L’égalité juridique entre hommes et femmes dans le monde arabe après les soulèvements de 2011

2019 ◽  
pp. 49-62
Author(s):  
Nathalie Bernard-Maugiron

Suite aux soulèvements populaires qui ont traversé le monde arabe en 2011, le principe d’égalité entre hommes et femmes a été renforcé dans plusieurs textes constitutionnels de la région. Mais le statut juridique des femmes demeure souvent inégalitaire par rapport à celui des hommes, notamment en droit pénal, en droit de la nationalité et dans le droit de la famille. De plus, des normes sociales viennent entraver la mise en œuvre des réformes juridiques adoptées pour remédier à certaines inégalités. Or, comme de nombreux organismes internationaux l’ont souligné, la persistance de ces discriminations envers les femmes constitue un frein majeur au développement économique et social de la région.

1938 ◽  
Vol 10 (01) ◽  
pp. 15-56
Author(s):  
Stanislas Capelle

L’Institut de Recherches économiques poursuit, depuis plusieurs années, l’étude de l’évolution économique de la Belgique depuis 1830, particulièrement en vue d’élucider divers aspects de l’expansion fondamentale et des tendances de longue durée. Dans le cadre de ces travaux, une étude du commerce extérieur paraît trouver naturellement sa place. En effet, si la phrase: « La Belgique doit exporter ou mourir » rappelle plutôt le langage de Monsieur Prudhomme que celui de la science, il n’en est pas moins vrai qué le commerce extérieur doit avoir joué dans notre économie et dans son développement historique un rôle important. D’autre part, il semble bien, a priori, que les variations relatives des différents éléments qui constituent le commerce international d’un pays comme la Belgique doivent influencer son équilibre économique général, et par là même, mais ceci dépasse déjà les cadres de la présente étude, sa structure sociale; de leur côté, que ces variations doivent subir l’influence du développement économique interne. Or, dans le domaine du commerce extérieur, des statistiques relativement complètes sont à notre disposition; si elles ne sont pas toujours dignes d’une confiance aveugle, elles peuvent au moins servir de base à une étude assez fouillée des problèmes à résoudre. Toutefois la mise en œuvre de ces matériaux n’est pas aussi aisée qu’il pourrait paraître à première vue.


2010 ◽  
Vol 41 (1) ◽  
pp. 51-78 ◽  
Author(s):  
Sophie Lavallée

Dans la Déclaration de Stockholm, la communauté internationale reconnaissait en 1972 qu’il fallait résoudre l’apparente contradiction entre la protection de l’environnement et le développement économique des pays pauvres. Expressément formulé en 1992, dans la Déclaration de Rio, le principe des responsabilités communes mais différenciées est devenu la pièce maîtresse du Protocole de Kyoto, que le Sénat américain a refusé de ratifier. Au cours des négociations relatives aux engagements post-Kyoto, des divergences sur la mise en oeuvre de ce principe ont conduit à une impasse. L’Accord de Copenhague permettra-t-il à la communauté internationale d’assumer sa responsabilité de protéger le climat, dans l’intérêt commun de l’humanité ?


2018 ◽  
Vol 26 (3) ◽  
pp. 308-319
Author(s):  
Laura Brimont ◽  
Maya Leroy

La principale innovation du mécanisme de réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation des forêts (REDD+) est de proposer un mécanisme de conservation des forêts par l’incitation économique basé sur les résultats. L’objectif de cet article est de mettre en perspective ce discours d’innovation politique avec la réalité des projets pilotes REDD+, en interrogeant la place qu’y occupe finalement le principe d’incitation économique. Nous analysons les projets pilotes REDD+ à Madagascar en mettant en évidence les logiques managériales qui les sous-tendent, les dispositifs territoriaux qu’ils produisent, et les modalités de mise en œuvre auprès des populations locales. Ce travail montre les décalages entre le mécanisme REDD+, vu comme un instrument économique incitatif, et son opérationnalisation en différents dispositifs de gestion aux modalités souvent très contraignantes, voire coercitives. Ces dispositifs, selon la doctrine gestionnaire qu’ils portent, mobilisent ce mécanisme comme un instrument de financement des politiques de conservation préexistantes, ou comme une incitation de développement économique agricole qui bénéficie à une élite.


