scholarly journals Trois aspects de la combinatoire collocationnelle

2007 ◽  
Vol 11 (1) ◽  
pp. 157-171
Author(s):  
Jacqueline Bossé-Andrieu ◽  
Geneviève Mareschal

Résumé Trois aspects de la combinatoire collocationnelle — Nous examinons ici trois aspects du lien qui unit les éléments des collocations, combinaisons qui se caractérisent par leur fréquence dans le discours et par leur prévisibilité pour le locuteur de langue maternelle. Nous montrons d'abord que la fréquence d'apparition simultanée de deux éléments dans le discours n'est pas propre aux collocations; la cooccurrence de deux éléments peut résulter de la réalité extralinguistique ou du fait qu'ils sont unis par un lien notionnel et référentiel. Dans le cas des collocations au sens strict, ce lien résulte d'une affinité consacrée par l'usage d'une communauté linguistique donnée. Nous montrons ensuite que, dans certaines collocations (ex. : en pleine croissance), il y a chevauchement — ou indissociabilité — des contraintes syntaxiques et des contraintes lexicales. Enfin, nous présentons plusieurs manifestations du caractère arbitraire — ou capricieux — du lien qui unit les éléments de certaines combinaisons : des quasi-synonymes n'appellent pas les mêmes collocatifs; sur le plan grammatical, on ne peut pas toujours passer d'une catégorie grammaticale à une autre (un sourire angélique,*sourire angéliquement); enfin des quasi-synonymes peuvent entrer dans certaines combinaisons synonymes {flambée/escalade des prix), mais non dans d'autres (les prix flambent/*les prix escaladent).

2014 ◽  
Vol 38 (2) ◽  
pp. 229-246 ◽  
Author(s):  
Montserrat Ventura i Oller ◽  
Alexandre Surrallés ◽  
Maite Ojeda Mata ◽  
Josep Lluis Mateo Dieste ◽  
Mònica Martínez Mauri ◽  
...  

Dans cet article, nous montrons que si les populations humaines se sont toujours déplacées et mélangées, les transgressions des frontières socioculturelles n’ont pas nécessairement engendré de nouvelles catégories relevant du mélange. Nous expliquons comment l’apparition (ou non) de ces dernières est liée aux structures sociopolitiques, aux ontologies, aux conceptions de la parenté et de la procréation propres aux différents groupes humains, en partant du processus historico-politique qui a donné origine à la catégorie hispano-américaine du mestizo. Outre l’étude de la société hispano-américaine coloniale, nous examinons les cas de la République d’Argentine, de trois sociétés indiennes d’Amérique latine (Kuna, Tsachila et Candoshi), du nationalisme catalan vis-à-vis des migrants internes espagnols, de la société Chamorra des Îles Mariannes, des habitants des oasis du sud du Maroc et de la société de castes du Nord de l’Inde. Notre objectif est d’identifier dans quelles circonstances les catégories « mixtes » sont politiquement inacceptables ou logiquement inconcevables. Ce faisant, le texte révèle aussi que, si la catégorie de métis n’est pas naturelle, sa naturalisation n’est pas non plus universelle.


1989 ◽  
Vol 16 (3) ◽  
pp. 257-310 ◽  
Author(s):  
Brigitte Lépinette
Keyword(s):  

Résumé Après avoir envisagé rapidement la postérité lexicographique du Tesoro (1611) de Sebastián de Covarrubias en Espagne, nous étudions la réception de cet ouvrage surtout en France. Nous examinons d’abord en tenant compte d’un ensemble d’études antérieures, quels aspects du Tesoro ont été mis à profit par les lexicographes bilingues: C. Oudin (1616) et L. Franciosini (1620). Nous montrons que Richelet et Furetière ont parfois utilisé le Tesoro pour élaborer leur dictionnaires respectifs, ensuite que les étymologies trouvées par Ménage (1650) dans le Tesoro n’ont pas souvent paru à cet étymologiste dignes de crédit. Dans la seconde partie de cet article, nous énumérons les sources linguistiques de Covarrubias. Nous montrons d’abord quels ont été les ouvrages modernes sur lesquels il s’est appuyé pour les renseignements concernant l’hébreu, le grec, le français, l’italien, l’allemand et le flamand, qu’il fait figurer dans son Tesoro. Nous énumé-rons d’autre part les sources modernes proprement éymologiques aussi bien françaises qu’espagnoles qui figurent dans les articles du dictionnaire de Covarrubias. La considération du choix de ces sources et de leur mode d’utilisation permet d’effectuer une évaluation de la culture de Covarrubias que nous jugeons sinonencyclopédique du moins étendue et des méthodes de travail qui apparaissent comme peu systématisées.


