scholarly journals Efficacité thérapeutique comme ligne de fuite

2017 ◽  
Vol 40 (3) ◽  
pp. 137-159
Author(s):  
Julie Laplante ◽  
Marcus Sacrini

L’efficacité thérapeutique est au coeur de l’anthropologie médicale qui s’intéresse aux diverses pratiques de guérison à travers le monde. Il s’agit ici de reprendre ce débat à partir d’une recherche de terrain conduite au sein des pratiquesjamuà Yogyakarta (Jogja) à Java en Indonésie. La préparation et la consommation quotidienne de breuvages à bases de plantes, rhizomes, épices, écorces fraiches que l’on roule, presse, pile et liquéfie évoquent une efficacité thérapeutique située au niveau de l’expérience vécue. Nous emprunterons à la phénoménologie de la perception merleau-pontienne, à la pensée rhizomique deleuzo-guattarienne, ainsi qu’à la philosophie javanaise du corps qui permettent de comprendre cette efficacité thérapeutique comme ligne de fuite ou de déterritorialisation. Ce faisant, nous rappelons que l’efficacité thérapeutique réduite à des corrélations causales infra-phénoménales, tel que dans l’actuel standard scientifique de l’essai clinique randomisé (ECR), ne couvre pas de façon exhaustive l’expérience humaine du processus thérapeutique.

1986 ◽  
Vol 1 (2) ◽  
pp. 139-149 ◽  
Author(s):  
Y. Lecrubier

RésuméLe concept de neuroleptique déshinibiteur est utilisé par les psychiatres français depuis environ 20 ans. Cet effet suppose l’existence d’une efficacité thérapeutique portant sur la symptomatologie déficitaire des schizophrènes. Tous les neuroleptiques ne présentent pas cette propriété, de plus,en accord avec les travaux pharmacologiques, il semble que l’existence de cette propriété soit liée à l’emploi de faibles posologies. Lorsqu’on augmente les doses, leur profil devient identique à celui des neuroleptiques classiques. On a de plus montré en pharmacologie que ces neuroleptiques originaux facilitent à faible dose le fonctionnement de certains systèmes dopaminergiques.Par ailleurs, l’observation clinique suggère que les syndromes productifs et déficitaires sont non seulement différents mais s’opposent sur de nombreux points. Les stimulants dopaminergiques (amphétamine) sont capables d’induire des syndromes productifs, ce type de pathologie est améliorée par les bloqueurs dopaminergiques (Neuroleptiques classiques). On oublie souvent que les bloqueurs dopaminergiques sont capables d’induire un syndrome de type déficitaire et que ce type de pathologie semble bénéficier d’une facilitation du fonctionnement dopaminergique (Neuroleptiques antidéficitaires faibles doses, Dopa) (tableau 1). Nous avons donc fonnulé l’hypothèse que deux types d’anomalies du fonctionnement dopaminergique en partie opposés étaient à l’origine des deux types de symptomatologies. La dopamine constituerait donc un élément modulant (sans l’expliquer) de la symptomatologie schizophrénique. Pour souligner cette dimension symptomatique nous avons proposé d’appeler les deux groupes de neuroleptiques antiproductifs et antidéficitaires plutôt qu’antipsychotiques et désinhibiteurs.Un certain nombre d’études thérapeutiques semblent confirmer la réalité de l’effet antidéficitaire. La plupart de ces produits étant commercialisés depuis plus de dix ans en France, nous avons voulu vérifier si cette longue expérience retrouvait au niveau de la pratique les caractéristiques de l’effet antidéficitaire prenant en compte simultanément le type de malade, le choix d’une sous-classe de neuroleptiques et un type de posologie. Cent psychiatres ont décrit leur opinion sur l’utilité ou pas de huit neuroleptiques en fonction de l’indication. Les syndromes productifs (paranoïdes et mixtes aigus) sont traités par des substances sédatives (lévomépromazine, cyamémazine), antiproductives (chlorpromazine, halopéridol, fluphénazine) ou des doses élevées de neuroleptiques antidéficitaires (pipotiazine). Les syndromes déficitaires aigus ou chroniques sont traités par les produits antidéficitaires (pipotiazine, pimozide, sulpiride). L’utilité des substances antiproductives lorsqu’un syndrome déficitaire est présent est niée par la majorité des prescripteurs (tableau 2). Les posologies proposées sont classiques pour les syndromes productifs. Les posologies proposées dans le traitement des syndromes déficitaires par les substances antidéficitaires sont quatre à cinq fois plus faibles que celles proposées pour les mêmes substances comme traitement antiproductif (tableau 3). Les schizophrénies paranoïdes et mixtes stabilisées sont traitées selon deux stratégies dont les posologies se chevauchent très peu : soit posologie antiproductive la plus faible possible, soit posologie antidéficitaire environ deux fois plus faible (figure 1).En pratique, ces résultats semblent montrer qu’en cas de syndrome déficitaire, aigu, chronique ou survenant chez des malades antérieurement paranoïdes ou mixtes, le choix d’une faible posologie de certains neuroleptiques est une habitude thérapeutique qui persiste à long terme en France.


2021 ◽  
Vol 42 ◽  
pp. A398
Author(s):  
M. El Euch ◽  
A. Kefi ◽  
K. Ben Abdelghani ◽  
S. Turki ◽  
E. Abderrahim

2019 ◽  
Vol 26 (3) ◽  
pp. S91-S92
Author(s):  
Gérald Bertrand ◽  
Sébastien Bois ◽  
Soline Gaucheron ◽  
Emmanuelle Levine ◽  
Marie Audrain ◽  
...  

