Poétique de la rature – La fabrique épistolaire chez les dames Harnois

Author(s):  
Mylène Bédard

La correspondance de Marguerite et Reine Harnois adressée du Bas-Canada à Ludger Duvernay alors qu’il est en exil aux États-Unis entre 1838 et 1839 constitue un corpus favorable à l’analyse des conditions de production d’une lettre au coeur du xixe siècle. Ces lettres révèlent les moments où l’écriture tâtonne, à la recherche d’un style plus personnel ou plus à même de remplir les visées de l’épistolière. La présente étude entend repérer et analyser les traces de ces allers et retours de la plume par lesquels l’écriture d’une lettre se peaufine, se complexifie, s’éprouve par le déploiement de stratégies discursives. Si les ratures témoignent de l’étape de relecture qui parachève l’écriture épistolaire dans sa gestation, peut-on penser que ce travail sur le style participe d’une négociation des conditions d’acceptabilité du discours? Dans quelle mesure ces retours sur l’écriture influent-ils sur la manière dont les épistolières se représentent et établissent leur rapport à l’autre? Qu’elle vise à dissimuler ou à rendre visible ce qu’elle prétend cacher, la rature nous amène à réfléchir à l’histoire des pratiques épistolaires.

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