scholarly journals Trauma et usage problématique de substances chez les jeunes : synthèse des travaux de recherche sur le programme Seeking Safety et projet pilote

2015 ◽  
Vol 13 (2) ◽  
pp. 109-129 ◽  
Author(s):  
Jean-Philippe É. Daoust ◽  
Lisa M. Najavits ◽  
Issack Biyong ◽  
Catherine Juéry ◽  
Summer Krause

Cet article porte sur le trouble concomitant état de stress post-traumatique (ÉSPT) et trouble lié à l’utilisation d’une substance (TUS) ; une réalité clinique fréquemment retrouvée chez les adultes où les traitements intégrés sont à privilégier comme modalité d’intervention. Parmi ceux-ci, le programme Seeking Safety (SS) est le plus validé empiriquement. Les preuves de son efficacité sont maintenant solides chez l’adulte et il est le seul traitement à surpasser le traitement contrôle pour l’ÉSPT et le TUS. Les travaux sur la version française sont aussi encourageants. Les jeunes, quant à eux, sont tout aussi à risque pour le type ÉSPT/TUS ; la prévalence étant estimée entre 11 % et 47 % (population générale et clinique). Bien que les impacts psychosociaux soient importants, peu de recherches portent sur les traitements intégrés pour cette clientèle. Deux études récentes mettent toutefois en évidence l’efficacité du programme SS pour les jeunes américains. Des ajustements sont d’ailleurs en cours pour adapter le programme à la réalité des adolescents et de leurs parents et pour en faciliter l’implantation. Des données préliminaires ont été récoltées auprès de jeunes canadiens-français (18 à 25 ans) qui ont bénéficié de séances d’entretien motivationnel combinées au programme SS offertes en groupe (n=6) ou en séances individuelles (n=3). Les résultats suggèrent que la version francophone du programme SS semble efficace en contexte de groupe, puisque des améliorations significatives ont été notées au niveau de la symptomatologie traumatique, de la consommation d’alcool et du fonctionnement selon l’axe 5 du DSM-IV-TR (grandes tailles d’effet). Aucune amélioration significative n’a cependant été notée pour la prestation de soins individuels et pour la consommation de drogues (DAST-20) en contexte de groupe ; bien que ces mesures semblent avoir évolué dans le sens d’un mieux-être. Cette étude suggère que la version française du programme SS est prometteuse dans le traitement de l’ÉSPT-TUS pour une population clinique de jeunes canadien-français. Des études avec groupe contrôle et un plus grand nombre de participants devront toutefois être menées pour confirmer son efficacité.

2018 ◽  
Vol 16 (1) ◽  
pp. 103-116
Author(s):  
Sébastien Tessier ◽  
Lina Noël

Contexte : En 2013, environ 3 millions de Canadiens de 15 ans et plus ont rapporté avoir déjà consommé du cannabis. Les adolescents et les jeunes adultes représentent les groupes où l’on retrouve les plus grandes proportions de consommateurs de cannabis au Québec et au Canada. Objectif : Établir un portrait de la consommation de cannabis au Québec et au Canada selon l’âge, le sexe et le lieu de résidence. Méthodes : Les données utilisées pour établir le portrait de l’usage de cannabis au cours de la vie et au cours des 12 derniers mois proviennent d’enquêtes canadiennes et québécoises sur la santé de la population réalisées entre 2004 et 2013. Les analyses statistiques ont été réalisées par l’entremise de l'Infocentre de santé publique à l'Institut national de santé publique du Québec. Résultats : En 2013, la prévalence de la consommation de cannabis au cours de la vie chez les Canadiens âgés de 15 ans et plus s'élevait à 33,7 %. Au cours de l’année précédant l’enquête, 10,6 % de la population générale canadienne rapportait avoir fait usage de cannabis. L’enquête de 2008 menée auprès de la population québécoise indiquait que 12 % des Québécois de 15 ans et plus avaient consommé du cannabis au cours de l’année précédente. Les adolescents (15 à 17 ans) et les jeunes adultes (18 à 24 ans) représentaient les groupes où l’on retrouvait la plus grande proportion de consommateurs de cannabis, soit respectivement 30,2 % et 35,3 % d’entre eux. La consommation de cannabis dans la dernière année chez les Canadiens de 15 ans et plus a diminué au cours de la dernière décennie, passant de 14,1 % en 2004 à 10,6 % en 2013. La diminution de la consommation de cannabis est aussi observable chez les jeunes du secondaire au Québec entre 2000 et 2013 avec une baisse de 17,7 %. Conclusion : Le cannabis est une substance consommée par un grand nombre d’individus dans la population. Cependant, il importe de mentionner qu’une baisse de la consommation de cannabis au cours des 12 derniers mois a été observée depuis le début des années 2000, surtout chez les plus jeunes. Comme le gouvernement fédéral s’apprête à légaliser cette substance, il serait tout indiqué de suivre l’évolution de la consommation de cannabis et des problèmes connexes dans la population.


