scholarly journals RAS-LE-BOL DU CARE

2018 ◽  
Vol 43 (3) ◽  
pp. 29-40
Author(s):  
MARIE-HÉLÈNE LAROCHELLE
Keyword(s):  

La littérature contemporaine des femmes est truffée de personnages féminins qui se placent en porte à faux avec les attentes écrites pour elles dans les contes traditionnels et cessent de « prendre soin » d’elles-mêmes comme des autres (pères, maris, enfants, ami.es et étrangers). Leurs identités se fondent sur une tension, sorte de dialectique constante entre le care et la violence (symbolique ou physique ; métaphorique ou réelle), qui trouve ses racines dans les archétypes des contes de fées. Les écrits contemporains des femmes, à travers l’exploration des thèmes comme les relations amoureuses, les relations familiales, la maternité, la sexualité et les usages de la drogue, présentent une violence qui, parfois tournée vers l’autre, parfois tournée vers soi, se comprend mieux une fois observée sous le prisme d’une éthique de la responsabilité puis du « prendre soin » que le discours sous-tend. Cet article démontre comment le care devient violence. Il s’agira de comprendre une certaine limite du care : le cas qui implique de briser la dynamique, de rompre avec le « prendre soin », violemment, et de rejeter une moralité cristallisée par les contes traditionnels. Sont ainsi analysés Les sangs d’Audrée Wilhelmy et Demoiselles-cactus de Clara B.-Turcotte, qui s’inspirent des codes du conte pour mieux marquer le moment où ils sont fracassés, afin de comprendre les racines de ce mouvement de révolte à l’égard de certains motifs du conte.

2010 ◽  
Vol 42 (1) ◽  
pp. 325-347
Author(s):  
Lorenzo Migliorati

Résumé Se fondant sur la récolte de témoignages et l’analyse des médias, notre article aborde le thème des pratiques sociales de construction de la mémoire du passé entre mémoire commune/historique et usage/mésusage politique du passé. À partir de l’observation ethnographique d’un cas particulier, une commémoration fasciste dans le nord de l’Italie, sur un des lieux de la guerre civile et de la Résistance italienne (1943-1945), l’article essaie de tracer les caractéristiques culturelles de ce rituel commémoratif par rapport à la mémoire collective du fascisme et de la Résistance en Italie. Il s’attarde particulièrement sur la violence symbolique inscrite dans les pratiques et sur la mythologie politique en tant que ressource symbolique de construction du conflit social sur la mémoire et sur le présent.


2018 ◽  
Vol 34 (2) ◽  
pp. 26-44
Author(s):  
Alexandre Tiercelin ◽  
Eric Remy

Cet article cherche à appréhender la construction identitaire via le marché en prenant appui sur des récits de vie de Hardcore gameuses. Un double cadre théorique est mobilisé : la construction identitaire par la consommation et le genre via la violence symbolique. L’analyse du sens donné aux pratiques de consommation et aux logiques identitaires sous-jacentes face à une norme masculine de marché, montre (1) le rapport des Hardcore gameuses à la norme genrée du marché des jeux à destination des hypers-joueurs (2) les modalités d’appropriation de la norme en question (3) parcours-type des joueuses en question sont alors présentés. Ces résultats permettent de discuter de la notion de violence symbolique portée par le marché, le genre y devenant une ressource identitaire manipulable dans le cadre de pratiques de consommation qui peuvent amener une certaine émancipation en fonction notamment de la détention de capitaux.


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