Phasages et déphasages. Représentations du temps chez les Inuits de l’Arctique oriental canadien
Les notions et gestion du temps chez les Inuits de l’Arctique oriental canadien ont été fortement ébranlées par les grandes mutations (christianisation, sédentarisation, scolarisation, etc.) qu’ils ont vécues aux XIXe et XXe siècles. Ces bouleversements ont créé des tensions entre les pratiques traditionnelles du temps et les nombreuses contraintes imposées par les nouvelles réalités. Après avoir évoqué les modes de repérage et de division du temps inuits avant l’établissement de contacts suivis avec les Blancs, puis l’introduction du calendrier grégorien et des moyens techniques de mesure du temps, l’auteur montre que la cohabitation forcée ou peut-être la collision des deux modes de temporalité produit un système hybride de gestion du temps, qui consiste à satisfaire autant que faire se peut aux exigences du moment, tout en les associant aux pratiques culturelles qui se sont transmises entre générations. Dans cette coexistence des temps, il s’est ainsi établi des modes de fonctionnement individuels et sociaux qui évoluent le long d’un continuum. Aussi souvent que possible, je procéderai à l’analyse morpho-sémantique des termes rencontrés, afin d’en révéler la signification littérale, qui seule donne accès à la structure sémantique sous-jacente.