Moi, jouer ? Observations sur l’acquisition du français en tant que langue seconde chez des élèves anglodominants au sein d’une classe de maternelle francophone
Actuellement, l’école francophone en milieu minoritaire est aux prises avec de nombreux enjeux sociodémographiques alarmants qui font en sorte que le nombre d’élèves admissibles à l’école de la minorité diminue progressivement et qu’un enfant admissible sur deux n’a pas le français comme langue maternelle (Landry, 2010). De ce fait, les conseils scolaires francophones à travers le pays se heurtent au défi de maximiser la participation à l’école de langue française, ce qui se traduit par une diversité linguistique grandissante (Cormier, 2015; Farmer, 2008). Il apparaît donc essentiel de mieux comprendre les interactions entre le français et l’anglais dans les pratiques langagières des élèves. Nous rapportons ici les détails d’une étude qualitative, menée entre novembre 2015 et avril 2016 dans trois classes de maternelle francophones, qui cherchait à mieux comprendre les comportements langagiers des élèves dans des contextes éducatifs francophones où la francisation était présente. L’analyse des données provenant d’une école qui se situe dans un contexte de vitalité forte indique que les élèves anglodominants cheminaient bien à travers les stades d’acquisition d’une deuxième langue décrits par Tabors (2008) et qu’ils intégraient progressivement le français dans leurs locutions. Pour leur part, les élèves francodominants étaient portés, en novembre, à choisir l’anglais dans leurs échanges avec les élèves anglodominants, tandis qu’ils misaient fortement sur le français en avril.