scholarly journals Impact de la sécheresse et de la dégradation des aires protégées sur la répartition des trypanosomoses bovines et de leurs vecteurs dans le bassin versant de l’Oti au nord du Togo

Author(s):  
B. Dao ◽  
Guy Hendrickx ◽  
I. Sidibé ◽  
Adrien Marie Gaston Belem ◽  
Stéphane De La Rocque

Logé dans l’aire de transition entre les zones semi-aride au Nord et humide au Sud, le bassin versant de l’Oti (BVO) a subi durant les décennies 1970 - 1990 de très fortes pressions anthropiques et climatiques. La sécheresse, l’avancée du désert et les activités économiques reposant essentiellement sur l’agriculture et l’élevage ont contribué à la dégradation de ce bassin. En outre, de par sa position, le BVO accueille chaque année pendant la saison sèche du bétail transhumant venant du Burkina Faso et du Niger. Ce mouvement saisonnier des bovins transhumants a été source de maintien et de transmission de plusieurs maladies transfrontalières et des trypanosomoses animales. Des données de synthèse bibliographique et d’enquêtes de terrain effectuées en fin de saison sèche en avril et mai 2006, traitées dans un système d’information géographique (SIG), ont permis d’évaluer l’impact des facteurs anthropiques et climatiques sur l’épidémiologie des trypanosomoses animales dans le BVO. Les résultats de l’étude ont montré que le BVO était fortement dégradé ; les grands mammifères sauvages et les glossines ont quasiment disparu de la réserve de faune de la Fosse aux lions. Glossina tachinoides a été la seule espèce capturée au nord du 10e parallèle de latitude N. Trypanosoma vivax a été classé comme le principal parasite responsable des trypanosomoses bovines. Il a été conclu que l’homme par son action sur l’environnement et les changements climatiques ont provoqué un recul vers le sud de l’aire de répartition des glossines.

1999 ◽  
Vol 52 (3-4) ◽  
pp. 223-232
Author(s):  
Marc Desquesnes ◽  
Jean-François Michel ◽  
Stéphane De La Rocque ◽  
Philippe Solano ◽  
Leopold Millogo ◽  
...  

Une enquête parasitologique et sérologique sur les trypanosomoses des bovins a été réalisée dans le secteur nord de la zone de Sidéradougou (Burkina Faso), en novembre et décembre 1997. Partant d'un recensement terrestre exhaustif, un millier de bovins ont été examinés sur la base d'un échantillonnage stratifié aléatoire. L'âge et la race des animaux, la nature et la date du dernier traitement trypanocide ont été enregistrés. Les examens parasitologiques ont été effectués par la méthode du "buffy coat", la mesure de l'hématocrite a été recueillie et les tests Elisa-indirect ont été réalisés dans trois systèmes différents, avec sensibilisation des plaques par les antigènes solubles de Trypanosoma vivax, T. brucei ou T. congolense (type savane). La technique parasitologique a fourni 5,3 % d'échantillons positifs, dominés par l'espèce T. congolense. Les examens sérologiques ont indiqué une séroprévalence de 81,7 % (± 2,4 %) les trois tests confondus et, sur la base des résultats chez les animaux âgés d'un an, une incidence annuelle moyenne de 52 % (± 11 %). L'étude du score maximum de positivité aux trois tests a permis d'estimer les séroprévalences par espèce à 79 % pour T. vivax, 3 % pour T. brucei, et 28 % pour T. congolense. L'analyse des données sérologiques et parasitologiques, selon la date du dernier traitement trypanocide indiqué par l'éleveur, montre que ces traitements ont peu d'effet sur le taux de portage des anticorps et des parasites, ce dernier est présumé assez proche de la séroprévalence observée. La méthode du "buffy coat" est insuffisamment sensible pour mesurer la prévalence des infections dans ce type de situation enzootique, mais, associée à la valeur de l'hématocrite, elle a permis d'estimer l'importance des cas de trypanosomose maladie à environ 15 %. Les trypanosomoses bovines demeurent une préoccupation majeure de l'élevage dans la zone agropastorale de Sidéradougou. elles sévissent de manière enzootique avec une prédominance nette des infections par T. vivax, une prévalence et un impact clinique élevés de T. congolense. Les données générées par cette enquête seront intégrées dans un système d'information géographique (Sig) mis en place dans la zone pour l'évaluation du risque trypanosomien.