2016 ◽  
Vol 26 (4) ◽  
pp. 565-586
Author(s):  
José Woehrling

L’auteur examine les modifications qui seraient nécessaires à la Charte québécoise, en cas d’accession du Québec à la souveraineté, pour maintenir à son niveau actuel — ou pour améliorer — la protection des droits et libertés dans le domaine des relations des individus avec l’État. Un tel objectif exigerait que l’on modifie à la fois le statut juridique et le contenu de la Charte québécoise. Avec l’accession à la souveraineté, il faudrait « enchâsser » la Charte québécoise dans la nouvelle Constitution, en exigeant pour sa modification une procédure spéciale, comme un vote des deux tiers des membres du Parlement ou l’accord du peuple par voie de référendum. Cependant, deux catégories de dispositions devraient être exclues de l’« enchâssement ». Les dispositions de la Charte actuelle qui régissent les rapports privés, principalement en matière de discrimination, devraient être relocalisées dans une loi modifiable selon le processus législatif ordinaire, dont la mise en oeuvre continuerait de relever de la Commission des droits de la personne et du Tribunal des droits de la personne. Quant aux droits économiques et sociaux contenus dans la Charte québécoise, ils pourraient être repris dans la Constitution d’un Québec souverain, mais ceux qui impliquent des interventions législatives élaborées et des choix budgétaires complexes devraient continuer à n’être garantis que « dans la mesure prévue par la loi ». L’« enchâssement » de la Charte québécoise ne signifie pas nécessairement que le pouvoir du Parlement québécois de déroger aux droits qu’elle garantit devrait complètement disparaître. L’auteur présente différentes raisons pour lesquelles, à son avis, ce pouvoir devrait être maintenu dans un Québec souverain. Cependant, il faudrait également rendre sa mise en oeuvre plus difficile, afin d’établir un meilleur équilibre entre le contrôle judiciaire et le processus démocratique. Le recours au pouvoir de déroger devrait être restreint aux cas où une disposition législative a déjà été invalidée par les tribunaux; la durée des dispositions dérogatoires devrait être limitée; une dérogation à la Charte devrait exiger une majorité des deux tiers des députés; enfin, certains droits ou libertés ne devraient pouvoir faire l’objet d’aucune dérogation. Dans la deuxième partie de l’article, portant sur les modifications au contenu de la Charte québécoise, l’auteur examine quels droits actuellement garantis dans la Charte canadienne, mais absents de la Charte québécoise, devraient être ajoutés à celle-ci en cas d’accession du Québec à la souveraineté. Il analyse successivement les droits des minorités, puis les autres droits et libertés. Enfin, l’auteur examine certains cas où des droits déjà garantis par la Charte québécoise pourraient être reformulés en s’inspirant de la Charte canadienne, ou de certains instruments internationaux, de façon à préciser ou à augmenter leur portée.


