scholarly journals Entre rationalité scientifique et croyances individuelles

2011 ◽  
Vol 34 (3) ◽  
pp. 229-248 ◽  
Author(s):  
Anne Vega ◽  
Fanny Soum-Poulayet

À partir d’une étude qualitative menée en France sur le thème du « moral » en cancérologie, cet article interroge la façon dont les soignants mobilisent quotidiennement des représentations et des champs sémantiques tant savants que profanes. Outre le fait de nuancer les regards posés sur les professionnels de la santé, ce texte cherche à expliciter les fondements de ces pratiques : c’est-à-dire la perméabilité des frontières et les tensions entre des registres « scientifiques » et les croyances culturelles, les idéologies professionnelles et les convictions personnelles. Afin d’enrichir les concepts de « clinical narrative » et de « political economy of hope », les auteurs en appellent au développement de recherches anthropologiques axées sur la construction de stratégies d’adaptation dans les situations liminales de mises en échec des logiques professionnelles (gestion de l’incertitude/gestion de la récidive et de la fin de vie).

2020 ◽  
Vol 59 (3) ◽  
pp. 248-255
Author(s):  
Jean-Marc Guilé ◽  
Nicolas Benard ◽  
Olivier Bourdon ◽  
Yann Griboval ◽  
Hélène Lahaye ◽  
...  

Une intervention psychothérapeutique protocolisée a été mise au point par Stanley et associés pour aider à prévenir de futurs comportements suicidaires chez les personnes qui ont déjà fait une tentative de suicide. Le plan de sécurité (PS) fournit aux suicidants une planification écrite, personnalisée, étape par étape, des stratégies de protection et d’adaptation (coping) à mettre en œuvre en cas de crise suicidaire. Le PS comprend six éléments informatifs : (1) les signes avant-coureurs liés à une augmentation des impulsions suicidaires; (2) les stratégies d’adaptation internes que l’individu est capable de mettre en œuvre par lui-même; (3) les stratégies d’adaptation à mettre en œuvre avec le soutien d’amis et de parents; (4) les moyens qu’il/elle peut employer pour contacter les personnes significatives au sein de son réseau de soutien social; (5) les professionnels de la santé mentale et les services d’assistance téléphonique à éventuellement contacter en cas d’urgence suicidaire; et (6) les stratégies pour obtenir un environnement plus sûr au domicile. Les PS sont élaborés avec les suicidants au décours de la crise suicidaire. Les suicidants sont encouragés à partager le SP avec un proche de leur réseau de soutien. Ceci est obligatoire avec un suicidant mineur. Le parent ou le responsable légal doit être impliqué dans la préparation et le suivi du PS. Afin d’évaluer en permanence le risque suicidaire de l’individu, les PS sont revus tout au long du suivi thérapeutique. Le SP est une brève intervention, facile à mettre en œuvre à la suite d’une tentative de suicide. On dispose de résultats de recherche prometteurs concernant son efficacité dans la prévention des récidives de conduites auto-agressives.


2017 ◽  
Vol 16 (3) ◽  
pp. 131-142
Author(s):  
Chloé Prod’homme ◽  
Dominique Jacquemin ◽  
Marcel-Louis Viallard ◽  
Régis Aubry

2021 ◽  
pp. 386-392
Author(s):  
Asma Fadhlaoui ◽  
Hazar Mrad ◽  
Billy Vinette ◽  
Karine Bilodeau

Le but de cette étude est d’explorer l’expérience de transition vers le retour au travail de survivantes du cancer du sein de moins de 50 ans. Huit survivantes ont participé à cette étude qualitative exploratoire. Les résultats de l’analyse de contenu itérative indiquent que ces survivantes veulent délaisser leur vie teintée par la maladie et réintégrer une vie « normale » incluant le retour au travail. La transition vers le retour au travail est aussi influencée par plusieurs facteurs d’ordre personnel, familial et sociétal qui peuvent faciliter ou entraver l’expérience. Enfin, plusieurs défis distincts et la présence d’une vulnérabilité plus marquée doivent être considérés par les professionnels de la santé pour mieux accompagner ces survivantes durant la transition vers le retour au travail.


