scholarly journals Le risque en santé publique : pistes pour un élargissement de la théorie sociale

2008 ◽  
Vol 39 (1) ◽  
pp. 13-27 ◽  
Author(s):  
Raymond Massé

Résumé La théorie sociale a largement contribué à nous éclairer sur plusieurs des enjeux sociaux, politiques et éthiques soulevés par les politiques de prévention de la maladie et de promotion de la santé. Nous pouvons toutefois avoir l’impression que ces efforts de théorisation nous renseignent mieux sur la science sociale et les chercheurs que sur le risque tel qu’il est vécu dans la société. L’une des causes en serait le manque d’études empiriques qui permettent de saisir les mécanismes fins et complexes de gestion du risque et qui nous confinent à une certaine circularité de l’argumentaire sur les dérives de la société globale du risque. Prenant le parti d’une approche microsociologique et anthropologique, ce texte explore trois pistes de contribution pour un élargissement de la théorie sociale du risque, soit : 1. l’intérêt pour la santé publique d’une réarticulation des multiples dimensions du risque autour de concepts intégrateurs tel celui de mode de vie à risque; 2. la pertinence d’une anthropologie du risque ancrée dans la gestion quotidienne du risque, les théories populaires du risque et de la moralité; 3. la pertinence pour les sciences sociales de coupler aux dénonciations des abus et manquements dans la gestion publique une analyse des impacts positifs du risque, par exemple, en tant que nouveaux lieux de socialisation, de libération et d’engagement social.

2005 ◽  
Vol 72 (1) ◽  
pp. 45-56 ◽  
Author(s):  
Johanne Filiatrault ◽  
Lucie Richard

Description. La pratique communautaire interpelle particulièrement les ergothérapeutes dans leur rôle d'éducateur à la santé, les incitant à déployer des stratégies d'intervention à caractère préventif auprès de leurs clients. Ce type de pratique offre également un terrain propice à l'implantation de stratégies de prévention et de promotion de la santé à l'échelle de la communauté. But. Le présent article décrit quelques-unes des théories utilisées dans les champs de la santé publique et de la promotion de la santé pour expliquer les changements de comportements liés à la santé. Il vise également à mettre en évidence leur potentiel pour la pratique communautaire en ergothérapie. Les théories présentées ici, soit le modèle des croyances relatives à la santé, la théorie sociale cognitive, la théorie de l'action raisonnée et la théorie du comportement planifié, ont été largement utilisées pour l'analyse et l'intervention au regard des comportements liés à la santé. Conséquences pour la pratique. Puisque ces théories mettent de l'avant un ensemble de facteurs influençant les comportements liés à la santé, leur utilisation par les ergothérapeutes pourrait contribuer à améliorer l'efficacité de leurs interventions éducatives, en favorisant chez leur clientèle une observance optimale des recommandations en matière de prévention et de promotion de la santé.


2009 ◽  
Vol 7 (1) ◽  
pp. 19-54 ◽  
Author(s):  
Christine Thoër ◽  
Janine Pierret ◽  
Joseph Josy Lévy

Résumé La progression de l’utilisation « non médicale » des médicaments, que ceux-ci soient disponibles avec ou sans ordonnance, apparaît aujourd’hui comme une préoccupation d’importance croissante dans le champ de la santé publique. Cette tendance, qui touche particulièrement les adolescents et les jeunes adultes, englobe une multitude de pratiques, allant du détournement à l’automédication en passant par « l’abus » et le dopage, pratiques qui seront définies ici et qui peuvent conduire au développement d’une dépendance au médicament. S’appuyant sur une revue de la littérature en sciences sociales et en santé publique, cet article met en évidence les problèmes que soulève la catégorisation des pratiques, notamment parce que les frontières entre les usages licites et illicites du médicament semblent de plus en plus brouillées dans les sociétés contemporaines. L’utilisation « non médicale » du médicament s’inscrit dans un contexte social marqué par un plus grand accès aux produits pharmaceutiques et aux savoirs qui s’y rapportent ainsi que par une tendance à la banalisation du recours chimique dans la vie quotidienne. Cet usage de l’assistance chimique à la vie quotidienne soulève la question de l’autonomie du sujet en santé et du rapport des individus à l’expertise médicale.


2017 ◽  
Vol 42 (1) ◽  
pp. 105-123 ◽  
Author(s):  
Pascale Mantoura ◽  
Marie-Claude Roberge ◽  
Louise Fournier

Au Québec et ailleurs dans le monde, la préoccupation s’accentue en regard de la santé mentale de l’ensemble de la population et de la nécessité de concentrer plus d’énergie sur les interventions préventives et de promotion. Il est alors recommandé que les acteurs de santé publique agissent en tant que chef de file de l’action de promotion de la santé mentale et de prévention des troubles mentaux et établissent les partenariats nécessaires avec les acteurs des secteurs de la santé, des services sociaux et des autres secteurs indispensables à l’action en santé mentale. Les acteurs de santé publique au Canada ne sont toutefois pas encore suffisamment soutenus dans ce rôle. Ils expriment, entre autres besoins, celui d’avoir accès à des cadres structurants qui clarifient leur action en santé mentale. Cet article propose un cadre de référence pour soutenir l’action en santé mentale des populations. Ce cadre identifie les différentes dimensions propres à l’intervention en faveur de l’amélioration de la santé mentale de la population et de la réduction des inégalités de santé mentale. L’article illustre enfin comment l’application de la responsabilité populationnelle au niveau local permet de mettre en pratique les différentes dimensions de ce cadre de référence. Ultimement il permet aux acteurs de santé publique de mieux cerner leur action en faveur de la santé mentale des populations.


