Les taux de change bilatéraux adoptés pour l’entrée dans l’euro sont-ils des taux d’équilibre?
RÉSUMÉ Au mois de mai 1998, les autorités européennes ont décidé de fixer de manière irrévocable les parités bilatérales pour les monnaies des 11 pays qui ont adopté l’euro. En étudiant les taux de change bilatéraux des différents pays européens face au deutsche mark, on montre que dans la plupart des cas, ces parités sont très proches de taux de parité des pouvoirs d’achat (PPA) définis à l’aide de niveaux généraux de prix (prix à la consommation ou prix du Produit Intérieur Brut). À l’inverse, ces parités ne sont pas compatibles avec ce que donnerait l’utilisation d’une parité des coûts unitaires du travail. Ainsi, on observe que l’entrée dans l’euro s’est faite à des niveaux de taux de change qui valident des écarts de coûts pouvant atteindre 40 %. Or, une analyse en termes de causalité montre que ce sont les distorsions de coûts plus que celles de prix qui sont significatives pour expliquer des déséquilibres internes et/ou externes. Ces conclusions conduisent à douter de la pertinence d’une référence à une PPA des niveaux généraux de prix et invitent à tenir compte davantage des coûts unitaires du travail pour la fixation des parités d’équilibre.