scholarly journals Accroissement et diversification de l’offre de produits laitiers au Sénégal : la bataille industrielle du lait en poudre à Dakar et des minilaiteries à la conquête des marchés des villes secondaires

Author(s):  
Cécile Broutin ◽  
V. Duteurtre ◽  
Abdoulaye Tandia ◽  
Babacar Touré ◽  
M. François

Les travaux d’analyse de l’évolution de l’offre de produits laitiers au Sénégal, entre 2000 et 2005, ont mis en évidence un certain cloisonnement géographique des marchés avec une tendance à la diversification de l’offre de produits sur le marché de Dakar. Cette évolution est liée à la croissance des importations de lait en poudre et au développement d’un tissu d’industries, et de petites et moyennes entreprises / industries. La bataille commerciale que se livrent les importateurs et transformateurs industriels révèle la croissance de la demande et l’enjeu économique du marché dakarois. La filière locale, caractérisée par un accroissement du nombre de petites unités de transformation, se développe surtout dans les régions. Cependant, le dynamisme de ce secteur échappe aux décideurs politiques à Dakar du fait du confinement des minilaiteries sur les marchés des villes secondaires où elles sont implantées. L’Etat a privilégié la couverture des besoins des consommateurs dakarois avec des tarifs douaniers particulièrement bas pour la poudre de lait transformée qui bénéficie, de plus, de subventions dans les pays producteurs. Ses interventions sur la filière locale, basées sur l’intensification (insémination artificielle), n’ont pas permis de lever les multiples contraintes (santé animale, alimentation, eau, gestion de la qualité, collecte du lait de brousse…). Il semble dès lors nécessaire dans l’élaboration des politiques laitières d’examiner la filière de manière plus globale et de favoriser une concertation avec l’ensemble des acteurs des deux sous-filières pour accroître l’impact des décisions politiques, notamment en termes de sécurité alimentaire et de lutte contre la pauvreté en milieu rural.

Author(s):  
Fateh Mamine ◽  
M'Hand Fares ◽  
Guillaume Duteurtre ◽  
Toufik Madani

La sécurité alimentaire est au cœur des débats actuels concernant les politiques de développement agricole. Il s’agit notamment d’arbitrer entre le soutien à la production locale et l’ouverture au commerce international pour répondre à l’essor rapide de la demande. Cette question se pose de manière originale dans le secteur laitier algérien, où l’intervention de l’État concerne l’ensemble des maillons de la filière de la production à la consommation. Or, en dépit de ces mesures particulièrement coûteuses, la progression de la collecte de lait local reste limitée. L’État intervient aussi par des mécanismes de prix administrés et de quotas, qui favorisent l’importation de la poudre de lait afin d’assurer l’offre de produits laitiers à bas prix. Ce compromis aboutit au maintien de la dépendance du pays vis-à-vis des marchés internationaux, et questionne sa capacité à élaborer une véritable stratégie de souveraineté alimentaire.


2017 ◽  
Vol 329 (329) ◽  
pp. 29
Author(s):  
José Carmen García Flores ◽  
Jesús Gastón Gutiérrez Cedillo ◽  
Miguel Ángel Balderas Plata ◽  
Maria Raimunda Araújo Santana

Cette étude vise à analyser les percep- tions des agro-écosystèmes sur le plan socioculturel et environnemental parmi les propriétaires de vergers familiaux situés dans la zone de transition écolo- gique de l’État de Mexico. La méthodo- logie comporte trois étapes : 1) carac- térisation  géographique  des  localités et des agro-écosystèmes ; 2) analyse  des bénéfices sociaux des vergers ; 3) potentiel des vergers et problèmes ren- contrés. L’enquête s’est déroulée sur douze localités situées dans trois munici- palités de l’État de Mexico, à l’aide d’en- tretiens semi-structurés complétés par des observations directes sur le terrain. Les vergers familiaux sont une source de nombreux bénéfices sociaux, environne- mentaux, écologiques et culturels : ils contribuent au bien-être des familles par la production de fruits, de condiments et de plantes utilisées dans diverses céré- monies, récoltées pour l’autoconsomma- tion, la vente ou le troc. Ces vergers sont également une source de bois de feu,  de bois de construction, de piquets et d’ornements. Ils sont ainsi à considérer comme des agro-écosystèmes de grande importance et dont le fonctionnement repose sur des relations complexes entre l’ensemble de leurs composantes. Les bénéfices socioculturels et environne- mentaux de ces agro-écosystèmes pro- ductifs aux fonctions multiples peuvent être un atout considérable pour la réus- site de stratégies de cohésion sociale et de sécurité alimentaire en milieu rural, tout en contribuant à la préservation des ressources naturelles de la région.