2016 ◽  
Vol 14 (1) ◽  
pp. 213-232
Author(s):  
Natacha Brunelle ◽  
Danielle Leclerc ◽  
Magali Dufour ◽  
Vanessa Lapierre ◽  
Marie-Marthe Cousineau ◽  
...  

La consommation de substances psychoactives (SPA) et la participation à des jeux de hasard et d’argent (JHA) font partie des conduites à risque à l’adolescence. Certaines études montrent que le fait de jouer à des JHA et celui d’éprouver des problèmes de JHA sont associés aux problèmes de consommation de SPA chez les jeunes, mais elles documentent peu quelles activités (nature et quantité) et types de JHA (Internet ou non-Internet) sont plus spécifiquement reliés aux problèmes de consommation de SPA à l’adolescence. Les travaux de la présente étude visent à explorer les liens entre les activités de JHA, le nombre de JHA et les types de JHA d’une part, et les SPA consommées ainsi que la gravité de la consommation de SPA, d’autre part. Pour ce faire, une étude a été réalisée entre 2007 et 2009 auprès de 1 870 élèves de la 3e à la 5e année du secondaire, âgés de 14 à 18 ans. Un questionnaire sur les habitudes de JHA (DSM-IV-MR-J) et un autre sur la consommation de SPA (DEP-ADO) leur ont été administrés. Les résultats montrent notamment que les jeunes polyconsommateurs (alcool et cannabis) s’adonnent aux JHA dans une proportion plus élevée que les consommateurs d’alcool seulement. Aussi, le fait de jouer avec des appareils de loterie vidéo (ALV) semble être associé à une gravité plus importante de la consommation de SPA que les autres activités de JHA. Par ailleurs, une gravité plus élevée de la consommation de SPA est manifestée chez ceux qui s’adonnent à un plus grand nombre d’activités de JHA différentes. Les jeunes jouant avec les ALV et ceux faisant des paris sportifs s’adonnent à un nombre moyen de JHA différents plus important. Enfin, les joueurs Internet de l’échantillon présentent des problèmes de consommation de SPA plus graves que les joueurs non-Internet. Les implications cliniques de ces résultats sont discutées.


2007 ◽  
Vol 32 (1) ◽  
pp. 351-365 ◽  
Author(s):  
Adrianna Mendrek

Résumé Récemment, des études neuroanatomiques ont suggéré une inversion du dimorphisme sexuel normal chez les personnes schizophrènes dans plusieurs structures limbiques et corticolimbiques, impliquées dans le fonctionnement émotionnel. Stimulée par ces études, nous avons analysé des données provenant de quinze hommes et de dix femmes, ayant un diagnostic de la schizophrénie, qui avaient été mesurés par l’imagerie en résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) pendant l’exposition à deux tâches émotionnelles. En général, les deux essais ont évoqué des activations cérébrales beaucoup plus étendues et plus intenses chez les hommes que chez les femmes. L’échantillon des résultats obtenus diffère de manière significative de ce qui avait été observé dans la population générale. Ces résultats apportent un soutien à la suggestion d’une « masculinisation » des femmes et d’une « féminisation » des hommes ayant un diagnostic de schizophrénie. Une recherche auprès d’un plus grand nombre de patients et de sujets contrôles est actuellement en cours pour confirmer cette hypothèse.


Author(s):  
Máté Kovács

Le binge drinking est un phénomène de consommation excessive d’alcool, de plus en plus répandu dans le monde entier, principalement chez les jeunes. Le binge drinking, déjà connu officiellement sous le nom de beuverie express en français, a pour objectif d’arriver à l’état d’ivresse et de ressentir les effets de l’alcool en très peu de temps. Sur la base d’un corpus composé de blogs, d’articles de presse en ligne et de forums de discussion, notre article analyse la manière dont les internautes dénomment ce phénomène en français et parlent de différents aspects du champ sémantique en question (consommation excessive d’alcool, types de boissons, ivresse, etc.). Notre étude a démontré que ce champ sémantique, connu pour son caractère argotogène, est particulièrement favorable à l’utilisation du français non standard : les internautes utilisent un grand nombre d’expressions pour parler du phénomène du binge drinking et, en général, de la consommation d’alcool en français.


