scholarly journals La traction animale au coeur des stratégies des exploitations agricoles familiales en Afrique subsaharienne

Author(s):  
Michel Havard ◽  
A. Fall ◽  
Aboubakar Njoya

Cet article fait une analyse comparative de trois situations contrastées d’utilisation de la traction animale : le bassin arachidier du Sénégal, le Nord-Cameroun et l’est du Burkina Faso. L’objectif est de caractériser les dynamiques de la traction animale dans les exploitations agricoles. Dans chaque situation, les données, collectées selon des méthodes et outils spécifiques et avec la collaboration de partenaires différents, n’ont pas permis de faire systématiquement des comparaisons entre les trois pays. Dans tous les cas, cette analyse montre que l’appropriation de la traction animale dans l’exploitation est un processus souvent difficile et progressif. La première étape est l’acquisition d’un attelage pouvant demander des années d’efforts. Elle engendre d’importantes transformations dans le fonctionnement du système de production de l’agriculteur qui doit chercher à équilibrer le disponible en force de traction, en surface agricole et en main-d’oeuvre. La traction animale favorise l’extension des superficies cultivées et renforce l’intégration agriculture élevage. Elle modifie l’organisation et la répartition du travail, et elle est source d’augmentation et de diversification des revenus. Enfin, elle créée de nouvelles tâches, comme l’élevage d’animaux de trait qui engendre des dépenses supplémentaires. A l’échelle des exploitations agricoles, les analyses font ressortir la variété des trajectoires d’équipements et donc la diversité des stratégies des agriculteurs pour accéder à la traction animale, puis la conserver. Elles confirment aussi le rôle pivot de la traction animale dans leur cycle de vie. A l’échelle du village, elles montrent le rôle déterminant des échanges de travail et de terre entre les exploitations dans le processus d’appropriation de la traction animale. Ce processus, qui doit encore être accompagné, est avancé dans le bassin arachidier, et il est en cours dans l’est du Burkina Faso et au Nord-Cameroun. Les priorités sont l’acquisition des attelages pour les exploitations non équipées à l’est du Burkina Faso et au Cameroun, et la reproductibilité des exploitations équipées (diversification des activités, maîtrise de la technique, innovations endogènes) dans toutes les situations étudiées, et particulièrement au Sénégal.

1997 ◽  
Vol 50 (3) ◽  
pp. 209-213
Author(s):  
Philippe Solano ◽  
Marc Desquesnes ◽  
Issa Sidibé

Trypanosoma (Duttonella) vivax est un parasite des ruminants domestiques en Afrique et en Amérique latine. Les souches en Amérique latine, transmises mécaniquement par divers insectes piqueurs, ont perdu la capacité d'infecter les glossines qui les transmettent cycliquement en Afrique subsaharienne. Les auteurs ont passé en revue diverses techniques de diagnostic utilisées pour détecter T. vivax sur le terrain, allant des examens parasitologiques classiques aux techniques moléculaires (PCR), en passant par les tests sérologiques. La PCR, qui offrait une sensibilité et une spécificité non égalées, a été utilisée au CIRDES, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso, et les résultats obtenus par cette technique pour identifier T. vivax sur les bovins et sur les pièces buccales des glossines ont été comparés aux résultats parasitologiques de plusieurs études récentes en Afrique de l'Ouest. Le fait le plus marquant concernait, dans certaines régions, une proportion non négligeable de mouches infectées seulement dans le proboscis (cycle de T. vivax) ne donnant aucun signal PCR avec les amorces T. vivax. Les auteurs ont envisagé plusieurs hypothèses pour expliquer ces résultats, la plus probable semblant être la circulation de souches du sous-genre Duttonella non reconnues par les marqueurs utilisés. Des études de variabilité génétique et de pathogénicité des souches locales seraient intéressantes à mener.