2011 ◽  
Vol 24 (3) ◽  
pp. 245-258
Author(s):  
F. GAUTIER ◽  
E. LABUSSIÈRE

L’essentiel des nutriments nécessaires pour couvrir les besoins nutritionnels du veau préruminant est apporté par l’aliment d’allaitement formulé à base de diverses matières premières d’origine animale ou végétale. La connaissance de leur digestibilité est primordiale pour rationnaliser leur emploi. Cette synthèse fait le point sur les différentes sources de protéines, de matières grasses et de glucides utilisées dans les aliments d’allaitements des veux de boucherie. A partir de la description des processus digestifs pour les protéines, les lipides et les glucides dans le cas particulier du veau de boucherie, cette synthèse bibliographique montre que les matières premières d’origine laitière (poudre de lait écrémé, poudre de lactosérum, lactose) sont en général très bien digérées par le veau préruminant avec des coefficients d’utilisation digestive apparente supérieurs à 90% pour tous les nutriments. L’utilisation digestive d’autres matières premières, comme les concentrats de soja, les concentrés protéiques de pomme de terre ou le gluten de blé est plus variable, dépendant largement des traitements technologiques qui sont appliqués. Cependant, les valeurs de digestibilités sont élevées et indiquent que les matières premières d’origine végétale sont des alternatives intéressantes en substitution aux produits laitiers, surtout au-delà du premier mois de vie de l’animal.


Author(s):  
Abdou R. Boukari ◽  
Mahamadou Chaibou ◽  
Hamani Marichatou ◽  
Gilles F. Vias

L’élevage et particulièrement la production du lait occupent une place prépondérante comme facteur de réduction de la pauvreté et de croissance économique. La présente étude a eu pour objectif de caractériser les systèmes de production et les processus de diversification vers le lait en milieu (péri) urbain [communauté urbaine de Niamey (CUN)] et en milieu rural [commune rurale de Filingué (CRF)] au Niger. Dans la CUN, des enquêtes ont été réalisées dans 35 sites laitiers choisis de manière aléatoire parmi les 150 déjà répertoriés sur un rayon de 50 km autour de la capitale. Un choix raisonné de 12 sites a permis d’administrer le questionnaire à 169 chefs de ménage. Dans la CRF, 49 chefs de ménage, répartis dans cinq villages, situés dans un rayon de 75 km autour de Filingué, ont été enquêtés. Les résultats ont montré que dans la CUN les éleveurs possédaient un petit nombre de vaches laitières (en moyenne cinq vaches, soit 28 p. 100 du cheptel bovin) ; la production s’étalait sur toutes les saisons et était de 7 à 10 l/ménage/jour ; le lait frais était plus souvent commercialisé qu’en CRF en raison de la présence d’unités de transformation laitière. En revanche, dans la CRF, les effectifs étaient plus importants (en moyenne 10 vaches laitières, soit 52 p. 100 du cheptel bovin) ; les femelles ne produisaient qu’en saison des pluies et en saison sèche froide (de 0 à 10 l/ ménage/jour pour 66 p. 100 des enquêtés, et entre 10 et 20 l pour 20 p. 100 des enquêtés) ; les produits laitiers étaient plus souvent transformés avant d’être vendus (beurre fondu, lait caillé, fromage). Les innovations observées chez les éleveurs enquêtés ont porté sur les transformations et les modifications de la conduite du troupeau. Les contraintes au développement de la production laitière relevaient, en milieu urbain, du problème de production et de conservation du lait frais de bonne qualité jusqu’au transformateur ou au consommateur et, en milieu rural, du problème de débouchés. Il est nécessaire, en milieu urbain, d’organiser l’approvisionnement en intrants alimentaires, la collecte du lait du soir et de procéder à une vulgarisation rapprochée de thèmes techniques et de pratiques innovantes.