Author(s):  
N. Savard ◽  
P. Levallois ◽  
LP. Rivest ◽  
S. Gingras

Introduction Au Québec, les femmes vivant avec un faible revenu reçoivent un certain nombre de visites de soins prénataux supplémentaires, en fonction de leur lieu de résidence, dans le cadre d’un programme à multiples composantes et d’un programme d’intervention comprenant des suppléments alimentaires. Nous avons examiné si l’augmentation du nombre de visites réduisait le risque de faible poids pour l’âge gestationnel à la naissance (poids inférieur au 10e percentile sur l’échelle canadienne). Méthodologie Pour cette étude écologique, nous avons sélectionné les naissances dans le registre des événements démographiques du Québec entre 2006 et 2008 (n = 156 404; 134 secteurs). Les caractéristiques individuelles ont été extraites du registre des naissances alors que les portraits de la population générale ont été déduits de données sur l’intervention à multiples composantes et du programme d’intervention comprenant des suppléments alimentaires, ainsi que des recensements canadiens et des Enquêtes sur la santé dans les collectivités canadiennes. Ont été considérées comme admissibles aux programmes les mères sans diplôme d’études secondaires. Les modèles de régression logistique multiniveaux ont été ajustés à l’aide d’équations d’estimation généralisées pour tenir compte de la corrélation entre les individus vivant sur un même territoire. Les principaux facteurs confusionnels potentiels étaient la sédentarité et le tabagisme. Les rapports de cotes (RC) ont été ajustés en fonction de l’âge, de l’état matrimonial et de la parité de la mère ainsi que de la couverture du programme et du revenu moyen dans le secteur. Résultats Les mères admissibles aux programmes se sont révélées plus à risque de donner naissance à un bébé de faible poids pour l’âge gestationnel à la naissance que les autres mères (RC = 1,40; intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,30 à 1,51). De plus, les secteurs offrant un plus grand nombre de visites aux mères admissibles (4 à 6 visites dans le cadre du programme d’intervention comprenant des suppléments alimentaires) semblent mieux réussir à réduire la fréquence du faible poids pour l’âge gestationnel à la naissance que ceux offrant soit 1 ou 2 visites, soit 3 visites (RC = 0,86; IC à 95 % : 0,75 à 0,99). Conclusion Il est nécessaire de conduire des études supplémentaires pour valider qu’une augmentation du nombre d’interventions en soins prénataux réduit le risque de faible poids pour l’âge gestationnel à la naissance au sein de différentes populations et pour en évaluer d’autres avantages potentiels pour les enfants.


2013 ◽  
Vol 28 (S2) ◽  
pp. 10-10
Author(s):  
A. Dervaux ◽  
M.O. Krebs ◽  
M.C. Bourdel ◽  
X. Laqueille

ContexteEn dehors de l’étude épidémiologique en population générale NESARC, peu d’études cliniques ont exploré les différences entre hommes et femmes présentant un abus ou une dépendance au cannabis. L’objectif de cette étude était d’évaluer les différences sociodémographiques et cliniques entre les sexes dans une population de 173 patients dépendants au cannabis, demandeurs de soins, sans troubles psychotiques ou bipolaires, ni dépendance à une autre drogue.MéthodesTous les patients de sexe masculin (n = 130) et féminin (n = 43), consultant consécutivement dans le service d’addictologie du centre hospitalier Sainte-Anne (Paris) pour dépendance au cannabis (critères DSM-IV), entre juin 2007 et juin 2013, ont été inclus dans l’étude. Les patients présentant des troubles psychotiques, bipolaires de type 1, des dépendances opiacées ou à la cocaïne étaient exclus de l’étude. Les patients ont été évalués à l’aide du Diagnostic Interview for Genetic Studies (DIGS).RésultatsLa fréquence, présente ou passée, de troubles dépressifs (61,8 % vs 23,1 %, p = 0,0001), de phobies sociales (29,0 % vs 12,4 %, p = 0,02), de troubles anxieux généralisés (43,8 % vs 24,3 %, p = 0,03), de conduites suicidaires (36,6 % vs 11,3 %, p = 0,0001), de traitements anxiolytiques antérieurs (71,4 % vs 44,4 %, p = 0,001), de traitements antidépresseurs antérieurs (63,4 % vs 29,4 %, p = 0,001) et d’antécédents familiaux de dépression (70,3 % vs 39,5 %, p = 0,001), était plus élevée dans le groupe de sujets de sexe féminin que dans le groupe de sujets de sexe masculin. En revanche, la fréquence des effets subjectifs de désinhibition (37,7 % vs 19,0 %, p = 0,03) et d’hypersensorialité (36,9 % vs 19,0 %, p = 0,03), induits par le cannabis, était plus élevée dans le groupe de sujets de sexe masculin. ConclusionsLa fréquence des antécédents de troubles dépressifs et de troubles anxieux, traités ou non, chez les patients dépendants au cannabis, en particulier du sexe féminin, justifie leur dépistage systématique et leur prise en charge intégrée dans la prise en charge addictologique.


