scholarly journals Editorial - L'élevage porcin dans les pays tropicaux

Author(s):  
Vincent Porphyre ◽  
Denis Bastianelli

Les porcins assurent environ 35 % de la production de viande au niveau mondial, à égalité avec la volaille (FAOstat, 2019). En Afrique subsaharienne, cette proportion est largement inférieure en raison d’une forte tradition de production bovine et des interdits religieux autour de la consommation de viande de porc dans de larges parties de la zone. Elle représente cependant 11,9 % de la production de viande de la région et sa croissance a été de 50 % entre 2007 et 2017. Dans les régions où elle est pratiquée, la porciculture joue un rôle social et économique important lorsqu’elle se pratique à petite échelle, souvent combinée à d’autres activités agricoles.La production porcine se heurte cependant à de nombreuses difficultés sanitaires (peste porcine africaine, zoonoses), techniques (génétique, alimentation) et sociales (acceptabilité des élevages autour des lieux d’habitation). Face à ces défis, de nombreuses équipes de recherche sont mobilisées dans les différents pays producteurs. Cependant, les chercheurs sont souvent isolés et peinent à faire connaître leurs travaux à la communauté scientifique et à intégrer les réseaux scientifiques internationaux.Ce numéro thématique rassemble treize articles originaux et synthèses consacrés à la porciculture en région tropicale. Les questions socio-économiques sont abordées à travers des exemples de filières en Afrique mais aussi au Vietnam ou dans les Caraïbes. Les travaux présentés montrent les difficultés de ces filières soumises à des contraintes multiples. Souvent périurbaine, la production porcine doit se faire discrète et notamment minimiser ses nuisances. Ces conditions rendent difficiles une structuration et une professionnalisation qui permettraient un appui accru des autorités et une diminution des risques zoonotiques. Les systèmes d’élevage doivent en outre s’adapter à des contextes changeants où leur industrialisation bouleverse leur fonctionnement technique et économique et remet en question leur rôle dans les systèmes traditionnels basés sur l’intégration agriculture-élevage.Au niveau technique, l’alimentation reste la contrainte majeure pour les producteurs et le principal coût de production dans les contextes étudiés. Des pistes d’utilisation de ressources locales (tourteaux d’hévéa ou d’anacarde, patates douces) sont proposées pour diminuer l’incorporation d’ingrédients plus onéreux. Les pratiques d’alimentation autour du sevrage peuvent également améliorer le démarrage des animaux et leurs performances ultérieures. Enfin, les choix génétiques sont mis en débat, soit pour comparer les performances des porcs locaux ou améliorés, soit pour promouvoir des races locales à valeur patrimoniale.Les questions sanitaires restent une inquiétude majeure. En Afrique, la peste porcine africaine demeure une menace constante ; de plus, les pathologies sont nombreuses et impactent fortement la production. Les caractéristiques des systèmes de production et de commercialisation augmentent les risques de contamination et rendent difficiles les politiques de prévention. Il y a pourtant un défi sanitaire majeur pour les filières porcines car, au-delà de l’impact sur la production, les zoonoses, mais aussi la dispersion de souches microbiennes résistantes aux antibiotiques, sont des enjeux de santé publique prioritaire. Continuer la recherche, partager les résultats, constituer des réseaux nationaux, régionaux et internationaux : voilà autant d’efforts qui doivent être poursuivis. Au travers de ce numéro thématique, la Revue continue son travail de valorisation des résultats les plus marquants obtenus par des chercheurs travaillant dans des conditions matérielles et partenariales parfois difficiles. Nous pouvons d’ores et déjà annoncer que d’autres articles, en complément de ce numéro thématique, seront publiés dans les prochains numéros de la Revue afin de maintenir notre engagement en faveur de la promotion de la recherche porcine dans les Suds.

2021 ◽  
pp. 81-105
Author(s):  
Yves CHARBIT

Les principales explications d’orientation socio-démographique, avancées pour expliquer la diminution de la fécondité au cours des dernières décennies, sont présentées et discutées. La nuptialité précoce, qualifiée de « grossesses des adolescentes », notamment en Afrique subsaharienne, est devenue un problème de santé publique, qui est lui aussi analysé sous l’angle socio-démographique.


