scholarly journals Représentations sociales et consommation d’alcool pendant la grossesse

2011 ◽  
Vol 9 (2) ◽  
pp. 17-48 ◽  
Author(s):  
Nicole April ◽  
Chantale Audet ◽  
Louise Guyon ◽  
Hélène Gagnon

La consommation d’alcool chez les femmes est en augmentation et certaines continuent de prendre de l’alcool pendant leur grossesse, même s’il est connu que cette substance est tératogène. Ce comportement est plus prévalent au Québec que dans le reste du Canada et il est plus fréquent chez les femmes de milieux plus favorisés. Une meilleure compréhension des façons de voir la consommation d’alcool pendant la grossesse pourrait contribuer à ajuster les interventions de prévention en tenant compte du point de vue des femmes enceintes. Cette étude visait à explorer les représentations des femmes enceintes au regard de la consommation d’alcool pendant la grossesse, et plus spécifiquement en tenant compte de différents contextes socioéconomiques. Une démarche qualitative a permis de mettre en perspective le discours de 31 femmes provenant de différents contextes socioéconomiques. Ces femmes ont été recrutées dans les cours prénatals et dans un programme d’aide pour les femmes enceintes qui vivent avec un faible revenu. Les représentations de la consommation d’alcool pendant la grossesse diffèrent selon le contexte socioéconomique, hormis le fait que toutes les répondantes considèrent que prendre beaucoup d’alcool pendant la grossesse n’est pas acceptable. Quant à l’acceptabilité d’une consommation modérée, les représentations des femmes moins favorisées sont plus strictes et semblent basées sur leur bon sens. Chez les femmes plus favorisées, les représentations sont plus nuancées et sont appuyées sur des connaissances acquises notamment au moyen de la documentation écrite. Ces femmes déplorent l’incertitude quant à l’existence possible d’une quantité minimale d’alcool sans risque pendant la grossesse ainsi que certaines incohérences dans les messages qu’elles reçoivent. Les femmes qui ont participé à cette étude souhaitent recevoir une information juste et complète relativement à la consommation d’alcool. Elles veulent également recevoir des recommandations claires et précises sur ce sujet afin d’être en mesure de prendre des décisions éclairées.

2015 ◽  
Vol Numéro107 (3) ◽  
pp. 435
Author(s):  
Elsa Taschini ◽  
Isabel Urdapilleta ◽  
Jean-Francois Verlhiac ◽  
Jean-Louis Tavani

2008 ◽  
Vol 6 (1) ◽  
pp. 105-142 ◽  
Author(s):  
Louise Guyon ◽  
Chantale Audet ◽  
Nicole April ◽  
Maria De Koninck

Résumé Les conséquences néfastes du tabagisme pendant la grossesse ont été largement documentées. On sait également que pendant cette période les mères sont plus susceptibles de réduire ou cesser leur consommation de tabac. En dépit de l’information transmise sur les conséquences du tabagisme, certaines femmes maintiennent cette habitude pendant la grossesse et cette situation se retrouve plus souvent chez les mères de milieux défavorisés socio-économiquement. La signification que les femmes donnent au tabagisme pendant la grossesse, qu’elles soient fumeuses ou non, a cependant été peu étudiée. Le but de cette recherche était d’identifier les représentations sociales du tabagisme pendant la grossesse de femmes enceintes ainsi que leurs perceptions des messages qu’elles reçoivent à cet effet. Les données ont été recueillies à partir d’entrevues semi-dirigées avec des femmes enceintes de milieux socioéconomiques variés. Toutes les femmes rencontrées ont affirmé que le tabagisme pendant la grossesse était nocif et qu’il devait être évité, quoique plusieurs d’entre elles ne semblaient pas en mesure d’en identifier avec précision les conséquences pour l’enfant à naître. Or, au-delà des connaissances véhiculées et intégrées sur les aspects nocifs du tabagisme pendant la grossesse, c’est bien plus l’identité sociale et ses fondements qui vont déterminer la perception du risque et, de là, le comportement tabagique, mais aussi, la représentation sociale dominante du tabagisme pendant la grossesse. En effet, les normes sociales, mais aussi les rapports sociaux, les expériences personnelles et celles de l’entourage, construisent la perception du risque de ces femmes et agissent sur leur potentiel à modifier leurs comportements.


2008 ◽  
Vol 67 (2) ◽  
pp. 119-123 ◽  
Author(s):  
Grégory Lo Monaco ◽  
Florent Lheureux ◽  
Séverine Halimi-Falkowicz

Deux techniques permettent le repérage systématique du système central d’une représentation sociale: la technique de la mise en cause (MEC) et le modèle des schèmes cognitifs de base (SCB). Malgré cet apport, ces techniques présentent des inconvénients: la MEC, de par son principe de double négation, et les SCB, de par la longueur de passation. Une nouvelle technique a été développée: le test d’indépendance au contexte (TIC). Elle vise à rendre compte des caractères trans-situationnel ou contingent des éléments représentationnels, tout en présentant un moindre coût cognitif perçu. Deux objets de représentation ont été étudiés auprès d’une population étudiante. Les résultats révèlent que le TIC paraît, aux participants, cognitivement moins coûteux que la MEC. De plus, le TIC permet un repérage du noyau central identique à celui offert par la MEC.


2019 ◽  
pp. 183-188
Author(s):  
Claude Wacjman

Ce travail montre comment les représentations sociales à propos de l’autisme se répandent et gagnent peu à peu de nombreuses strates dans la société. Il s’agit ici de considérer l’influence de l’écologie sur des aspects de la politique internationale portée par la voix d’une lycéenne suédoise auto-proclamée autiste, suivant des mécanismes complexes intra ou extra familiaux faisant penser à des phénomènes d’écriture automatique, tels que nous les avons connus par le passé. Opposée à toute manœuvre favorisant le réchauffement climatique, elle intervient dans différentes instances politiques. C’est un super pouvoir dû à son autisme qui la motive.


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