scholarly journals Étude sur les changements apportés aux processus de traitement des cas d’agression sexuelle1

Criminologie ◽  
2017 ◽  
Vol 50 (1) ◽  
pp. 35-49
Author(s):  
David Silva2 ◽  
Delphine Collin-Vézina ◽  
Florence Dubois

Objectif : Cette étude vise à analyser le processus de traitement des signalements d’agression sexuelle sur des mineurs (ASM) par les services de protection de l’enfance (SPE) dans le but de comprendre son rôle dans la baisse récente des cas confirmés d’AS. Méthodologie : Une base de données composée de 53 848 cas d’enfants signalés aux SPE du Québec (Canada), de 2002 à 2013, a été utilisée afin de déterminer le rôle des caractéristiques de l’enfant, des caractéristiques administratives et de la date du signalement sur la décision de retenir le dossier à des fins d’évaluation. Résultats : Les analyses de régression logistique montrent que : 1) les signalements d’AS étaient plus susceptibles d’être examinés lorsque l’enfant était plus jeune ; 2) les caractéristiques administratives expliquent une part importante des décisions de rétention ; 3) plus importants encore que tout autre facteur, les signalements reçus avant l’amendement en 2007 de la Loi sur la protection de la jeunesse étaient plus susceptibles d’être retenus à des fins d’évaluation que ceux reçus après l’amendement. Ces variables ont prédit 71,2 % des signalements retenus et 65,9 % des signalements non retenus. Conclusion : Ces résultats montrent que la baisse récente de l’incidence d’AS peut être attribuée aux changements apportés aux politiques et aux pratiques dans le processus de traitement des signalements, réduisant ainsi la probabilité que les signalements soient évalués.

2018 ◽  
Vol 47 (2) ◽  
pp. 231-253
Author(s):  
Stéphanie Marchand ◽  
Nathalie Houlfort ◽  
Amélie Couvrette ◽  
Stéphane Guay ◽  
Steve Geoffrion

Objectif. L’objectif de cette étude qualitative est de décrire la motivation au travail des intervenants en protection de la jeunesse (PJ) en explorant leurs motifs initiaux de carrière (pourquoi avoir choisi de travailler en PJ) ainsi que leurs sources de motivation actuelles (les irritants et les avantages perçus dans leur environnement de travail). Les répercussions négatives et positives perçues de ces sources de motivation actuelles ont également émergé.Méthode. Trente intervenants en PJ ont participé à une entrevue téléphonique semi-structurée. Une analyse thématique séquenciée a été réalisée en vue d’identifier les thèmes émergents.Résultats. Les intervenants choisissent de travailler en PJ pour des motifs opportunistes (par exemple., circonstances de vie) et des motifs relationnels (par exemple., aider les jeunes). Les participants se sont aussi prononcés sur les irritants et les avantages perçus dans leur environnement de travail. À cet effet, au niveau organisationnel, les intervenants en protection de l’enfance disent, entre autres éléments, ne pas aimer la présence de violence dans leur milieu de travail. Toutefois, au plan relationnel, les participants rapportent aimer beaucoup le fait d’être témoin du cheminement des clients. Lors de l’analyse, les répercussions négatives et positives des sources de motivation actuelles ont émergé. Par exemple, compte tenu des éléments décrits comme irritants dans l’environnement, certains intervenants disent souhaiter quitter l’organisation. À l’inverse, les intervenants disent que les éléments avantageux dans leur environnement de travail les amènent à apprécier davantage leur mandat de travail.Discussion. Il semble judicieux d’élaborer un environnement de travail en PJ supportant plus la relation d’aide auprès de la clientèle. Un tel environnement permettrait de mieux satisfaire les besoins psychologiques des intervenants et soutenir leur motivation au travail, puis de réduire les difficultés de santé psychologique et de roulement de personnel.


