Établissement et validation d’une mesure de la motivation à cesser la consommation de médicaments psychotropes chez les personnes âgées.

Author(s):  
Guilhème Pérodeau ◽  
Isabelle Green-Demers ◽  
Michel Préville
2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S44-S45
Author(s):  
S. Billioti De Gage

Plusieurs études ont conclu à une augmentation du risque de démence chez les personnes âgées ayant utilisé des benzodiazépines . Ces médicaments méritent une attention particulière du fait de :– leur utilisation trop systématique et le plus souvent chronique contrairement aux recommandations d’usage ;– leurs effets délétères sur la cognition, mal évalués à long terme.Un biais protopathique pouvait cependant, en partie du moins, avoir expliqué ces résultats : la prescription de benzodiazépines pouvait avoir été motivée par des prodromes souvent observés au cours des années précédant le diagnostic de la maladie. Afin de mieux prendre en considération ce biais, le projet BENZODEM a utilisé les ressources de la cohorte PAQUID (3777 sujets ≥ 65 ans tirés au sort sur les listes électorales de Dordogne et Gironde bénéficiant d’un suivi de plus de 20 ans). Ce projet, combinant deux études de cohorte et une étude cas-témoins, a conclu à un risque de démence augmenté de 46 à 62 % chez les utilisateurs de benzodiazépines et retardé de 5 à 15 ans par rapport à l’initiation du traitement . Un second programme (BENZODEM2) a consisté en une étude cas-témoins conduite sur un large échantillon de sujets de plus de 65 ans enregistrés sur la base de données de la régie de l’Assurance Maladie du Québec (RAMQ). Ce programme a permis :– de valider les précédents résultats (risque augmenté de 30 à 80 % en fonction de la dose, la durée du traitement et la nature des molécules) ;– d’identifier les profils de consommation associés à un excès de risque : consommateurs de plus de 3 mois avec une relation dose–effet marquée et molécules à longue demi-vie d’élimination .Des explorations complémentaires ont permis de conclure que cet excès de risque n’était pas expliqué par une mortalité différentielle entre groupes comparés ni par la prescription d’autres médicaments psychotropes.


2008 ◽  
Vol 22 (1) ◽  
pp. 164-182 ◽  
Author(s):  
Jacques Allard ◽  
Denis Allaire ◽  
Gilbert Leclerc ◽  
Simon-Pierre Langlois

RÉSUMÉ Les psychotropes occupent le deuxième rang dans la consommation de médicaments chez les personnes âgées. L'objectif de cette étude est de vérifier un modèle explicatif de la consommation de psychotropes dans cette population. Notre principale hypothèse est que la qualité des relations qu'entretient une personne âgée avec autrui, et particulièrement avec ses enfants, a une influence directe sur son bien-être psychologique, lequel a une influence directe sur la non-consommation de psychotropes. Une enquête a été réalisée auprès d'un échantillon de 500 personnes âgées de 65 à 84 ans, vivant à domicile. Au cours des trois mois précédant l'entrevue, 31,8 % des répondants ont consommé des psychotropes. Les données empiriques n'ayant pas permis de vérifier le modèle théorique retenu, des analyses multivariées ont conduit à l'élaboration d'un modèle explicatif de la consommation qui met en évidence que le bien-être psychologique et la santé sont les meilleurs prédicteurs de cette consommation. Un bien-être psychologique élevé diminue la consommation alors qu'un mauvais état de santé l'augmente. Les relations sociales influencent directement le bien-être psychologique alors que les relations familiales ont un effet de moindre importance. Le modèle explicatif proposé explique 13 % du phénomène de la consommation de psychotropes chez les personnes âgées.


2004 ◽  
Vol 27 (2) ◽  
pp. 119-138 ◽  
Author(s):  
Johanne Collin

Résumé Cet article emprunte une approche socioculturelle de la problématique de la vieillesse par rapport au médicament. Il appréhende avec un regard critique le phénomène « médicament » à travers trois énoncés de relations : le « médicament-obligation » comme qualificatif de la relation des personnes âgées au médicament ; le « médicament-concession » en tant que trame de fond de la relation thérapeutique entre médecin et patient âgé ; le « médicament-compassion », enfin, comme métaphore du rôle des médicaments psychotropes en lien avec le statut de la vieillesse dans nos sociétés occidentales avancées.