2013 ◽  
Vol 26 (1) ◽  
pp. 39-50 ◽  
Author(s):  
Sami Guiza ◽  
Mohamed Bagane

Résumé L’avancement industriel et technologique à l'échelle mondiale a introduit des polluants de natures diverses dans l'eau. Les polluants peuvent être des contaminants organiques et des métaux lourds. Leur présence dans des effluents industriels où l'eau potable est un problème de santé publique en raison de leur absorption et, par la suite, leur accumulation dans l’organisme humain. Les règlements de pollution de l'eau exigent que les industries textiles réduisent considérablement la quantité de colorants dans leurs rejets. L'adsorption, procédé de traitement des eaux usées, exploite la capacité de quelques solides pour concentrer certaines substances sur leurs surfaces. Généralement, l’adsorbant le plus utilisé pour le traitement des effluents textiles est le charbon activé. La capacité de la bentonite pour enlever la couleur a été reconnue il y a quelque temps. Dans ce travail, nous avons étudié la cinétique d’adsorption d’un colorant acide, le rouge de Congo, en solution aqueuse sur un matériau argileux naturel (bentonite) dans un processus en lots. La concentration initiale du colorant était de 30 mg•L‑1 déterminée par une méthode spectrophotométrique. L’influence de certains paramètres, comme la vitesse d’agitation, la masse d’argile en solution, la concentration initiale du colorant et la granulométrie a été étudiée. Les résultats ont montré pour la vitesse d’adsorption : (i) une augmentation avec la vitesse d’agitation et la masse d’argile et, (ii) une décroissance avec la concentration initiale en colorant et la granulométrie. Cinq modèles de transport externe ont été étudiés et ont montré que l’ordre de grandeur du coefficient, kf, se trouve dans la gamme de 10‑5 à 10‑4•ms‑1.


2018 ◽  
Vol 2 (Fall 2018) ◽  
pp. 10-22 ◽  
Author(s):  
Lise Malvy ◽  
Julie Stéphan

L’Organisation Française des Psychologues spécialisés en Neuropsychologie (OFPN) est née d’une démarche initiée il y a plusieurs années. Dès 2008, via un premier rassemblement et le développement de nombreuses associations locales, les professionnels en neuropsychologie avaient à cœur de s’organiser. Officiellement créée en 2014 sur le triple socle d’une plateforme internet riche de ressources, de la revue Les Cahiers de Neuropsychologie Clinique et du Congrès National de Neuropsychologie Clinique (CNNC), l’OFPN a comme principales missions de promouvoir la neuropsychologie clinique, de susciter et d'accompagner des travaux d'amélioration de notre pratique ainsi que d’appuyer et de défendre la motivation de nos pairs. Malgré son jeune âge, le dynamisme de l'OFPN rencontre un franc succès auprès des professionnels, mais également auprès des instances de santé publique. Représentante au niveau national et international, l'OFPN se veut porteuse d’un avenir plus structuré et d’une pratique plus cohérente, toujours en perfectionnement.


Author(s):  
R. Skinner ◽  
S. McFaull ◽  
J. Draca ◽  
M. Frechette ◽  
J. Kaur ◽  
...  

Introduction Cette étude a pour objet de décrire, à l’aide de données administratives canadiennes, les tendances et les caractéristiques des blessures auto-infligées entre 1979 et 2014-2015, afin d’orienter et d’améliorer les mesures de prévention du suicide. Méthodologie Les données sur la mortalité par suicide et sur les congés des patients ont été extraites des fonds de données de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) provenant de la Base canadienne de données sur l’état civil – Décès (BCDEC-D) de Statistique Canada (1979 à 2012), du Système canadien d’information socioéconomique (CANSIM 2011, 2012), de la Base de données sur la morbidité hospitalière (BDMH, 1994- 1995 à 2010-2011) et de la Base de données sur les congés des patients (BDCP, 2011-2012 à 2014-2015). Le nombre de cas et les taux de décès et d’hospitalisation ont été répartis par sexe, tranche d’âge de 5 ans et méthode. Résultats Le taux de suicide au Canada (hommes et femmes confondus, tous âges, et taux normalisé selon l’âge et le sexe) a diminué, passant de 14,4/100 000 (n = 3 355) en 1979 à 10,4/100 000 (n = 3 926) en 2012, soit une variation annuelle en pourcentage (VAP) de –1,2 % (IC à 95 % : –1,3 à –1,0). Cependant, cette tendance n’a pas été observée chez les deux sexes : chez les femmes, les taux de suicide se sont stabilisés vers les années 1990, tandis que chez les hommes, ils ont continué de décliner au fil du temps – malgré le fait que les suicides chez les hommes constituent toujours 75,7 % de tous les suicides en 2012. La suffocation (pendaison et strangulation) était en 2012 la principale méthode de suicide (46,9 %) chez les Canadiens de tous âges, suivie de l’intoxication (23,3 %). Au cours de l’exercice 2014-2015, il y a eu 13 438 hospitalisations au Canada (à l’exclusion du Québec) associées à des blessures auto-infligées – ce qui représente plus de trois fois le nombre de suicides. Au fil du temps, les femmes ont systématiquement présenté des taux d’hospitalisation plus élevés pour des blessures auto-infligées que les hommes, soit 63 % du total. L’intoxication a été la méthode la plus fréquemment déclarée de préjudice autoinfligé au cours de l’exercice 2014-2015, constituant 86 % de toutes les hospitalisations. Conclusion Les suicides et les blessures auto-infligées demeurent un problème de santé publique grave – mais évitable – qui exige une surveillance constante.