2020 ◽  
Vol 17 (1) ◽  
pp. 37-43
Author(s):  
N. Croyere ◽  
B. Birmelé

2010 ◽  
pp. 127-147 ◽  
Author(s):  
Jérôme Gauvin-Lepage ◽  
Hélène Lefebvre

Cette étude qualitative a pour but d'explorer les perceptions d’adolescents, de leurs parents et de professionnelles quant à l'inclusion sociale d’adolescents ayant vécu un traumatisme craniocérébral (TCC) modéré. Le modèle écologique de Bronfenbrenner (1979, 1986), adapté par Lefebvre et Levert (2005) auprès de la clientèle TCC, est utilisé comme cadre de référence. Des entrevues semi-dirigées ont été réalisées auprès d’adolescents cérébrolésés et leurs parents. Les résultats montrent que les perceptions des familles portent sur différents aspects de leur vie, indiquant une multitude de répercussions qui facilitent ou contraignent l’inclusion sociale de l’adolescent TCC modéré. En général, les professionnelles partagent les mêmes perceptions qu’eux. Les résultats de cette étude devraient permettre aux professionnels de la santé une meilleure compréhension de l'inclusion sociale vécue par ces personnes, en plus d'offrir des balises permettant à ceux-ci de mieux soutenir l'inclusion sociale d’adolescents TCC et de venir en aide aux familles dans cette situation difficile.


2020 ◽  
Vol 30 (4) ◽  
pp. 253-260
Author(s):  
Martyna Tomczyk ◽  
Bernard N. Schumacher

De nombreuses études internationales ont démontré que le processus de la sédation palliative dans un contexte de fin de vie peut être mal vécu par les infirmières, voire provoquer une détresse émotionnelle. Toutefois, le vécu des infirmières exerçant en soins palliatifs en Suisse n’a jamais été exploré, à notre connaissance. L’objectif de notre étude était donc de connaître et de décrire le vécu des infirmières relatif au processus de la sédation palliative basé sur les recommandations suisses de 2005. Afin d’atteindre cet objectif, une étude qualitative exploratoire monocentrique avec entretiens individuels compréhensifs a été privilégiée. Au total, dix infirmières ont été sollicitées et neuf ont effectivement participé. Après retranscription, huit entretiens ont été finalement inclus dans l’analyse. Cette dernière a montré que les infirmières vivaient le processus de la sédation palliative d’une manière méfiante, défiante ou encore confiante, ce qui était lié à la durée d’exercice en soins palliatifs. Ces résultats suggèrent que les recommandations suisses de 2005 ne protègent pas les infirmières contre l’incertitude liée au processus de la sédation palliative. Il s’avère donc nécessaire qu’une étude multicentrique nationale soit développée pour consolider ces résultats.


Author(s):  
Dominique Giroux ◽  
Maude Carignan

Cadre de la recherche : Plusieurs études rapportent que le soutien aux aînés en perte d’autonomie est principalement assuré par les proches aidants. En présence d’une personne atteinte de trouble neurocognitif, le questionnement sur la sécurité et le besoin de protection survient fréquemment. Tout au long de l’évolution de la maladie, les proches aidants sont appelés à jouer divers rôles. Cela peut s’avérer difficile pour des personnes n’ayant pas toujours les connaissances requises pour ce faire. Objectifs : Une étude a été réalisée afin de documenter les difficultés vécues par les proches aidants en présence d’un questionnement sur l’inaptitude ainsi que leurs attentes. Méthodologie : Une étude qualitative comprenant cinq rencontres de groupes a été réalisée avec trois catégories de participants : 1) aînés ; 2) proches aidants ; 3) membres d’organismes de protection des droits des aînés. Résultats : Les résultats mettent en lumière trois principales difficultés rencontrées : 1) fluctuation des symptômes ; 2) acceptation de la maladie et du rôle de proche aidant ; 3) augmentation du fardeau et du sentiment d’épuisement. Un élément important ressort aussi : les proches aidants se sentent insuffisamment informés pour assurer adéquatement leur rôle. Cette réalité influence le fardeau ressenti puisqu’ils se retrouvent souvent démunis face à une situation pour laquelle ils ne sont pas toujours bien préparés. Conclusions : Les professionnels de la santé et des services sociaux doivent être sensibilisés à cette réalité, afin de mieux outiller les proches de personnes ayant reçu un diagnostic de trouble neurocognitif pour qu’ils puissent agir de façon plus proactive relativement à l’évolution de la maladie. Contribution : À notre connaissance, aucune étude similaire n’a été réalisée auparavant.


2016 ◽  
Vol 27 (2) ◽  
pp. 129-144
Author(s):  
Dolores Angela Castelli Dransart ◽  
Sabine Voelin ◽  
Elena Scozzari

Les associations d’aide au suicide en Suisse peuvent assister des personnes âgées institutionnalisées à certaines conditions. Cet article présente les résultats préliminaires d’une étude qualitative menée auprès de professionnel.le.s d’établissements médico-sociaux pour personnes âgées confronté.e.s à l’assistance au suicide. Il présente quelques défis que celle-ci pose à la mission professionnelle et au fonctionnement institutionnel ainsi qu’au positionnement personnel. Le suicide assisté en institution engendre de nouvelles pratiques par ajustements successifs, entre résistance et normalisation, l’enjeu ultime étant l’intégration ou non de la mort par suicide assisté comme une des modalités de l’accompagnement de fin de vie au sein des institutions.


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