2005 ◽  
Vol 35 (3) ◽  
pp. 386-415
Author(s):  
Oscar D’Amours

Ce texte a été présenté devant les membres de la Commission parlementaire spéciale chargée d'étudier le fonctionnement de la Loi sur la protection de la jeunesse, en 1982. Après un survol des grandes époques de notre histoire relatives à la protection de l'enfance, de 1608 à 1950, l'auteur examine en détail les étapes qui ont mené à l'adoption de la Loi sur la protection de la jeunesse, en 1979.


2016 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 129-148
Author(s):  
Anne-Marie Emard ◽  
Sophie Gilbert

L’arrivée d’un enfant dans la vie de parents consommant des drogues – des parents surreprésentés dans les cas de mauvais traitements rapportés aux instances de la protection de la jeunesse – peut être considérée comme un tremplin afin de se sortir de son mode de vie de consommation. Par contre, ce levier, à lui seul, est rarement suffisant pour soutenir un réel changement dans la trajectoire de ces jeunes, marquée par la progressive désinscription sociale et l’actuel risque d’intervention par les services de protection de l’enfance. À partir d’entretiens réalisés dans le cadre d’une recherche de plus grande envergure sur la parentalité chez les « jeunes adultes en difficulté », notre étude a pour objectif de mieux comprendre l’expérience de la parentalité jumelée à la consommation de drogue chez des jeunes vivant en contexte de précarité socioéconomique, en s’intéressant plus particulièrement à la manière dont ces parents investissent leur enfant et leur consommation de drogue. L’analyse par « catégories conceptualisantes » a été utilisée afin de soutenir une modélisation de la place de cet enfant et du rôle de la consommation de drogue dans le parcours de ces jeunes parents. En découlent de nouvelles pistes pour l’intervention auprès de cette clientèle présentant des défis majeurs pour les cliniciens.


2011 ◽  
Vol 57 (1) ◽  
pp. 31-48 ◽  
Author(s):  
Simon Lapierre ◽  
Isabelle Côté

À la lumière de développements récents dans le champ de la protection de l’enfance, il s’avère important d’examiner comment les différents acteurs dans le système de protection conceptualisent les situations de violence conjugale. Le présent article aborde précisément cette question, s’appuyant sur les résultats d’une étude de cas réalisée dans un centre jeunesse du Québec. La méthodologie qualitative combinait une analyse documentaire des politiques et des entrevues individuelles réalisées auprès de différents acteurs dans le système de protection de l’enfance, soit des intervenants sociaux, des cadres intermédiaires, des cadres supérieurs et un réviseur. Dans l’ensemble, les résultats de cette étude révèlent que tous les participants reconnaissent que les intervenants en protection de la jeunesse sont confrontés à des situations de violence conjugale dans le cadre de leur travail et que de telles situations peuvent nécessiter l’intervention des services de protection de la jeunesse, du moins dans certaines circonstances. Selon les données recueillies, ces circonstances relèvent principalement des conséquences pour les enfants et des capacités parentales de leur mère. Par ailleurs, les résultats présentés ci-dessous semblent indiquer que les différents acteurs dans le système de protection de la jeunesse ne mettent pas l’accent sur la violence des hommes et sur la victimisation des femmes, mais bien sur l’exposition à la violence conjugale et sur ses conséquences pour les enfants. Ils sont préoccupés par la situation des femmes dans la mesure où cela met en cause leur capacité à assurer la sécurité et le développement de leurs enfants. Les femmes victimes de violence sont donc perçues comme une partie du problème, voire même comme la source du problème.