Author(s):  
Shana Poplack ◽  
Anne St-Amand

RésuméLe présent article décrit la constitution d’un corpus de français oral, baptisé les Récits du français québécois d’autrefois (RFQ), qui comprend des contes, des légendes et des entrevues recueillis auprès de locuteurs nés entre 1846 et 1895. Leur parler est celui du Québec rural du 19e siècle; il montre la variabilité inhérente et les structures vernaculaires caractéristiques des dialectes d’aujourd’hui. Nous examinons les avantages et les inconvénients de ces données diachroniques et montrons que, si elles sont utilisées judicieusement, elles représentent effectivement un stade antérieur du français québécois, avant son contact intense avec l’anglais. À ce titre, elles constituent un point de repère pour situer les traits linguistiques actuels. À partir d’une étude de cas de l’élision du ne, nous montrons comment une comparaison systématique entre les RFQ et le parler vernaculaire contemporain peut servir à repérer un changement linguistique, à le dater et à suivre son acheminement.


2006 ◽  
Vol 16 (1) ◽  
pp. 51-68 ◽  
Author(s):  
FLORENCE LEFEUVRE
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Dans cet article, nous examinons la structure en de quoi + infinitif qui peut être régie par un verbe:(i) Il y a de quoi s'interroger!ou ne pas l'être:(ii) Jamais la France du très haut ne s'est aussi bien portée que sous Jospin. De quoi irriter l'ex-Premier ministreNous envisageons deux possibilités d'analyse, selon la valeur de de. Soit celui-ci est considéré comme un article partitif. Mais alors de quelle façon l'infinitif s'articulet-il à de quoi? Soit il constitue une préposition. On se rapproche alors d'énoncés tels que:(iii) Il a de qui tenirmais ici, de quoi prend une fonction inhabituelle, celle de circonstant, alors que dans un exemple tel que (iii), de qui remplit la fonction de complément essentiel indirect par rapport à l'infinitif. Dans un dernier temps, nous avons étudié les emplois en discours de cette structure, selon que la proforme quoi anaphorise ou non une structure prédicative de l'énoncé précédent et selon les infinitifs utilisés.


Author(s):  
Muriel Fadairo ◽  
Joseph Kaswengi ◽  
Cintya Lanchimba ◽  
Eugênio José Silva Bitti

Cet article s’intéresse aux clauses contractuelles dans les contrats de franchise. Le succès de ces contrats peut dépendre du marché. La franchise commerciale repose sur le partage, au sein d’un réseau, d’une marque et d’un concept développés par le franchiseur. En tant qu’actifs immatériels, marques et concepts n’ont pas tous la même valeur. Ainsi, nous examinons l’impact de l’organisation spatiale sur les contrats de franchise impliquant la marque-mère dans le marché brésilien. Les travaux antérieurs, basés sur la théorie de l’agence ont montré que la présence de points de vente distants amène le franchiseur à choisir un mécanisme de paiement conçu pour fournir un maximum d’incitations aux franchisés, soit une faible redevance et un droit d’entrée élevé. A partir de données de panel brésiliennes uniques, nous montrons que la dispersion spatiale du réseau produit le résultat inverse. Ce nouvel éclairage suggère qu’il est nécessaire de protéger la marque dans le contexte d’un marché émergent. Par ailleurs, les clauses monétaires et les outils alternatifs jouent un rôle important dans la protection et l’assistance envers la marque.


