scholarly journals Mettre à contribution le vécu expérientiel des familles : l’initiative Pair Aidant Famille

2016 ◽  
Vol 41 (2) ◽  
pp. 177-195
Author(s):  
Catherine Briand ◽  
Rose-Anne St-Paul ◽  
Francine Dubé

Pour soutenir le rétablissement personnel, toute personne atteinte d’un trouble mental devrait avoir accès à une gamme de pratiques recommandées par les évidences scientifiques. Le soutien et l’entraide par les pairs font partie des services recommandés par la Commission de la santé mentale du Canada pour l’allègement du fardeau économique et social que constitue la maladie mentale. Si le soutien entre les pairs aidants familles est peu documenté, le soutien et l’entraide par les pairs aidants usagers ont fait l’objet de plusieurs études. En s’appuyant sur deux études auxquelles elle a participé, traitant des besoins des familles, et sur son expérience d’organisme de soutien aux familles, la Société québécoise de la schizophrénie (SQS) a réfléchi au problème de soutien des familles dès leur entrée dans le réseau ainsi qu’à la mise à contribution du soutien par les pairs. Cet article présente le projet pilote d’implantation de l’intervention Pair Aidant Famille issu de la collaboration entre la SQS et l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal ainsi que les enjeux et recommandations de la première année d’implantation. Les enjeux concernent la circulation et diffusion de l’information, la compréhension du rôle du pair aidant famille, le partage de l’information personnelle et clinique, le positionnement du pair aidant famille au sein de l’équipe, le processus de changement de pratique et la protection du pair aidant famille. À l’issue de cette analyse, des recommandations sont émises. Ce projet permet de réaffirmer la nécessité de soutenir et d’impliquer les familles dans le processus de soins et services.

2008 ◽  
Vol 32 (2) ◽  
pp. 59-82 ◽  
Author(s):  
Didier Acier ◽  
Louise Nadeau ◽  
Michel Landry

Résumé Cette étude est un suivi rétrospectif sur cinq ans qui examine les variations dans la consommation de substances psychoactives et les déterminants de ces variations. Il s’agit d’une recherche exploratoire auprès d’un sous-échantillon de 22 participants, sélectionnés à partir d’un échantillon initial de 197 patients, présentant à la fois des problèmes de consommation problématique de substances et de santé mentale. Au niveau quantitatif, la comparaison statistique entre les deux temps de mesure montre une amélioration de la consommation problématique d’alcool et de drogues et une absence de changement au niveau de l’état psychologique, de la santé, des relations familiales/interpersonnelles et de l’emploi. Au niveau qualitatif, l’analyse de la perspective subjective des participants indique que les deux principaux éléments de progression de la consommation sont les effets et la disponibilité des substances. Les principaux éléments de diminution de la consommation sont l’utilisation des services, des techniques personnelles mises au point par les participants, le réseau familial, les atteintes à la santé physique, le manque de ressources financières, les activités « occupationnelles » et un processus de maturation.


2018 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 177-209
Author(s):  
Julie Descheneaux ◽  
Denise Aubé ◽  
Clément Beaucage ◽  
Rodrigue Côté

L’évaluation d’implantation d’une nouvelle offre de services en santé mentale dans un centre de santé et de services sociaux démontre que le processus de changement doit être accompagné de la création d’espaces réflexifs au sein des équipes de travail afin de créer des conditions favorables à l’implantation. La complexité organisationnelle est un enjeu avec lequel il faut composer. Le rôle de la collaboration recherche-pratique dans ce processus d’implantation du changement est souligné afin de mieux comprendre les enjeux de la création d’espaces réflexifs dans une organisation. Alors que les espaces réflexifs prévus dans la planification initiale ne se sont pas concrétisés, l’interaction continue entre la recherche et la pratique a permis d’actualiser sous une forme inattendue les mécanismes réflexifs dans l’organisation en changement grâce aux espaces de collaboration mis en place et aux mécanismes d’application des connaissances portés par la posture épistémologique, la création d’alliances et le fonctionnement par cycle.