Author(s):  
Renate Ysseldyk ◽  
Natasha Kuran ◽  
Simone Powell ◽  
Paul J. Villeneuve

Introduction L’augmentation de l’espérance de vie et la structure par âge sous-jacente de la population canadienne ont contribué à une augmentation spectaculaire du nombre d’aînés aidants naturels. Sachant que la prestation de soins est associée à divers effets néfastes sur la santé, il est nécessaire de mieux comprendre en quoi ces effets peuvent être différents chez les aidants plus âgés et si ces effets sont modifiés par le statut socioéconomique. Méthodologie Nous avons cherché à combler ces lacunes en matière de recherche en utilisant des données transversales fournies par les participants à l’Enquête sociale générale (ESG) canadienne de 2012. Des analyses descriptives ont été effectuées pour comparer les répercussions sur la santé que les participants ont attribuées à la prestation de soins et étudier la façon dont elles varient selon l’âge et le revenu. Des analyses de régression logistique ont été réalisées afin de déterminer les facteurs associés aux effets sur la santé globale déclarés par les aidants de 65 ans et plus. Résultats Les caractéristiques individuelles des fournisseurs de soins variaient consi¬dérablement en fonction de l’âge, les aidants plus âgés ayant des revenus plus faibles et consacrant plus de temps à la prestation de soins que les aidants plus jeunes. Les réper-cussions autodéclarées de la prestation de soins sur l’état de santé global étaient plus importantes chez les répondants de 35 à 64 ans, et ce, dans toutes les catégories de revenu. Les sentiments de solitude et d'isolement social découlant des responsabilités d'aidant semblaient être atténués dans les groupes d’âge et de revenu plus élevés. Dans tous les groupes d’âge, la prestation de soins était plus susceptible d'avoir des effets néfastes sur les habitudes en matière d’exercice, d’alimentation saine et de consommation d’alcool que de promouvoir des comportements plus positifs. Conclusion La prestation de soins a des répercussions sur les comportements liés à la santé et sur la santé mentale, quels que soient l’âge et le revenu. D’après nos résultats, les aidants plus âgés (le plus souvent des femmes), qui fournissent le plus grand nombre d’heures de soins et dont le revenu est inférieur à celui des aidants plus jeunes, semblent cependant moins touchés sur le plan des comportements liés à la santé. Cela s’explique peut-être par l’existence d’un moins grand nombre de besoins concomitants chez eux que chez les aidants plus jeunes. Ces résultats laissent entendre que les systèmes de soutien aux aidants doivent tenir compte de répercussions variables de façon complexe en fonc¬tion de l’âge, du sexe et du revenu.


2020 ◽  
Vol 18 (2) ◽  
pp. 1
Author(s):  
Véronique Leclair ◽  
Caroline Bergeron ◽  
Nicole April ◽  
Réal Morin ◽  
Mahée Lacourse

2017 ◽  
Vol 42 (1) ◽  
pp. 65-83
Author(s):  
Véronique Dansereau ◽  
Nancy Beauregard ◽  
Alain Marchand ◽  
Pierre Durand

But Cette étude s’intéresse à la comorbidité en santé mentale au travail. Précisément, des liens concomitants entre l’épuisement professionnel (cynisme, épuisement émotionnel, inefficacité professionnelle) et la consommation de substances psychoactives (consommation d’alcool épisodique excessive, consommation hebdomadaire à risque d’alcool, consommation de médicaments psychotropes) sont examinés. Méthodes L’étude s’appuie sur des données transversales provenant de l’enquête SALVEO composée de 1966 travailleurs de la province du Québec, Canada. Des analyses en classes latentes ont été utilisées afin de dégager des profils types correspondant à des formes distinctes de comorbidité de santé mentale au travail. Des régressions multinomiales logistiques ont été effectuées sur les profils types en considérant des covariables issues de l’environnement de travail et hors travail, ainsi que des caractéristiques individuelles des travailleurs. Résultats Quatre profils types ont été identifiés : 1– « Épuisement professionnel sévère et consommation de médicaments psychotropes » ; 2– « Consommation d’alcool à risque et cynisme » ; 3– « Épuisement émotionnel et inefficacité professionnelle » ; et 4– « État relativement sain ». Comparativement à tous les profils types observés, celui associé au profil type « Épuisement professionnel sévère et consommation de médicaments psychotropes » présente le plus grand nombre de facteurs de risque cumulés (environnementaux, individuels). Conclusion La comorbidité en santé mentale au travail existe dans les milieux de travail québécois. La sévérité des différentes formes de comorbidité identifiées tend à refléter un effet cumulé de caractéristiques néfastes de l’environnement de travail et hors travail ainsi que des caractéristiques individuelles des travailleurs.


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