scholarly journals La représentation collective des travailleurs précaires : évolution et défis contemporains

2012 ◽  
Vol 66 (4) ◽  
pp. 631-654 ◽  
Author(s):  
Urwana Coiquaud

En 2001, 2007 et 2011, les juges de la Cour suprême du Canada ont reconnu par une série d’arrêts le droit à la négociation collective comme un droit dérivé de la liberté d’association, liberté constitutionnelle prévue à la Charte canadienne des droits et libertés. Ces arrêts sont venus souffler un vent d’espoir pour les travailleurs précaires souvent tenus à l’écart des mécanismes de représentation et de négociation collective de leurs conditions de travail par un syndicat. Cet article analyse comment la législation et même l’action collective, jadis pilier du développement de la représentation collective, ont pu constituer des obstacles au développement de la représentation collective des travailleurs précaires. Ensuite, il examine comment aujourd’hui la Cour suprême favorise l’accès à la représentation collective de certains travailleurs « précaires » en reconnaissant la spécificité du travailleur, du travailleur précaire et en accordant une plus vaste portée à la garantie constitutionnelle de la liberté d’association. Puis, l’article analyse les retombées de ces développements sur la scène judiciaire québécoise à l’égard des responsables d’un service de garde et des travailleurs migrants agricoles, avant de discuter de la place du pouvoir judiciaire dans cette évolution. Nos travaux démontrent qu’aujourd’hui les tribunaux semblent avoir pris le relais du législateur et fournissent un terreau fertile pour l’épanouissement de la représentation collective des précaires.

Author(s):  
Nick Dyer-Witheford ◽  
Greig S. De Peuter

Abstract: The blog postings of “EA Spouse,” partner of an exhausted video game programmer, have catalyzed discussion of epidemic overwork in the digital play industry. This paper analyzes the crisis of labour in this glamorous new medium. After a brief overview of the industry and its production process, we discuss its labour conditions under four headings. “Enjoyment” examines the real pleasures game workers find at their jobs. “Exclusion” discusses the gendering of game work. “Exploitation” investigates the corporate processes that drive toward a work culture of extreme hours and the consequences game workers suffer. “Exodus” looks at current attempts by workers to escape this predicament — attempts including legal action, educational efforts, entrepreneurial flight, and union organizing. Résumé : Le blogue de « EA Spouse », conjointe d’un programmeur de jeux vidéo épuisé professionnellement, a inspiré bon nombre de discussions sur le surmenage qui sévit dans l’industrie du jeu vidéo. Cet article analyse la crise de la main-d’œuvre dans ce nouveau secteur glamour. Suivant un bref exposé général de l’industrie et de son mode de production, nous discutons en quatre étapes les conditions de travail qui y règnent. « Plaisir » porte sur les vrais plaisirs qu’éprouvent les travailleurs dans ce secteur. « Exclusion » porte sur la proportion trop faible de femmes qui y œuvrent. « Exploitation » explore la culture organisationnelle qui contraint les programmeurs à travailler pendant de très longues heures et les conséquences du surmenage sur ceux-ci. « Exode » observe comment les travailleurs tentent actuellement d’échapper à cette situation. Ces tentatives comprennent l’action judiciaire, l’éducation des travailleurs, l’exode des entrepreneurs et l’organisation de syndicats.


2014 ◽  
pp. 63-90
Author(s):  
Frédéric Hanin ◽  
Pier-Luc Bilodeau

Cet article analyse les enjeux de la financiarisation pour la négociation collective, point de rencontre de la stratégie syndicale et de la stratégie d’affaire de l’entreprise. À partir d’une analogie entre la théorie financière de l’option et la négociation collective, nous montrons ses implications sur la sécurité d’emploi et les conditions de travail dans les établissements à partir du cas du complexe Jonquière d’Alcan au Québec. La financiarisation n’est donc pas une « externalité » du système économique, mais bien une nouvelle forme de régulation. La recherche illustre ainsi le caractère performatif de la finance sur les relations du travail.


1975 ◽  
Vol 30 (1) ◽  
pp. 161-176 ◽  
Author(s):  
Alain Morel

ResuméAu sein du village picard quelques gros exploitants, propriétaires terriens ou fermiers et de nombreux prolétaires qui n'ont que leur force de travail, ne s'affrontent pas. Partant d'un rapport de production, les relations patronouvriers ne se situent pas sur le plan des rapports de classe. Imbriquées à celui-ci, des relations de dépendance, du type patron-client, leur donnent d'autres dimensions — rapport personnel, paternalisme, prestige... — sur lesquelles se modulent les stratégies des deux parties. Celle du patron a pour fin, outre son désir de demeurer un personnage important, le maintien du statu quo, à savoir, éviter que les ouvriers ne remettent violemment en question le système qui les défavorise. Or il ne peut conserver le pouvoir absolu qu'il exerce, dans la sphère économique, sur ceux qu'il emploie (conditions de travail, salaires, promotions...) que s'il l'étend à d'autres sphères de la vie sociale.


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