2014 ◽  
Vol 29 (S3) ◽  
pp. 655-655
Author(s):  
C. Lacueille ◽  
B. Begaud ◽  
S. Billioti De Gage ◽  
M. Tournier

IntroductionEn France, la consommation de psychotropes est élevée, en particulier chez les personnes âgées. Personnes âgées QUID (« PAQUID ») est une étude de cohorte menée sur 3777 personnes âgées de plus de 65 ans et vivant à leur domicile, en Gironde ou en Dordogne, depuis 1988. Durant la période de l’étude, des guides de bonne pratique et des alertes ont été publiés par les agences gouvernementales, afin de favoriser, encadrer et optimiser la prescription des médicaments psychotropes, notamment chez les personnes âgées. L’objectif de cette étude est d’évaluer si les caractéristiques associées à la consommation de médicaments psychotropes ont changé entre la période 1988–1998 et la période 2001–2008 chez les sujets âgés de 75 ans et plus.MéthodesLes données analysées sont issues de la cohorte PAQUID menée sur 3777 sujets de plus de 65 ans. Des analyses par régression logistique multivariée ont été utilisées pour identifier les facteurs explicatifs de l’usage de psychotropes, globalement et pour chaque classe, sur les deux périodes.RésultatsSur les deux périodes, plus de la moitié des sujets consommaient des psychotropes. La consommation d’antidépresseurs a plus que doublé entre la première et la seconde période. Être une femme, présenter une démence ou une dépression, être dépendant pour les activités quotidiennes, consommer plus de neufs médicaments augmentent la probabilité de consommer des psychotropes.ConclusionLa consommation de psychotropes semble augmenter entre les deux périodes. On observe quelques changements en ce qui concerne la consommation de psychotropes globalement et les consommations des classes plus spécifiques. Ces changements peuvent être en lien avec des recommandations des autorités de santé sur le traitement de la dépression et l’arrivée sur le marché de nouveaux produits. D’autres semblent moins explicables.


Author(s):  
Guillème M. Pérodeau ◽  
Suzanne King ◽  
Micheline Ostoj

RÉSUMÉL'objectif de la présente étude était de tester un modèle de cheminement causal de l'effet du stress et divers autres facteurs sur l'utilisation de psychotropes par des personnes âgées en nous appuyant sur des facteurs d'ordre individuel plutôt que social. Les participants étaient des bénéficiaires d'un service de maintien plutôt que de soins à domicile. Les données sont basées sur une série de deux entrevues (à une semaine d'intervalle) faites au domicile de 99 utilisateurs de médicaments psychotropes provenant d'une banlieue socialement défavorisée d'une grande ville canadienne. Le modèle de cheminement causal initial contribue à une partie appréciable (19%) de la variance dans la consommation de psychotropes. Les prédicteurs qui composent notre modèle final, expliquant 17 pour cent de la variance dans la consommation de médicaments sont l'âge, le sexe, les attitudes envers les psychotropes et les événements de vie. Les personnes plus jeunes consomment plus de psychotropes que les plus vieux. Une attitude positive envers les psychotropes et le fait d'appartenir au sexe féminin est associée à un niveau de consommation élevé. L'analyse de cheminement causal n'a pas confirmé notre modèle de consommation de psychotropes en fonction du stress et a plutôt mis à jour de nouvelles questions liées aux facteurs sociaux. Des explications sont offertes à cet effet. Des suggestions de recherche futures ainsi que les retombées cliniques des données sont présentées dans la conclusion.


Praxis ◽  
2002 ◽  
Vol 91 (13) ◽  
pp. 548-556
Author(s):  
von Känel ◽  
Gander ◽  
Spiess ◽  
Buddeberg

Pour le traitement des syndromes de douleurs chroniques de l'appareil locomoteur, il faut à la fois intervenir sur le plan somatique et que sur le plan psychosocial. Nous présentons un résumé des possibilités thérapeutiques des douleurs chroniques dans les soins médicaux de base. Cet article met le point sur l'importance d'une attitude thérapeutique particulière, sur l'élaboration d'un concept psychophysiologique de la douleur, sur les interventions cognitives, sur la régulation des troubles du sommeil, sur l'emploi adéquat des analgésiques et des médicaments psychotropes, sur les mesures physiothérapeutiques, sur les techniques de relaxation, et sur l'entourage. Ces approches thérapeutiques servent au médecin de premier recours à traiter les patients souffrant de douleurs chroniques avec plus de succès et avec plus de satisfaction pour le patient.


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document