scholarly journals « Le sentiment dont nous parlons »

2019 ◽  
Vol 55 (1) ◽  
pp. 17-31
Author(s):  
Clive Thomson

Georges Hérelle (1848-1935) est bien connu, de son vivant, pour ses excellentes traductions en français de l’oeuvre de l’écrivain italien Gabriele D’Annunzio et pour ses travaux d’érudition sur le théâtre populaire basque. Dans notre étude récente, Georges Hérelle : archéologue de l’inversion sexuelle « fin de siècle » (Paris, Éditions du Félin, 2014), nous avons insisté sur l’important rôle qu’il a joué comme historien et surtout archiviste de l’homosexualité, en examinant son journal intime, ses notes de voyage, ses albums de photographies et ses manuscrits inédits. Se caractérisant comme « timide et un peu sauvage », Hérelle avoue, dans son journal intime, « sa crainte d’être indiscret ». Il décide, très jeune, de mener une double vie. Dans le contexte de sa longue carrière de professeur de philosophie, il conserve l’image publique d’un homme convenable et modeste. C’est une question de survie, dit-il, parce qu’il est entouré d’une société extrêmement hostile et intolérante. Par ailleurs, il fréquente discrètement dans sa vie privée un tout petit groupe d’amis homosexuels. Dans l’article présent, nous abordons un nouvel objet d’étude, à savoir les lettres des années 1860 et 1870 qu’Hérelle a adressées à Paul Bourget et à d’autres amis intimes. Hérelle et ses amis se racontent les menus détails de leur vie quotidienne, mais aussi leurs aventures amoureuses, pensées intimes et ambitions littéraires. Ces jeunes gens sont à la recherche d’un langage qui leur permettrait de décrire avec précision la nature de leurs sentiments amoureux. Notre analyse révèle une image singulièrement riche de la vie homosexuelle à un moment historique précis – les premières années de la Troisième République – pour lequel il existe très peu de témoignages autobiographiques d’homosexuels.

2016 ◽  
pp. 177-214
Author(s):  
Marie-Thérèse Lefebvre

Le Nigog (1918) : revue moderne ou d’avant-garde ? Nous avons cherché à répondre à cette question par l’analyse des nombreuses références, citées ou non, qui traversent les textes. Loin d’être liés au courant avant-gardiste de l’Art Nouveau des années 1910 (cubiste, futuriste, bruitiste, dadaïste), les membres de la revue adhèrent davantage aux auteurs classiques et à l’esthétique du Mercure de France, revue qui représentait le mieux le mouvement symboliste fin de siècle. Le cadre référentiel que nous ainsi dégagé nous a permis de reconstituer la bibliothèque des membres du Nigog.


Author(s):  
M.V. Chernyshev

Fin-de-siècle is a French definition for “end of the age”, though also implying an era of changes in different spheres of social life within European society between 1890 and 1914. At the turn of the 20th century we can observe the phenomenon of formation of the new type of modernist political ideology “beyond Left and Right” which tended to adopt some sort of cultural revolt against decadent bourgeois society and associate it with new forms of political actions. Famous writers of the Fin-de-siècle Gabriele D’Annunzio and Maurice Barrès embodied in their writings this tendency. This essay argues that despite their claimed break with the tradition of the 19th century and search for individual liberation, the representatives of the new intellectual tradition put into practice some of the ideas that later were associated with European totalitarian ideologies of fascism and national socialism. This study attempts to describe development of views of the two writers on the national societies taking into consideration a certain number of dynamic tensions within the period of European fin-de-siècle: first of all, between the tendencies of Decadence which were evident in the last quarter of the 19th century and the desire for spiritual renewal, between the cult of personal perfection and the collective myth of political nationalism.


2015 ◽  
Vol 4 (2) ◽  
pp. 113-135
Author(s):  
Lucila Mallart

This article explores the role of visuality in the identity politics of fin-de-siècle Catalonia. It engages with the recent reevaluation of the visual, both as a source for the history of modern nation-building, and as a constitutive element in the emergence of civic identities in the liberal urban environment. In doing so, it offers a reading of the mutually constitutive relationship of the built environment and the print media in late-nineteenth century Catalonia, and explores the role of this relation as the mechanism by which the so-called ‘imagined communities’ come to exist. Engaging with debates on urban planning and educational policies, it challenges established views on the interplay between tradition and modernity in modern nation-building, and reveals long-term connections between late-nineteenth-century imaginaries and early-twentieth-century beliefs and practices.


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