Poésie et réalité, le sens caché de L’Oumigmag de Pierre Perrault
La recherche d’une information connue a priori nous empêche de regarder la réalité telle qu’elle est. Dans le cinéma documentaire, cela donne lieu à une stratégie discursive allant à l’encontre de la recherche d’objectivité. Peut-être passerions-nous à côté de l’essentiel en croyant que L’Oumigmag (1993) porte vraiment sur le boeuf musqué : il s’agit, en fait, d’un essai sur le sens d’un animal emblématique, authentique et marginal qui s’inscrit dans la lignée des Alexis Tremblay, Hauris Lalancette et Didier Dufour. Dans le film, l’auteur y soutient la thèse d’une distorsion de la connaissance par la culture, tout en convoitant l’innocence du regard du chasseur primitif. Sous forme de métaphores, l’interprète se voit soumettre une série d’hypothèses destinées à percer l’énigme des méfiances, de la sauvagerie et des cornes. Reste à savoir jusqu’à quel point le procédé atteint son but, tout indiquant que le projet était d’avance voué à l’échec.