Regard transculturel sur l’asservissement des traducteurs : optiques cubaines et canadiennes1
Dans une volonté de contextualiser la position des recherches et chercheurs en traductologie, Daniel Simeoni a soulevé l’importance de conduire des études transculturelles sur l’habitus des traducteurs (Simeoni, 1998, p. 4). Cet article présente tout d’abord un survol des recherches ayant répondu à cet appel puis les résultats d’une enquête menée auprès d’un échantillon transculturel de traducteurs professionnels. Il se fonde sur les travaux du sociologue français Bernard Lahire qui a revisité le concept d’habitus développé par Pierre Bourdieu afin que cette notion tienne compte du fait que « toute personne porte en elle une pluralité de dispositions et traverse une pluralité de contextes sociaux » (Lahire, 2003, p. 342, ma traduction). Partant de la position de Meylaerts (2008, p. 94), pour qui les dispositions intériorisées des traducteurs sont essentiellement « plurielles et dynamiques », l’enquête explore plus particulièrement l’habitus de traducteurs résidant dans les provinces de l’Ontario (Canada) et La Havane (Cuba).