scholarly journals La traduction du roman gothique anglais en France au tournant du XVIIIe siècle

2007 ◽  
Vol 7 (1) ◽  
pp. 11-46 ◽  
Author(s):  
Joëlle Prungnaud

Résumé La traduction du roman gothique anglais en France au tournant du XVIIIe siècle — Au cours de la dernière décennie du XVIIIe siècle et au début du siècle suivant, le roman gothique anglais fait l'objet d'une entreprise de traduction systématique en France. Cet article entend montrer l'ampleur de cette vague d'importations, s'interroger sur le traitement des oeuvres originales et inviter à réfléchir sur les effets d'une diffusion aussi massive dans la culture d'accueil. Dans une première partie, nous démontrons, chiffres à l'appui, l'existence du phénomène, en centrant la recherche sur un corpus restreint de titres. Après un commentaire du diagramme obtenu, quelques éléments d'explication sont avancés. Puis nous envisageons la qualité des adaptations françaises, ce qui nous conduit à nous interroger sur le rôle et le statut des traducteurs à cette époque. Nous constatons que le souci de plaire aux lecteurs prévaut sur l'exigence de fidélité aux textes. Enfin, nous tentons d'évaluer les conséquences de cette vogue sur la production des auteurs nationaux. Un premier effet pervers se manifeste par la multiplication des fausses traductions et des imitations: il est possible d'observer les différentes formes de manipulation du texte source. Tout cela perturbe les données du marché de la librairie et aboutit à une prolifération d'ouvrages de médiocre qualité. Cependant, il est indéniable que l'école de la Terreur a exercé, à long terme, une féconde influence sur les romanciers français du XIXe siècle, grâce à la médiation de ces traductions d'inégale qualité.

1968 ◽  
Vol 23 (6) ◽  
pp. 1181-1210 ◽  
Author(s):  
Imre Wellmann

« La vie agraire de la France apparaît, à partir du XVIIIe siècle, au plein jour de l'histoire », disait Marc Bloch . La vie agraire de la Hongrie apparaît, elle aussi, à partir du XVIIIe siècle, avec des traits plus clairs qu'auparavant. Et en même temps avec des traits nouveaux. Après la domination turque qui dura un siècle et demi, après les seize années de la guerre de libération (1683-99), puis après la guerre d'indépendance de Ràkoczi (1703-11), les territoires du Centre et du Midi, les plus précieux au point de vue agricole, pouvaient enfin se réintégrer à la vie du pays. Une nouvelle étape s'ouvrait, la dernière de l'ancien régime : en Hongrie, elle ne se termina qu'en 1848.


Çédille ◽  
2008 ◽  
Vol 4 ◽  
pp. 253 ◽  
Author(s):  
Antonio J. De Vicente-Yagüe Jara

Entre Rousseau et Chateaubriand, Loaisel de Tréogate (1752-1812) est un de ces romanciers sentimentaux et moralisateurs de la seconde moitié du XVIIIe siècle qui cultivent le sentiment et la sensibilité. Nous avons considéré intéressant d’étudier l’œuvre et le personnage de Loaisel de Tréogate, où on peut voir des traits précurseurs qui ont aidé à formuler le Romantisme du XIXe siècle. Grâce à l’analyse des différents récits des Soirées de mélancolie (1777), ouvrage représentatif de cette période, nous prouvons que Loaisel de Tréogate mérite d’être connu comme écrivain «romantique», à côté des grands auteurs romantiques du XIXe siècle.


Author(s):  
Delphine Pereitti-Courtis

Le corps des Africain·e·s devient, à partir de la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle, un objet d’étude prisé des médecins français dans un contexte où la taxinomie raciale et les contacts entre Africain·e·s et Européen·ne·s se développent. Les médecins métropolitains, assistés ensuite des médecins coloniaux, dissertent sur l’anatomie des Noir·e·s d’Afrique et sur les contours de leur altérité raciale et sexuelle. Les femmes d’Afrique, et plus particulièrement les Hottentotes et les Boschimanes du Sud du continent, semblent incarner leur race à travers leurs caractères sexuels décrits comme exubérants : la stéatopygie et le tablier. Les attributs sexuels des femmes noires ne constituent pas uniquement un marqueur racial intéressant pour les médecins, leur analyse leur permet aussi d’émettre des hypothèses sur l’hypersexualité africaine. À ces imaginaires médicaux sur le sexe et la sexualité des Africain·e·s s’ajoutent, dans les écrits des médecins français jusqu’au milieu du XXe siècle, de nombreux questionnements sur les causes des mutilations sexuelles.


2008 ◽  
Vol 55 (2) ◽  
pp. 217-240
Author(s):  
Christine Hudon

RÉSUMÉ L'étude analyse la correspondance cléricale en cherchant à mettre en lumière le rôle des plaintes et des rumeurs relatives au clergé dans les communautés rurales de la Gaspésie, à la fin du xviiie siècle et au début du xixe siècle. Elle montre que les unes et les autres sont étroitement liées et qu'elles remplissent deux fonctions bien distinctes : celle d'instrument de contrôle des prêtres par la population, qui loin d'être totalement soumise aux ecclésiastiques sait manifester son mécontentement et exprimer ses aspirations, et celle d'outil politique qu'utilisent les différents groupes pour faire valoir leurs intérêts dans les conflits et les luttes de pouvoir qui secouent les paroisses.


2006 ◽  
Vol 27 (2) ◽  
pp. 273-282
Author(s):  
David A. Bell

Je me propose d'examiner ici un coup d'État français. C'est un coup d'état qui est attendu depuis plusieurs années, à la suite de longs conflits entre le pouvoir exécutif et les soi-disant représèntants du peuple. Il est médité, préparé et exécuté par le chef de l'État lui-même contre les représentants du peuple. Il est suivi par l'exécration quasiuniverselle du chef de l'État par l'opinion publique. Néanmoins, après un certain temps, le coup d'Etat semble avoir réussi. Les protestations diminuent, l'opinion publique accepte les changements. Les opposants se désespèrent et dénoncent la lassitude de leurs compatriotes. Quel est ce coup d'État ? Pour les historiens du XIXe siècle, la réponse est évidente : ce ne peut être que celui de Louis-Napoléon Bonaparte contre la Seconde République. Mais pour les his,toriens du XVIIIe siècle, il y a une autre réponse possible: le coup d'Etat du Chancelier Maupeou contre les parlements, c'est-à-dire les cours souveraines, au mois de décembre 1770.


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