Cadre de travail sur les opportunités 2020: Identifier les opportunités d’investissement dans la sécurisation des droits de tenure collectifs au sein des forêts des pays à revenu faible et intermédiaire

2021 ◽  
Author(s):  

Les peuples autochtones, les communautés locales et les Afro-descendants (PA, CL & AD) — près de 2,5 milliards de personnes — gèrent de façon coutumière plus de 50% de la masse terrestre mondiale, mais les gouvernements ne reconnaissent la légalité de leur propriété que sur 10% (RRI, 2015). Heureusement, des progrès ont été réalisés ces dernières années pour remédier à cette injustice historique, car les gouvernements ont commencé à adopter des lois et à parvenir à des décisions de justice reconnaissant l’utilisation et la propriété historiques et coutumières de ces terres. Un récent bilan montre que depuis 2002, au moins quatorze nouveaux pays ont adopté des lois obligeant les gouvernements à reconnaître ces droits. De même, des décisions de justice allant dans le bon sens ont été rendues au niveau national et régional dans de nombreux pays en faveur de la reconnaissance officielle des droits fonciers et forestiers collectifs des peuples autochtones, des communautés locales et des Afro-descendants. Les études de RRI démontrent que si seulement sept pays mettaient en œuvre ces nouvelles lois, politiques et décisions de justice, plus de 176 millions d’hectares seraient transférés du gouvernement vers les autochtones, les communautés locales et les Afro-descendants, ce qui bénéficierait à plus de 200 millions de personnes (RRI, 2018). L’objet de ce rapport, et du Cadre de travail lui-même, se limite à la reconnaissance formelle des droits fonciers et forestiers (c’est-à-dire la délimitation, la cartographie, l’enregistrement, etc.). Il n’évalue pas les étapes importantes et ultérieures du renforcement de la gouvernance communautaire ou territoriale, l’application de ces droits par les gouvernements ou les capacités nécessaires pour permettre aux organisations autochtones, locales et d’Afro-descendants de gérer ou d’exploiter leurs ressources ou de s’engager dans des entreprises ou des activités de développement économique – qui sont toutes essentielles pour une conservation et un développement durable et autodéterminé. Ce Cadre de travail se concentre sur la première étape de ce processus plus long.

2019 ◽  
Vol 5 (1) ◽  
pp. 408-433
Author(s):  
Naomie Léonard

L’objectif de cet article est d’entreprendre une réflexion sur les parallèles possibles entre écotourisme et pratiques extractives afin de réfléchir au modèle de développement hégémonique qui est incompatible avec la sauvegarde de l’environnement et le respect des peuples autochtones et autres communautés rurales. En effet, les conflits socio-environnementaux ne se présentent pas toujours sous la forme d’une industrie extractive explicitement polluante. L’écotourisme est une forme de tourisme qui correspond aux exigences du développement durable qui soulève pourtant des enjeux au niveau du respect des droits socio-environnementaux, notamment des peuples autochtones, puisque sa logique est de coopter le discours environnemental tout en endossant les politiques néolibérales de capitalisation de la nature et des humains.


2020 ◽  
Author(s):  

Les opportunités pour un tel changement n’ont jamais été aussi claires et urgentes. En améliorant la collaboration avec les organisations autochtones et la société civile ainsi que leurs alliés, les gouvernements, le secteur privé et la communauté internationale pourraient débloquer le changement d’ampleur dont on a urgemment besoin. Alors que les gouvernements prennent des mesures pour relancer leurs économies suite à la pandémie de Covid-19, nombre d’entre eux reviennent sur les protections sociales et environnementales en place, tout en subventionnant les industries et les infrastructures, mettant en péril les droits et les moyens de subsistance des populations locales ainsi que les terres et les forêts qu’elles gèrent, ce qui rend les actions en faveur de la garantie de leurs droits d’autant plus essentielles et pressantes. Garantir les droits des populations locales et des femmes en particulier, et faire de leur rôle dans le développement durable une priorité représentent un des moyens les plus sûrs pour éradiquer la pauvreté, renforcer l’équité et apporter à tous une prospérité résiliente aux changements climatiques.


2018 ◽  
Vol 18 (74) ◽  
pp. 11-24
Author(s):  
Jacqueline Morand-Deviller

Cet article traite du nouveau visage vertueux de l’entreprise de droit privé, qui se donne  des finalités et des modes d’intervention s’écartant de la seule recherche de l’intérêt particulier et du profit. Les excès de la financiarisation, ceux de la place accordée aux actionnaires et à leurs seuls intérêts, ont conduit à une remise en cause de la raison d’être de l’entreprise. Dans de nombreux domaines, un comportement plus soucieux d’éthique que par le passé est recherché, n’est plus seulement imposé par les pouvoirs publics mais choisi par les dirigeants des entreprises eux-mêmes. Cette bonne conduite traditionnellement guidée par les finalités d’ordre public et de service public sera désormais orientée aussi par celles du développement durable, c’est-à-dire la recherche de finalités sociales et environnementales au-delà du seul développement économique. Enjeu désormais capital, la protection de l’environnement sera plus particulièrement développée ici.


