scholarly journals Comment prendre soin de l’enfant hyperactif à l’école ? De l’élève indiscipliné à l’élève handicapé

Phronesis ◽  
2017 ◽  
Vol 6 (3) ◽  
pp. 82-96 ◽  
Author(s):  
Stéphanie RONCHEWSKI DEGORRE

Prendre soin de l’enfant hyperactif à l’école, c’est donner deux sens au mot soin : le souci de la personne vulnérable et l’aide médicale. Avec la reconnaissance de son trouble du comportement, l’élève indiscipliné devient un élève handicapé. Mais comment un élève turbulent devient-il un cas psychiatrique ? Comment reconnaître à l’école un enfant hyperactif, c’est-à-dire, d’un point de vue médical, atteint d’un TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) ?   Les enseignants contribuent au diagnostic médical en remplissant des tests de comportement. Ensuite, pour être pris en charge, l’enfant devra faire reconnaître son hyperactivité comme un handicap. Pour aider l’enseignant, le médecin lui donnera des conseils pour faire son cours. Ce partenariat souhaitable soulève aussi des difficultés. Entre un enseignant auxiliaire paramédical et un médecin pédagogue ne risque-t-on pas d’assister à une dilution des fonctions ? La levée du secret médical réclamée par certains enseignants est emblématique de cette confusion. La distinction de Canguilhem entre le normal et le pathologique, guidera notre réflexion sur la prise en charge médicale de l’enfant hyperactif à l’école. Ce cas suscite une interrogation éthique sur la médicalisation de notre société.

2010 ◽  
Vol 9 (1) ◽  
Author(s):  
Marie Sautereau ◽  
Herminie Leca ◽  
Aurélie Vittoz ◽  
Frédéric Meunier ◽  
Pierre Lamothe

Résumé Depuis le 25 février 2008, le parlement français a voté une nouvelle loi modifiant la prise en charge des détenus considérés comme étant « les plus dangereux » et le déroulement du parcours judiciaire des détenus considérés irresponsables pénalement en raison de troubles mentaux. Les nouvelles dispositions prévoient ainsi la possibilité de placer dans des centres spécifiques des détenus à l’issue de leur peine, sans durée limitée mais réévaluée tous les ans, si leur état présente une « dangerosité » persistante associée à un « fort risque » de récidive. Dans ces centres appelés « centre médico-socio-judiciaire », des psychiatres interviendront afin de prendre en charge les détenus et leur proposeront un traitement susceptible de diminuer leur dangerosité. Dans son deuxième volet, la loi prévoit également des modifications concernant le parcours judiciaire des personnes reconnues irresponsables pénalement en raison de troubles mentaux. Alors que le classique « non lieu » se prononçait par ordonnance du seul juge d’instruction, la déclaration d’irresponsabilité pénale pour trouble mental aura lieu désormais lors d’une comparution devant la chambre de l’instruction, où la personne, son avocat et les parties civiles seront présents et entendus. Cette juridiction sera compétente pour prononcer une hospitalisation d’office, alors que cette mesure d’hospitalisation sous contrainte relevait jusqu’à présent des autorités administratives représentées par le Préfet. Cette loi amène également d’autres modifications majeures concernant le secret médical avec l’obligation pour les psychiatres d’alerter les instances pénitentiaires si un patient détenu leur parait particulièrement dangereux. Cette loi, qui a suscité de vifs débats en France, amène ainsi de nouvelles mesures et il est indispensable que les praticiens travaillant auprès de personnes détenues soient informés de ces dispositions.


2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S16-S16 ◽  
Author(s):  
Y. Hodé

La psychoéducation des familles de malades dans la schizophrénie est une pratique fortement recommandée mais dont l’offre est encore limitée et dont l’intérêt est souvent perçu comme marginal par de nombreux cliniciens. Le concept même de psychoéducation est souvent mal compris et confondu avec celui d’information et d’échanges à propos de la maladie et de sa prise en charge. Alors que des données abondantes sont venues montrer que la psychoéducation des familles réduit le risque de rechute des patients d’un facteur 2, soit une amplitude de l’effet identique à celle des traitements médicamenteux, cette donnée ne diffuse pas dans le monde clinique, voire est accueillie avec un certain scepticisme. Les préjugés des cliniciens peuvent avoir plusieurs raisons :– la difficulté à évaluer l’efficacité de tels programmes (et à croire les résultats de ces évaluations), la méthodologie d’évaluation étant plus complexe à mettre en œuvre en termes de faisabilité que pour un traitement médicamenteux ;– la difficulté à obtenir une fiabilité élevée dans la délivrance répétée d’une animation efficace, ce qui entraîne une réticence à proposer un programme dont on doute de la qualité ;– les difficultés organisationnelles qui conduisent à un manque d’intérêt pour une technique qu’on pense trop difficile à mettre en œuvre. Les soins psychiatriques ont une logique centrée autour du malade, et cette logique qui ne permet pas facilement de dégager des moyens spécifiques pour les familles ;– la difficulté à rencontrer de façon proactive les familles, en raison d’a priori concernant les risques de trahison du secret médical ou de mise à mal de l’alliance thérapeutique avec le malade.Cette difficulté conduit à une demande insuffisante des familles, cette faible demande n’encourageant pas les cliniciens à proposer une offre en réponse. Répondre à ces préjugés est un enjeu pour que les pratiques de psychoéducation deviennent un standard.


2018 ◽  
Vol 17 (132) ◽  
pp. 16-19
Author(s):  
Laurence Foix-L’hélias ◽  
Pascal Boileau
Keyword(s):  

2016 ◽  
Vol 200 (6) ◽  
pp. 1101-1113
Author(s):  
Jean-Marc Léger ◽  
Bahram Haghi ◽  
Raquel Guimarães-Costa

2013 ◽  
Vol 197 (2) ◽  
pp. 473-483
Author(s):  
François Legent ◽  
Pierre Bégué ◽  
Bernard Charpentier ◽  
Claude-Henri Chouard ◽  
Olivier Laccourreye ◽  
...  
Keyword(s):  

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