La mise en place du Plan d’action en santé mentale au Québec : l’expérience concrète de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal

2013 ◽  
Vol 38 (1) ◽  
pp. 43-59
Author(s):  
Odette Bernazzani ◽  
Alain Rondeau

Cet article présente la démarche de transformation du Programme de santé mentale de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont dans le cadre de la mise en place du Plan d’action en santé mentale du Québec. Cet article aborde, d’une part, les enjeux et défis rencontrés et, d’autre part, le modèle de soins et les choix privilégiés. Le cheminement parcouru dans cette démarche est présenté en trois sections spécifiques : 1- les principes directeurs qui sous-tendent le Plan d’action en santé mentale ; 2- le contexte du Programme de santé mentale de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont avant l’arrivée du Plan d’action et le virage que ce dernier entraîne ; 3- le processus évolutif de transformation des soins selon trois volets : a) les liens avec le guichet d’accès en santé mentale du territoire ; b) le soutien à la première ligne ; c) le traitement spécialisé des problématiques complexes en deuxième ligne avec une préoccupation pour la continuité des soins. En conclusion, cet article traite des limites de la présente démarche et des aspects jugés essentiels à la progression de la mise en place du Plan d’action en santé mentale au Québec.

2013 ◽  
Vol 28 (S2) ◽  
pp. 88-88
Author(s):  
A. Hajri ◽  
W. Homri ◽  
S. Ben Alaya ◽  
S. Charradi ◽  
R. Labbane

Introduction.La sectorisation en psychiatrie réalise l’organisation administrative gérant la maladie mentale et les répartitions des structures de soins de santé mentale. Elle est née en France en 1960 sous l’action de psychiatres désaliénistes et elle a réalisé un effondrement de l’asile psychiatrique en faveur d’une structure de soins communautaire.Objectif.Évaluer l’apport et les limites de la sectorisation instaurée en Tunisie en 2000.Méthodologie.Revue de la littérature en utilisant les mots clés : « sectorisation », « psychiatrie ».Résultats.La sectorisation a réalisé une désinstitutionalisation progressive ; elle a favorisé la prise en charge dans des structures de soins régionales ce qui a permis d’éviter la chronicisation des patients en institution fermée. Ceci a contribué considérablement à la lutte contre la marginalisation du malade mental, lui offrant une meilleure qualité de vie et une meilleure insertion sociale. Par ailleurs, un tel système réalise une proximité de soins et par conséquent un bénéfice en matière de précocité du traitement. Il cible une meilleure continuité des soins ce qui réduit le nombre de nouvelles admissions. Toutefois, la sectorisation soulève encore quelques contestations. En effet, les secteurs géographiques se caractérisent par d’importantes disparités en matière de ressources matérielles et humaines. Par ailleurs, ce système réalise une contrainte par rapport à la possibilité par le patient de choisir librement son médecin traitant ou l’hôpital de référence (les limites géographiques sont parfois interprétées abusivement).Conclusion.La sectorisation a réalisé une révolution dans l’histoire de la psychiatrie en termes de lutte contre la stigmatisation du malade mental. Encore faut-il réviser certaines modalités afin que ce système s’adapte au mieux à la demande de soins.


2022 ◽  
Vol 133 ◽  
pp. 04001
Author(s):  
Benoit Chalancon ◽  
Isabel Colón de Carvajal ◽  
Louis Maritaud ◽  
Justine Lascar ◽  
Laurie Boyer

