec la littérature scientifique. Les équipes interprofessionnelles devraient bénéficier davantage d’une combinaison judicieuse de divers types de professionnels de la santé mentale pour répondre efficacement aux complexités des problèmes de santé mentale de la population desservie. On ne peut s’attendre à ce qu’un seul type de professionnel de la santé mentale sur une équipe soit en mesure de répondre adéquatement à tous les niveaux de complexité des problèmes rencontrés en soins primaires. En ce moment, il y a un manque à combler dans les ÉSF et les soins primaires au sens large, et il semble tout à fait logique que les psychologues soient davantage invités à joindre l’équipe.


2005 ◽  
Vol 4 (1) ◽  
pp. 15-52 ◽  
Author(s):  
Esther Jean Langdon

Résumé Chez les autochtones du Brésil, l’alcoolisme, que l’on tient responsable des hauts taux de violence et de suicide, représente l’un des principaux problèmes de santé. Toutefois, les organismes gouvernementaux qui s’occupent de la santé des autochtones n’ont que récemment commencé à soutenir la recherche et les programmes de contrôle et de prévention. En réalité, sauf pour certains stéréotypes ou diagnostics biomédicaux, les habitudes de consommation d’alcool des autochtones sont méconnues. Des données comparatives sur l’abus d’alcool et d’autres substances ailleurs dans le monde ont été examinées dans le but de prouver que le milieu social est beaucoup plus révélateur que les critères biomédicaux universels. Le présent article se fonde sur ces données, ainsi que sur le peu de connaissances accessibles en ce qui concerne la consommation actuelle d’alcool chez les autochtones du Brésil, pour remettre en question la pertinence du terme « alcoolisme » dans la mise sur pied de programmes de prévention au sein de la population autochtone. Les problèmes découlant de l’abus d’alcool ne peuvent être compris et réglés qu’en étudiant de près la situation marginale des autochtones dans la société brésilienne.


2008 ◽  
Vol 28 (4) ◽  
pp. 123-134
Author(s):  
B.S. Leclerc ◽  
C. Bégin ◽  
E. Cadieux ◽  
L. Goulet ◽  
N. Leduc ◽  
...  

Dans les études longitudinales, il devient diffi cile de déterminer les facteurs de risque de chutes, car l’exposition varie durant la période de suivi et les sujets peuvent subir un événement plus d’une fois. Or, les analystes font peu de cas de ces considérations et n’utilisent pas nécessairement les bonnes méthodes statistiques. En règle générale, on se concentre sur la proportion des personnes ayant fait une chute ou le temps écoulé jusqu’à la première chute. Dans un cas comme dans l’autre, on fait abstraction de l’hypothèse fondamentale de l’indépendance des événements et on écarte par le fait même des données pertinentes. Dans le présent article, nous examinons les méthodes en usage actuellement et nous proposons une extension du modèle de risques de Cox. Nous illustrons cette version étendue du modèle par une étude des facteurs de risque susceptibles d’être associés à des chutes parmi un groupe de 959 personnes âgées. Enfi n, nous comparons les résultats obtenus avec la méthode de Wei, Lin et Weissfeld (ci-après désignés WLW) et ceux obtenus avec plusieurs autres méthodes. Les facteurs d’exposition étudiés qu’ils soient fixes ou variables dans le temps comprennent les caractéristiques socio-démographiques, l’indice de masse corporelle (IMC), le risque nutritionnel, la consommation d’alcool, les dangers de l’environnement domiciliaire, la démarche et l’équilibre, et la consommation de médicaments. Notre étude révèle que les méthodes utilisées couramment pour analyser les facteurs de risque de chutes sont inadéquates, car elles créent un biais appréciable comparativement au modèle de WLW, qui utilise des covariables dépendantes du temps. Les résultats de notre étude montrent également qu’il peut être vain de modéliser la première survenue d’un événement, étant donné que le risque de survenue varie entre les chutes.


2008 ◽  
Vol 6 (2) ◽  
pp. 83-115 ◽  
Author(s):  
Florence Chanut ◽  
Maurice Dongier ◽  
Lucie Legault ◽  
Jacques Tremblay ◽  
Louise Nadeau ◽  
...  

Résumé Dans cette étude pilote contrôlée et randomisée (N = 51), nous avons examiné l’impact d’une intervention brève, l’entretien motivationnel (EM, Motivational Interviewing), comparée à une simple séance d’information comme condition contrôle, chez des personnes condamnées pour conduite avec facultés affaiblies. Les participants devaient avoir un diagnostic actif d’abus ou de dépendance à l’alcool et devaient être recrutés en dehors des programmes officiels de traitement pour conducteurs avec facultés affaiblies de façon à tester l’EM chez des individus qui n’étaient pas nécessairement prêts à changer. Nous avons évalué le pourcentage de jours de forte consommation d’alcool (≥ 6 consommations standards d’alcool par jour), les résultats à l’AUDIT et l’utilisation de services après trois et six mois de suivi. Les résultats indiquent que l’exposition à l’EM a entraîné une réduction significativement plus grande du nombre de jours à forte consommation d’alcool et du nombre de visites à des professionnels de la santé après six mois de suivi. L’ampleur des effets observés est comparable à celle que l’on peut retrouver dans d’autres études employant l’EM avec différentes populations ayant un problème d’alcool. Quoique préliminaires, ces résultats suggèrent que l’emploi de l’EM pourrait être avantageux, même chez des individus qui ne sont pas engagés dans un processus de réhabilitation. Une étude plus approfondie du potentiel de l’EM conduisant directement à une amélioration de la conduite en état d’ébriété est clairement justifiée.