Author(s):  
Philippe Cecchi

Les appellations de 152 pièces d’eau d’un bassin-versant du centre du Burkina Faso ont été répertoriées par l’autorité en charge de la mise en œuvre de la gestion intégrée des ressources en eau, dans l’objectif d’établir les bases d’une nomenclature du réseau hydrographique. 125 de ces pièces d’eau portent un nom en langue vernaculaire (en mòoré), dont le sens est indiqué en français dans le rapport technique qui synthétise les résultats de l’enquête. L’échantillon offre la possibilité de comparer le sens des noms attribués aux éléments naturels (les « cours d’eau ») et aux éléments artificiels (les « étendues d’eau » ou « petits barrages » comme on les dénomme localement). Les deux catégories ne partagent pas totalement les mêmes dénominations : les noms de l’eau varient, comme varient les perceptions et représentations qu’en ont leurs riverains. Des intuitions en lien avec l’appropriation plus ou moins revendiquée des réservoirs artificiels et les modalités de leurs mises en valeur peuvent être avancées.


1997 ◽  
Vol 50 (3) ◽  
pp. 209-213
Author(s):  
Philippe Solano ◽  
Marc Desquesnes ◽  
Issa Sidibé

Trypanosoma (Duttonella) vivax est un parasite des ruminants domestiques en Afrique et en Amérique latine. Les souches en Amérique latine, transmises mécaniquement par divers insectes piqueurs, ont perdu la capacité d'infecter les glossines qui les transmettent cycliquement en Afrique subsaharienne. Les auteurs ont passé en revue diverses techniques de diagnostic utilisées pour détecter T. vivax sur le terrain, allant des examens parasitologiques classiques aux techniques moléculaires (PCR), en passant par les tests sérologiques. La PCR, qui offrait une sensibilité et une spécificité non égalées, a été utilisée au CIRDES, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso, et les résultats obtenus par cette technique pour identifier T. vivax sur les bovins et sur les pièces buccales des glossines ont été comparés aux résultats parasitologiques de plusieurs études récentes en Afrique de l'Ouest. Le fait le plus marquant concernait, dans certaines régions, une proportion non négligeable de mouches infectées seulement dans le proboscis (cycle de T. vivax) ne donnant aucun signal PCR avec les amorces T. vivax. Les auteurs ont envisagé plusieurs hypothèses pour expliquer ces résultats, la plus probable semblant être la circulation de souches du sous-genre Duttonella non reconnues par les marqueurs utilisés. Des études de variabilité génétique et de pathogénicité des souches locales seraient intéressantes à mener.


2001 ◽  
Vol 36 (3) ◽  
pp. 435-473 ◽  
Author(s):  
Marc Duchemin ◽  
Marius Lachance ◽  
Guy Morin ◽  
Robert Lagacé

Abstract L'existence de problèmes d'érosion hydrique à différents endroits d'un bassin versant se manifeste souvent par la présence d'une quantité excessive de sédiments en suspension dans les cours d'eau. L'évaluation indirecte de l'érosion par la mesure des sédiments en suspension transportés à l'exutoire des bassins versants permet ainsi d'avoir une bonne idée de l'impact environnemental des activités agricoles. Il s'avère toutefois essentiel, dans une perspective de gestion de la qualité de l'eau à l'échelle d'un bassin versant, de pouvoir estimer l'érosion hydrique et le transport des sédiments en suspension afin d'identifier les zones problématiques. Cette estimation implique la manipulation d'une somme considérable d'informations pour décrire l'environnement du bassin versant et l'emploi de modèles mathématiques complexes pour simuler les processus hydrologiques et sédimentologiques en jeu. Le recours aux modèles informatiques d'érosion hydrique et aux systèmes d'information géographique (SIG) est alors de mise. Cet article présente le développement et l'application d'une approche géomatique de simulation qui implique l'utilisation conjointe du modèle hydrologique CEQUEAU, du modèle d'érosion MODÉROSS et du système d'information géographique IDRISI. Plus précisément, cet article présente de quelle façon le progiciel CEQÉROSS a été utilisé pour prédire le comportement hydrosédimentologique d'un petit bassin versant agricole du Québec. Les charges sédimentaires totales simulées à l'exutoire du bassin versant de Lennoxville s'élevaient à 27,5 tonnes et 54,1 tonnes pour les années hydrologiques 1991–1992 et 1992–1993 respectivement. Ces valeurs se comparent avantageusement aux charges sédimentaires totales de 30,3 tonnes et 51,3 tonnes observées durant ces mêmes périodes. Les résultats obtenus montrent également que la nature épisodique du transport des sédiments en suspension à l'exutoire du bassin versant de Lennoxville pendant la période 1991–1993 a été bien reproduite par CEQÉROSS. L'approche géomatique proposée est suffisamment conviviale et fiable pour s'inscrire à l'intérieur d'un ensemble d'outils de gestion agroenvironnementale.


2015 ◽  
Author(s):  
Kambire H. ◽  
Djenontin I.N.S. ◽  
Kabore A. ◽  
Djoudi H. ◽  
Balinga M.P. ◽  
...  