2017 ◽  
Vol 44 (2) ◽  
pp. 405-424
Author(s):  
Janick Coutu ◽  
Dominique Meilleur ◽  
Denis Lafortune

Plus de la moitié des délinquants sexuels adultes admettent avoir commis un premier délit de nature sexuelle avant l’âge de 18 ans. De plus, comme les adolescents sont responsables de près de 30 % des agressions sexuelles déclarées, il importe de mieux connaître leurs caractéristiques. La présente étude a pour objectif de décrire une cohorte regroupant tous les adolescents québécois reconnus coupables d’un délit sexuel entre 2005 et 2010 (n = 1429). Des analyses descriptives (moyennes, médianes, écarts-types) ont été effectuées à partir de données portant sur les caractéristiques sociodémographiques, les comportements délinquants et les actes de maltraitance subis. Les résultats indiquent qu’en moyenne les adolescents auteurs d’agression sexuelle (AAAS) québécois ont commis un premier délit sexuel à l’âge de 14,5 ans (E-T = 1,6). Les paramètres de la délinquance permettent de distinguer trois profils : les jeunes n’ayant commis qu’un délit (52,8 %), ceux ayant une délinquance peu variée et volumineuse (de 2 à 10 délits; 35,8 %) et ceux ayant une délinquance variée, intense et persistante (environ 5 %). De plus, les AAAS commettent principalement des délits à caractère violent (Moy = 2,6 délits violents par jeune; E-T : 2,6). Sur le plan de la victimisation, un peu plus de huit jeunes sur dix (82 %) ont été signalés à la Direction de la Protection de la Jeunesse (DPJ). Ce portrait a été tracé à l’aide des délits et des signalements répertoriés dans la base de données des Centres Jeunesses. Ces données ne peuvent rendre compte de la délinquance cachée ou de la maltraitance qui ne sont pas portées à l’attention des intervenants sociaux.


Criminologie ◽  
2013 ◽  
Vol 45 (2) ◽  
pp. 157-185 ◽  
Author(s):  
Alexandra Breton ◽  
Sarah Dufour ◽  
Chantal Lavergne

Les recherches canadiennes et internationales s’entendent sur la surreprésentation des enfants autochtones en protection de l’enfance. La présente étude ajoute aux connaissances sur les mauvais traitements et la réponse des services de protection de la jeunesse aux enfants autochtones québécois. Elle poursuit d’abord l’objectif d’analyser la surreprésentation des enfants autochtones à trois étapes de prise de décision en protection de la jeunesse. Les deux groupes d’enfants, autochtones et non autochtones, seront comparés en fonction d’un ensemble de caractéristiques, tant sur le plan personnel que sur celui de leur famille et de leurs parents. Il sera aussi question des signalements dont ils font l’objet et des services qui leur sont rendus. Les prédicteurs du placement des enfants desservis par la protection de la jeunesse sont enfin vérifiés, en portant une attention particulière à l’importance du statut autochtone dans cette prédiction. Les résultats révèlent une augmentation de la surreprésentation des enfants autochtones d’une étape à l’autre des services de protection. Ces enfants ont plus souvent des conditions de vie difficiles et sont exposés à davantage de facteurs de risque que les autres enfants. Le statut autochtone est important dans la prédiction du placement, même après l’ajout d’un ensemble de caractéristiques pouvant contribuer à la prédiction. Les implications pour la recherche et la pratique sont discutées.


2017 ◽  
Vol 34 (1) ◽  
pp. 23-45 ◽  
Author(s):  
Claudia Dufour ◽  
Anne-Marie Tougas ◽  
Marc Tourigny ◽  
Geneviève Paquette ◽  
Sonia Hélie

