scholarly journals Les médecins comme travailleurs autonomes au sein du système public de santé au Québec : le passage d’une autonomie professionnelle à une imputabilité sociale

2018 ◽  
Vol 58 (4) ◽  
pp. 749-787
Author(s):  
Anne-Marie Savard

L’article qui suit porte sur l’évolution historique de la régulation entourant la pratique médicale, qui a permis le passage de l’autonomie professionnelle des médecins à leur imputabilité dans le système de santé, particulièrement en matière d’accès aux soins et aux services. L’auteure démontre d’abord que, bien que la pratique de la médecine ait pris un tournant majeur avec la mise en place d’un système public de santé au début des années 70, les médecins auront néanmoins réussi à conserver une marge de manoeuvre appréciable dans la pratique de leur profession, et ce, au cours des 30 premières années. L’auteure révèle ensuite que la présence de pressions financières de plus en plus importantes, l’émergence d’une nouvelle gestion publique au sein de l’administration publique québécoise et l’introduction d’une philosophie managériale dans le système de santé ont poussé l’État à contraindre toujours plus la pratique médicale, plus particulièrement à partir des années 2000. Cette nouvelle orientation, misant notamment sur la gestion par les résultats, la transparence et la reddition de comptes, a incontestablement rendu possible l’adoption inédite de la Loi édictant la Loi favorisant l’accès aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée et modifiant diverses dispositions législatives en matière de procréation assistée (Projet de loi no 20) ainsi que la conclusion d’ententes entre le ministre de la Santé et des Services sociaux et les fédérations médicales, consacrant désormais une imputabilité des médecins à l’égard du gouvernement, et ultimement de la population, en matière d’accès aux soins et aux services de santé.

2006 ◽  
pp. 25-32 ◽  
Author(s):  
Benoît Gaumer

À la fin des années soixante au Québec, à la faveur d’une enquête sur le domaine de la santé et du bien-être social, un modèle social est développé pour définir un nouveau « régime de la santé ». L’enquête n’a pas porté sur la santé publique, mais le ministère des Affaires sociales nouvellement créé regroupe mission sociale et mission de santé sous une même autorité centrale; des structures périphériques sont mises en place pour concrétiser ces missions, mais sans véritables liens entre elles. Au fil des années, plusieurs réformes du système de santé et de services sociaux vont se succéder, modifiant les structures sans bouleverser vraiment la nature de ces missions et leurs relations. En 1985, le ministère des Affaires sociales devient le ministère de la Santé et des Services sociaux; ce changement traduit un certain recul de la prise en charge de la dimension sociale de la santé. Par contre, la prise en compte de celle-ci dans la nouvelle politique de santé publique paraît encourageante.


2009 ◽  
Vol 8 (2) ◽  
pp. 45-50 ◽  
Author(s):  
François-Pierre Gauvin ◽  
Élizabeth Martin ◽  
Pierre-Gerlier Forest ◽  
Julia Abelson

2005 ◽  
Vol 47 (1-2) ◽  
pp. 71-89 ◽  
Author(s):  
Mireille Tremblay

Au cours des dernières décennies, l'évaluation des services, des programmes et des politiques a connu une évolution marquée. Alors que sur la scène épistémologique se sont affrontés les modèles positivistes et constructivistes, dans l'arène politique plusieurs catégories d'acteurs ont tenté de dominer les choix publics. Si la maîtrise de savoirs scientifiques, méthodologiques et techniques des uns est indispensable à la compréhension des enjeux en présence, la légitimité des autres est la seule susceptible d'assurer un véritable consensus démocratique. L'évaluation des politiques, des programmes et des services doit contribuer à rationaliser et à améliorer la qualité des services; elle devra aussi créer un espace convivial de négociation des enjeux et des pratiques, un univers de significations et de valeurs où individus et communautés pourront faire des choix légitimes et construire ensemble une société véritablement démocratique.


1997 ◽  
Vol 10 (1) ◽  
pp. 19-26 ◽  
Author(s):  
Sandra G. Leggat ◽  
Peggy Leatt

Des exigences concurrentielles de ressources financières au sein du système de santé obligent les pourvoyeurs de soins de santé à assurer l'utilisation la plus efficace possible de ces ressources. Les résultats provenant des États-Unis, du Royaume-Uni et d'autres juridictions suggèrent que les systèmes de prestation de services de santé intégrée (SPI) peuvent être une façon rentable de satisfaire aux besoins en soins d'une population. Cet article présente un cadre à utiliser lors de la surveillance et de l'évaluation du rendement d'un système de prestation intégrée. L'élaboration d'un cadre d'évaluation utilisé de façon cohérente pour les systèmes de prestation intégrée offrira au gouvernement, aux conseils de direction et aux autres évaluateurs un outil d'évaluation efficace qui leur permettra de mieux comprendre l'impact du SPI sur le système de santé. De l'information sera aussi disponible pour permettre l'amélioration constante du rendement au sein du système.


2012 ◽  
Vol 18 (2) ◽  
pp. 66-100 ◽  
Author(s):  
Danielle de Moissac ◽  
Janelle de Rocquigny ◽  
Florette Giasson ◽  
Cindy-Lynne Tremblay ◽  
Natalie Aubin ◽  
...  

Les services de santé et les services sociaux en français ne sont accessibles qu’auprès d’un quart de la population francophone au Manitoba (de Moissac, 2011). Une pénurie de professionnels pouvant offrir des services en français est perçue comme un obstacle important pour les usagers qui recherchent ces services et pour les professionnels qui voudraient assurer un suivi en français pour leurs clients. Une hésitation à s’identifier comme francophone et un manque de connaissance des ressources disponibles en français contribuent-ils à cette perception de pénurie? Cet article traite des défis entourant l’offre de services de santé et de services sociaux en français au Manitoba et suggère des pistes de solutions.


2005 ◽  
Vol 41 (2) ◽  
pp. 49-70
Author(s):  
Jean-Pierre Bélanger

Depuis vingt ans au Québec, il y a une sorte de continuité dans les préoccupations gouvernementales en ce qui concerne l'organisation du système des services de santé et des services sociaux au Québec. La Commission Castonguay avait été mise en place avec le souci d'éviter que les coûts d'éventuels services publics universels et gratuits ne deviennent trop élevés. Presque vingt ans plus tard, on mettra sur pied la Commission Rochon, justement parce qu'on n'aura pas réussi entre-temps à contrôler la croissance des coûts des différentes composantes du réseau. La présente analyse propose de remonter aux sources pour comprendre les motivations des différents acteurs, notamment pour mieux cerner l'influence du gouvernement fédéral dans cette évolution. Elle met aussi au jour les différentes motivations politiques du gouvernement provincial et met en exergue les changements de cap importants qui sont survenus à la suite du rapport Lalonde en 1974. L'analyse historique nous amène enfin à la Commission Rochon. Celle-ci aura permis de mieux cerner les principes sociaux qui agitent actuellement la société québécoise et d'essayer d'en tirer les conséquences possibles pour l'évolution future du réseau des services de santé et des services sociaux au Québec, au moins pour la prochaine décennie. Il restera à voir en effet comment les objectifs de politiques et de services proposés par la commission seront retenus et véritablement mis en oeuvre.


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