2014 ◽  
Vol 43 (1-2) ◽  
pp. 67-90 ◽  
Author(s):  
André-Anne Parent ◽  
Michel O’Neill ◽  
Bernard Roy ◽  
Paule Simard

Le développement des communautés a pris un essor important au Québec depuis qu’il a été inscrit comme stratégie transversale dans le Programme national de santé publique en 2003. Reconnue comme une stratégie de promotion de la santé et soutenue par l’action communautaire, la mise en place d’une démarche de développement des communautés suppose toutefois un changement de paradigme de la part de divers acteurs professionnels. En effet, agir dans ce domaine amène deux champs d’intervention à se modifier : la santé publique et l’organisation communautaire. Dans ce texte, nous retraçons l’histoire de ces champs depuis les années 1970 et nous montrons de quelle façon le développement des communautés les incitent aujourd’hui à travailler ensemble. Nous dégageons également les principaux points de convergence et de divergence qui sous-tendent les pratiques liées au développement des communautés de ces deux champs professionnels.


1999 ◽  
Vol 90 (2) ◽  
pp. 99-103 ◽  
Author(s):  
Lucie Richard ◽  
Éric R. Breton ◽  
Pascale Lehoux ◽  
Catherine Martin ◽  
Denis Roy

Author(s):  
Carol L. McWilliam ◽  
William L. Diehl-Jones ◽  
Jeffrey Jutai ◽  
Saeed Tadrissi

RÉSUMÉStimuler l'autonomie chez les gens de plus de 65 ans, dont plus de 80 pour cent éprouvent des troubles médicaux, constitue un défi de taille pour le personnel des politiques, les planificateurs de programme et les prestateurs de services, qui doivent prendre en considération les aspects physiques, sociaux et psychologiques de l'autonomie. Cet article présente une analyse bibliographique systématique et une synthèse rigoureuse de 65 rapports de recherche détaillés sélectionnés à partir de 238 études publicées sur les approches de soins favorisant la promotion de l'autonomie des personnes àgées. Cet article témoigne en faveur des programmes d'exercices et de promotion de la santé pour toutes les personnes âgées, ainsi que de la gestion à domicile des soins de santé et des programmes de prévention des chutes pour les aîné(e)s frêles. De plus, les conclusions soulignent l'importance d'accorder plus d'attention aux politiques sur les appareils accessoires fonctionnels et le besoin d'avoir plus de recherches sur l'efficacité des programmes de santé publique, sur les stratégies de promotion de soins médicaux préventifs et sur les facteurs psychosociaux qui influent sur l'auto-efficacité des personnes âgées.


2014 ◽  
Vol 43 (1-2) ◽  
pp. 185-204
Author(s):  
Suzanne Harrison ◽  
Jeanne Godin ◽  
Horia-Daniel Iancu ◽  
Roger G. LeBlanc ◽  
Karine Hachey

Être en santé est plus important que jamais. L’alimentation saine, l’exercice régulier, la gestion du stress et les examens de dépistages précoces ne sont que quelques exemples contribuant au maintien d’un état de mieux-être. Malheureusement, 60 % des canadiens sont inactifs et un quart d’eux souffrent d’obésité les prédisposant ainsi aux maladies cardiovasculaires (MCV) (Agence canadienne de santé publique, 2011b ; Fondation des maladies du coeur du Canada, 2012 ; Statistique Canada, 2011). Le comité de mieux-être universitaire offre, en interdisciplinarité, diverses activités de promotion de la santé et de prévention des maladies. Cet article présente la synthèse des données obtenues lors de trois cliniques de dépistage. Grâce aux mesures obtenues à six stations, les membres du personnel connaissent leur risque d’être atteints de MCV, particulièrement en lien avec l’adiposité et la cholestérolémie. Nombreux éléments de succès associés à l’activité sont présentés en plus des recommandations.


2020 ◽  
pp. 175797592097783
Author(s):  
Delphine Amstutz ◽  
Oriana Villa

La crise de la COVID-19 a mis en évidence les vulnérabilités et inégalités sociales de santé préexistantes. Elle a également montré le rôle des collectivités territoriales dans l’implémentation des recommandations de santé publique, qu’il s’agisse de prévenir la propagation du virus ou de promouvoir la santé de chacune et chacun. En Suisse, dans le canton de Vaud, les communes ont réagi promptement mais différemment selon les ressources et l’expertise à disposition. Bien que toutes ces actions soient louables, avec une réponse asymétrique, le risque de créer, voire de renforcer des inégalités territoriales de santé est néanmoins bien présent. Pour promouvoir la santé de manière équitable, efficiente et durable, nous devons renforcer les stratégies de promotion de la santé, assurer une meilleure coordination au niveau local, et développer une approche multisectorielle de la santé. Créer un groupe de coordination et d’accompagnement des communes en matière de promotion de la santé est une approche prometteuse.


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