2012 ◽  
Vol 45 (4) ◽  
pp. 781-804 ◽  
Author(s):  
Gary N. Wilson ◽  
Christopher Alcantara

Abstract. Over the past three decades, Inuit economic development corporations (IEDCs) have played an important role in preparing the Inuit regions of Nunavik in northern Québec and the Inuvialuit Settlement Region in the Northwest Territories for self-government. In addition to building vital capacity through the provision of services, programs and economic opportunities, IEDCs have also represented their respective regions in self-government negotiations with other levels of government. This corporate-led governance approach, which we call Inuit corporate governance, provides Aboriginal groups such as the Inuit with a de facto form of self-government and the opportunity to develop economic and political capacity in advance of adopting a more comprehensive and formal self-government arrangement. It also challenges existing assumptions about the relationship between Aboriginal peoples and the liberal–capitalist order that underpins the Canadian state.Résumé. Durant les trois dernières décennies, les Institutions de développement économique des Inuits ont joué un rôle important en préparation à l'auto-gouvernance de la population Inuit du Nunavik, dans le Nord-du-Québec, et de l'Inuvialuit, dans les Territoires du Nord-Ouest. En plus d'avoir permis le développement d'habiletés cruciales dans le domaine de l'offre de services, de programmes et d'opportunités de développement économique, les Institutions ont également contribué, à titre de représentantes de leurs régions respectives, lors de la négociation d'ententes portant sur l'auto-gouvernance avec divers paliers de gouvernement. Cette approche de gouvernance corporative Inuit fournit aux groupes autochtones, tels les Inuits, une forme d'auto-gouvernance de facto qui génère pour eux des opportunités de se développer économiquement et politiquement, en préparation à l'adoption d'un modèle d'auto-gouvernance plus élaboré et formel. Cette approche soulève également bien des questions quant aux fondements de la relation qui existe entre les peuples autochtones et l'ordre libéral capitaliste qui sous-tend l'État canadien.


Author(s):  
Gretchen Hernandez

ABSTRACT This article analyses an online forum on Indigenous Community-Based Economic Development (CED), in which twenty-two participants from Canada and Latin America shared and reflected on experiences ranging from cultural tourism in Bolivia to a food processing co-op in Northern British Columbia. The forum demonstrated that at least some Indigenous peoples in Canada and Latin America share common values that guide the kind of development they want in their territories and communities; and that their orientation toward collective and participatory approaches to development can be grouped together under the concept of CED. The article has two main conclusions. First, that CED can be understood as a potential path to Indigenous-defined development and complement to self-determination movements. Second, that online media is a viable option for creating spaces for learning and exchange between Indigenous peoples across national and language borders, with the potential to contribute to the creation of translocal networks. RÉSUMÉ Cet article analyse un forum en ligne sur les questions autochtones de développement économique communautaire (DEC), où vingt-deux participants du Canada et de l'Amérique latine partagé et réfléchi sur les expériences allant du tourisme culturel en Bolivie à un traitement coopérative alimentaire dans le Nord de la Colombie-Britannique. Le forum a démontré qu'au moins certains des peuples autochtones du Canada et de l'Amérique latine part des valeurs communs qui guident le type de développement qu'ils veulent dans leurs territoires et les communautés, et que leur orientation vers des approches collectives et participatives de développement peuvent être regroupés sous le concept de DEC. L'article a deux principales conclusions. Tout d'abord, que DEC peut être comprise comme une voie potentielle pour les communautés autochtones défini le développement et un complément de mouvements d'autodétermination. Deuxièmement, que les médias en ligne est une option viable pour la création d'espaces d'apprentissage et d'échange entre les peuples autochtones à travers les frontières nationales et linguistiques, avec le potentiel de contribuer à la création de réseaux translocales.


2014 ◽  
Vol 57 (161) ◽  
pp. 277-298
Author(s):  
Julie Gobert

Résumé Dans un but de développement économique des territoires, les pouvoirs publics sont amenés, en France, à favoriser le « capital mobilité » des individus pour leur donner le moyen d’accéder au marché du travail et à un ensemble de ressources et de services. Toutefois, il est également nécessaire de réguler les problèmes liés à l’automobilité et aux nuisances environnementales qui lui sont inhérentes. Les politiques publiques de transport ont de ce fait évolué : la notion de « droit à la mobilité » se dissout peu à peu au profit d’objectifs plus complexes de développement durable. Ce dilemme entre enjeux économiques, sociaux et environnementaux pose la question des inégalités environnementales, particulièrement quand il s’agit de mettre en place une zone à basse émission sur les grandes agglomérations, comme cela est prévu dans la loi du Grenelle II sous le nom de zone d’actions prioritaires pour l’air (ZAPA). Au regard d’une enquête de terrain menée sur une intercommunalité de Seine-Saint-Denis, en amont de la mise en place d’une ZAPA, nous avons cherché à mieux connaître l’impact d’une telle mesure et les possibles répercussions en termes d’inégalités.


2013 ◽  
Vol 57 (160) ◽  
pp. 41-68 ◽  
Author(s):  
Kenza Benali

Résumé Petite cité ouvrière au XVIIIe siècle, le quartier Vanier est aujourd’hui un centre urbain dynamique, intégré à la municipalité d’Ottawa dont il bénéficie du développement économique, tout en s’affichant comme le principal bastion francophone et creuset de la culture franco-ontarienne de la capitale. Toutefois, le quartier vit une réalité à deux vitesses : demeurant un des espaces les plus défavorisés d’Ottawa, en lien avec son passé ouvrier, il connaît depuis peu une relance économique, touristique et immobilière sans précédent, qui n’est pas sans poser un défi identitaire à ses résidants. Face aux intentions louables des tenants du développement durable prônant la densification du secteur, comment lutter pour la préservation des spécificités culturelles de Vanier, quartier typiquement canadien-français dans un paysage sociospatial à dominante anglophone ? Le renouveau urbain se ferait-il en vérité au bénéfice d’une nouvelle population, plus aisée, venue s’implanter à Vanier avec les dernières grandes opérations d’aménagement ? Dans cet article, nous nous proposons, dans le cadre d’une monographie du quartier et d’un conflit urbain y ayant pris place, de revenir sur les arguments identitaires, relayés ici par la presse écrite, mobilisés pour faire barrage à un projet de densification urbaine.


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