2019 ◽  
pp. 91-105
Author(s):  
Marine Al Dahdah

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) jouent aujourd’hui un rôle de plus en plus central dans les programmes de développement. En 2015, l’organe des Nations Unies chargé des questions de développement et du commerce international, la CNUCED, a rendu public son rapport sur le « développement numérique » et demandé de positionner les TIC au cœur des nouveaux objectifs du développement (UNCTAD 2015). Le positionnement central des TIC dans les programmes internationaux de développement post-2015 est réaffirmé la même année, lors de la définition des « Principes pour le développement numérique » par un groupe d’acteurs issus d’organisations internationales et non gouvernementales. En 2016, le rapport annuel de la Banque mondiale sur le développement dans le monde s’intitule Les Dividendes du numérique et vient confirmer le rôle majeur assigné aux technologies numériques comme levier de développement (World Bank, 2016). Les programmes de santé par téléphone portable – appelés mSanté ou mHealth – sont une forme d’expérimentation de ce développement numérique. À partir de l’exemple d’un dispositif de suivi maternel par téléphone portable déployé au Ghana et en Inde, ce chapitre propose d’explorer un nouveau modèle qui lie le développement économique et social avec l’expansion du téléphone portable et de ses produits. Le recours aux technologies mobiles a introduit dans ces nouveaux programmes de développement des acteurs autrefois étrangers à ce champ et issus en majorité du secteur privé des TIC. Les alliances constituées pour ces programmes se caractérisent par une présence hégémonique d’acteurs privés du Nord, qui financent et déploient des outils techniques en s’appuyant, pour leur mise en œuvre au niveau communautaire, sur les fonctionnaires des services de santé du Sud. La question des rapports Nord-Sud dans les programmes de développement se voit réactualisée à travers ces coopérations technologiques particulières. Ces programmes globaux, encore peu étudiés, constituent une clé de reconfiguration des programmes de développement. En décryptant les inégalités Nord-Sud que ces nouvelles collaborations technologiques impliquent, ce chapitre identifie les logiques hégémoniques qui portent la mSanté.


2018 ◽  
Vol 59 (3) ◽  
pp. 495-532
Author(s):  
Richard-Alexandre Laniel ◽  
Alexandra Bahary-Dionne ◽  
Emmanuelle Bernheim

Les justiciables non représentés par avocat sont de plus en plus nombreux devant les tribunaux québécois. Si le phénomène est fréquemment désigné tel un problème engendrant coûts et délais supplémentaires, l’enjeu central se révèle surtout celui d’une incapacité à débourser les frais de justice pour une partie importante des citoyens. Cependant, qu’en est-il du statut juridique de la non-représentation : agir seul, est-il un droit ? Alors que les tribunaux répondent généralement par l’affirmative, la portée de ce statut se trouve fortement limitée par le caractère discrétionnaire de sa mise en oeuvre. Des distinctions importantes s’imposent entre les matières criminelle et civile, notamment quant à l’origine de sa protection qui est constitutionnelle en matière criminelle et législative en matière civile. Malgré l’état de la connaissance sur les raisons de la non-représentation par avocat, l’étude de la jurisprudence démontre qu’agir seul est le plus souvent considéré comme un choix, ce qui semble avoir une incidence notable sur la mise en oeuvre des garanties judiciaires.


Author(s):  
Keulle Oliveira da Souza ◽  
Elisângela Claudia de Medeiros Moreira ◽  
Cláudio Gellis de Mattos Dias ◽  
Amanda Alves Fecury ◽  
Manoel Samuel da Cruz Neto ◽  
...  