Author(s):  
Guillaume Duteurtre

Depuis 30 ans, le développement des industries laitières urbaines a bouleversé l’organisation du commerce des produits laitiers en Afrique de l’Ouest. Répondant à une demande urbaine en forte croissance, elles ont suscité la croissance rapide des importations de poudre de lait bon marché. Pourtant, l’élevage laitier local a connu depuis 15 ans d’importantes transformations qui remettent en cause ce modèle industriel « déconnecté » de la production locale. Les mutations de l’élevage laitier ouest africain sont liées à l’apparition, à la fin des années 1990, de minilaiteries artisanales et industrielles tournées vers la collecte de lait local. Pour répondre à ces nouveaux débouchés, les systèmes d’élevage paysans (pasteurs, agropasteurs ou agroéleveurs) se sont engagés dans des systèmes laitiers semi-intensifs basés sur la complémentation alimentaire des vaches laitières. Parallèlement, un nombre croissant d’étables urbaines et de fermes laitières se sont développées à proximité des centres urbains, sur des modèles parfois plus intensifs. Face à la concurrence de la poudre de lait importée, ces nouveaux acteurs des filières laitières se sont positionnés sur des segments de marchés valorisant l’origine locale des produits. La constitution de ces nouveaux circuits de collecte et de transformation entraîne progressivement des évolutions dans les politiques de développement laitier. De nouveaux modes de régulation des échanges apparaissent, encouragés par la mise en place d’instances de concertation entre l’Etat et les acteurs privés. Ces nouvelles options concernent la remise en cause progressive des politiques d’ouverture des marchés, la promotion de modèles techniques d’élevage moins coûteux en intrants, et la mise en place de dispositifs participatifs de gestion de la qualité des produits au sein des filières.


2020 ◽  
Vol 29 (2) ◽  
pp. 105-115
Author(s):  
Mélanie Doyon ◽  
Jessica Élie-Leonard ◽  
Camille Arsenault-Hétu

Le présent article porte sur la sécurisation alimentaire, c’est-à-dire qu’il s’intéresse aux processus par lesquels la sécurité alimentaire peut être atteinte ou, à tout le moins, améliorée. Plus spécifiquement, il s’intéresse à des initiatives agricoles cherchant à accroître la sécurité alimentaire en milieu rural. Pour ce faire, nous effectuons une analyse comparative de trois initiatives agricoles ayant vu le jour dans des milieux ruraux au Québec. L’objectif est de dégager des éléments de convergence et de divergence en ce qui a trait à la mise en place et au fonctionnement de tels projets, puis de discuter des avantages et inconvénients des trajectoires empruntées.


2020 ◽  
Vol 8 (9) ◽  
pp. 922-927
Author(s):  
Lekbira El Fadi ◽  
◽  
Souad Merimi ◽  

Les femmes marocaines semblent simpliquer dans lactivite entrepreneuriale a un stade plus precoce de leur vie par rapport aux autres femmes entrepreneures (FE) de la region MENA.Les chiffres de la structure de lemploi des femmes actives occupees adultes en tant quindependantes et employeurs revelent que celles-ci representent respectivement 16,5 pour cent et 0,8 pour cent de la population active occupee feminine. Au niveau national, le nombre de femmes marocaines entrepreneures represente 10 a 12 pour cent du nombre total des entrepreneurs. Elles sont essentiellement concentrees sur Rabat et Casablanca. Leur chiffre daffaires reste generalement inferieur a 20 millions MAD, voire a 5 millions MAD pour une large proportion dentre elles, leurs âge pour la plupart dentre elles, ne depasse pas 40 ans. Leur niveau deducation varie entre le secondaire et le superieur en milieu urbain, alors quen milieu rural, elles ont un niveau dinstruction inferieur ou sont non scolarisees. La moitie dentre celles residentes en milieu urbain possedent une experience professionnelle en tant que salariees de tous domaines confondus, qui les a aidee a se lancer et a progresser dans lentrepreneuriat. Les secteurs dactivite dans lesquels elles investissent en milieu urbain sont notamment le commerce et les services, et lagriculture en milieu rural. Leurs entreprises sont majoritairement des tres petites entreprises (TPE) et peu de petites et moyennes entreprises (PME). Malgre les difficultes quelles connaissent, ces femmes entrepreneures ont cree en moyenne 4 a 5 emplois durant lannee, ce qui montre le potentiel important dopportunites demploi si elles sont soutenues. Les perceptions socialement construites et les craintes interiorisees des femmes constitueraient des facteurs majeurs entravant lentrepreneuriat feminin. En effet, par la presente communication nous allons presenter les resultats dune etude de terrain menee aupres de groupes de femmes entrepreneurs afin de determiner les facteurs cles de succes de la femme entrepreneur.


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