De la thermoception à la perception auditive : en quête de l’identité du son « froid »
La description du son peut prendre mille et un visages, de l’onomatopée à la métaphore. En musique, parmi les analogies fréquemment employées, on retrouve des descripteurs faisant référence à différentes modalités sensorielles : brillant, sombre (vision), rugueux, lisse (toucher), velouté, aigre (goût). La thermoception – la perception de la température via des récepteurs cutanés – n’est pas en reste puisque la chaleur du son est un attribut régulièrement utilisé par les musiciens pour décrire le timbre ou la qualité du son. Ainsi, le son « chaud » est un son à la fois rond, doux et ouvert, et le son « froid » est généralement de caractères métallique, brillant et mince. Dans cet article, nous présenterons une synthèse d’études sur la perception auditive et la sémantique du timbre qui ont investigué les descripteurs verbaux reliés à la chaleur ou à la froideur du son ainsi que leurs corrélats acoustiques. Nous tenterons également de présenter quelques hypothèses sur les origines multisensorielles de la perception de cette qualité sonore.