En protection de l’enfance, les enfants ayant des comportements sexuels problématiques (CSP) suscitent parfois des malaises chez les intervenants et provoquent de l’inquiétude en raison des torts qu’ils peuvent causer. Prenant appui sur un modèle explicatif adapté par Boisvert et ses collaborateurs, la présente étude visait à cerner les facteurs qui distinguent les enfants présentant des CSP des autres enfants pris en charge en protection de l’enfance. Des analyses secondaires ont été réalisées à partir des données de l’Étude d’incidence québécoise de 2008 sur les situations évaluées en protection de la jeunesse. L’échantillon comprenait 1020 enfants de 2 à 12 ans ayant fait l’objet d’un signalement retenu et fondé. Les enfants avec CSP (n = 72) ont été comparés aux enfants sans CSP (n = 948) sur un ensemble de variables personnelles et familiales au moyen d’analyses univariées, puis multivariées. Le modèle final de régression logistique révèle que les enfants avec CSP sont plus susceptibles de manifester une variété de problèmes de fonctionnement, d’avoir fait l’objet d’un signalement fondé pour agression sexuelle et d’avoir un père ou une mère qui a vécu un placement dans l’enfance. À l’inverse, ils sont moins susceptibles d’avoir fait l’objet d’un signalement fondé pour mauvais traitements psychologiques. La discussion traite de l’incidence des résultats pour l’intervention en contexte de protection.


2019 ◽  
Vol 53 (4) ◽  
pp. 421-441
Author(s):  
Arlette Oueiss ◽  
Jacques Faure

L’Evidence Based Medecine (EBM) a contribué à obliger les chercheurs à une exigence de rigueur accrue. Les Revues Scientifiques ont participé à cette évolution par une plus grande sévérité dans la sélection des articles. Le nombre des articles refusés (75%) pour certaines publications) et la dénonciation fréquente, parmi les raisons de rejet, des failles dans le traitement statistique, incitent à la réflexion développée ici, qui aborde successivement : Les erreurs liées aux premières étapes du protocole (sélection des échantillons, choix des VA…).Les déficits concernant les statistiques descriptives et la mise en œuvre des statistiques élémentaires au niveau d’un pré-protocole… Enfin le manque de communication avec le statisticien aguerri en charge des statistiques complexes et/ou spécifiques qui conduisent à la compréhension intime des relations internes (inter-paramètres) au sein du fichier-source. Les auteurs conseillent aux jeunes chercheurs en charge d’une base de données importante d’être vigilants à trois moments : Considérez attentivement les mesures à réaliser, les échantillons à réunir, les paramètres à utiliser, quels résultats vous attendez et quelle analyse vous envisagez. Pensez à un pré-protocole sur quelques patients, avec mise en œuvre systématiques des outils usuels (accessibles sur tout logiciel et même sur un tableur) et examen attentif des statistiques descriptives et des rapprochements élémentaires (cœfficient de corrélation par exemple). Abordez des Statistiques complexes avec l’aide d’un statisticien « chevronné ».


2019 ◽  
Vol 53 (2) ◽  
pp. 147-156
Author(s):  
Damien Brézulier ◽  
Olivier Sorel

Introduction : La prévalence des agénésies des incisives latérales supérieures est de l’ordre de 2% dans la population. De diagnostic souvent précoce, elles peuvent inquiéter par le préjudice esthétique occasionné en secteur antérieur avec des répercussions sur le sourire. L’objectif de cette revue systématique de littérature est d’évaluer les modifications à apporter au positionnement des canines et prémolaires lorsqu’une thérapeutique de fermeture d’espace est planifiée. Matériel et méthode : La revue a été entreprise à partir de la base de données Medline afin d’identifier les articles précisant les paramètres de modifications des formes et des positions des canines et prémolaires maxillaires. Résultats : Vingt et une publications ont été retenues : 5 revues narratives de la littérature, 3 descriptions de protocoles cliniques, 9 présentations de cas et 4 essais cliniques. Elles préconisent une égression, une augmentation de l’angulation corono-vestibulaire et une plastie par soustraction et addition sur les canines, accompagnée d’une ingression avec une augmentation de l’angulation corono-palatine sur les prémolaires. Conclusion : La littérature actuelle semble faire consensus sur les informations de positionnement pour les canines et les prémolaires. Cependant, les plasties par addition sont bien plus discutées. Leur indication relevant en fait de l’anatomie initiale, il semble délicat de les standardiser.


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