Face aux enjeux environnementaux et à l’activité minière, il est important d’analyser la relation entre les questions sociales et environnementales et de santé et les activités minières et leurs relations directes avec le développement, en particulier économique. Les travaux actuels visaient à évaluer les changements socio-environnementaux et sanitaires résultant de la mise en œuvre de grands projets miniers à Barcarena-PA, contextualisant le développement et ses contradictions dans l’Amazonie brésilienne. À cette fin, des recherches bibliographiques ont été utilisées, sur la littérature publiée dans des livres, des articles scientifiques et documentaires, sur le thème à l’étude. Il a été constaté que le Brésil représente l’un des plus grands potentiels de ressources minérales sur la planète, avec environ 55 types de minéraux qui peuvent être utilisés à des fins d’exploration économique. D’autre part, en plus de contribuer au renforcement de l’économie régionale et nationale et à la création d’emplois et à l’augmentation des revenus de la population locale, comme c’est le cas de la municipalité de Barcarena-PA, cette région a subi des impacts socio-environnementaux et sanitaires consécutifs, en raison des activités minières développées dans la région. Les environs des grands projets miniers sont habités par des familles qui, depuis leur mise en œuvre, ont leur mode de vie, leur économie, leur santé et leur organisation socioculturelle touchés, résultant de cette activité et des impacts environnementaux successifs qui se produisent sur le site. Compte tenu de tout ce qui a été analysé, il est possible de conclure que, parce qu’il s’agit d’un modèle de développement économique accéléré, et souvent mal planifié, ne tenant pas compte des particularités de l’Amazonie brésilienne, il finit par générer de nombreux impacts environnementaux et sociaux qui reflètent même directement de graves problèmes de santé de la population locale. Il est donc essentiel de repenser d’urgence cette forme de mise en œuvre de projets d’exploration minérale dans la région amazonienne, comme c’est le cas dans la ville de Barcarena, car des catastrophes socio-environnementales majeures peuvent encore se produire.


2008 ◽  
Vol 18 (1) ◽  
pp. 41-59 ◽  
Author(s):  
Blanka Vavakova

RÉSUMÉ Des lenteurs dans la décentralisation (et la déconcentration des ressources) ont contribué à l’essor des initiatives régionales en faveur de la promotion et de la valorisation de la recherche dans l’économie et la vie des régions. Certaines de ces initiatives, qui se réclament de la mise en oeuvre des politiques nationales de décentralisation, n’hésitent pas à se constituer en force corrosive des traditions « colbertistes » du système national de recherche, en exigeant des changements institutionnels qui reflètent l’importance de la dimension régionale de la recherche dans la compétitivité de l’économie nationale. D’autres, orientées directement vers la maîtrise du développement économique et social du territoire régional dans un contexte de globalisation de la concurrence pour les sites d’investissements et pour les ressources économiques clés, dont notamment la recherche et développement (R&D), tendent à se soustraire aux contraintes institutionnelles du système national en se tournant vers les institutions européennes ou vers l’espace international de marché de la R&D. Toutes ces initiatives régionales suscitent moins des interrogations sur le niveau pertinent de coordination que sur la forme de cette coordination permettant à l’État de préserver la capacité à veiller à ce que les ressources nationales de R&D servent l’intérêt public de l’ensemble de la collectivité.


2018 ◽  
pp. 145-154
Author(s):  
Patricia Myriam Isimat-Mirin

Méconnue des sociétés traditionnelles précoloniales où le fauteur de trouble est puni, soit par l’amende, les châtiments corporels pour les violations aux règles coutumières bénignes, soit banni ou exécuté pour les infractions graves, la justice des mineurs en Afrique de l’Ouest en général, et dans les anciens territoires coloniaux français en particulier, a été développée avec l’installation progressive de l’administration judiciaire coloniale. À la veille des indépendances de ces territoires dans les années 1960, des centres de rééducation sont installés, sous l’impulsion des lois progressistes nées de la Libération de 1945, sans toutefois promouvoir une politique hardie de mesures alternatives à la détention. Si le souffle positif de l’Indépendance de ces territoires en 1960 a maintenu ces structures rééducatives en état de fonctionnement, elles ont rapidement été secouées dès les années 1980 par le vent impétueux des programmes d’ajustement structurel promus par les institutions de Bretton Woods; faute de moyens humains et financiers, elles ont rapidement périclité comme toutes les autres mesures sociales, le développement économique étant prioritaire. Enfin, l’évolution de la société à partir des années 2000 a permis de relancer la réflexion sur les mesures alternatives à la détention des mineurs bien que de gros efforts restent nécessaires comme le souligne la présente note sur la situation en Côte d’Ivoire. Un processus a été lancé en 2015 pour la mise en oeuvre de telles mesures sur l’ensemble du territoire national et suit son cours.


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document