Les erratiques lointains de l’embouchure du Saguenay, Québec
RÉSUMÉ Plusieurs centaines de cailloux erratiques ont été observés à l'embouchure du Saguenay, soit sur le rivage actuel, au pied d'escarpements d'érosion taillés dans des dépôts quaternaires, soit directement dans ces dépôts. Deux groupes d'indicateurs ont été distingués : ceux d'origine lointaine (400 à 500 km) et ceux d'origine proximale (100 à 200 km). Le premier groupe comprend principalement des cailloux de conglomérat, de dolomie à stromatolites et de dolomie sans structures algaires, d'âge protérozoïque; le second est composé surtout de calcaires de Trenton (Ordovicien) et d'anorthosite. Compte tenu de la direction générale de l'écoulement des glaces dans l'axe du Saguenay (écoulement déterminé à partir des stries et autres micro-formes), les calcaires proviennent du haut Saguenay (région de Saint-Honoré) ou du secteur sud du lac Saint-Jean, alors que les cailloux d'anorthosite proviennent du vaste massif de cette roche au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les cailloux de tillite et de dolomie, par contre, proviennent de la région des lacs Mistassini, Albanel et Waconichi, dans la partie centrale du Québec. Ceci implique un écoulement glaciaire wisconsinien vers le sud-est de cette région, soit vers l'embouchure du Saguenay (Tadoussac). Par conséquent, l'emplacement d'un dôme et d'une ligne de partage des glaces étaient situés quelque part à l'ouest ou au nord-ouest de la cuvette du lac Mistassini. Ces données confirment la valeur des modèles proposés récemment par quelques chercheurs et souligne l'intérêt d'inventorier les erratiques d'origine lointaine pour distinguer les principaux axes d'écoulement glaciaires.