Le collaboratif
En janvier 2017, les archives de Saint-Brieuc ont mis en ligne sur la plateforme Zooniverse le fonds d’un érudit local du e siècle, Ludovic Anne-Duportal, qui avait dépouillé les registres paroissiaux de la ville et reconstitué les familles briochines de 1535 à 1792. La proposition faite aux contributeurs était d’indexer ces documents par noms de famille afin de disposer d’une base de données permettant d’accéder rapidement aux fiches. Un mois après, l’indexation était réalisée à plus de 50 %. Ce projet est l’aboutissement d’une préoccupation participative des archives de Saint-Brieuc qui est ancienne et antérieure à la mise en ligne de documents. La posture de l’archiviste face à l’usager avait déjà connu un début d’évolution avec, entre autres, la transformation des cours de paléographie en Club participatif de paléographie. Cette animation avait créé un premier vivier de personnes mobilisables sur les projets patrimoniaux. Ensuite une démarche participative fut créée pour intégrer les demandes des usagers sur les fonds à mettre en ligne. Ainsi nous fut signalé le fonds Bagot, député maire briochin au moment de la Révolution. Après avoir vérifié l’intérêt du fonds, il fut procédé à sa numérisation et sa mise en ligne. La communauté d’indexeurs a réfléchi ensuite à la mise en place de nouveaux projets sur Zooniverse et éventuellement Wikisource. C’est sur ces expériences que cet article s’appuie pour élaborer une réflexion critique sur la politique qui sous-tend le choix du crowdsourcing, sur les implications de celui-ci, et sur la distinction entre projet collaboratif et projet participatif, et pour définir le rôle du pilote de ce type de projet.