Tidal Marsh Erosion by Geese, St. Lawrence Estuary, Québec
RÉSUMÉ Les oies causent des dommages au substrat des marais intertidaux (schorres) du Saint-Laurent. Leur activité printanière et automnale contribue ainsi à augmenter et à accélérer l'érosion par les agents naturels. La destruction précoce du couvert végétal à l'automne à la suite de l'arrivée massive des oies réduit son rôle protecteur contre l'érosion par les vagues et les courants de la vase fraîche déposée durant l'été. La surface vaseuse intensément picorée et piétinée par les oies est alors déstabilisée et sujette à une érosion subséquente plus importante. À la recherche des rhizomes, les oies creusent dans le substrat des milliers de petits trous, ce qui entraîne par la suite un démaigrissement de la surface du schorre inférieur d'une dizaine de centimètres d'épaisseur. Cette modification du profil a pour conséquence d'augmenter l'épaisseur de la nappe d'eau au-dessus de cette zone, de sorte qu'il y a augmentation de l'érosion par les vagues de la micro-falaise du schorre supérieur. De plus, les oies, en broutant le pourtour des mares, les agrandissent. De même, elles détruisent les radeaux du schorre et grugent le rebord du schorre inférieur et le font reculer. Même si les vagues, les courants et les glaces demeurent les principaux agents d'érosion du marais intertidal, on croit qu'une partie de l'érosion récente qui affecte le shorre de Montmagny est liée à l'action des oies.