2009 ◽  
Vol 77 (2) ◽  
pp. 231-254 ◽  
Author(s):  
Pierre Mohnen ◽  
Julio Rosa
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

RÉSUMÉ De nombreux travaux se sont penchés sur les conditions qui favorisent les efforts en matière d’innovation technologique dans les entreprises canadiennes. L’objectif de cette étude est d’examiner l’innovation sous l’angle opposé, à savoir les obstacles perçus à l’innovation. Nous examinons les obstacles dans les industries des communications, de la finance et des services techniques. Les données proviennent de l’enquête innovation de 1996 menée par Statistique Canada. Premièrement, nous essayons de faire ressortir quelques facteurs expliquant la perception des obstacles à partir d’une analyse des données et d’un modèle économétrique. Deuxièmement, nous cherchons à déterminer dans quelle mesure certains obstacles sont complémentaires entre eux. Si complémentarité il y a, il faut adopter une approche systémique aux barrières à l’innovation pour y remédier efficacement.


2009 ◽  
Vol 22 (1) ◽  
pp. 117-143 ◽  
Author(s):  
Abdelkader Fassi Fehri

Résumé Dans cet article, nous proposons un traitement unifié des différents usages des formes pronominales arabes de troisième personne (qu’il s’agisse de pronoms personnels, de copules ou d’explétifs). Nous montrons que cet objectif ne peut être atteint qu’en recourant à une (sous)spécification lexicale ou syntaxique appropriée. En second lieu, nous examinons la variation des formes explétives dans les langues, ainsi que celle des formes d’accord compatibles avec celles-ci. Nous montrons que dans les cas simples, les deux classes de formes sont liées, la liste des formes explétives étant dérivable de celle des formes pronominales de troisième personne qui peuvent être légitimées dans le contexte des formes d’AGR. En outre, un paramètre argunemtal est proposé pour AGR, selon lequel certaines langues autorisent uniquement un NP argumental dans Spec AGR. Par contre, d’autres langues autorisent également des NP non-argumentaux, mais elles requièrent que les traits phi (spécifiés) soient légitimés par des NP argumentaux (qui sont membres de chaînes explétives).


Author(s):  
Victor Ginsburgh ◽  
Juan Moreno-Ternero

La Commission européenne est très prudente et discrète dans ses communications sur le budget et l’utilisation des langues dans l’Union européenne (UE). Ce que l’on sait, c’est que ce budget s’élève «à peu près» à un milliard d’euros. Comme le disait le britannique Neil Kinnock du temps de sa Vice-Présidence de la Commission européenne à ceux qui, sans doute, l’ennuyaient par leurs questions sur l’importance du budget langues : «C’est le prix d’une tasse de café par habitant dans l’UE». Dans ce numéro de Regards économiques, nous examinons comment évaluer la part dans le budget langues de l’UE de chacune des 24 langues, y compris de l’anglais qui, suite au Brexit, sera la langue maternelle d’un pourcent seulement de la population de l’UE tout en produisant, lors de ces dernières années, plus de 70 % des documents officiels qui doivent, selon leur importance, être traduits dans le 23 autres langues. Notre analyse montre que le coût de l’anglais s’élève à près d’un tiers de budget, soit 290 millions d’euros. Ce montant est aussi le prix à payer par l’UE post-Brexit qui a conservé, dans son répertoire de langues, l’anglais comme langue officielle et procédurale (c’est-à-dire de travail). Pour les européens post-Brexit, la tasse de café s’est transformée en cappuccino au goût un peu amer. Il est sans aucun doute efficace, aussi bien pour l’UE que pour le Royaume-Uni, de préserver l’anglais comme langue officielle et procédurale. Mais on peut se demander pourquoi il irait de soi que les britanniques puissent profiter gratuitement de cette aubaine. Bien avant les velléités de quitter l’UE, on peut arguer que le Royaume-Uni a bénéficié, depuis son adhésion en 1973, du statut de sa langue dans l’UE, en détrônant très largement le rôle du français et de l’allemand, ce qui n’a enchanté et continuera de ne pas enchanter ni la France ni l’Allemagne. Il sera intéressant de suivre l’affaire dans les prochaines années.


2017 ◽  
Vol 72 (2) ◽  
pp. 197-225 ◽  
Author(s):  
Michel Dalissier

Nous examinons ici la lecture par Maurice Merleau-Ponty, dans son essai « Le Roman et la Métaphysique », de L’Invitée de Simone de Beauvoir. Nous montrons que pour comprendre en quoi il s’agit ici non seulement de métaphysique, mais encore de morale, il est nécessaire de spécifier en quel sens « Le Roman et la Métaphysique » met en scène des matériaux théoriques qui sont mis en place dans d’autres écrits, en particulier dans l’essai « Le Métaphysique dans l’Homme ». Les personnages du roman, couples et trio, se mettent alors à incarner certes une métaphysique de l’intersubjectivité qui se tend jusqu’à la rupture, mais encore du faire être et de la conscience.


