scholarly journals L’environnement sous haute surveillance ? Éclairage sur plus de quarante ans d’action publique au Canada

Criminologie ◽  
2016 ◽  
Vol 49 (2) ◽  
pp. 263-300
Author(s):  
Ariane Daviault1 ◽  
Anthony Amicelle

Tout au long de la décennie où le gouvernement conservateur de Stephen Harper a été au pouvoir, ce dernier a été fortement critiqué sur les questions environnementales. Dans le cadre du présent article, nous souhaitons resituer cette période d’action gouvernementale canadienne dans un temps plus long, débutant en 1971 avec la création d’Environnement Canada. Il s’agit ainsi de revenir sur les modalités de constitution et de gestion de l’environnement en tant que problème public nécessitant une action de l’État au Canada. Pour ce faire, l’objectif premier consiste à montrer comment, sous les gouvernements successifs, l’environnement et sa protection ont été pensés et progressivement transformés en tant qu’enjeu de politique publique au Canada. Puis, nous allons confronter dans un second temps ces récits officiels aux mesures concrètes de prise en charge des infractions liées à l’application de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE), soit la principale loi fédérale en matière d’environnement. Ainsi, il s’agit de relever les évolutions ainsi que les points de tension et les paradoxes qui sont au coeur de cette action publique en faveur de l’environnement. Finalement, nous reviendrons en conclusion sur ce que cette démarche croisée nous montre concernant l’impulsion et la direction données à la protection de l’environnement par les équipes gouvernementales canadiennes qui se sont succédé lors des quarante-cinq dernières années.

Criminologie ◽  
2016 ◽  
Vol 49 (1) ◽  
pp. 25-50
Author(s):  
Anthony Amicelle1

L’objectif du présent article est de revenir sur les conditions d’émergence du problème de l’argent sale dont la prise en charge a contribué à déstabiliser de façon inédite le principe du secret bancaire. Il s’agit ainsi de saisir la manière singulière dont « l’odeur de l’argent » a été promue et reconnue comme objet de préoccupation et de politique publique avec la criminalisation du blanchiment de capitaux aux États-Unis. En partant d’un sujet toujours marginal dans la production universitaire – la délinquance financière –, cet article vise à apporter une contribution originale à la riche tradition de recherche sur les « problèmes publics ». Il propose plus précisément de cerner empiriquement et de baliser conceptuellement ce qui est ici désigné sous l’expression de « processus de reconstruction par association des problèmes publics ».


2008 ◽  
Vol 2 ◽  
pp. 123-133 ◽  
Author(s):  
Anne Tricot

Résumé Cet article confronte deux approches de la prévention des risques d’inondation en France : l’une institutionnelle et menée par les services de l’État, l’autre locale et prise en charge par les collectivités territoriales. La prévention institutionnelle de l’État définit le risque comme majeur. L’approche est normative et définit un type de risque valant pour tous les territoires. La gestion locale du risque s’accorde avec des perceptions plus ordinaires de ce dernier. De plus, localement, le risque s’inscrit dans un territoire ; la prévention doit alors composer avec d’autres logiques. Les deux approches n’impliquent pas les mêmes critères de rationalisation et de connaissance en matière de risque. Sur la base du risque majeur, la première postule une impossibilité de vivre avec le risque, tandis que les expériences locales du risque relèvent de compromis difficiles entre présence du risque et nécessité d’aménager un territoire. La prévention du risque d’inondation en France accorde une place quasi exclusive à l’approche institutionnelle menée par les services de l’État, sans coordination avec les connaissances locales du risque. Cela ne manque pas de causer une certaine dissonance dans la mise en oeuvre de la politique publique de prévention des risques.


