scholarly journals L’intermittence en emploi peut-elle être une expérience formatrice?

2010 ◽  
Vol 38 (1) ◽  
pp. 51-71
Author(s):  
Brigitte Voyer

Résumé Cet article traite de l’expérience de formation de personnes en régime d’intermittence en emploi. L’auteure cherche à saisir si le changement répétitif d’emplois place ces personnes face à des situations de nouveauté propices à un apprentissage formateur. Cette question fait écho à une préoccupation qui concerne l’influence des conditions de la postmodernité sur l’identité professionnelle et les modes d’apprentissage. L’identité professionnelle est étudiée avec un cadre d’analyse multidisciplinaire qui permet de décrire les événements du parcours d’emploi et de formation ainsi que le processus de formation et l’acquisition de savoir. L’étude est effectuée dans une perspective exploratoire par étude de cas de professionnels, diplômés universitaires, en situation d’intermittence en emploi. Les résultats révèlent que des types d’engagement professionnel incitent plus que d’autres à vivre de la nouveauté. Mais, c’est l’observation de la temporalité longue qui permet véritablement d’estimer en quoi l’intermittence est génératrice d’une expérience formatrice. La perception de vivre du changement s’élabore au cours de l’histoire professionnelle et relève surtout de l’interprétation subjective. Le choix des activités formelles de formation continue s’effectue tout le long du parcours professionnel par adaptation. L’expérience formatrice s’incorpore au développement identitaire et elle est influencée par l’aptitude à se projeter dans l’avenir.

2018 ◽  
Vol 52 ◽  
pp. 01004 ◽  
Author(s):  
Stéphane Talerien ◽  
Stefano Bertone

Cette étude de cas s’inscrit dans un programme de recherche sur la formation professionnelle dont les principaux postulats théoriques sont empruntés à une théorie générale de l’apprentissage (Nelson, 2008) et de l’action collective (Wittgenstein, 2004). Ce travail de recherche propose une méthode permettant d’accéder aux connaissances ordinaires des enseignants expérimentés en vue de leur transmission dans le cadre d’un dispositif de formation. L’étude montre que l’enseignement ostensif de ces connaissances ordinaires et l’accompagnement de leur mobilisation en situation de travail permet d’améliorer l’efficacité des apprentissages informels et d’optimiser le développement professionnel.


Author(s):  
Said Haouassia

L'objectif général du présent article est de relater un état des connaissances dont on dispose à  propos de l'évaluation des acquis cognitifs des étudiants au cycle supérieur au Maroc, pour proposer des pistes  pour l'améliorations de la qualité des démarches d'apprentissage  que connaissent les institutions supérieur  de l'éducation et de la formation ; notre article  s'est articulé autour des quatre questions :de quelle informations nous disposons sur les acquis des étudiants ?quelle est la cause de la rareté d'informations  sur les acquis des étudiants ?Pourquoi devrait-on élargir notre savoir sur les acquis des étudiants ?Comment faire évoluer  les pratiques d'évaluation des acquis ? L'exploration de cette question nous amener  à  reposer un certain nombre de questions  quant au fonctionnement  des formations universitaires, La méthodologie mise en oeuvre  a cherché  de mettre en oeuvre ces doubles objectifs, en diversifiant et corrélant les sources d'information. Nous avons privilégié Trois méthodes complémentaires. Premiêrement, l'analyse de la situation actuelle, basé sur  des quatre questions évoquées ci-dessus, s'est basé  sur une étude de documents. Ainsi que  Des entretiens semi-dirigés ont aussi été menés, en référence aux quatre questions, auprês d'un nombre restreint de responsables pédagogiques .Une troisième piste a  procédé à  une étude de cas, visant à  comparer qualitativement et dans le détail, les pratiques d'évaluation des acquis des étudiants d'une même section  dans deux universités différentes  à  enrichir l'ensemble du notre  bilan sur l'évaluation des acquis des étudiants.


