Le vote Front national ou le syndrome de la peur
Les préoccupations sécuritaires sont une des principales motivations du vote pour le Front National. Elles s’expliquent moins par des facteurs objectifs (victimation, exposition accrue à la violence) que par des facteurs subjectifs, un sentiment d’insécurité personnelle qui déborde largement le domaine du crime et de la délinquance. Quel que soit le risque (sida, atteintes à l’environnement), le niveau de peur des électeurs du FN est systématiquement plus élevé que la moyenne. Ces peurs s’inscrivent dans une vision pessimiste du monde, en relation avec un isolement social et politique marqué : repli sur le milieu familial, faible potentiel associatif, niveau culturel bas, manque de confiance dans les institutions, etc. Elles sont volontairement entretenues et exploitées par les dirigeants du FN, comme en témoignent sa presse, ses tracts, ses conseils aux militants. Mais une proportion croissante de Français voient dans ce parti un danger pour la démocratie et la peur même qu’il inspire est un frein à sa progression électorale.