Author(s):  
Selthon Macello Capiberibe Soeiro ◽  
Lucas Facco ◽  
Amanda Alves Fecury ◽  
Maria Helena Mendonça de Araújo ◽  
Euzébio de Oliveira ◽  
...  

Les animaux venimeux sont ceux qui ont un mécanisme pour injecter du poison. Différents poisons ou venins peuvent causer de la douleur, des ruptures de vaisseaux sanguins, des brûlures, des cloques, des œdèmes, des lésions nécrotiques, une hémorragie, des vomissements sanguins, la présence de sang dans l’urine, des saignements dans le nez, une transpiration intense, une pression artérielle basse, l’hypothermie et des problèmes neurologiques. L’objectif de cet article est de montrer le nombre d’accidents causés par des animaux venimeux entre 2010 et 2014 au Brésil. Considérés comme des causes négligées de maladies, les accidents causés par des animaux venimeux nécessitent une plus grande attention de la santé publique. Les araignées, les scorpions et les serpents sont les principaux facteurs de ces accidents. Chez les enfants, les garçons sont les plus touchés, et le manque de supervision dans les activités quotidiennes est l’une des principales causes de ce problème. La production de sérum pour le traitement des accidents d’odidise au Brésil est accentuée, et la quantité produite est capable de couvrir le nombre total de cas dans le pays. Cependant, il y a un problème en ce qui concerne la distribution de ce sérum, puisque les zones de population autochtone et les régions de localités éloignées n’ont pas une disponibilité adéquate, ce qui permet des conséquences négatives pour les personnes en question, augmentant la possibilité de décès dus à ce type d’accident.


Author(s):  
Albert Meister ◽  
Anna-Maria Levi ◽  
Frédéric Lesemann

La Revue Internationale d’Action communautaire prend dès le printemps 1979 la relève de l’International Review of Community Development créée il y a une vingtaine d’années par le sociologue Albert Meister. La RIAC devient désormais une revue principalement francophone, caractérisée par une attention privilégiée aux pratiques novatrices, qu’elles soient professionnelles ou « militantes », institutionnelles ou « de base », dans les domaines de l’action communautaire ou collective reliés aux champs des services sociaux, de la santé publique et de l’éducation des adultes. Elle s’intéresse particulièrement aux expériences de prise en charge et de réappropriation par les populations de leur santé, de leur « bien-être » (welfare) et de leur éducation et est ouverte aux nouveaux problèmes qui se posent aux « sociétés de services ». Dans cette perspective, elle accueille également des analyses des politiques gouvernementales sociales, sanitaires et/ou éducatives qui structurent le développement des collectivités. Cette revue est produite par quatre centres associés du Québec, de France, de Belgique et de Suisse, avec des correspondants dans d’autres pays dont l’Italie, l’Espagne et l’Amérique latine. Elle conserve son ouverture traditionnelle sur les problèmes actuels de l’organisation socio-sanitaire et éducative des pays « en voie de développement ». Elle est destinée aux professionnels, aux administrateurs et aux militants qui oeuvrent dans les domaines précités. Elle entend être une revue rigoureuse dans sa démarche descriptive et analytique sans pour autant adopter les formes d’une revue académique. Elle vise à devenir un forum entre acteurs impliqués à divers paliers des systèmes de production de services. Dans cette perspective, les numéros seront thématiques, consacrés successivement à la prise en charge communautaire de la santé (mai 1979), aux processus d’éducation populaire (novembre 1979), à la prise en charge communautaire de la vie urbaine : logement, transport, aménagement de l’espace (mai 1980), aux instruments de recherche-action (novembre 1980), etc. La revue paraît deux fois par année, au printemps et en automne. Elle contient des résumés en anglais et en espagnol. Elle est coordonnée et publiée à Montréal. Nous sollicitons les commentaires, les suggestions, les contributions, les collaborations occasionnelles ou permanentes de tous ceux que ces perspectives intéressent.