La réforme du système de santé incite les soignants à être de plus en plus efficaces lors de situations de communication. Les spécificités de la pratique infirmière en santé mentale peuvent s'illustrer par le soin relationnel qui représente un enjeu dans la continuité des soins au vu de la complexité grandissante des prises en charge. Dans un tel contexte, une étude portant sur les compétences d’interaction des infirmiers dans un service psychiatrique pour adultes semble se justifier. L’ancrage théorique et méthodologique de cette recherche relèvent de l’analyse conversationnelle et de l’ethnométhodologie. Le projet CIPSY est ainsi un projet exploratoire qui étudie les compétences d’interaction durant les relèves infirmières, et les multiples façons de transmettre de l’information disponibles dans leur pratique, qu’elles soient écrites ou orales. Cet article présente d’une part la méthode exploratoire utilisée et propose une analyse quantitative du temps passé dans chaque relève enregistrée, comparant en particulier les patients en mesure d’isolement et les patients en chambre simple. D’autre part, nous présentons trois résultats statistiques soulignant les différences de contenu des relèves orales et écrites. Nous décrivons enfin l’ébauche d’une méthode utilisée pour visualiser les données orales d’un même patient à l’aide du logiciel Voyant Tools.


2016 ◽  
Vol 41 (2) ◽  
pp. 69-82 ◽  
Author(s):  
Sandra Harrisson

Les notes des infirmières sont utilisées essentiellement comme outil de communication entre les infirmières, les médecins et les membres de l’équipe professionnelle pour assurer la continuité des soins des patients. Elles contiennent des parcelles d’histoire de vie des individus atteints de troubles de santé mentale. Cet outil de communication des infirmières décrit les épisodes de soins et les nombreuses hospitalisations des patients admis au département de psychiatrie de courte durée. En fait, ces notes d’observations représentent plus que le simple portrait de la maladie mentale. Elles racontent toujours un récit construit selon certaines normes socioculturelles. Leurs données narratives documentent l’intersection entre les expériences personnelles et les structures sociale, institutionnelle et professionnelle. Elles laissent des traces sur l’influence des politiques et des réformes gouvernementales en matière de santé mentale sur le réseau de la santé. L’étude de ces sources archivistiques permet d’élucider la relation entre les hôpitaux généraux et la société en général et ouvre une fenêtre sur l’ensemble des conditions de vie sociale de ces individus. Le but de cet article est de démontrer que ces données narratives sont une source complète d’information pour comprendre l’expérience de la santé mentale suite au projet de désinstitutionnalisation. Elles offrent une multitude de possibilités de recherche en santé mentale et peuvent être examinées sous différents angles d’analyse.


2018 ◽  
Vol 5 ◽  
Author(s):  
Édith Rondeau-Boulanger ◽  
Marie-Josée Drolet

Depuis la mise sur pied d’un système de santé financé par des fonds publics et dirigé par un ministère de la santé, le réseau de la santé du Québec a connu plusieurs changements. Par exemple, des changements ont été réalisés au début des années 2000, visant en outre à améliorer l’accessibilité et la continuité des soins de santé disponibles à la population québécoise. En dépit du souci du Ministère d’améliorer la continuité des soins, des problèmes persistent pour les personnes présentant une problématique complexe de santé. En effet, les individus aux prises avec une comorbidité, c’est-à-dire avec un problème de santé physique et une autre de santé mentale, sont plus susceptibles de vivre des discontinuités dans leurs trajectoires de soins de santé (autrement dit une discontinuité dans leur accès aux soins), constituant une réponse peu adéquate à leurs besoins. Pour comprendre ce que vivent des ergothérapeutes qui desservent de tels clients, une étude exploratoire a été réalisée. Le but de cette recherche était d’explorer les perceptions d’ergothérapeutes à propos de la continuité et de la discontinuité dans les trajectoires de soins de ces clients. Les ergothérapeutes identifient des raisons qui, à leur avis, expliquent les discontinuités dans les trajectoires de soins des individus présentant une problématique complexe de santé, nomment plusieurs conséquences négatives de ces discontinuités et mentionnent des façons pouvant contribuer à améliorer la continuité des soins prodigués à ces personnes. La prise en compte des perceptions des ergothérapeutes s’avère pertinente afin d’améliorer les soins offerts à ces personnes.


