scholarly journals Entre belles-lettres et disciplines. Les savoirs au xviiie siècle, Franck Salaün et Jean-Pierre Schandeler (éds.),Ferney-Voltaire, Centre international d’étude du xviiie siècle, 2011, 202 p. ISBN : 978-2-84559-088-5.

2012 ◽  
pp. 346-350
Author(s):  
Franck Cabane
2020 ◽  
Vol 141 ◽  
pp. 31-39
Author(s):  
István Monok

À partir du milieu du XVIIe siècle, le livre de langue française commence à occuper une place de plus en plus importante dans les collections de l’aristocratie hongroise. Il s’agit, en premier lieu, d’ouvrages historiques et de belles-lettres mais, au milieu du XVIIIe siècle, des titres théoriques – théorie politique, philosophie – s’y rencontrent aussi en nombre croissant. Les aristocrates hongrois complètent quelquefois leurs connaissances en théologie en ayant recours à des publications de langue française. Il convient de souligner que les résultats des recherches dans le domaine de la présence du livre français paraissent confirmer l’intuition de ceux qui ont mis en valeur l’élargissement de l’abîme culturel séparant les différentes couches de la société hongroise. Les aristocrates – surtout ceux qui vivent non loin de Vienne – s’éloignent dans leur goût et dans leurs choix culturels, non seulement des intellectuels bourgeois, mais aussi de la majorité de la société nobiliaire.


Author(s):  
Antonia Zagamé

« Lire pour la première fois » : Les fictions pédagogiques de Rousseau et Madame de Genlis prévoient une rencontre avec la littérature toute autre que celle envisagée selon le schéma d’éducation traditionnel, qui privilégie à cette époque un apprentissage littéraire « précoce ». Dans l’Emile (1761) et Adèle et Théodore (1782), la découverte des œuvres littéraires, entièrement orchestrée par le pédagogue, est en effet retardée dans le temps. Emile lit son premier livre, Robinson Crusoé, à douze ans, avant les Vies parallèles de Plutarque et les Fables de La Fontaine à dix-huit ans. Mais ces trois textes sont envisagés avant tout pour leur contenu didactique et Emile ne découvrira véritablement les différents genres des Belles-lettres qu’à vingt ans. Quant à Madame de Genlis, elle imagine un parcours de lecture progressif permettant de conduire la jeune Adèle d’ouvrages conçus pour la jeunesse, à la découverte des chefs-d’œuvre de la littérature à partir de seize ans, une fois nourrie de la lecture d’auteurs de second ordre. La fiction permet ainsi aux deux écrivains d’imaginer ce que serait le regard d’un jeune homme ou d’une jeune femme privés des principaux ouvrages des Belles-Lettres jusqu’à un âge avancé, et les découvrant au moment où leur intelligence et leur sensibilité sont parvenues à pleine maturité. Rousseau envisage un système d’imprégnation spontanée de l’objet culturel pour un être qui va changer l’ordre social, tandis que Genlis procède par gradation pour une femme qui s’intègrera à l’ordre social.


1989 ◽  
Vol 44 (4) ◽  
pp. 849-873 ◽  
Author(s):  
William Weber

L'adjectif « classique » et l'expression « un classique » nous viennent facilement aux lèvres. La notion de « grands artistes » est à ce point enracinée dans l'imagination moderne que les historiens l'évoquent quasi instinctivement, dogmatiquement, sans lui donner de valeur historique particulière. Née de cultes romantiques tardifs, elle est néanmoins perçue sans connotation temporelle et comme étant d'application universelle. Les historiens l'introduisent en contrebande, en quelque sorte, dans le passé, sans y voir un concept historique ou même un principe philosophique. Elle s'accompagne d'ailleurs de l'idée que les classiques, dans quelque domaine des arts que ce soit, doivent nécessairement pouvoir se classer sous les différentes rubriques des belles-lettres, c'est-à-dire par rapport aux grands mouvements littéraires, auxquels ils s'accrochent comme à un fil d'Ariane dans leur réflexion sur la culture.


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