2005 ◽  
Vol 34 (92) ◽  
pp. 137-160 ◽  
Author(s):  
Robert Pampalon ◽  
Guy Raymond ◽  
Daniel Beaudry ◽  
Daniel Gauthier

Le présent article propose une lecture de l'enquête Santé Québec, réalisée en 1987, à travers une grille géographique par aire homogène (ou aire sociale). On procède d'abord à l'élaboration de cette grille par aire homogène, puis on en décrit les caractéristiques géo-socio-économiques pour finalement en tracer le bilan sanitaire. Il ressort de cette lecture d'importantes disparités entre les aires homogènes, tant dans les déterminants de l'état de santé (consommation d'alcool, de tabac, activité physique et soutien social), que dans l'état de santé lui-même (diverses pathologies) ou encore dans les conséquences de cet état de santé (incapacité, recours aux services, médication). Cette lecture retrace les populations les plus vulnérables au Québec, c'est-à-dire les résidants des vieux centres-villes et de certains secteurs limitrophes d'agglomérations et de villes, des capitales régionales et de la métropole, ainsi que les résidants de l'arrière-pays et de certaines petites villes de la périphérie.


2003 ◽  
Vol 34 (4) ◽  
pp. 219-226 ◽  
Author(s):  
Bart Duriez ◽  
Claudia Appel ◽  
Dirk Hutsebaut

Abstract: Recently, Duriez, Fontaine and Hutsebaut (2000) and Fontaine, Duriez, Luyten and Hutsebaut (2003) constructed the Post-Critical Belief Scale in order to measure the two religiosity dimensions along which Wulff (1991 , 1997 ) summarized the various possible approaches to religion: Exclusion vs. Inclusion of Transcendence and Literal vs. Symbolic. In the present article, the German version of this scale is presented. Results obtained in a heterogeneous German sample (N = 216) suggest that the internal structure of the German version fits the internal structure of the original Dutch version. Moreover, the observed relation between the Literal vs. Symbolic dimension and racism, which was in line with previous studies ( Duriez, in press ), supports the external validity of the German version.


Author(s):  
Odile Husain

Le présent article tente d’effectuer un rapprochement entre un article européen de Rossel et Merceron et un livre américain de Reid Meloy, tous deux consacrés à l’analyse des organisations psychopathiques. Si tous les auteurs s’entendent sur l’économie narcissique du psychopathe, le choix de la population d’étude diffère quelque peu, en raison de l’approche structurale des premiers et de l’approche symptomatique du second. Tandis que l’étude suisse ne retient que des psychopathes du registre des états-limites, l’étude américaine inclut également des psychopathes de niveau psychotique. Par contre, la mésentente règne au niveau des outils d’analyse du discours psychopathique: analyse statistique et échelles validées chez Meloy; approche qualitative chez Rossel et Merceron. Aux premiers, l’on reprochera un certain réductionisme et appauvrissement du discours, prix à payer pour le respect de la standardisation et de la cotation. Aux seconds, l’on reprochera l’absence de toute quantification qui pose problème lorsque l’on aborde la question de la validité des données. Néanmoins, Européens et Américains s’entendent sur la notion d’un fonctionnement psychopathique. La relation d’objet est marquée par la pulsion agressive et ses dérivatifs, par la recherche de pouvoir et de contrôle. La lutte contre la dépendance est déduite chez Meloy de l’absence de réponse de texture et chez Rossel et Merceron de l’absence de contenus de dépendance. La qualité narcissique des représentations d’objet est mise en évidence, chez Meloy, par le biais de l’investissement du paraître, chez Rossel et Merceron par l’importance du processus d’externalisation. La dévalorisation des objets est aussi décrite. Ni les uns ni les autres ne font réellement référence à l’angoisse car cette angoisse qualifiable d’anaclitique s’exprime justement sous des manifestations tout à fait opposées. Le vide intérieur est déduit, chez Meloy, à partir de l’ennui que vit le psychopathe et, chez Rossel et Merceron, à partir de la survalorisation de la référence au réel. Une grande convergence existe entre les deux écrits au sujet des mécanismes de défense. Tous les auteurs s’accordent sur la prépondérance du clivage et du déni, un déni par le mot et l’acte chez Meloy, un déni hypomaniaque chez Rossel et Merceron. De part et d’autre de l’Atlantique, on s’accorde également pour attribuer une place importante à l’identification projective et à l’identification à l’agresseur. Par ailleurs, Rossel et Merceron démontrent comment à travers les caractéristiques de l’énonciation et les nuances de la verbalisation du psychopathe, il est possible d’inférer son non-investissement de la mentalisation et du savoir au profit d’un surinvestissement de l’agir. La complémentarité, voire la similarité, des commentaires dans les deux ouvrages devrait réconforter certains cliniciens, désarmés devant le fossé qui semble parfois régner entre la littérature des deux continents et confirmer, qu’indépendamment du type de méthodologie et de validation choisi, l’observation clinique du psychologue expérimenté demeure la pierre angulaire de toute recherche en psychopathologie.


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