2007 ◽  
Vol 62 (4) ◽  
pp. 837-852
Author(s):  
Marc Olivier Baruch

RésuméQuand, comment et pourquoi, hors situation de guerre ouverte, la police d’un État républicain se sent-elle en mesure de conduire sa mission de maintien de l’ordre jusqu’à laisser une manifestation se conclure par la mort de manifestants? Pour répondre à cette question, qui prolonge ses interrogations antérieures sur les modes de légitimation par l’État de pratiques d’espionnage et d’action secrète, Alain Dewerpe nous propose une étude de cas, particulièrement fouillée, de la manifestation parisienne qui, le 8 février 1962, vit huit personnes trouver la mort dans la station de métro Charonne. Largement fondée sur l’instruction très serrée conduite par la justice aux lendemains du drame, son analyse met en évidence la fermeté de la chaîne d’autorité qui, au sein de l’appareil d’État, anticipe, valide puis innocente la violence meurtrière; pour l’auteur, le pouvoir gaullien signe bien là un véritable massacre d’État.


Author(s):  
David Ephraim

Bien que les êtres humains aient subi et soufferts des traumatismes à toutes les époques et en tous lieux, l’étude scientifique à grande échelle des personnes traumatisées n’a été entamée que dans les deux dernières décennies. Notre connaissance et compréhension des besoins des personnes traumatisées se sont certainement accrues à la faveur du changement de perspective introduit par la littérature actuelle sur le thème du traumatisme (voir par exemple Herman, 1992 ; van der Kolk, McFarlane & Weisaeth, 1997 ). Les données du Rorschach peuvent être interprétées dans des perspectives différentes. Les recherches actuelles sur le traumatisme aident à nous faire mieux comprendre les réponses au Rorschach des personnes traumatisées. En retour, les données du Rorschach dans les cas de traumatisme peuvent enrichir notre compréhension théorique et clinique de la nature des états post traumatiques. Les spécialistes du Rorschach du monde entier se sont mis à évaluer des personnes traumatisées depuis de nombreuses années. Il est par conséquent pertinent de nous demander si nos présupposés habituels concernant l’évaluation de la personnalité à l’aide du Rorschach sont adéquats à l’évaluation des séquelles des expériences traumatiques. Les diverses contributions assemblées dans cette section thématique de Rorschachiana abordent ces questions en profondeur. Briere (1997 ) parmi d’autres a formulé la question de manière nuancée. D’un côté, il serait erroné d’écarter un trouble schizophrénique, affectif ou de la personnalité au motif que la personne présente une histoire traumatique. D’un autre côté, les approches traditionnelles et actuelles de l’évaluation pourraient interpréter à tort des symptômes post traumatiques intrusifs comme des manifestations psychotiques, et des réactions adaptatives au traumatisme comme de banals troubles de la personnalité. L’évaluation du traumatisme est fréquemment vécue comme une intrusion par la personne évaluée. Il y a donc un risque de la traumatiser à nouveau, ce qui exige que l’examinateur soit prudent et sensible à la souffrance de l’autre. C’est dans ce cadre que la méthode du Rorschach présente certains avantages pour l’évaluation du traumatisme en comparaison avec les entretiens structurés et les autoquestionnaires. Notamment, (a) le Rorschach permet de contourner les défenses par l’évitement et les réticences de la personne traumatisée ( Levin & Reis, 1997 ; van der Kolk & Ducey, 1989 ); (b) les méthodes projectives génèrent des données de type vécu à travers lesquelles “prennent vie” ( Lating, Zeichner & Keane, 1995 ) les symptômes et les altérations post traumatiques de la personnalité; (c) enfin, l’action des mécanismes d’ajustement et de défenses peuvent être détectés dans les réponses au Rorschach, reflétant des différences individuelles essentielles pour la planification du traitement. Les chapitres qui composent cette section thématique de Rorschachiana reflètent la contribution originale du Rorschach à l’évaluation du traumatisme. Ils montrent l’intérêt croissant des spécialistes du Rorschach de divers pays pour cette question. L’article de Judith Armstrong (Etats-Unis) traite des réactions dissociatives au Rorschach que l’on observe chez un grand nombre de patients diversement traumatisés. Sa contribution établit un lien significatif entre des données cliniques et empiriques et la théorie actuelle du traumatisme et de la dissociation. Armstrong passe en revue et illustre par des vignettes cliniques les signes de dissociation qui apparaissent dans l’examen comme dans les comportements et les réactions contre transférentielles. Ce chapitre présente également des façons d’explorer les réactions dissociatives après le test, dans le but de potentialiser les processus diagnostique et thérapeutique. Après une introduction documentée faisant le point sur la littérature actuelle concernant la transmission transgénérationnelle du traumatisme chez les enfants de survivants de l’holocauste, Ety Berant (Israël) présente une étude de cas de deux soeurs qui montre les modalités directes et indirectes de transmission du traumatisme. Tout en tenant compte de la biographie, Berant discute et compare les deux protocoles en se fondant sur les stratégies d’interprétation du Système Intégré. David Ephraim (Venezuela / Canada) discute et illustre par des cas de survivants de tortures et/ou de violences politiques quelques clés diagnostiques de victimisation extrême. Les thèmes abordés sont les suivants: perturbations cognitives associées à la symptomatologie intrusive, distinction entre les stratégies défensives d’évitement et d’anesthésie émotionnelle, changements post traumatiques de la personnalité, ainsi que l’autorégulation et la dissociation dans des cas présentant de manière concurrente des traumatismes précoces. María Cristina Gravenhorst (Argentine) présente quatre cas qui illustrent sa grande expérience dans l’utilisation du Rorschach dans l’expertise judiciaire d’enfants victimes de violences sexuelles. L’auteur propose divers indicateurs d’atteinte psychique au Rorschach, en se basant sur le système d’interprétation développé par l’Ecole Argentine, tels que: contenus symbolisant l’abus, phénomènes particuliers (par exemple, Action subie, MOR, Persévération), dominance des réponses de forme indicatives de sur-adaptation, et incapacité de répondre. Le chapitre de Patrick Sloan, Linda Arsenault et Mark Hilsenroth (Etats-Unis) présente un panorama exhaustif des résultats décrits dans la littérature portant sur les Rorschach des anciens combattants et de la population civile des Etats-Unis. Les auteurs couvrent les question de diagnostic, les effets longitudinaux de l’exposition à la guerre, et l’évolution de la symptomatologie post traumatique dans ces cas, y compris la relation entre symptômes psychologiques et physiques. Les auteurs discutent aussi des implications cliniques pour les évaluations longitudinales et le traitement du personnel militaire, et donnent des pistes pour la recherche à venir. La variété des thèmes et des populations étudiées dans ce recueil de travaux reflète la grande vitalité de notre méthode pour aborder la condition humaine. Nous espérons que la communauté internationale des spécialistes du Rorschach trouvera ces travaux utiles pour la pratique clinique et la recherche avec les personnes victimes de traumatismes.