2011 ◽  
Vol 10 (1) ◽  
Author(s):  
Alexandre Dumais

L’amélioration de la prévention et des traitements des comportements antisociaux et de violence chez les personnes atteintes de troubles mentaux graves est une tâche complexe. De multiples interventions à différents niveaux doivent être instaurées. Certaines dimensions sont à encourager pour améliorer le succès des interventions et appuyer le processus de rétablissement des personnes souffrant de troubles mentaux graves. Le but de cet article sera de démontrer que 2 dimensions sont à prioriser : 1- diminuer la discrimination ou la stigmatisation et 2- favoriser l’intégration des services de santé mentale, d’alcoolisme et de toxicomanie et de justice offerts aux personnes souffrant de troubles mentaux graves afin d’assurer une cohérence et une continuité des soins. Ces composantes prioritaires seront discutées en évaluant les modèles en place et leur pertinence quant à la mise en oeuvre d’actions ciblées et efficaces.


2006 ◽  
Vol 7 (1) ◽  
pp. 57-74 ◽  
Author(s):  
Aimé Lebeau

Résumé La présente étude s'inscrit en continuité avec une étude descriptive antérieure portant sur les détresses psychiatriques de la région métropolitaine de Montréal. Cette dernière a montré qu'il y a un taux élevé de réutilisation des services d'urgence par les personnes ayant eu ou ayant encore des problèmes importants de santé mentale. Ce phénomène est étudié dans le but de a) décrire l'incidence de celui-ci dans la région socio-sanitaire 6A et de b) démontrer que, du point de vue des caractéristiques socio-psychiatriques d'un groupe-cible de patients, on présuppose certains facteurs déterminants dans la réutilisation. L'analyse d'un recueil d'informations socio-démographiques et cliniques, basé sur un échantillon de 1 259 patients réutilisateurs des ressources d'urgence, a permis d'atteindre ces objectifs. Une telle analyse a fourni d'une part un certain nombre de données factuelles pour décrire les types de profil de réutilisation et identifier les groupes de patients concernés par la persistance des utilisations dans le temps. D'autre part, le schéma conceptuel proposé vise à situer les divers facteurs impliqués et il contribue à faire ressortir/mettre de l'avant une perspective qui considérerait la dynamique des diverses composantes de la réutilisation (modèle général). Notre hypothèse à l'effet que les variables socio-démographiques et cliniques, propres au profil socio-psychiatrique des patients connus du réseau public, n'expliquent qu'une faible proportion de la réutilisation de l'urgence est confirmée. Cette conclusion majeure de l'étude suggère que les autres champs de détermination, notamment le fonctionnement de notre système de distribution de soins (la continuité des soins, le suivi, les philosophies d'intervention dans le cadre des services non institutionnels) et les difficultés de réinsertion de la personne «psychiatrique» (tolérance de la communauté), seraient des facteurs plus déterminants dans la réutilisation. La discussion amorcée suggère des voies d'avenir pour ce qui est de la nécessité de développer une problématique générale : le phénomène de réutilisation serait à la fois la conséquence de l'interdépendance entre le système de distribution de soins et le patient et le résultat d'interdépendance entre cette personne, sa maladie et son milieu social.


Praxis ◽  
2020 ◽  
Vol 109 (1) ◽  
pp. 9-12
Author(s):  
Martin Preisig ◽  
Marie-Pierre F. Strippoli ◽  
Caroline L. Vandeleur

Résumé. PsyCoLaus, comportant une investigation de la santé mentale et du fonctionnement cognitif, vise à déterminer la prévalence et l’évolution des troubles mentaux et à étudier les mécanismes qui sous-tendent l’association entre ces troubles et les maladies cardiovasculaires. Cette investigation a mis en évidence un taux de prévalence vie-entière très élevé de 43,6 % pour les troubles dépressifs majeurs à Lausanne. Nous avons également observé que l’association entre la dépression et les facteurs de risque cardio-métaboliques est essentiellement attribuable au sous-type de dépression atypique, caractérisé par une augmentation de l’appétit, une lourdeur dans les membres, une hypersomnie et une réactivité affective conservée. Les patients présentant ce type de dépression ont un risque élevé de développer du surpoids, du diabète et un syndrome métabolique et méritent une attention particulière au niveau métabolique.


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