2019 ◽  
Vol 35 (8-9) ◽  
pp. 674-681 ◽  
Author(s):  
Anne Héron ◽  
Christophe Leroux ◽  
David Dubayle

Un placebo est défini comme un traitement sans efficacité pharmacologique propre qui agit, lorsque le patient pense recevoir un traitement actif, par des mécanismes psychologiques et physiologiques. Notre étude avait pour but d’évaluer l’utilisation du placebo dans les unités de médecine polyvalente des hôpitaux français. Pour cela, un questionnaire comprenant 15 items a été transmis à plusieurs unités. L’analyse des réponses reçues confirme que l’utilisation de placebos à l’hôpital est fréquente, près des deux tiers des professionnels ayant répondu déclarent en faire usage. L’administration du placebo en gélule par voie orale est la forme la plus couramment utilisée. À l’hôpital, il est administré principalement la nuit, le plus souvent sans prescription médicale, en cas de douleur, d’insomnie ou d’anxiété, à des patients dits « difficiles » (solliciteurs d’attention et de soin). Dans la plupart des cas, les patients ne sont pas informés qu’il s’agit d’un placebo. La majorité des professionnels « croit » en l’effet placebo, mais se considèrent cependant insuffisamment informés et formés à son utilisation. Fréquemment utilisé à l’hôpital, son efficacité thérapeutique étant largement admise, des considérations éthiques et juridiques imposent de recommander que sa nature soit précisée au patient lors de sa prescription (au même titre que les autres préparations hospitalières). On parlera alors de « placebo ouvert », c’est-à-dire que des explications sur les effets et les mécanismes d’action du placebo seront données au patient. Des études récentes montrent que dire au patient qu’il reçoit un placebo ouvert n’affecte en rien son effet.


2016 ◽  
Vol 77 (4) ◽  
pp. 319
Author(s):  
A. Berdelou ◽  
A. Alghuzlan ◽  
C.-N. Chougnet ◽  
D. Hartl ◽  
D. Deandreis ◽  
...  

2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S83-S83
Author(s):  
T. Delcourt ◽  
M. Jurus ◽  
J. Sinzelle ◽  
C. Gernez

L’AFPEP-SNPP existe sous sa forme actuelle, associative et syndicale, depuis plus de 40 ans. Elle représente les psychiatres privés (libéraux en ville et en clinique, mais aussi salariés à temps partiel dans le milieu associatif et médicosocial). La psychiatrie privée accompagne le patient dans l’accomplissement de soins qu’il a librement choisis. Elle repose essentiellement sur un lien de confiance où la souplesse du clinicien et sa polyvalence sont les clés d’une efficacité thérapeutique et préventive des troubles mentaux les plus variés (depuis les interrogations en apparence bénignes jusqu’aux pathologies chroniques lourdes). L’exercice privé se distingue par le dispositif psychiatrique le plus allégé, son moindre coût de fonctionnement, notamment administratif et assure environ 2 millions de consultations annuelles en France. Il permet un exercice professionnel le plus indépendant possible, car la rémunération repose essentiellement sur les honoraires directement perçus de la part des patients. À ce titre, les psychiatres privés expriment un point de vue indépendant et original sur les processus administratifs imposés par la législation et notamment par la Haute Autorité de santé. Ils demeurent solidaires de la profession qui bénéficie ainsi d’une complémentarité dans l’éventail thérapeutique, par une articulation entre la ville et l’hôpital. Ils peuvent enrichir la réflexion psychiatrique par leurs recherches indépendantes et ainsi réinterroger les concepts de la psychiatrie traditionnelle, par exemple le paradigme de la psychose, qui a permis le développement d’une réflexion clinique spécifique à la psychiatrie. Ils doivent confronter les données de la science avec le besoin que ressentent les patients d’exprimer librement leurs troubles, et beaucoup d’entre eux pratiquent la psychothérapie. C’est ainsi qu’ils sont amenés à réinventer leur approche clinique au gré de l’évolution de la société et de la technologie, notamment en ce qui concerne les adolescents et les nouveaux modes d’expression de leurs troubles.


2014 ◽  
Vol 81 (3) ◽  
pp. 264-265
Author(s):  
Francesco Caso ◽  
Ugo Fiocco ◽  
Luisa Costa ◽  
Paolo Sfriso ◽  
Leonardo Punzi ◽  
...  

2015 ◽  
Vol 30 (S2) ◽  
pp. S78-S78
Author(s):  
P.A. Geoffroy

Les objets connectés de santé se multiplient et sont utilisés très largement par le grand public. Ils font maintenant partie de notre quotidien et constitue un enjeu économique majeur. Ces outils peuvent être des applications mobiles ou des objets connectés, comme des bracelets de type actimètre, podomètre, des tensiomètres, des capteurs de fréquence cardiaque, etc. [1,2]. Le traitement des données issues de ces objets connectés est-il possible à visée médicale ? S’il ne fait aucun doute que ces objets facilitent l’accès au soin, leur intérêt sémiologique et leur efficacité thérapeutique n’est que trop rarement testé scientifiquement . Cette communication évaluera les bénéfices en santé que les médecins peuvent attendre de ces objets connectés [1,4]. L’utilisation de ces objets devra répondre à des impératifs d’efficacité en matière de santé individuelle et globale, mais aussi à des impératifs éthiques, de protection des données recueillies et de sûreté sanitaire. Cette nouvelle aire de l’e-santé se traduira par le développement nécessaire de nouveaux algorithmes de dépistage, de diagnostic et de décisions thérapeutiques.


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