Étude sur les changements apportés aux processus de traitement des cas d’agression sexuelle1
Objectif : Cette étude vise à analyser le processus de traitement des signalements d’agression sexuelle sur des mineurs (ASM) par les services de protection de l’enfance (SPE) dans le but de comprendre son rôle dans la baisse récente des cas confirmés d’AS. Méthodologie : Une base de données composée de 53 848 cas d’enfants signalés aux SPE du Québec (Canada), de 2002 à 2013, a été utilisée afin de déterminer le rôle des caractéristiques de l’enfant, des caractéristiques administratives et de la date du signalement sur la décision de retenir le dossier à des fins d’évaluation. Résultats : Les analyses de régression logistique montrent que : 1) les signalements d’AS étaient plus susceptibles d’être examinés lorsque l’enfant était plus jeune ; 2) les caractéristiques administratives expliquent une part importante des décisions de rétention ; 3) plus importants encore que tout autre facteur, les signalements reçus avant l’amendement en 2007 de la Loi sur la protection de la jeunesse étaient plus susceptibles d’être retenus à des fins d’évaluation que ceux reçus après l’amendement. Ces variables ont prédit 71,2 % des signalements retenus et 65,9 % des signalements non retenus. Conclusion : Ces résultats montrent que la baisse récente de l’incidence d’AS peut être attribuée aux changements apportés aux politiques et aux pratiques dans le processus de traitement des signalements, réduisant ainsi la probabilité que les signalements soient évalués.