2015 ◽  
Vol 43 (2) ◽  
pp. 249-278 ◽  
Author(s):  
Bilampoa Gnoumou Thiombiano

L’étude examine les facteurs sociodémographiques et économiques qui influencent la participation des femmes à la prise de décision au sein du ménage au Burkina Faso. Les données de l’Enquête démographique et de santé réalisée en 2010 sont exploitées à l’aide d’une régression logistique. Ces données quantitatives sont complétées par des entretiens qualitatifs réalisés en 2011 sur le thème « genre et décision économique au Burkina Faso ». Les résultats montrent que les femmes participent peu aux décisions concernant leurs soins de santé, les achats importants du ménage et les visites aux parents, mais les femmes ayant une activité rémunérée sont susceptibles de décider de la gestion de leurs revenus. La scolarisation, l’exercice d’un travail rémunéré, un âge plus élevé, la résidence en milieu urbain et le niveau de vie élevé du ménage sont des facteurs favorables à la participation de la femme à la prise de décision au sein de son ménage. On note cependant des différences selon le groupe ethnique. Ces résultats suggèrent que la scolarisation croissante des filles en Afrique subsaharienne, l’urbanisation et la participation progressive des femmes au marché du travail contribuent à la modification des rapports de genre au sein des couples et, de façon générale, à l’amélioration du statut social de la femme.


2015 ◽  
Vol 43 (2) ◽  
pp. 315-343
Author(s):  
Madeleine Wayack Pambè ◽  
Soufianou Moussa

Dans cette étude, nous examinons le lien entre le sexe du chef de ménage et la relation à la pauvreté du ménage à Ouagadougou. L’analyse en composantes principales et la two step cluster analysis ont été appliquées aux données du Recensement général de la population et de l’habitat du Burkina Faso de 2006. Elles ont permis de comparer les caractéristiques socioéconomiques du groupe des hommes et du groupe des femmes chefs d’un ménage et de distinguer différents sous-groupes les composant. Les résultats indiquent que les femmes jeunes, actives et célibataires ou mariées affichent la plus grande proximité avec le niveau de vie « élevé ». Le groupe des femmes âgées, inactives et principalement veuves présente les conditions de vie les plus médiocres. Les ménages dirigés par un homme tendent eux à se situer plus au milieu, dans la classe moyenne. La situation des femmes chefs de ménage à Ouagadougou se révèle être à l’intersection de la classe sociale et du cycle de vie.


Author(s):  
Katrien Pype

Cette série de six articles, tous focalisés sur l’Afrique francophone, traite chacun à leur manière du thème principal de l’usage de l’Internet par des groupes religieux sur le continent africain. Cinq de ces contributions explorent l’usage religieux des médias numériques en Afrique de l’Ouest alors que la dernière se concentre sur l’Afrique centrale. Nous en tirons une vue d’ensemble équilibrée sur diverses communautés religieuses telles le Hibut-Tarqiyyah du Sénégal, des églises chrétiennes de Ouagadougou, des chrétiens de la République démocratique du Congo, des fidèles camerounais du pasteur nigérian T. B. Joshua ou encore des musulmans ivoiriens hors ligne comme en ligne ainsi qu’une communauté mixte regroupant des chrétiens et des musulmans au Burkina Faso. Les thématiques dominantes abordées sont : la représentation en ligne ; le numérique en tant qu’espace étendu d’apprentissage et de conversion religieuse ; la religion et la sphère publique ; et, pour terminer, les formes de religiosité en Afrique subsaharienne. Cette compilation d’articles constitue un complément utile à l’abondante littérature anglophone sur les mondes médiatiques africains et leurs enchevêtrements religieux (voir entre autres de Witte, 2011 ; Hackett et Soares, 2014 ; Graetz, 2014 ; Meyer, 2015 ; Pype, 2012 ; Schulz, 2011).


Ethnologies ◽  
2017 ◽  
Vol 37 (2) ◽  
pp. 161-183
Author(s):  
Monique Provost

Le djembé, tambour d’origine mandingue, est un objet culturel africain qui a connu un phénomène de mondialisation dans les années 1990. On le retrouve autant aux États-Unis qu’en Inde ou au Japon; il a même été adopté par certains Autochtones d’Amérique du Nord et il est fabriqué par des artisans québécois. Cet article présente une analyse comparative entre la méthode africaine traditionnelle de fabrication encore pratiquée aujourd’hui au Burkina Faso et la méthode québécoise. Cette comparaison des chaînes opératoires de chacun des artisans, finement illustrées, démontre comment la fabrication locale d’un objet exogène peut refléter les pratiques de la collectivité qui se l’approprie.


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