2017 ◽  
pp. 83-101 ◽  
Author(s):  
Geneviève Bernard Barbeau

L’identité des Québécois francophones s’est toujours construite en confrontation avec celle des anglophones. L’instauration d’une politique linguistique en faveur de la langue française a participé à l’émancipation des francophones, mais, aujourd’hui encore, on observe une forme d’auto-dévaluation des Québécois francophones. C’est à cette question que cet article est consacré, et ce, à partir d’une étude de cas envisagée selon une approche sociolinguistique de l’analyse du discours : la controverse entourant l’affaireMaclean’s, où des tensions fortement ancrées entre les groupes – et au sein d’un même groupe – ont été remises en discours à la suite de la publication, par le magazine canadienMaclean’s, d’un dossier sur la corruption au Québec.


2006 ◽  
Vol 31 (3) ◽  
pp. 659-686 ◽  
Author(s):  
Gérard Sensevy ◽  
Dominique Forest ◽  
Stéphanie Barbu

Résumé Comment peut-on comprendre et caractériser la communication non verbale, en classe, dans ses effets didactiques ? L’article qui suit s’efforce de développer, dans une perspective exploratoire, une approche spécifique de cette question. À partir d’une étude de cas, l’action du professeur est décrite dans un cadre théorique produit en référence à des notions empruntées à la didactique des mathématiques, et qui intègre des perspectives proxémiques. Pour rendre compte de la manière dont un professeur peut utiliser des ressources proxémiques dans la communication didactique, nous élaborons la notion de consonance/dissonance proxémique, et nous montrons comment une telle notion s’insère dans la théorie du contrat didactique, tout en la prolongeant.