2019 ◽  
Vol 3 (3) ◽  
pp. 136
Author(s):  
Francielli Cristina Giacomini

Lorsqu'on parle de l'autisme on est vite confronté à la question du langage et de l'absence de la parole. Comment peut-on s'en passer sans la voie traditionnel du symbolique ? L'abord plus raisonnable serait d'effectuer une recherche à ce propos étudiant les raisons de cette absence, de ce « déficit » qui cause de différents dysfonctionnements à niveau social, de l'apprentissage, etc. réfléchissant sur des méthodes de la prise en charge de l'autiste qui donneraient de réponses à ce vide. Toutefois, nous avons pris le contresens de direction. Notre abord théorique est justement étudier deux méthodes clinique et clinic-éducationnelle de prise en charge de l'autiste développé par Lacan et Deligny qui ne travaillent pas sur le manque ou sur le défaut du langage mais ils prennent la réponse donné par le corps lui-même comme façon d'établir un bord qui permet un certain équilibre dans le monde chaotique de l'autiste. Pourquoi le corps est-il en premier plan dans notre recherche ? Par absence de parole et non du langage, c'est le corps de l'autiste qui permet d'établir un lien avec le monde extérieur. Notre recherche a pour objectif mener une étude sur le corps dans l'autisme dans l'approche clinique en sciences de l'éducation à partir des théories de Jacques Lacan et de Fernand Deligny. Cette démarche est donc d'examiner un sujet qui a été très peu exploité et qui n'a jamais été affronté directement ni systématisé, rendant notre recherche inédite. Cette recherche, qui s'inscrit dans une démarche qualitative, est organisée selon un double enjeu : d'un côté l'enjeu théorique développant les concepts apportés par la DSM et les lois concernant la prise en charge de l'autisme dans la sphère médicale et éducationnelle ; et également l'apport psychanalytique de Jacques Lacan concernant la constitution du corps chez l'autiste et ses modes de traitements aussi bien que les méthodes innovatrices de prise en charge clinic-éducationnelle de Fernand Deligny. De l'autre côté l'enjeu empirique : en France, nous nous proposons d'accompagner le travail clinique d'orientation lacanienne fait avec les autistes dans l'Association Main à l'Oreille tandis qu'au Brésil au sein d'une institution éducationnelle nous allons réfléchir à l'application des méthodes de la cartographie et lignes d'erre proposées par Deligny. Notre objectif est de réfléchir la prise en charge de l'autisme comme un moyen de révéler un langage là où il y a vacance de la parole. Les résultats partiels qui nous avons pu repérer c'est qu'il n'y a pas de méthode unique d'apprentissage, ni de recette, ni de routine possibles appliquée à l'autisme parce que dans le monde auquel il vit, le symbolique est réel et l'imaginaire ne trouve pas forme dans la relation spéculaire. Par conséquent, les meilleures inventions qui se révèlent les plus solides pour (mieux) répondre à la souffrance de l'autiste sont celles du sujet lui-même.


2020 ◽  
Vol 81 ◽  
pp. 03002
Author(s):  
Imene Meriem Oumessad

Au cours des dernières décennies, l’étude des émotions a connu un essor important dans plusieurs domaines en sciences humaines et sociales notamment en sciences du langage. En effet, le concept d'émotion a su gagner ses titres de noblesse ces dernières années, après avoir longtemps été considéré comme un phénomène subjectif, irrationnel et donc sans intérêt scientifique. Dans le présent article, nous nous intéresserons à la question de l'émotion dans le discours de presse. Nous allons dans un premier temps identifier et décrire la construction émotionnelle des discours journalistiques du Monde après l'attentat contre Charlie Hebdo. Pour ce faire, nous proposons de distinguer, au sein des procédés visant à susciter l’émotion, l’émotion dite, l’émotion montrée, l’émotion argumentée. A partir de cette tripartition, nous interrogerons dans un second temps nos données en termes de degré d'émotivité afin de voir si un discours sans émotion est possible lors d'un événement de ce type.


2011 ◽  
Vol 10 (1) ◽  
Author(s):  
Quentin Bullens

De la lecture de l’ouvrage L’attachement (Guedeney N. & Guedeney A., 2006) s’est imposée une question, celle du recours à la théorie de l’attachement dans une méta-réflexion sur la prise en charge systémique des familles maltraitantes. Le présent article propose d’explorer les parallèles possibles et ce, dans l’idée d’aider à penser le cadre institutionnel parfois figé par la confrontation à la violence des familles.


2008 ◽  
Vol 22 ◽  
pp. 1-14 ◽  
Author(s):  
Philippe De Brabanter ◽  
Patrick Dendale

This volume brings together thoroughly reworked versions of a selection of papers presented at the conference The Notion of Commitment in Linguistics, held at the University of Antwerp in January 2007. It is the companion volume to a collection of essays in French to be published in Langue Française and devoted to La notion de prise en charge. Commitment is a close counterpart toprise en charge, and two contributors, Celle and Lansari, use it essentially as a translation of the French term. However, commitment and its verbal cognates (to commit NP to and to be committed to) do not cover the exact same range of meanings as prise en charge. For a thorough assessment of the French term, we refer readers to the introduction to the Langue Française volume. In the present article, we focus entirely on commitment. The term is widely used in at least three major areas of linguistic enquiry:1 studies on illocutionary acts, studies on modality and evidentiality, and the formal modelling of dialogue/argumentation. In spite of its frequent use, the notion has rarely been theorised and has never been the subject of a monograph or a specialised reader. In keeping with this is the fact that none of the many dictionaries and encyclopaedias of linguistics or philosophy that we have consulted devotes a separate entry to it. Section 1 of this introduction briefly reviews what commitment means in the three fields just mentioned. Now and then, with respect to a particular issue, pointers are given to which articles in this collection have something to say about the issue. In section 2, we take a lexical and syntactic look at the ways in which the contributors to the present volume use the term. In section 3, we outline each of the contributions, with a focus on the role that commitment plays in them.