2008 ◽  
Vol 39 (1) ◽  
pp. 13-27 ◽  
Author(s):  
Raymond Massé

Résumé La théorie sociale a largement contribué à nous éclairer sur plusieurs des enjeux sociaux, politiques et éthiques soulevés par les politiques de prévention de la maladie et de promotion de la santé. Nous pouvons toutefois avoir l’impression que ces efforts de théorisation nous renseignent mieux sur la science sociale et les chercheurs que sur le risque tel qu’il est vécu dans la société. L’une des causes en serait le manque d’études empiriques qui permettent de saisir les mécanismes fins et complexes de gestion du risque et qui nous confinent à une certaine circularité de l’argumentaire sur les dérives de la société globale du risque. Prenant le parti d’une approche microsociologique et anthropologique, ce texte explore trois pistes de contribution pour un élargissement de la théorie sociale du risque, soit : 1. l’intérêt pour la santé publique d’une réarticulation des multiples dimensions du risque autour de concepts intégrateurs tel celui de mode de vie à risque; 2. la pertinence d’une anthropologie du risque ancrée dans la gestion quotidienne du risque, les théories populaires du risque et de la moralité; 3. la pertinence pour les sciences sociales de coupler aux dénonciations des abus et manquements dans la gestion publique une analyse des impacts positifs du risque, par exemple, en tant que nouveaux lieux de socialisation, de libération et d’engagement social.


2018 ◽  
Vol 27 (3) ◽  
pp. 273-278
Author(s):  
J. Bontemps ◽  
G. Sauvaget ◽  
J. Dauvergne ◽  
C. Fadil ◽  
S. Lecuyer ◽  
...  

Toute action réalisée en dehors du décret de compétences infirmières du 29 juillet 2004 (Code de la santé publique) est à considérer comme un dépassement de tâches (DDT). Dans une première enquête réalisée en 2016 dans les services de réanimation du groupe AtlanRéa (association de recherche clinique en réanimation du Grand Ouest), 94 % des infirmiers interrogés admettaient au moins un DDT par jour. Nous avons approfondi cette problématique fréquente et source d’inquiétude de la part des paramédicaux. L’enquête s’est déroulée sur la journée du 7 mars 2017. 64 % des répondants ont déclaré faire des DDT, 23 % plus de 5 par jour. Le DDT concerne la modification de la FiO2dans 52 % des cas, les bolus de sédation 47 %, la modification du mode ventilatoire 41 %. Les raisons du DDT sont : le confort du patient à 71 %, par habitude de service à 63 %. Il y a une différence de DTT CHU/CHG,p= 0,019. Le sentiment d’engendrer un risque pour le patient est de 64 %, pour le soignant de 89 %. Les solutions privilégiées pour diminuer le DDT sont la création d’une spécialité à 75 % et la mise à jour du décret à 54 %. Le DDT en réanimation n’a a priori jamais fait l’objet d’étude. Nous rapportons pour la première fois des données sur le DDT à l’échelle nationale. La motivation principale du DDT est le confort du patient. Il y a une demande de changement avec la création d’une spécialité d’infirmier diplômé d’État (IDE) ou la modification du décret de compétences.


Author(s):  
Emily Schleihauf ◽  
Matthew J. Bowes

Introduction La pandémie de COVID-19 et les mesures prises par les instances gouvernementales ont soulevé des inquiétudes quant à la possibilité d’une hausse de la mortalité par suicide et par intoxication aux drogues ou aux médicaments, en raison de l’exacerbation des maladies mentales, des problèmes économiques, des changements dans l’approvisionnement en drogues et en médicaments, de la capacité à accéder aux services de réduction des méfaits et de divers autres facteurs. Méthodes Nous avons obtenu nos données du Service de médecin légiste de la Nouvelle Écosse. Nous avons élaboré des définitions de cas et nous en avons évalué les caractéristiques de performance. Nous avons modélisé les tendances des décès mensuels par suicide et par intoxication aux drogues ou aux médicaments avant la pandémie et nous avons comparé le nombre de décès observé durant l’année de la pandémie aux prévisions. Résultats Il y a eu une diminution importante des décès par suicide au cours de la première année de la pandémie de COVID-19 en Nouvelle-Écosse, avec environ 21 décès par suicide non liés à une intoxication aux drogues ou aux médicaments de moins que prévu entre mars 2020 et février 2021 (rapport de risque = 0,82). Aucun changement n’a été observé en matière de mortalité par intoxication aux drogues ou aux médicaments. Les définitions de cas ont été appliquées avec succès aux déclarations rédigées librement sur les causes de décès et aux cas où la cause et la nature du décès faisaient toujours l’objet d’une enquête. Conclusion Il est possible de mettre en œuvre des processus de classification des cas et de suivi en collaboration avec les médecins légistes et les coroners pour que les autorités de santé publique puissent surveiller en continu et le plus rapidement possible la mortalité par suicide et par intoxication aux drogues ou aux médicaments. Les médecins légistes et les coroners étant les gardiens d’une foule de données utilisables pour prévenir d’autres décès, il est temps de mobiliser ces systèmes dans les suivis par la santé publique.


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