2008 ◽  
Vol 28 (3) ◽  
pp. 103-110 ◽  
Author(s):  
K.L. Lim ◽  
P. Jacobs ◽  
A. Ohinmaa ◽  
D. Schopflocher ◽  
C.S. Dewa

Nous présentons ici une mesure globale du fardeau économique excédentaire associé à la maladie mentale au Canada, qui tient compte de l'utilisation des ressources médicales et des pertes de productivité imputables aux incapacités de courte et de longue durée, ainsi que de la diminution de la qualité de vie liée à l'état de santé (QVLES), dans la population de personnes souffrant de problèmes de santé mentale, diagnostiqués ou non. L'analyse était fondée sur le cycle 2.1 de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2003), réalisée auprès de la population. Nous avons mesuré, à l'égard de tous les sujets, tous les services de santé utilisés, la perte de productivité attribuable à une incapacité de courte ou de longue durée et la qualité de vie liée à l'état de santé, et déterminé la valeur de ces facteurs en dollars; le fardeau économique est la différence, représentée par la valeur en dollars de ces facteurs, entre les populations souffrant ou non de maladies mentales. Le fardeau économique total s'est chiffré à 51 milliards $ en 2003. Plus de la moitié de ce fardeau était associé à une diminution de la QVLES. La pratique courante est d'inclure dans les évaluations économiques les changements liés à l'utilisation des ressources médicales, la perte de productivité et la diminution de la QVLES.


Praxis ◽  
2020 ◽  
Vol 109 (1) ◽  
pp. 9-12
Author(s):  
Martin Preisig ◽  
Marie-Pierre F. Strippoli ◽  
Caroline L. Vandeleur

Résumé. PsyCoLaus, comportant une investigation de la santé mentale et du fonctionnement cognitif, vise à déterminer la prévalence et l’évolution des troubles mentaux et à étudier les mécanismes qui sous-tendent l’association entre ces troubles et les maladies cardiovasculaires. Cette investigation a mis en évidence un taux de prévalence vie-entière très élevé de 43,6 % pour les troubles dépressifs majeurs à Lausanne. Nous avons également observé que l’association entre la dépression et les facteurs de risque cardio-métaboliques est essentiellement attribuable au sous-type de dépression atypique, caractérisé par une augmentation de l’appétit, une lourdeur dans les membres, une hypersomnie et une réactivité affective conservée. Les patients présentant ce type de dépression ont un risque élevé de développer du surpoids, du diabète et un syndrome métabolique et méritent une attention particulière au niveau métabolique.


2020 ◽  
Vol 59 (3) ◽  
pp. 248-255
Author(s):  
Jean-Marc Guilé ◽  
Nicolas Benard ◽  
Olivier Bourdon ◽  
Yann Griboval ◽  
Hélène Lahaye ◽  
...  

Une intervention psychothérapeutique protocolisée a été mise au point par Stanley et associés pour aider à prévenir de futurs comportements suicidaires chez les personnes qui ont déjà fait une tentative de suicide. Le plan de sécurité (PS) fournit aux suicidants une planification écrite, personnalisée, étape par étape, des stratégies de protection et d’adaptation (coping) à mettre en œuvre en cas de crise suicidaire. Le PS comprend six éléments informatifs : (1) les signes avant-coureurs liés à une augmentation des impulsions suicidaires; (2) les stratégies d’adaptation internes que l’individu est capable de mettre en œuvre par lui-même; (3) les stratégies d’adaptation à mettre en œuvre avec le soutien d’amis et de parents; (4) les moyens qu’il/elle peut employer pour contacter les personnes significatives au sein de son réseau de soutien social; (5) les professionnels de la santé mentale et les services d’assistance téléphonique à éventuellement contacter en cas d’urgence suicidaire; et (6) les stratégies pour obtenir un environnement plus sûr au domicile. Les PS sont élaborés avec les suicidants au décours de la crise suicidaire. Les suicidants sont encouragés à partager le SP avec un proche de leur réseau de soutien. Ceci est obligatoire avec un suicidant mineur. Le parent ou le responsable légal doit être impliqué dans la préparation et le suivi du PS. Afin d’évaluer en permanence le risque suicidaire de l’individu, les PS sont revus tout au long du suivi thérapeutique. Le SP est une brève intervention, facile à mettre en œuvre à la suite d’une tentative de suicide. On dispose de résultats de recherche prometteurs concernant son efficacité dans la prévention des récidives de conduites auto-agressives.


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