Criminologie ◽  
2018 ◽  
Vol 51 (2) ◽  
pp. 13-38
Author(s):  
Jean-François Cauchie2 ◽  
Patrice Corriveau ◽  
Bryan Hamel ◽  
Annie Lyonnais

En 1892, date de la création du premier Code criminel canadien, la tentative de suicide est un crime, et ce, jusqu’à sa décriminalisation en 1972. Du droit criminel à la psychiatrie, le déplacement de la réaction sociale à la tentative suicidaire aurait en quelque sorte été « officialisé » par ce retrait de l’article de loi. Nous verrons néanmoins dans le présent article qu’il n’y a pas eu, pour les tentatives de suicide, d’abord prise en charge pénale et seulement ensuite, encadrement médical. En effet, au tournant du 20e siècle, le droit criminel cohabite déjà depuis un moment avec cet autre régime de vérité qu’est la psychiatrie. L’analyse de 163 plaintes pour tentatives de suicide à Montréal entre 1908 et 1919 montre qu’il faut être prudent avant de diagnostiquer qu’un type de régulation prend la place d’un autre. En effet, un verdict d’aliénation mentale ou une prise en charge médicale sans procès d’un individu aux tendances suicidaires ne sortent pas de facto le dossier judiciaire du rayon d’action du droit criminel. Il serait davantage question d’une réorganisation, voire d’un renouvellement partiel de ce type de droit quant aux options qu’il mobilise pour traiter des plaintes relatives aux tentatives de suicide.


Author(s):  
Marcelina Bańkowska

Parmi plusieurs domaines de la vie quotidienne marqués par le tabou langagier nous pouvons distinguer celui de la lingerie féminine qui, se référant à des parties du corps humain dites honteuses, recourt à l’euphémisation pour échapper à l’expression de ce qui est gênant. Le présent article aura pour but d’analyser comment et par quels moyens linguistiques ce phénomène s’effectue dans les dénominations des pièces de lingerie. L’analyse sera effectuée dans quatre langues : le français, l’italien, l’anglais et le polonais. Nous allons également prendre en considération le phénomène des noms de marques dans le rayon vestimentaire mentionné afin de pouvoir observer comment le concept de l’interdiction linguistique est réalisé à travers ce type d’appellations. Cette étude sera portée sur différents contextes formels, stylistiques mais aussi pragmatiques.


2018 ◽  
pp. 60-70
Author(s):  
Mirka Mesquita

Malgré les efforts déployés pour différencier les défauts d’intelligence des maladies mentales au long des siècles, leur symptomatologie reste significativement corrélée pour certains cas et empêche très souvent l’établissement d’un diagnostic minutieux et d’une prise en charge cohérente. Le présent article vise à dresser un portrait de l’évolution de la clinique différentielle entre les défauts d’intelligence et les maladies mentales au long des siècles en vue d’élucider les points de confusion symptomatologique entre ces deux affectations. Cette analyse s’appuie sur des informations provenant de sources variées, d’écrits scientifiques et historiques, sans pour autant avoir la prétention de réaliser une étude historique. La circonscription actuelle des troubles de l’intelligence dans la catégorie neurobiologique et, par conséquent, dans le champ social et de la rééducation, réduirait la possibilité de repérage et de prise en charge des troubles psychiques infantiles masqués ou induits par une éventuelle atteinte neurologique.


2020 ◽  
pp. 137-149
Author(s):  
Marina Voutyra ◽  
Abdelhak Ameziane ◽  
Marie Rose Moro

La prise du traitement antirétroviral est l’objet du présent article chez des patients atteints du VIH et venant d’un différent contexte socio-culturel. L’inobservance du traitement est souvent attribuée par les soignants à la non-adhésion du patient. Notre hypothèse clinique est que le VIH est un virus qui fait émerger entre autres des traits paranoïaques qui peuvent éventuellement altérer la relation soignant-patient et par conséquent la prise du traitement. L’articulation avec la pratique au sein d’un service médico-social permet l’illustration de notre hypothèse avec des vignettes cliniques issues du suivi psychologique bimensuel, tout en s’appuyant aux travaux psychanalytiques, transculturelles et de l’anthropologie médicale. Pour ces patients dont le vécu a été particulièrement traumatique, la relation de confiance est primordiale pour l’observance du traitement. Le suivi par une équipe pluridisciplinaire et la prise en compte d’éléments culturels peuvent éventuellement permettre une meilleure prise en charge.


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