2006 ◽  
Vol 84 (1) ◽  
pp. 99-111 ◽  
Author(s):  
Damien Marage ◽  
Jean-Claude Rameau ◽  
Luc Garraud

Dans un bassin versant des Alpes du Sud, nous avons étudié la densité, la richesse et la similarité, de la banque de graines du sol et de la végétation, au cours d’une succession secondaire soumise ou non au pâturage. Un plan d’échantillonnage stratifié, bâti sous système d’information géographique, a permis de retenir des facteurs historico-écologiques pertinents et de les mettre en relation avec la banque de graines et la végétation. Nos résultats ont montré que (i) la densité et la richesse de la banque de graines des pelouses et des fruticées sont supérieures dans les zones non pâturées comparées aux zones pâturées, (ii) que la similarité entre la végétation et la banque de graines augmente au cours de la succession, puis décroît dans les forêts anciennes, et que (iii) la banque de graines de ces forêts est très différente de celle des forêts récentes. Les tests de corrélations de matrices montrent que ce sont des variables pédologiques qui structurent, quelque soit le stade dynamique, la banque de graines. Dans ce contexte montagnard, la végétation privilégie la reproduction végétative aux dépens de la création de banque de graines longévives. Par conséquent, seul le maintien du pastoralisme permettra la persistance de la biodiversité en place.


2019 ◽  
Vol 28 ◽  
pp. 19
Author(s):  
Georges Serpantié ◽  
Augustine Dorée ◽  
Jean-Louis Fusillier ◽  
Pascale Moity-Maizi ◽  
Bruno Lidon ◽  
...  

Dans la région soudanienne du Burkina Faso riche en bas-fonds, ces derniers représentent une facette du paysage inondable et fertile, ayant une fonction contre-aléatoire à travers des productions diversifiées en milieu humide en saison des pluies, et en contre-saison. Les activités de bas-fond permettent de réduire la vulnérabilité des groupes les plus exposés, comme les petites exploitations, les femmes et les jeunes, mais les arrangements fonciers restent précaires. C’est aussi un paysage particulièrement changeant avec des actions d’aménagement collectif hydraulique, rizicole et maraîcher. Les changements climatiques en cours atténuent l’aléa de la sécheresse sauf en début de saison, et un risque accru d’inondations est apparu. Ces tendances renforcent l’aléa du régime de l’eau, limitant les rendements, ce qui requiert des innovations dans les domaines technique et organisationnel, qui devront prendre en compte explicitement la dimension sociale et environnementale des bas-fonds.


2021 ◽  
Vol 17 (14) ◽  
Author(s):  
Kaouthar Mazouzi ◽  
Abdellah El Hmaidi ◽  
Rachid Bouabid ◽  
El Mâti El Faleh

La présente étude a pour but d’estimer les pertes en sol dans le bassin versant de l’Oued Mikkès en amont du barrage Sidi Chahed situé dans la région de Meknès (Maroc), par l’utilisation de l’équation universelle révisée des pertes en sol de (Wischmeier et Smith, 1978). La spatialisation du modèle empirique s’est basée sur l’intégration des cinq facteurs dans le Système d’Information Géographique (SIG), à savoir, l’érosivité des pluies « R », l’érodibilité des sols « K », le couvert végétal « C », la topographie « LS » et les pratiques antiérosives « P », et dont la superposition a permis d’élaborer la carte quantitative des pertes en sols à l’échelle du bassin versant. Le bassin versant de l’Oued Mikkès s’étale sur une superficie de 1444 km2 ; il est de forme allongée avec une altitude allant de 2090 m à 184 m du Sud vers le Nord et une pente qui varie de 0 à 189 %. L’étude pluviométrique des onze stations climatiques qui se trouvent au niveau du bassin versant a démontré l’irrégularité des précipitations dans le temps et dans l’espace. Le facteur d’érosivité R a présenté des valeurs allant de 60 à 119, avec une moyenne de 85 Mj.mm/ha. h. an (Millijoule. Millimètres/hectare. Heure. An). Le facteur d’érodibilité K présente des valeurs de 0 jusqu’à 0,6 et il a montré que les sols peu évolués et les vertisols sont les plus vulnérables à l’érosion. Le facteur LS relatif à la topographie varie entre 0 et 2562, dont l’amont est plus accidenté et plus sensible. Le facteur C diffère selon l’occupation des sols, d’où les sols des parcours, les incultes et les sols cultivés sont les plus fragiles. L’érosion hydrique affecte toutes les parties du bassin versant mais avec des degrés variables selon les facteurs de l’érosion. Les terres en dessous du seuil de tolérance de 7 t/ha/an ne représentent que 11% de la superficie du bassin, celles présentant des pertes variant entre 7 et 20 t/ha/an occupent 53%, le facteur d’érosion dans 24% de la superficie a des valeurs entre 20 et 40 t/ha/an et celles dépassant les 40 t/ha/an affectent environ 12% du territoire.


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