2010 ◽  
Vol 14 (2) ◽  
pp. 11-30 ◽  
Author(s):  
Eric Persais

Résumé Faire face à sa Responsabilité Sociétale constitue désormais une nécessité pour l’entreprise, en particulier lorsqu’il s’agit d’une firme multinationale. De façon paradoxale, l’internationalisation des activités complique la donne dans la mesure où l’entreprise doit alors faire face à des spécificités culturelles locales. Ces spécificités entraînent des attentes différentes vis-à-vis de l’entreprise dont certaines sont susceptibles de contredire les principes sociétaux adoptés par la maison-mère (eux-mêmes conformes aux normes de comportement internationales). Comment l’entreprise adapte-t-elle sa démarche de RSE au pays d’implantation, quelles sont les parties prenantes impliquées dans ce processus ? C’est à cette question que tente de répondre l’auteur en prenant pour base l’exemple de 8 entreprises françaises ayant des filiales implantées au Mexique.


2011 ◽  
Vol 57 (1) ◽  
pp. 31-48 ◽  
Author(s):  
Simon Lapierre ◽  
Isabelle Côté

À la lumière de développements récents dans le champ de la protection de l’enfance, il s’avère important d’examiner comment les différents acteurs dans le système de protection conceptualisent les situations de violence conjugale. Le présent article aborde précisément cette question, s’appuyant sur les résultats d’une étude de cas réalisée dans un centre jeunesse du Québec. La méthodologie qualitative combinait une analyse documentaire des politiques et des entrevues individuelles réalisées auprès de différents acteurs dans le système de protection de l’enfance, soit des intervenants sociaux, des cadres intermédiaires, des cadres supérieurs et un réviseur. Dans l’ensemble, les résultats de cette étude révèlent que tous les participants reconnaissent que les intervenants en protection de la jeunesse sont confrontés à des situations de violence conjugale dans le cadre de leur travail et que de telles situations peuvent nécessiter l’intervention des services de protection de la jeunesse, du moins dans certaines circonstances. Selon les données recueillies, ces circonstances relèvent principalement des conséquences pour les enfants et des capacités parentales de leur mère. Par ailleurs, les résultats présentés ci-dessous semblent indiquer que les différents acteurs dans le système de protection de la jeunesse ne mettent pas l’accent sur la violence des hommes et sur la victimisation des femmes, mais bien sur l’exposition à la violence conjugale et sur ses conséquences pour les enfants. Ils sont préoccupés par la situation des femmes dans la mesure où cela met en cause leur capacité à assurer la sécurité et le développement de leurs enfants. Les femmes victimes de violence sont donc perçues comme une partie du problème, voire même comme la source du problème.


2021 ◽  
Vol 43 (1) ◽  
pp. 155-168
Author(s):  
Stéphane Jean Talérien ◽  
Sébastien Chaliès ◽  
Stefano Bertone

Cette étude de cas propose, à partir d’un programme de recherche anthropoculturel, un dispositif de formation adossé à la recherche qui crée les conditions formelles propices à la transmission efficace des règles d’une pratique pédagogique ordinaire entre deux enseignants expérimentés exerçant au sein de la même école maternelle. Afin de produire leur développement professionnel, les deux enseignants (l’un tenant le rôle de « pair formateur » et l’autre celui de « pair formé ») ont vécu trois épisodes de formation : (i) l’accès préalable du pair formateur à une vision plus claire des règles régissant sa pratique devant être transmise (ii) l’enseignement ostensif de ces règles par le pair formateur en direction du pair formé et (iii) deux mises en œuvre par le pair formé suivies à chaque fois d’une activité d’accompagnement sous forme de contrôle du pair formateur. Les résultats obtenus montrent (a) l’apprentissage d’une nouvelle règle par le pair formé lui permettant de résoudre une difficulté professionnelle ainsi que (b) le développement professionnel du pair formateur suite à son accompagnement de la pratique du pair formé.


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