Author(s):  
Vincent Bodart ◽  
Jean Hindriks
Keyword(s):  
Il Y A ◽  

Selon les résultats d’une étude présentée il y a plusieurs mois par le Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs (CRIOC) et l’Observatoire du crédit et de l’endettement (OCE), le pouvoir d’achat des fonctionnaires a, au cours des dix dernières années, diminué de 2,28 %, celui des salariés de 2,08 % et celui des ménages défavorisés comptant deux adultes et deux enfants de 3,2 %. Durant cette même décennie, les prix ont progressé de 19 %. «La plupart des biens alimentaires et de consommation courante ont connu une augmentation de prix supérieure à la moyenne», indiquent le CRIOC et l’Observatoire. Par exemple, le prix des pommes de terre a augmenté de 76 %, celui du poisson de 29 %, les fruits frais de 26 %, le pain de 24 % et la viande de 19 %. Entre 1995 et 2005, pour un chef de ménage bénéficiant d’une allocation de chômage, le prix du mazout a augmenté huit fois plus vite que son revenu. Selon le CRIOC et l’OCE, depuis plusieurs années, la liaison des salaires à l’index (l’indice des prix à la consommation) ne serait plus un rempart contre la flambée des prix. La principale conclusion de l’étude est que l’inflation au cours des dernières années a provoqué des pertes de pouvoir d’achat, lesquelles ont été les plus fortes pour les individus ou les ménages avec peu de revenu. En Belgique, comme dans de nombreux pays, l’indice général des prix à la consommation est l’outil «officiel» qui sert à mesurer l’évolution du coût de la vie. Une critique souvent adressée à l’encontre de ce type d’indice, qui est en fait celle du CRIOC et l’OCE, est de considérer que cet indice ne rend pas compte correctement de l’évolution du coût de la vie supporté réellement par chaque individu ou chaque ménage, dans la mesure où cet indice est calculé pour un ménage représentatif. Ainsi, comme le suggèrent le CRIOC et l’OCE, il créerait notamment un biais dans la mesure de l’inflation des plus pauvres par rapport à celle des plus riches. De fait, l’indice général des prix à la consommation est construit de façon telle qu’il reflète davantage l’évolution du coût de la vie des plus riches que celle des plus pauvres. C’est pourquoi, dans la littérature économique, on qualifie cet indice de «plutocratique». Dans les numéros 45 et 46 de Regards Economiques, nous montrons toutefois que la critique qui vient d’être mentionnée se révèle, dans les faits, excessive. Nous montrons dans Regards économiques 46 que l’évolution du coût de la vie a été relativement similaire pour les différentes classes de revenu sur la période 1998-2005, et ceci alors que l’on observe effectivement des différences sensibles dans la composition de la consommation en fonction du niveau de revenu. Durant cette période, le coût de la vie, mesuré par l’indice général des prix, a ainsi augmenté de 14,6 % pour les ménages à faible revenu et il a augmenté de 13,8 % pour les ménages à plus haut revenu. L’indexation des salaires sur un indice général des prix à la consommation n’aurait donc pas été préjudiciable au maintien du pouvoir d’achat des ménages à faible revenu. Ce résultat, qui est en profond désaccord avec l’étude publiée à grand bruit par le CRIOC, s’explique de la façon suivante. D’une part, il est dû au fait que le prix de nombreux produits, qui représentent une proportion importante des biens et services achetés par les ménages, augmente à des rythmes de croissance assez proches. A titre d’exemple, de 2004 à 2005, le prix de la moitié des 78 produits retenus pour notre analyse a augmenté à un taux compris entre 1 % et 3 %. D’autre part, il s’explique par des «effets de compensation»: par exemple, en 2005, les faibles revenus ont surtout souffert de l’impact de la hausse des charges d’habitation (loyers, chauffage, ..) tandis que les hauts revenus ont souffert de la hausse du prix des biens culturels et de loisirs.


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